‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 310 sur 326 · Gazette des hôpitaux, décembre · texte numérisé non relu

Gazette des hôpitaux, décembre

2. Studien uber Blei Vergiftwig, von Edouard Hitzig. Berlin, 1868.

Les écheveaiix Lriits subissent un premier travail de dévidage pour former les âmes des mèches^ c'est-à-dire leur partie centrale. Ce travail se fait au moyen d'une Lobine mue à la main. L'ouvrier, qui de la main droite fait tourner la manivelle et de la gauche présente le cordon au dévidoir, se trouve placé de façon à absorber une grande partie des poussières, son visage étant au-dessus du métier. Cette partie du travail est sans contredit la plus malsaine. D'autres opérations (dévidage, tissage) se font à la vapeur et déterminent peu de poussière.

J'ai observé plusieurs accidents de cette nature chez des ouvriers préparant les mèches de laine orange^ colorée par le chromate de plomb. Lancereaux et Sée ont cité des observations analogues. Tous ces cas étaient relativement sans gravité. Tou- I tefois, postérieurement à la publication du travail de Chenet, un cas de mort s'est I produit dans mon service. Il est donc nécessaire de modifier la nature du corps qui \ imprègne ce coton, en substituant au chromate de plomb un agent qui, comme le nitrate de potasse, présente à peu près les mêmes avantages, mais soit exempt du danger que provoquent les substances toxiques.

Le chromate de plomb est utile pour les articles de passementerie et de tréfilerie d'or et d'argent à cause surtout de sa résistance à la décoloration et parce que les pièces ainsi teintes ne sont pas attaquées par les insectes. On a signalé des cas assez nombreux d'intoxication chez les ouvriers guimpiers de Lyon qui manient le coton en flotte au jaune de chrome. Cazeneuve a proposé en 1894 l'interdiction de cette teinture. Le comité central, sur le rapport Napias, n'a pas donné suite à ce vœu.

Les progrès de l'industrie électrique ont donné naissance à une catégorie nouvelle d'intoxications saturnines professionnelles, celle des ouvriers des fabriques d'accumulateurs. Les accumulateurs sont des piles fondées sur l'électrolyse à l'eau acidulée et la propriété de certains métaux de se transformer très facilement en peroxydes sous l'action du courant électrique.

Les accumulateurs sont composés de deux lames de plomb appelées électrodes placées dans un vase contenant de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique. Introduit dans un courant fermé l'accumulateur est le siège de réactions chimiques; l'acide sulfurique est décomposé, l'oxygène mis en liberté se porte sur l'électrode positive qui se recouvre d'une couche brune de peroxyde de plomb; l'électrode négative se transforme en plomb spongieux. Quand, après avoir agi un temps suffisant, le courant est interrompu, on disposé d'une véritable pile capable de restituer, le moment venu, l'énergie électrique qui a été dépensée pour la former.

Les oxydes de plomb et le chlorure de plomb fixés mécaniquement sur les supports de plomb, constituent des électrodes plus facilement transformables encore (électrodes à formation hétérogène).

Les matières mises en œuvre dans la fabrication des électrodes sont éminemment toxiques, et chacune des opérations expose à l'intoxication saturnine, fusion du plomb, coulée dans les moules, sciage et ébarbage des plaques, préparation de la pâte de remphssage, introduction de celle-ci (empâtage), etc.

Les cas d'intoxication saturnine chez les ouvriers des fabriques d'accumulateurs ont été pour la première fois signalés en Allemagne par Sprenger en 1895; en France, Talamon, Proust, Drancourt se sont occupés de la question.

Dans certaines usines plus du dixième des ouvriers ont été atteints, 37 sur 252 à Hagen ( Wutzdorff) . Talamon a vu des ouvriers pris de coliques de plomb moins d'un

mois après leur entrée à Tatelier. Dans les usines examinées par Drancourt, 50 p. 100 des malades sont frappés dans les trois premiers mois, près de 80 p. 100 dans les quatre premiers. Les ouvriers les plus atteints sont les malaxeurs (30 p. 100) qui enduisent les plaques ou les tiges, ceux qui soudent les électrodes (37,5 p. 100), ceux qui taillent les électrodes et les plaques (30 p. 100), les coudent (10 p. 100) ou chargent les électrodes (8 p. 100).

