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PUSTULE MALIGNE, CHARBON, OEDÈME MALIN

aux corpuscules brillants dont Pasteur avait si bien compris l'importance dans la flacherie des vers à soie, forment un rôle de premier ordre dans Tétiologie du charbon.

Elles sont, en effet, infiniment plus résistantes que les bacilles et leur présence dans le sol rend compte de Texistence de foyers endémiques du charbon. Koch pense que ces spores se produisent dans l'écume, le sang, les excréments, qui sont répandus sur le sol, là où a succombé un animal charbonneux. On sait que, pour Pasteur, les spores, enfouies avec les cadavres, seraient ramenées de la profondeur à la surface du sol par les vers de terre

Quant à Tinfeclion même des animaux, Pasteur pensait qu'elle se faisait surtout dans la cavité bucco-pharyngée à la faveur des érosions au cours de la mastication, Koch admet que l'infection a lieu, de préférence, au niveau de l'intestin par les spores qui supportent, sans aucun effet fâcheux, l'action du suc gastrique.

Les spores du charbon résistent à la dessiccation. Elles sont très résistantes à la chaleur sèche et aux agents désinfectants chimiques, à moins de concentration très forte.

Nous ne nous occuperons ici que du charbon de l'homme. De même que l'ont démontré les expériences pour les animaux, le charbon chez l'homme peut être contracté au niveau des téguments externes (charbon externe) ou au niveau des voies aériennes oudigestives (charbon broncho pulmonaire, charbon gastro-intestinal).

Le charbon chez l'homme a pour origine des bactéridies ou leurs spores provenant d'animaux charbonneux.

Les diverses professions qui exposent à contracter le charbon sont d'abord celles qui mettent l'individu en rapport avec des animaux malades : bergers, gardiens, fermiers. La fréquence du charbon chez l'homme dans une région est, en général, en rapport avec celle du charbon chez les bestiaux. Ainsi Guipon nous apprend que dans le département de l'Aisne il y eut ;

En 1862 42 hommes 102 bœufs 1259 moulons 12 chevaux charbonneux.

Les vétérinaires, les bouchers, les employés d'abattoir qui dépècent les cadavres d'animaux charbonneux et les transportent sont également exposés.

Viennent ensuite les professions dans lesquelles on manie les débris provenant d'animaux susceptibles d'avoir eu le charbon, les peaux (tanneurs), les laines, les crins, les cornes et même les graisses.

Les personnes qui manient les objets dans la confection desquels interviennent les produits animaux sont à leur tour exposées. On cite la fréquence de pustules malignes au niveau des pieds des indigènes de l'Esthonie dont les chaussures sont faites en peaux mal préparées ; on a signalé la contagion par les fourrures, par les brosses. Toutes ces infections sont possibles en raison de la longue vitalité de la spore charbonneuse.

1. Wurtz et Bourges ont récemment montré que lorsque des graines ont été enfouies dans un terrain contenant de la culture charbonneuse, les feuilles des plantes ensemencées présentent à leur surface des bacilles du charbon; il se produit par ce mécanisme une véritable exhumation du microbe.

L'inoculation est souvent le fait d'une excoriation, d'une blessure mise en contact avec la matière contagieuse. Mais on a fait intervenir de tout temps avec raison la piqûre des mouches. Proust et Heim ont montré que divers insectes vivant au milieu de peaux ou de crins contaminés peuvent jouer le même rôle. Dans le cas de Proust, la pustule maligne avait succédé à une morsure du dermestes vulpinus. Dans les observations luxembourgeoises qui ont été le point de départ des recherches de Heim il s'agissait de Vattagenes pellio et de Vanthrenus museorum.

Nous renvoyons aux traités de pathologie pour la description de la pustule maligae et de l'œdème charbonneux, en rappelant seulement le secours que la bactériologie prête au diagnostic et aussi les bons résultats du traitement local et en particulier des injections d'iode.

Le charbon broncho-pulmonaire est très important à connaître. Il évolue comme une congestion pulmonaire ou une pneumonie suraiguë remarquables au point de vue clinique par la discordance habituelle entre les lésions locales et la dyspnée, par l'aspect cyanotique, l'expression d'angoisse. Il se comphque habituellement d'un épanchement pleural à marche rapide. La température, élevée au début de la maladie, s'abaisse souvent au-dessous de la normale dans les dernières heures. La rate est habituellement plus volumineuse.

L'examen microscopique pratiqué par Spear, Greenfield, Paltauf, Eppinger, Lodge, montre qu'il s'agit d'une infection par la bactéridie charbonneuse qui rempht les bronches et les alvéoles ainsi que les lymphatiques du poumon et le tissu interalvéolaire. Les lésions sont identiques à celles que l'on détermine chez les animaux en faisant inhaler des poussières chargées de bactéridies charbonneuses. Lodge et Wurtz ont du reste montré la présence des spores de la bactéridie dans les poussières des locaux où s'étaient montrés des cas de ce genre.

Le charbon broncho-pulmonaire a été d'abord observé dans la grande cité manufacturière de Bradford, où on lui a donné le nom de ivool snrter disease^ maladie des trieurs de laine. Elle frappait les ouvriers qui triaient des laines de chèvres venues de la Perse ou du Turkestan, laines qui arrivent souillées de sang et de déjections renfermant les spores du charbon. A Bradford, de novembre 1879 à septembre 1880, il y en a eu 33 cas. En Allemagne et en Autriche des faits de ce genre ont reçu le , nom de Hadern Krankheit, maladie des chiffons. On les a observés dans les pape- ' teries parmi les personnes chargées de trier les chiffons. Ces chiffons venaient habituellement de la Hongrie ou de la péninsule balkanique. Ces cas ne sont pas exceptionnels, puisque, dans une seule papeterie, on en a observé 38. Eppinger, en Autriche, a relevé 77 cas depuis 1870; Krannhals en a également vu un certain nombre près de Riga.

Dans le charbon gastro-intestinal, on constate, au niveau de l'estomac et de l'intestin, des saillies rougeâtres et des ulcérations dans lesquelles on rencontre la bactéridie charbonneuse. L'affection décrite encore sous le nom de mycosis intestinal est due à la pénétration de la spore charbonneuse au niveau du tube digestif. Des cas de ce genre ont été signalés à la suite de l'ingestion de viande d'animaux charbonneux abattus clandestinement. On a aussi rencontré cette forme chez des ouvriers maniant des produits divers provenant d'animaux charbonneux (peaux, cornes). Dans ces cas, le diagnostic a été parfois faciUté par la coexistence chez d'autres ouvriers de pustules malignes. Le charbon intestinal, dont la marche est très rapide, j

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