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INHALATION DE MATIÈRES OU DE GAZ IRRITANTS

B. — Accidents pulmonaires succédant à l'inhalation de vapeurs ou de gaz irritants et professions qui les provoquent.

L^influence des gaz et des vapeurs se distingue de l'action des poussières par ce fait caractéristique que les symptômes les plus graves peuvent éclater dès le début. L appareil respiratoire subit une action irritante, par exemple celle du chlore, de vapeurs nitreuses, sulfureuses et chlorhydriques. D'autre part, certains gaz peuvent attaquer l'économie tout entière et provoquer des symptômes d'empoisonnement. Nous suivrons ces accidents généraux immédiatement graves, quelquefois brusquement mortels, au chapitre des intoxications et nous rechercherons seulement à présent quels sont les gaz et les vapeurs qui, agissant comme les poussières, provoquent des accidents locaux K

Les vapeurs acides, les buées, les fumées, donnent lieu, dans certains cas, par leur absorption brusque, à des suffocations qui sont suivies.de crachements de sang. 11 est alors nécessaire de soustraire immédiatement l'ouvrier au milieu nuisible. Le catarrhe pulmonaire, aigu ou chronique est très fréquent; l'emphysème lui succède souvent. On peut assister également à l'évolution de la pneumonie sous l'influence du chlore, de l'acide chlorhydrique, des vapeurs de chaux et d'ammoniaque. La phtisie se développe quelquefois à la suite de l'absorption du chlore, de la térébenthine, de la chaux et des vapeurs nitreuses et sulfureuses. Il s'est produit dans quelques cas de la gangrène pulmonaire. Ce fait a été signalé lors de la catastrophe quia eu lieu, chez Fontaine, à la suite de l'explosion du picrate de potasse (Jaccoud).

1° Vapeurs sulfureuses. {Fabricants de chapeaux de paille. — Ouvriers blanchisseurs de soles, de laines et de plumes. — Ouvriers des chambres de plomb. — Tonneliers, etc. — Fabricants d'allumettes. — Affinage.)

On observe chez les fabricants de chapeaux de paille, soumis au dégagement (le vapeurs sulfureuses, des accidents du côté des organes respiratoires. En outre, eu brossant les chapeaux avec du chlorure de chaux et de la céruse, ils inhalent une poussière dont l'effet est également nuisible. Les ouvriers qui blanchissent les soies, les laines et plumes; les ouvriers des chambres de plomb, subissent des influences de môme nature. Les accidents dus à l'inspiration de vapeurs sulfureuses s'observent également chez les fabricants de mèches soufrées, chez les tonneliers; enfin chez les fabricants d'allumettes, dont la profession exige quelques détails.

Le soufrage ou trempage au soufre favorise surtout l'inhalation poussiéreuse. Les presses, garnies et montées, sont apportées dans l'atelier et remises d'abord au trempeur au soufre; celui-ci prend le châssis à deux mains et plonge les extrémités des tiges dans une chaudière de fer carrée, peu profonde, où se trouve le soufre maintenu en fusion à 125 ou 130 degrés. En entrant dans l'atelier des trempeurs et

1. Nous devons une intéressante étude à J. Bouteiller, sur la résistance comparative des arlDustes et des arbres plantés au voisinage des fabriques de produits cliimiques. liouteiller ne s'est pas contenté de prendre des renseignements à cet égard près des personnes les plus compétentes, mais il a fait sur ce sujet une série d'observations personnelles qu'il relate dans son travail.

dans les salles qu'occupent les tlémonleuses de presses el les ouvrières mettant les allumettes en paquets ou en boîtes, on est frappé des émanations acres ou irritantes qui s'en exhalent. Dès les premiers temps de leur arrivée dans la fabrique, les ouvriers dits ouvriers chimiqueurs, et surtout les femmes, éprouvent une perte plus ou moins complète de Tappétit, des maux d'estomac et de ventre. En même temps on observe des céphalalgies, des étouffements et une toux fatigante qui revient par quinte. Les malaises, qui marquent le dé])ut du séjour dans la fabi ique d'allumettes, sont quelquefois i)assagers et cèdent en grande partie à l'habitude. Cependant il n'est pas rare de voir persister une disposition très pénible à la toux, aux maux de gorge et d'estomac, aux coliques, disposition qui augmente pendant l'hiver, alors que le froid oblige à tenir les fenêtres fermées. Tardieu cite le fait du chef d'une de ces fabriques qui a dû quitter son appartement, le voisinage des magasins ayant provo(pié chez sa femme de violents maux de gorge.

D'après Hirt, l'atmosphère ne renfermant que 1 à 4 p. 100 d'acide sulfureux ne peut déterminer de phénomènes morbides que chez des individus très susceptibles. Ces phénomènes consisteraient alors en toux, éternument et salivation. L'air contenant 5 à 7 p. 100 de ce gaz semblerait attaquer surtout les organes digestifs; il y aurait de l anorexie, (b^ la conslijtalion ; mais la })roporlion d'acide sulfureux s'élevant à 15 p. 100, tous les symj)lomes s'aggravent; on verrait survenir les catarrhes chroniques des bronches, les pneumonies, les conjonctivites.

Ogala et Lehmann ont montré (pie le lapin et le cobaye sup^iortent très mal l'addition à l'air de 0,5 à 8,7 p. 1 000 d'acide sulfureux.

Ils pensent qu'on ne doit pas tolérei- pour l'homme la présence dans l'atmosphère de i)lus de j^-^ ou gVo <' 'acide sulfureux.

Le mot d'à f/i nage, ou d'affinage des métaux précieux, est plus particulièrement réservé à un art (pii a pour objet la préparation de l'or et de l'argent. Celte opéralion se fait en traitant l'alliage, dans des chaudières de platine, par l'acide sulfurique concentré à 66 (bigrés el bouillant. Elle donne lieu à un dégagement considérable de gaz acide sulfureux et à la formation de vapeuis d'acide sulfurique, dont la diffusion dans l'atmosphère présenterait de grands dangers. L'administration a imposé aux affineurs la condition expresse d'empêcher cette diffusion. Grâce à l'application de l'appareil de Darcet, les établissements d'affinage, qu'une ordonnance du 14 janvier 1815 avait placés dans la première classe, ont pu être rangés dans la deuxième classe des établissements insalubres.

Vapeurs nilreuses. (Joailliers. — Orfèvres. — Ouvriers des fabriques de nitro- benzine. — Dorure au trempé et dorure au mercure. — Décapage.)

has joailliers., et surtout les orfèvres^., sont exposés à l'action des vapeurs hypoazotiques. Il en est de même des ouvriers des fabriques de nitro-benzine. Les ouvriers qui préparent la dorure au trempé et la dorure au mercure sont soumis à l'inspiration des vapeurs hypoazotiques ^.

1. Quatre cinquièmes des orfèvres sont plilisiques. La vie moyenne ne dépasse pns cliez eux quarante-quatre ans.

2. Il y a quatre procédés de dorure : la dorure galvanique, la dorure sur bois, la dorure au mercure et la dorure au trempé. Les dorures au mercure et au trempé exposent à

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