Les ouvriers devront être munis de blouses de travail et de gants ; la pâte doit être étendue au moyen d'une spatule de bois. Les opérations les plus dangereuses devraient être faites dans des locaux spéciaux séparés des autres ateliers comme le prescrit Tordonnance allemande de 1898.

Armand Gautier a indiqué dans le tableau suivant la fréquence de l'empoisonnement professionnel par le plomb.

Intoxication

Professions. sur 1 000 ouvriers.

Fabrication du massicot et du minium 1 000

Travail de la céruse à sec 1 000

Fabrication de la potée d'étain 1 000

Dessoudage des boites de fer-blanc 280

Broyage des couleurs 104

Polissage des caractères d'imprimerie 18,5

Polissage des glaces et des camées .. 18,5

Émaillage 18,5

Fabrication de cartouches 18,5

Peinture en bâtiments 18

Fonderie de plomb et de ses alliages 18

Typographie 1,4

Étamage 1,4

Nous terminons ici celle longue énuméralion, en citant une dernière cause d'intoxication saturnine. Il s'agit des toiles cirées que l'on voit sur les voitures des enfants. La poussière qui se détache de ces toiles renferme une quantité importante de plomb.

Voies d'ahsoiu'tio.n du plomb. — Le i)lomb peut j)énétrer dans l'organisme |iar quatre voies : le tube (hgeslif ; les voies aéiiennes; la peau; les muqueuses.

Ma} ençon et Bergeret, Hitzig ont constaté qu'après un certain temps d'absorption plombique par les voies digestives^ il se fait une accumulation considérable de ce corps dans le foie et dans la rate. Ce mode d'absorption, n'ayant jamais été contesté, ne nous arrêtera pas plus longtemps.

On a beaucoup discuté la pénétration par les voies aériennes^ que les expériences établissent cependant d'une façon évidente. Tanquerel des Planches a produit l'intoxication saturnine : 1° chez des chiens trachéotomisés, en introduisant des sels plombiques par la canule; 2° chez un chien enfermé dans une chambre récemment peinte à la céruse et dont il ne pouvait lécher les murs. Enfin ce même auteur a rapporté l'histoire d'une peintre qui, après avoir exercé seize ans sa profession sans avoir ressenti un trouble quelconque, entra dans l'usine de Clichy pour y tamiser la céruse et fut, au bout de huit jours, atteint de coliques de plomb.

L'intoxication saturnine par Vabsorption culariée est une question très intéressante et encore très controversée. Canuet paraît être arrivé à empoisonner des ani-

T maux en les plongeant dans des bains d'acétate de plomb (1825). Plusieurs expéi riences tentées par Tanquerel étaient restées négatives ; mais des faits récents, dus à ï- Manouvriez, ou réunis par lui, paraissent établir l'absorption locale et directe par i la peau. Les accidents saturnins siégeaient seulement ou prédominaient aux points ; le plus en contact avec les préparations de plomb, aux avant-bras chez les peintres, à droite chez les droitiers, à gauche chez les gauchers. Un homme qui piétinait la > céruse était surtout atteint aux membres inférieurs. Dans deux observations publiées par cet auteur, il s'agissait de deux plombeurs de poterie de terre vernissée, dont le travail consiste à saupoudrer les pièces humides avec de Talquifoux ou sulfure de plomb en poudre. Dans ce cas, des troubles de sensibilité se montraient seulement à la main qui agitait le tamis. La main, sur la paume de laquelle repose la pièce à saupoudrer, était protégée par cette pièce même contre les particules plombiques. Ces deux plombeurs ne se plaignaient d'aucun malaise. Ils avaient un liséré gingival.

Nous avons observé, à l'hôpital Saint-Antoine (1876), un peintre qui avait eu l'habitude de garder dans la bouche, du coté droit, de petits copeaux récemment peints. La langue et la face interne des joues présentaient des troubles de sensibihté générale dans cette même partie. Le sens du goût était également altéré de ce côté. Tout le côté gauche était indemne. Ce fait me semble étabhr, et Tabsorption locale, et l'absorption par les muqueuses .

