CHIMIQUES
Sommaire technique. — L’application de la culture intensive dans l’agriculture moderne exige une dépense d’engrais supérieure à ce que peut fournir l’élevage des animaux. De là est née l’idée de la fabrication d’engrais chimiques, qui tend à prendre de jour en jour plus d’extension.
Les matières salines qui peuvent jouer le rôle d’engrais sont les sels ammoniacaux, les sels de potasse et les phosphates de chaux. La fabrication des deux premières espèces de sels-engrais appartient à des usines qui sont l’objet d’une description spéciale et qui ne livrent à l’agriculture que leurs produits défectueux, et cela accidentellement. Ici il ne peut être question que des fabriques spéciales d’engrais, lesquelles s’en tiennent à la préparation des phosphates.
Primitivement, l’agriculture employait du phosphate de chaux ordinaire emprunté à des gisements ou aux déchets de fabriques d’objets d’os. Mais aujourd’hui on n’emploie que du phosphate acide ou superphosphate de chaux, qui a l’avantage d’être absorbé beaucoup plus vite par les végétaux et qui rend ainsi la culture beaucoup plus intensive. Le but des fabriques spéciales est donc de transformer le phosphate tribasique naturel en superphosphate.
Le procédé primitif qui est encore suivi dans la plupart des fabriques consiste simplement à pulvériser le phosphate naturel au moyen de meules et à le mélanger avec de l’acide sulfurique dans des cuves en bois doublées de plomb. