Gazette des hôpitaux, i5 déc
Ces boîtes sont soudées Je deux façons fort différentes : dans l'une la soudure est appliquée à l'extérieur des feuilles métalliques et n'a aucun contact avec le contenu, tandis que dans l'autre elle est appliquée à l'intérieur et en rapport direct avec les substances alimentaires. L'alliage qui sert à faire ces soudures contient habituellement 70 p. 100 de plomb; il ne peut pas manquer d'en céder aux substances alimentaires contenues dans les boîtes, surtout lorsqu'elles sont acides, et il peut en résulter des empoisonnements. La soudure pratiquée à l'intérieur n'offre d'ailleurs aucun avantage, elle doit être proscrite d'une manière absolue; c'est ce qu'a décidé le Comité d'hygiène, sur un rapport de Rochard.
Mais dans la fabrication des boîtes de conserves, la soudure n'est pas la seule source possible d'intoxication saturnine, le plomb peut y être également introduit par l'étain du fer-blanc qui, dans le commerce, en referme toujours quelques centièmes. En analysant des conserves de légumes, Gautier en a trouvé qui contenaient de 6 à 7 milligrammes de ce métal par kilogramme. Au port de Rochefort on s'est préoccupé de ce danger et on n'y emploie que du fer-blanc préparé sur les heux et étamé à l'étain fin.
Une épidémie d'intoxication a été observée récemment à Paris dans deux arrondirsements. Elle avait pour cause l'usage de bois peints de démoUlion pour le chauffage du four d'un boulanger. Ducamp, qui fait à ce sujet une communication très intéressante à la Société de médecine publique (25 juillet 1877), donne ainsi le trajet suivi par la substance toxique.
Ce plomb est parti de l'avenue de l'Opéra et du boulevard Saint-Germain, attaché sous forme de peinture aux portes, fenêtres et volets de démolition. Il est ainsi arrivé station) chez D..., marchand de matériaux de démolitions rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les pièces les plus anciennes, vingt fois peintes et repeintes à la céruse, n'étant plus susceptibles d'être utilisées autrement, ont été transformées en margotins ou fagots. D..., le boulanger, est venu les y acheter et le plomb est ainsi arrivé jusque dans son four (2^ station). Là le feu a détruit le bois et la céruse, mais celle-ci a laissé derrière elle un oxyde de plomb, qui s'est déposé à l'état pulvérulent sur la sole du four. On a retiré la braise, on a enfourné le pain, et le plomb s'est attaché sous ce pain, avec lequel il est sorti, pour arriver jusque dans boutique {^^ station). C'est alors qu'il a commis un premier méfait. Les porteurs et porteuses employés à brosser le pain, en ont détaché une partie de l'oxyde toxique, qu'ils ont absorbé sous forme de poussière répandue dans l'air. Aussi, ont-ils été, de tous, les premiers et les plus gravement atteints. Le plomb s'est ensuite dispersé dans le quartier, et a fait une quatrième et dernière station sur la table de tous les clients de D....
A la suite de plusieurs faits semblables dus à l'usage de pain cuit dans des fours chauffés avec des bois provenant de démolitions et recouverts d'une peinture au blanc de céruse, la préfecture de police a formellement défendu aux boulangers d'employer désormais ce genre de combustible.
Le docteur Landrieux * a observé un cas d'empoisonnement provoqué par de la braise plombifère. La malade faisait presque exclusivement usage de cette braise, et il lui arrivait de placer la viaude sur un gril. L'administration doit donc égale-