Nous ne traiterons pas ici dans son ensemble l'étude symptomatique et anatomopathologique de l'intoxication ; nous envisagerons seulement quelques points d'un intérêt plus particulier.

Il se produit rapidement une hypoglobulie, cause puissante d'anémie. Les globules rouges du sang, modifiés dans leur nombre, le sont aussi dans leur forme et deviennent moins volumineux, moins souples et moins ductiles. De 4 500 000, chiffre normal des globules rouges par milUmètre cube à l'état de santé chez l'homme, il tombe, chez Jes saturnins, de 3 700 000 à 2 700 000 (Malassez).

Le volume du cœur s'est accru, et Durosiez a signalé des endocardites et de la dégénérescence graisseuse du myocarde. Le tracé sphygmographique présente un plateau sur lequel existent deux ressauts ou grandes ondulations. La ligne de descente est finement tremblée.

Le liséré saturnin de Burton consiste en une coloration gris bleuâtre, ardoisée^ (lu bord libre des gencives au niveau de la sertissure des dents. Il est considéré par les uns comme le résultat du dépôt de quelques molécules saturnines à leur passage dans la bouche, par les autres comme la conséquence de l'élimination du poison par les glandes buccales. Gubler a décrit chez les saturnins, sur la muqueuse des lèvres et des joues, des plaques ardoisées ou noirâtres, auxquelles il donne le nom de tatouage des lèvres et des joues. Elles sont passibles des mêmes interprétations que le liséré.

L'étude des autres manifestations cliniques de l'intoxication saturnine est faite avec tous les détails nécessaires dans les traités de pathologie.

Nous nous bornerons à signaler ici les principaux accidents. Accidents aigus ou subaigus : coliques de plomb, myalgies, arthralgies, paralysies, encéphalopathie, liemldemeuts hystéricotoxiques. — Accidents chroniques : anémie progressive, néphrite, goutte, artériosclérose.

Prophiflaxie. — Le moyen de défense le plus efficace consiste, en deux mots, à supprimer la cause du mal en renonçant au plomb et à ses composés dans la plupart de leurs emplois et en les remplaçant par un succédané inoffensif.

Nous avons vu que la substitution est généralement possible : blanc de zinc au lieu de céruse, colcotar au lieu de minium, siccatif à base d'oxyde de manganèse, vernissage à base de silicate de soude, em})loi de Tacide métaslannique pour le polissage des métaux, substitution de l'owde de zinc et de Tacide borique à Foxyde de plond), etc.

Là où la substitution est impossil)le on assurera une ventilation énergique pour entraîner les poussières plou)bi(pies. Les ouvriers devront faire usage de vêtements de travail qu'ils (}uitleront dans une pièce spéciale avant de sortir de Tusine.

Ils feront, avant la sortie de l'atelier, la toilette des mains, des ongles, du visage et de la bourbe.

Ils j)n'ndi(»nl toujours leurs i-cpas eu (b'Iiors de l atrlicr ajirès avoir piis les soins de propreté indi<piés ci-(b'ssus.

On les prévien(h-a surtout des dangers de l\il»us des boissons alcooli(jues.

Ils sera pi udciit dCl.ililir un idulrmciit rutn- les ouviicrs pour les postes dangereux.

Li's bains Milfurnix n-ixlrout dfs M'i vic('> iiicoiilrslaMt's et ou eu l"era priMidreau fm\ riers.

L'iodure de iMitas^iiim (iouiie d nue laçoii iuterniitlenie la\orise l'elimuialiou (bi pliiiiii).

Kii Alleinague, des oidonnances édictées jiar le Conseil fédi'ral règlent l'installation et r»'\ploitalion des faliriques (b; couleurs plond)i(iues et d'acétate de |»loiid) (S juilli'l lSl).->). Ijcs jeunes ou\i iers ne peuvent être aiitoiisésà y travaillei- ni à y séjournei-. Les ou\rièi-es ne d(»ivent être a(bnises (pn> dans des atr'lieis ou pour des opérati(Uis (|ui ne les mettent pas en c(Uitacl avec <b'S produits plomhicpu's.

On n adnii'llia à travaillei- que des ouviiers pKMliiisanl un certili(;at médical attestant qu'ils ne sont pas racliiti(|ues, ni atteints de maladies des poumons, des leins, de reslouiac, ni alcooliques. Si le travail comporte nu dt-gageiiient d(; poussières, le nez et la bouclie îles ou\ riers >eront couverl< de nias(pies respiratoiies ou d'épongés bumides. Si les mains doivent être en contact avec des solutions plombiques elles doivent élie graissées ou couvertes de gaids.

Un médecin autorisé devra j)rocéder un»; fois au moins par mois à une visite générale du peisonuel.

Il informera le j^atron d(] tous les cas d'intoxication et l'ouvrier dans ce cas ne sera admis à reprendre le travail qu'après guérison complète. Un registre sera tenu signalant tous les cas de maladie.

D'autres lois visent les inqtrimeries et fonderies de caractères (/il juillet J897), et IcH établissements pour la fafti ication d'accumulateurs (11 mai 1898).

Un Angleterre, des lèglements spéciaux de l'inspection des fabiiques visent In mélailurgiedu plondi, la préparalion du bronze et d'autres alliages, la fabrication du massicot, «les o\y<Ies de plond», de la ceruse, des accumulateurs élcctri(pu'S, des coulées à base de plomb, les ateliers de peinture, l'étamage el rémaillage des olijels métalliques, les lal>ri((nes de poteries et de porcelaines, l'emploi du cbromate de jilond».

Les règlements précisent à la fois les obligations des chefs d établissements et des ouvriers.

L'examen régulier des ouvriers, la déclaration obligatoire de tous les cas de saturnisme figurent dans ces règlements.

L'efficacité de ces mesures est démontrée par la diminution régulière des cas d'inloxication saturnine.

Dans les établissements de poterie du Straffordsbire le chiffre des cas était de 496 on 1897. Il tombait à 348 en 1898, 249 en 1899, 200 en 1900, 106 en 1901, 87 en 1902 (Oliver).

La législation suisse s'est inspirée d'idées analogues.

Constantin Paul a constaté que les ouvrières qui manient les composés plombi(jues ont de fréquentes métrorrhagies, qu'il considère comme cause des avortements. Cette influence de l'intoxication saturnine sur la mère est très remarquable. Une femme l)icn constituée, ayant eu plusieurs enfants bien portants, commence à manier le plomb; elle avorte une première fois, puis une seconde, ou ses enfants sont chétifs et meurent dans le premier âge. Si, dans cette situation, elle quitte sa profession, elle se rétablit, ses grossesses peuvent se mener à bien et ses enfants naître viables. Retourne-t-elle à son travail, les avortements recommenceront'.

L'influence du père, (|uoi(nie moins importante, est évidente. Les auteurs anglais avaient observé ce fait déjà signalé dans l'état sanitaire des potiers de Slraffordshire. Vj\ outre. Roque, <lans uiu; série d'observations puisées à la Salpêtrière et à lîlcèlre^ a constaté des cas nombreux d'idiotie, d'imbécillité, d'épilepsie des enfants nés de [)arents saturnins'non alr()()li(ines. Ces parents ayant changé d'état et s'étant f;uéris de leur intoxication ploinbi(iue, ont eu plus tard, d'après cet auteur, des enfants sains et bien jmrtants.

Le D*" lialland, en 1896, n'a constaté, sur 286 grossesses relevées chez les femmes intoxiquées par le plomb, (pie 32 p. 100 d'accouchements à terme et parmi les enfants nés vivants et viables, 27 p. 100 seulement ont survécu.

lîennerl a trouvé (pie l'intoxication saturnine retentit sur le produit 94 fois sur 100 (piand les deux parents sont alTeclés, 92 p. 100 quand la mère seule est intoxiquée, 63 p. 100 quand c'est le père seul.

