PUSTULE MALIGNE, CHARBON, ŒDÈME MALIN
donne lieu aisément à des erreurs de diagnostic. La symptomalologie, suivant les cas, est celle de l'occlusion intestinale, de la gastro-entérite ou de la dysenterie aiguë,
Prophijlaxie du charbon. — La prophylaxie du charbon humain est essentielj lement liée à celle du charbon des animaux domestiques. Il faut procéder à Fabattage I des animaux atteints, prescrire leur destruction par le feu ou tout au moins leur i enfouissement à une grande profondeur. Il ne faut pas seulement interdire l'usage des viandes contaminées, mais encore des peaux, des laines, etc. Le charbon des animaux domestiques est en décroissance très sensible dans la plupart des pays civilisés grâce à la vaccination anti- charbonneuse de Pasteur. Cette vaccination ! consiste dans l'inoculation successive, à 8 jours de distance, de deux vaccins, l'un ! faible, l'autre fort ; ils sont obtenus en cultivant dans le bouillon de poulet la bac- I téridie charbonneuse au contact de l'air à une température comprise entre 42° et 48°, température à laquelle la bactéridie ne peut former de spores. On atténue ainsi progressivement la virulence du microbe qui, au bout de 12 jours, ne tue plus les cobayes adultes, après 31 jours n'agit plus que sur les souris et après quinze jours ' épargne même les petits animaux.
Les chiffres suivants, donnés par Ghamberlan, indiquent la valeur de cette méthode, appliquée pour la première fois le 5 mai 1881 à Pouilly-le-Fort. De 1882 à 1893 on a vacciné en France 438 824 bœufs et 3 296 815 moutons. La mortalité par charbon, I qui était antérieurement de 50 p. 100 chez les bœufs, est tombée à 34 p. 100, I dont 0,09 morts apiès la première injection; 0,04 après la deuxième; 0,21 dans la première année. Chez les moutons, elle a passé de 10 p. 100 à 0,94 p. 100. Des j résultats aussi satisfaisants ont été rapportés en Hongrie et en Russie, j Du reste, aujourd'hui en France et dans l'Europe occidentale, les cas de charbon 1 humain ne s'observent plus guère que chez les i)ersonnes maniant des matériaux provenant d'animaux étrangers. Nous avons vu l'origine des charbons broncho-pulmonaires de Bradford et d'Autriche. En France, on a attribué des épidémies à Morlaix et à Marq-en-Baroel, près Lille, à des peaux et des crins venus de Chine. A I Saint-Denis, M. Leroy des Barres a observé, en douze ans, 49 cas de pustule maligne, dont un seul dans un atelier n'employant que des produits français. Il y aura donc lieu de surveiller tout particulièrement ces produits venus de Chine, de Turquie, etc. ; essayer la désinfection, qui, suivant les cas, peut se faire par la chaleur ou par les agents chimiques ^