Revue cPhygiène, 1879, n
ment surveiller et interdire la vente de braise ou de charbon provenant de la combustion incomplète de bois imprégné de peinture.
Des accidents de même nature s'étant produits dans la ville de Lodève et à Saint- Étienne de Gourgos, la rumeur publique les attribua à la mauvaise qualité des farines employées par certains boulangers à la confection du pain; une première analyse des farines incriminées ne donna que des résultats négatifs ; mais des cas plus nombreux et plus graves, dont cinq suivis de mort, ayant été signalés, un nouvel examen fut fait qui, cette fois, révéla dans la farine et dans le pain la présence d'une quantité de plomb suffisante pour expliquer tous les accidents observés. Tout d'abord, on ne sut expliquer comment du plomb avait pu être mélangé à la farine, mais on finit par reconnaître que ce métal venait des meules; en effet, lorsque ces meules se détériorent par l'usage et se creusent de trous plus ou moins profonds qui rendent leur fonctionnement incomplet, les meuniers ont l'habitude de combler les trous avec du plomb fondu ou avec du mastic à base de sels plombiques.
Il y a longtemps que des faits du même genre ont été observés et que défense a été faite aux meuniers de se servir du plomb ou de ses composés pour réparer les avaries de leurs meules; mais les faits lamentables que nous venons de citer prouvent que l'interdiction est méconnue ; elle doit être renouvelée et soutenue par une pénahté sévère.
Layet, Manouvriez, Marmisse au Congrès d'hygiène de Paris (1878), Marguerite (Revue d'hygiène, 1879) ont cité plusieurs cas d'intoxication saturnine par l'usage de pains à cacheter colorés en rouge.
Les chauffeurs et mécaniciens manient et respirent très largement la céruse et le minium sous toutes les formes.
Des accidents saturnins, résultant de l'emploi des fuseaux de plomb des métiers à la Jacquart, ont été observés à Berlin. Les métiers, en mauvais état, se trouvaient placés sur un sol inégal, mal carrelé, quelquefois même sur la terre, où venaient se déposer des couches de plomb qui, se répandant dans l'atmosphère, devenaient une cause d'intoxication. On a conseillé, pour éviter cet inconvénient, le vernissage des cylindres de plomb et l'introduction, sous chaque métier, d'un dessous mobile, par exemple une couverture de laine, qui serait facilement enlevée et nettoyée chaque semaine ^
Pour rendre les bâches inaltérables, on se sert, dans certains ateliers, d'une préparation dans laquelle il entre du sulfate de cuivre et de plomb.
Le crin étant quelque fois coloré avec le sulfure de plomb, les cardeurs de crin peuvent se trouver dans ce cas exposés à l'intoxication saturnine ^.
Certains accidents plombiques se sont produits chez les tisseuses de coton, par l'addition de la céruse aux apprêts, pour augmenter le poids du tissu. Ges faits sont rares aujourd'hui, la fraude s'exécutant au moyen du sulfate de baryte.
Chenet a pubhé plusieurs cas d'intoxication saturnine suivis dans mon service à l'hôpital Saint-Antoine, sur des jjassemeniiers qui joréparent les mèches à briquet. Le coton employé, de qualité très inférieure, est trempé d'abord dans une solution de sel de plomb, puis dans une lessive de chromate de potasse et livré ensuite au fabricant-