BLENNORRHAGIE
tion du contage en dehors des ympports vénériens, biea que la syphilis non vénérienne fasse tant de victimes, surtout dans l'Europe orientale, et représente au moins 50 p. 400 des cas de syphilis en Serbie et en Turquie et 80 p. 100 en Russie. Les enquêtes publiées lors du Congrès de 1897 sur les mesures à })rendre contre la propagation de la syphilis en Russie, celles du conseil sanitaire de Hongrie de la même année, réclament des règlements spéciaux pour les industries, comme la verrerie, où des instruments de travail se passent de bouche à bouche; une inspection sanitaire des établissements de coiffure et de bains, du personnel des marchands de comestibles, des hôtels, des restaurants, des cafés; la défense d'employer dans les écoles des objets de table communs; la présence obligatoire d'un médecin pendant la circoncision; l'usage exclusif du vaccin animal; l'interdiction du tatouage, etc. Aucune mesure n'a encore été prise pour donner satisfaction à ces justes réclamalions.
L'action morale tend à prendre une part de plus en plus importante dans la prophylaxie générale de la syphilis. Des institutions civiles ou religieuses, ayant pour but de venir en aide aux prostituées qui désirent abandonner leur profession, existent dans la plupart des grandes villes d'Europe. Il est vrai que le nombre des prostituées ainsi ramenées au bien est relativement faible.
Les résultats sont beaucoup plus appréciables lorsqu'il s'agit des établissements qui recueillent, à leur arrivée dans les grandes villes, les femmes venant de la campagne pour travailler comme domestiques ou comme ouvrières en attendant qu'elles soient placées ; elles trouvent là une sauvegarde contre les embauchages suspects qui les conduiraient trop souvent à la prostitution et en feraient rapidement des victimes de la syphilis. Ces institutions si utiles sont encore loin d'être assez nombreuses.
Un des résultats de la conférence internationale de Bruxelles de 1893 pour la prophylaxie des maladies vénériennes, a été de donner successivement naissance à une Société in ternationale de prophylaxie sanitaire et morale, ayant son siège dans la capitale de la Belgique, et à une Société française de prophylaxie sanitaire et morale, fondée à Paris par le professeur Fournier. Ces deux sociétés poursuivent le même but, qui est d'étudier tous les moyens de diminuer la fréquence de la syphilis et des maladies vénériennes. La Société française, préoccupée de la fréquence des contaminations dues à l'ignorance du pubhc, en matière de maladies vénériennes, a placé en tête de son programme l'étude des moyens de vulgarisation des notions élémentaires sur la syphilis, sur sa transmission directe ou héréditaire, sur la nécessité d'un traitement longtemps suivi. Elle n'a pas hésité à aborder le problème si délicat de l'éducation prophylactique de la jeunesse.