Accidents professionnels occasionnés par le cuivre.

En nous occupant de la santé des ouvriers en cuivre, nous n'avons pas en vue les ouvriers qui extraient le cuivre de la terre (mineurs), mais bien ceux qui mettent ce métal en œuvre. Chevallier a résumé les renseignements ({ui lui ont été transmis sur

I. D'après Gonslantiri Paul, l'intoxication saturnine a provoqué les résultats suivants : înlo.ricdlion saturnine. A, Da^ mères. — Sur 27 grossesses, survenues chez l\ femmes : 1':^ avortements, 4 entants morts, 1 seul vivant. — Sur 43 ^'rossesses après intoxication : ■Vl fausses couches, 3 mort-nés, 2 vivants, mais chétifs. Une femme qui avait lait fausses coucheH (|uitta sa profession et eut ut) bel enfant. Selon (jue les femmes quittaient ou rci»renaient alternativement leur état, les enfants vivaient ou mouraient.

15. iJes pères. — Sur 141 {.grossesses par pères saturnins : 82 avortements, 4 avani terme, ■) mort-nés. — Sur les 'Ht vivants : 20 morts de un jour à un an, t5 de un à trois ans.

1i vivaient, mais t seulement avaient |)assé trois ans, époque à lacjuelle l(>s enfants peuvent rtrf regardés comme ayant échappé .à cette cause de mort.

certaines localités où Ton travaille le cuivre, et en particulier sur l'état de santé de ouvriers de Villrdku-ks-Poêles, petit pays du département de la Manche, situé cinq uivriauièlres de la mer, dans une vallée.

Les venls(iui y régnent, de TO. et du S.-O., portent les émanations vers les parties les plus élevées de la vallée ; les arbres y sont revêtus d'une couche verdfUre de cuivre, et les bois brûlent avec une llamnic bleue et verte. Dans les temps chauds, par un air calme, (juand une petite pluie vient humecter la terre, on sent une odeur cuivreuse, résultat des vidan^^es et des eaux de fabri(pie répandues dans le voisinage.

Le nond)re des ouviiers en cuivre y était alors de iSO :

r Chaudronniers. — Cuivre roii^'t* (bassinoires, bassins, casseroles). 320 2' Fnndeurs. — Cuivre uni au zinc (flambeaux, robinets, poids, etc.).. 100 3" Vi»Hiers. — Cuivre Jaune (rhauilrons) 60

LappitMilissago commence dans b'S deux piemieies blanches à 8 ou \) ans; dans la lioisieuie a 15 ans. Les coliques métalliques, rares dans les deux premières calé- ^'ories, MUil |iliis coiiiiiinne^ ilans la Iroisiéiiie: les caraelèics en sont identicjues e.'ux lie la eoliqiie de plnndi. Les récidives peiiM'iil amener à la longue la paralysi des r\b'M>eiii< de la maiu, jamais la mnrl.

La Y\iAi'»'u)\\ rJmudronmer iieiihaine aucun inconvénient'; la manière don elle est exercée exige <les attitudes varit'-es qui i"a\(uisent le jeu des organes. I n'en est pas de même pour les /j//ê//V/ .s\ qui ne Iravaillenl (pTau cuivre jaune (chaudions, grandes bassines): leur gfure de liavail amené de nolabh^s changements dan riiabilude extérieure.

Deux (Uivriers sont simidlant'Mieiil employés à la labi icalion des poêles et se rclèvenl allernativemenl dans leurs foiiclions. L'un d'eux, le hdtteiir, tient sur une enclume un morceau de cuivre jaune (pi il dirige couvenableuHînt sous les coups du niarleau. L'autre, le lrousseui\ delntul en face de son com|»agnon, a les jambe écartées el lieiil a deux main< un marlean duni le poids \ai'ie de cin(j à six kilo- LîrauMues. 11 trappe a coups redoubles sui' le undal. La première position, celle d hiillrur. eiiliaiiie les genoux en dedans, courbe l'ecliine dorsale et donne lieu à un inclinaison lie la leb' sni- Ir côle gauclie. La deuxième, celle du /?'0W6'sewr, déler mine un ballollcm«'nl conlimnd du \enlre, que Clievallier considèie comme la caus la |>lus eflicace des coliques.

