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INHALATION DE MATIÈRES ET DE GAZ IRRITANTS

Dans le décapage^, le dérochage ou le ravivage^ qui ont pour but de donner aux objets en cuivre, tels que bijoux, etc., que Ton prépare pour la dorure, un poli et une couleur plus claire, on passe le cuivre à l'acide nitrique; de là un dégagement considérable de vapeurs nitreuses ^.

Hirt fait observer que les divers milieux où se développent les vapeurs d'acide hypoazo tique en contiennent rarement plus de 1 à 2 p. 100. A ce degré, on observe du coryza et du catarrhe chez les individus susceptibles. Si la proportion de gaz s'élève, il se développe des bronchites, de l'emphysème; des accès de suffocation se produisent. La pneumonie aiguë serait rarement observée comme conséquence de l'inhalation des vapeurs hypoazotiques ; au contraire, la pneumonie chronique et la phtisie seraient fréquentes. On n'observe aucun trouble de l'appareil digestif.

Pour obvier aux accidents résultant des émanations nitreuses, le conseil de salubrité a prescrit de tenir constamment à la disposition des ouvriers un flacon d'ammoniaque (Hillairet) ; de tenir en réserve dans l'ateher une certaine quantité de carbonate de chaux, afin de pouvoir saturer immédia temenl les eaux acides qui pourraient être déversées sur le sol.

3*^ Ammoniaque.

La fabrication de Vammoniaque, lorsqu'elle s'opère en grand avec les sels ammoniacaux, esl rangée dans la troisième classe des établissements insalubres. En effet, une odeur irritante se produit à l'instant où la chaux est mise en contact avec le sulfate ou le chlorhydrate d'ammoniaque. Du gaz ammoniaque se dégage par les fentes, quand les api)areils sont mal lulés. L'ammoniaque est également engendré par la putréfaction des matières organiques ^. Les ouvriers qui préparent l'ammoniaque et le carbonate d'ammoniaque sont également exposés aux inhalations de ce gaz.

Les animaux ne peuvent supporter l'ammoniaque pur ; on peut arriver à leur faire respirer sans danger le mélange de 10 p. 100 d'ammoniaque et d'air. L'homme ne saurait sup[)orter d'une façon durable une proportion de 0,5 p. 100 dans l'air.

Hirt cite un cas d'empoisonnement aigu par le gaz ammoniaque, observé par Castan chez un individu qui avait inspiré pendant près de dix minutes le gaz s'échappant d'un api)areil Carré. Les principaux symptômes consistèrent en des phénomènes d'asphyxie avec serrement de la poitrine, sentiment de brûlure dans la gorge, spasme et contracture de la glotte, vomissements de matières séreuses, dépression, pâleur de la face, sueur à odeur ammoniacale, pouls petit et fréquent,

l'inhalation de vapeurs liypoazotiques. La dorure au mercure est, en outre, une cause d'intoxication mercuriellc. Dans la dorure galvanique, les ouvriers sont exposés à l'action du cyanure de potassium nécessaire à la formation de bains alcalins dans lesquels les sels d'or doivent se dissoudre; quant à la dorure sur bois, elle peut être une cause d'intoxication saturnine. Les doreurs sur bois, en effet, avant d'appliquer la feuille d'or, donnent des couches d'un vernis composé de céruse et de litharge.

1. Chez les étameurs,le décapage produit également un dégagement de vapeurs nitreuses.

2. Un ouvrier préparait du cirage en versant de l'acide nitrique sur du fer. La vapeur rutilante qui se dégage abondamment de la bonbonne contenant du fer remplit bientôt toute la salle. L'ouvrier continue son travail : l'oppression l'oblige bientôt à le cesser et une broncliite capillaire fort grave se déclara. {Archiv der Ileilkujide, t. XIX, p. 551.)

3. C'est la cause de la mitte que l'on observe sur les yeux des vidangeurs.

transpiration normale, bouche et larynx rouges. Le malade guérit après quelques jours; le huitième jour, il eut encore un accès de suffocation et répandait une légère odeur d'ammoniaque.

4° Chlore. {Ouvriers qui fabriquent le bichlorure de chaux. — Blanchisseurs

de coton).

Les ouvriers exposés à inspirer le chlore sont ceux qui fabriquent le chlorure de chaux et les blanchisseurs de coton. Ces derniers ont, en outre, à subir Tinfluence de vapeurs alcalines; Thumidité et la fumée qui se développent lors du flambage des tissus sont également nuisibles. La durée moyenne de la vie chez les blanchisseurs de coton est de 56 à 58 ans. Quant aux ouvriers qui fabriquent le chlorure de chaux, ils sont soumis à l'inspiration nocive du chlore, en môme temps qu'aux effets des poussières calcaires et d'autres poussières diverses. Si l'air ne contient que 1/2 p. 100 de chlore, l'action sera à peu près nulle; mais les expériences sur des animaux ont démontré que 2 p. 100 de ce gaz répandu dans l'atmosphère provoquent des laryngites, des broncliiles, des pneumonies. Il se produit de la toux, des hémoptysies, des accès de suffocation et la mort arrive rapidement.

5° Acide chlorliydrique. — (Ouvriers qui fabriquent la soude et le sulfate

de soude.)

Ce gaz se développe pendant la fabrication de la soude et du sulfate de soude. Il est rarement inspiré pur, à moins de fuites des tuyaux de dégagement. Lehmann admet que l'air ne peut sans inconvénient en renfermer plus de 0,05 p. 1000.

6° Acide fluorhydriciue.

Les ouvriers verriers sont exposés aux vapeurs de cet acide, qui est utilisé pour décorer les verres. Cet acide exerce une action particulièrement irritante sur les voies respiratoires, détermine des congestions des broncho-pneumonies, une exsudation fibrineuse. Il provoque en même temps des ulcérations cutanées ainsi que des conjonctivites. On a dit que les vapeurs s'opposaient aux progrès de la tuberculose.

Prophylaxie. — Méthodes de fumivoritc.

Les dégagements de gaz irritants au cours des opérations industrielles n'ont pas seulement l'inconvénient de provoquer des accidents chez les ouvriers immédiatement exposés. Ils ont encore des conséquences fâcheuses sur le voisinage. Ils troublent la végétation, vicient l'air atmosphérique. L'air des grandes villes industrielles est aussi tout particulièrement pollué.

Les règlements sanitaires imposent aux industriels l'obligation de brûler la fumée produite par les fourneaux et les appareils, ou de les alimenter avec des combustibles qui ne donnent pas plus de fumée que le coke ou le bois.

L'origine de la fumée est dans les produits volatils qui se dégagent abondamment des combustibles lorsqu'ils sont exposés soudainement à une température élevée. Ces produits sont en majeure partie des hydrocabures, qui sont eux-mêmes très combus-

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