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FIÈVRE DE MALTE

lube digestif des sangsues qui ont été appliquées sur le corps des malades, les spirilles sont encore vivantes au bout de 10 jours et même de 3 semaines. . Le typhus récurrent ne peut se développer spontanément.

Tel n'était pas lavis de iMurchison, qui admettait le développement du lyplius récurrent sous la seule influence de la famine.

Si les épidémies de typhus récurrent s'observent surtout pendant les années de disette, c'est que celles-ci amènent vers les villes les populations misérables parmi lesquelles le mal existe encore à l'état endémique. C'est aussi parce que l'influence débilitante de la misère joue un rôle prédisposant non douteux.

Le typhus récurrent frappe tous les âges, mais surtout les enfants et les adolescents.

La durée de l'incubation du typhus récurrent est généralement de cinq jours.

Chose remarquable, une première atteinte ne confère point l'immunité; il arrive fréquemment, d'après Jenner, qu'un individu soit atteint deux fois dans l'espace de quelques mois; Christison a été pris de la maladie trois fois dans l'espace de 15 mois.

Fréquemment, la fièvre récurrente règne en même temps que le typhus exanthématique; aussi un certain nombre d'auteurs l'ont-ils regardée comme une simple variété de ce dernier, comme une forme bénigne du typhus; d'après eux, le typhus frapperait de préférence les gens riches, bien nourris; la récurrente, les sujets jeunes et les pauvres. C'est là une erreur manifeste, le typhus et la fièvre récurrente sont bien deux maladies distinctes et non pas deux formes de la même maladie, tenant aux conditions individuelles des sujets atteints; et, ce qui le prouve, c'est le fait souvent constaté, que, dans une seule et même épidémie, un i individu était successivement atteint de fièvre récurrente et de typhus et que l'une ne confère pas l'immunité vis-à-vis de l'autre. En Ecosse et en Irlande, le typhus règne en permanence; la récurrente, au contraire, n'y apparaît que de temps en temps, pour disparaître ensuite (Griesinger).

Prophylaxie du typhus récurrent. — Le typhus récurrent comporte les mêmes I indications prophylactiques que le typhus ; nous n'avons donc pas à nous y appesantir. La maladie, dans le centre et dans l'occident de l'Europe, est le plus souvent importée, les foyers originaires paraissant limités aux Iles Britanniques et au bassin méridional de la Baltique; du reste, vu le peu de gravité relative de la maladie, elle ne nécessite pas la même sollicitude prophylactique que le typhus, ni surtout les mesures rigoureuses qu'exige le choléra, malgré cependant la grande contagiosité dont elle est douée. Si nous avons insisté sur son histoire, c'est surtout à cause de son importance comaie maladie d'origine famélique et de la possibilité de son importation dans des pays où, comme en France, elle a été à peu près inconnue jusqu'ici.

FIÈVRE DE IVIALTE

On désigne sous le nom de fièvre de Malte, fièvre méditerranéenne, fièvre typhoïde intermittente, fièvre sudorale, etc., une affection fébrile continue, présentant des analogies assez grandes avec la fièvre typhoïde, dont elle a été longtemps considérée comme une variété et que la bactériologie a permis d'en distinguer très nettement.

Au point de vue clinique, elle se caractérise surtout par sa longue durée, qui peut atteindre trois mois, six mois et plus, par l'abondance delà transpiration, par de fréquentes rechutes. Elle se complique assez souvent d'arthrites, d'ostéites ou d'orchiles. La mortalité est ordinairement assez faible. Analomiquement elle présente comme la dothiénentérie une tuméfaction considérable de la rate et de la congestion des viscères, mais on n'y trouve pas de tuméfaction ni d'ulcération des plaques de Peyer.

La fièvre de Malte est causée par un petit microbe arrondi ou ovalaire de la dimension de 0,3 a, qui a été pour la première fois isolé en 1887 par Bruce sous le nom de Micrococcus meliiensis. La spécificité de ce microbe n'est pas douteuse. On le rencontre en effet dans la rate et le sang des malades et jamais chez d'autres sujets. L'inoculation des cultures au singe et même à l'homme reproduit la maladie. Birt et Lamb citent les observations de deux sujets atteints en Angleterre de fièvre de Malte, le premier après piqûre accidentelle avec une aiguille de Pravaz, le deuxième après injection volontaire dans le tissu cellulaire du bras. L'incubation a duré quinze jours dans le premier cas, dix-sept dans le second. Une troisième personne travaillant également dans leur laboratoire a contracté la fièvre de Malte sans être inoculée.

Wright a montré que le sang des malades et des convalescents agglutine très nettement et à un degré ordinairement fort marqué, 1 p. 600 ou 700, les cultures de ce bacille. Cette réaction absolument spécifique est très précieuse pour le diagnostic. Elle a permis d'étabhr avec une grande précision la distribution géographique de la maladie.

On sait aujourd'hui que cette affection peut se voir dans bien des régions.

Son foyer d'élection est le littoral méditerranéen, l'île de Malte, Gibraltar, Naples et les côtes italiennes. On a pu affirmer son existence en Corse, en Sardaigne, en Sicile, dans les Baléares, la Dalmatie, les îles Ioniennes, la Crète, la Grèce, Smyrne, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte.

Les recherches de Wright et des médecins anglais ont montré que la maladie existe à l'état endémique dans de nombreuses localités de l'Inde, qu'on la voit à Hong-Kong. Curry a reconnu la fièvre de Malte chez 17 soldats américains dans les îles Philippines.

Musser et Sailor ont prouvé qu'elle peut exister dans les Antilles (Porto Rico).

Birt et Lamb ont constaté la réaction agglutinante chez quelques militaires qui n'ont jamais quitté l'Angleterre.

Nous ne connaissons pas encore très bien l'étiologie de cette maladie. Les localités où elle sévit ont en général comme caractère commun une mauvaise hygiène et plus particulièrement l'absence de toutes précautions destinées à assurer l'étanchéité et l'évacuation des fosses d'aisances.

On ne sait pas encore comment s'introduit le parasite. La voie employée dans les expériences a été celle des injections sous-cutanées. On a vu également la maladie succéder à des piqûres anatomiques chez l'homme. Mais il se peut que la pénétration se fasse habituellement par les voies aériennes ou le tube digestif.

Nous ne pouvons indiquer une prophylaxie spéciale* Il semble que les mesures d'assainissement préconisées contre la fièvre typhoïde doivent avoir la même utilité contre la fièvre de Malte.

Les tentatives faites pour obtenir un sérum préventif n'ont pas encore abouti à un résultat pratique-

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