C'est par les vapeurs (iui se dégagent au moment de sa fusion (jue le cuivre es absobé jiar Vouvrkr fondrur. En outre, il se ri'pand dans un atelier |)eu aéré un assez grande quantité de fumée.

Les ouvriers rhnrlu'ura doi\i'id débarrasser des barbes ou aspi-rilés (pii les rec()Uvrenl, les objets fondus qui sortent des moides.

Ce liavail se fait ii la main; l'ouviiei-, pcncln'' sur son idaMi. absorbe les poussière niélalliqnes qui >e (b'uagent sun> l action dr la lime, du Irolloir on de la brosse. Il >nbit ain-i I inllnmce N|M"ciale Imant a la conq»o>ition même de ces poussières el (pii,

\. Cependant, d'ajtres Tliacl<rati, les cliaudronniers sont gravement aiïectés par li molécules provenant du métal imparfaitement volatilisé, ou par le zinc ou la soudure ib' cuivre. Ces ouvriers, dit-il, ont généralement une mauvaise santé et souITrenl d'accidenis analogues à ceux des fondeurs.

dans l'ébarbage des objets de bronze et de laiton, n'est autre que l'action des sels de cuivre qui les recouvrent.

Le cuivre joue également un rôle dans le bronzage^ art qui a pour but de donner à des objets de bois et de plâtre l'apparence du bronze; la pièce est recouverte d'une couche de colle et de vernis ; puis saupoudrée, à l'aide d'un petit sachet, de poudre à bronzer, qui, en général, est composée par du cuivre en poudre, obtenu par précipitation de la limaille de laiton, ou de l'or mussif.

Les horlogers sont i)arliculièrement exposés à l'absorption des particules cuivreuses, soit par les i^umons ou les voies digeslives. Perron, dans son travail sur les horlogers de Besanron, remarque que ces ouvriers ont le pouls fréquent, la peau chaude, la gorge sèche et sont généralement altérés. Bon nombre d'entre eux se plaignent de douleurs à l'épigastre, aux reins, à la tête ; beaucoup sont sujets aux indigestions, aux entérites, à la diarrhée ; quelques-uns seulement ressentent des picotements et de la constriclion au pharynx. Cesl là un véritable empoisonnement professionnel.

D'ai)rès quelques ailleurs, on observe chez les bijoutiers la colique de cuivre; néanmoins Beaugrand, qui a été médecin de la Société des ouvriers de l'orfèvrerie Chrislofle, l'a considérée comme très rare; encore ne se montrerait-elle que chez les nouveaux ouvriers.

Desayvre a montré que les limeurs de garnitures de cuivre étaient quelquefois atteints de coliques de cuivre.

Le cuivre est également employé à la décoration des plumes pour les chapeaux de femme. Cette occupation consiste à tracer à l'aide d'un pinceau trempé dans un mélange de colle et de poudre métalli(iue une ligne plus ou moins large et parallèle au bord de la plume. Celte poudre métallique, appelée brocart jaune, produit l'effet de la dorure ^

Le brocart jaune ne se fabricpic pas en France mais en Bavière; pour obtenir ce produit, on commence par laminer des feuilles de cuivre, de façon à les rendre aussi minces que i)ossible. Ensuite on les concasse grossièrement à l'aide de pilons, puis on fait passer ces fragments dans des moulins spéciaux qui donnent des produits d'une finesse plus ou moins considérable. On traite le métal pulvérisé à l'aide de tamis plus ou moins lins; on a alors une poudre métallique très brillante ayant l'éclat de l'or; cette poudre est très dense et elle a des qualités adhésives très remarquables. Ce pouvoir adhésif est si énergicjue que ce produit ne peut être touché avec les mains ni avec un cor[)s rugueux (juelconque : papier, bois, etc., sans s'y attacher fortement.

Pendant les diverses o])érations, surtout celle du tamisage, il s'élève dans l'air une poussière de cuivre extrêmement fine ; aussi les ouvriers en sont-ils couverts et peuvent-ils en introduire dans leur économie une quantité plus ou moins considérable. Jamais on n'a remai cpié d'accidents dans cette industrie, et il est des ouvriers qui travaillent depuis i)lus de 40 ans et qui n'ont jamais épi ouvé aucun phénomène d'intoxication ^.

1. Quand on veut donner à ces lignes l'aspecL argenté, on emploie une poudre blanche métallique constituée probablement en grande partie par de l'étain et très vraisemblablement aussi par du plomb.

2. Voir, pour plus de détails, dans la Revue, d'hyqiène, 1879, n" 7, une critique très bien faite due au (ialipp(i à propos d'une observation d'un cas de mort attribué à la poussière de cuivre (observation Feltz, de Saint-Denis).

l'HOUST, THAITK n IIYOIKNE. 74

iMalgré les différents laits que nous venons de citer, Faction du cuivre sur l'organisme n'est pas acceptée par tous les auteurs, et, comme nous allons le voir, cette question est très controversée. Nous citerons d'abord Ramazzini jiarlant des chaudronniers de Venise :

« En frappant le cuivre à coups de maiieau, il s'en élève des miasmes qui pénètrent dans leur estomac et leurs poumons, comme ifs le disent eux-mêmes; ils éprouvent la vertu rongeante 'et excilalive des médicaments préparés avec ce métal, dont les parcelles s'introduisent dans le poumon avec l'air inspiré.... Si l'ouvrier est sujet aux maux de poitrine, il n'a point d'autre remède que de quitter son métier. »

Desbois, de Rochefort, dans une dissertation demeurée célèbre, sur les ouvriers de Villedieu les-Poêles a tracé de leur situation le tableau le plus exagéré :

« Régnant ibi luctus communis, publicus dolor, squalor univcrsus, habitus corporis macie livida lorridiis: ibi vullus et capilli sera crinita metiuntur; ibi vertigo, ca'citas, surditas, omnium sciisuiim hebetudo ; coUi, spina», artuumque distortiones. Tolius corporis Ircmoi- (îI iiidtecillilas, juvenem, adolesceidem, puerum quemque immaturo senio conliciunl; \i\ cl illa diccinihir .l'Ias. Quid causa est? Metallica de cado ducilur anima, sedalui- slauneo |t()lu silis, a-rco pane vivitur; nec mirum, lucum eum incolunl .l'iarii luillf Pvracmones, (jui l'abiica sua veneno, Jovem, Cerercm et Bacchum indesinenter inliciunt. »

Cette eiïi'a\aute descrijttiou fut re|)roduile avec fidélib' par Combalusier dans ses observations sui- la colique de Poitou. (le|»endaut les liabilanls de Villedieu-les-Poéles protestèrent. Gilbert, notable de la localité, irliita ces assertions, et, par le dépouillement des registres de la paroisse de Notre-Dame de Vilb^dieu, fit voir que la longévité était loin d'être chose rare, et (jue les septuagénaires et octogénaires s'y mon traient aussi iioinbiciix (luc part(tiit aillcuis. Ces détails furent confirmés par le docteur Lelcllici-, médecin de Villedieu : « Les coliques mrlalli(pies, dit-il, y sont extrêmement rares, à })eine 15 ou 20 par an sur 4 à 500 individus (;nq)loyés au travail du cuivre ». Le savant et sj)iiitiicl lionlcii s'est vivement attaché à réfuter les fantastiques accusations de Desbois, et il a cit('' divers exemples, notamment celui de i*»a\gorri, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, où l'on exploite une mine de cuivre, sans que les habitants attaclu-s à ce travail, en\ cl leurs l'amilles, en éprouvent le moindie inconvénient*.

« Il est aisé de reconnaître |»arlout . dit IWiende ^, ces ouviiersen cuivre; ilsont, en général, le visage pale et cadavéreux; leurs cheveux sont luisants, huileux et verdàtres; la toux chroni(iue, l'asthme sec et tubeiculeux, la [ditisie de même espèce, la coli(|ue métalli(|ue sont les effets ordinaires des miasmes cuivreux qu'ils res})irent continuellement et qui acquièrent toute la causticité dont ils sont susceptibles, dès fpi'ils ont été humectés dans le corps humain. »

Mérat admet les coliques métallifjues j)rovenant de la manutention de différents métaux, mais il se demande si ces accidents ne tiendraient pas à des particules de jilomb ou d'antres corps* mêlées au cuivre.

\. Tlièse de I»aris, WA.

2. Voir aussi Hontes, Action du cuivre sur l'économie. Histoire d'un villa.i^e {Journal (r/if/f/irne, 187U)-

:i. Hriende, Soc. de mcd., 1782-1783, p. .327.

t. Pâtissier distingue la colique.de plomb de la colique de cuivre : pour lui, celte dcrnifie ne réclame que l'emitloi des cmollients.

Aujourd'hui, le plus grand désaccord règne parmi les hygiénistes, au point de vue de Tintoxication cuprique. On peut diviser en trois classes les opinions différentes exprimées sur cette question.

A. Les uns contestent absolument au cuivre toute influence pernicieuse. Dans une Note pubHée sur la santé des ouvriers qui préparent le vert-de-gris ^ Chevalier admet la parfaite salubrité de cette industrie. Il arrive au même résultat, dans son travail publié en collaboration avec Boys de Loury, sur la santé des ouvriers qui préparent le cuivre et ses alliages, en exceptant, toutefois, les fondeurs fondants ^. Cependant plusieurs fabricants interrogés par Chevallier et Boys de Loury ont conclu à l'existence de la colique de cuivre, de malaises et surtout d'accès fébriles. D'autres en ont à peine observé quelques exemples. Quant aux symptômes décrits par Combalusier. Chevallier fait remarquer qu'ils paraissent se rapporter plutôt à la colique saturnine; ce n'est pas la peinture verte faite avec du vert-de-gris sur des barreaux de bois qui provoqua la mort ou de graves maladies chez sept personnes ; les accidents eurent lieu parce qu'elles avaient employé l'oxyde de plomb, qui est très utile pour donner de la solidité à toute peinture.

Pour Galippe, il paraît ])arfaitement démontré aujourd'hui que, non seulement les ouvriers qui travaillent le cuivre et ses alliages, mais encore ceux qui préparent le verdet, n'en éprouvent aucun inconvénient, et la poussière fine qui s'élève lorsqu'on expose le verdet au soleil ne fait que provoquer une légère irritation à la gorge, comme le ferait toute substance pulvérisée En outre, pour Galippe, sauf peut-être dans le cas de suicide, l'empoisonnement aigu lui-même parles composés de cuivre ne doit pas être réalisable, tant en raison de la saveur horrible de ses composés que de leur proi)riété émétique énergique, qui suffisent à faire évacuer le toxique. Quant à la possibilité de l'empoisonnement lent, il n'y croit pas; car il déduit de ses expériences et de celles de Bourneville cette conclusion, qu'à petites doses la tolérance s'établit sans influence fâcheuse sur la santé

Le docteur Toussaint, qui a fait des expériences à Kœnigsberg, divise ainsi les maladies des ouvriers (|ui travaillent le cuivre :

1° Des maladies causées par le froid;

2° Des maladies d'intestin, à la suite d'irritations mécaniques qui se présentent également chez les ouvri(M-s des auties professions;

3° Des symptômes morbides causés par les métaux qui sont souvent mêlés au cuivre, comme le plomb, le zinc, l'arsenic. Mais le cuivre n'est pas un poison.

/J. Cependant il est d'autres auteurs, en dehors de ceux que nous avons déjà cités, qui considèrent le cuivre comme toxique. Perron admet des phénomènes d'intoxication et Corrigan croit que le carbonate de cuivre est susceptible d'agir comme un poison lent, de i)roduire de l'amaigrissement, la perte des forces, des coliques et un aspect cachectique.

C. Enfin, un certain nond)re de médecins nient le caractère toxique du cuivre, tout en admettant qu'il exerce sur l'économie une influence nuisible.

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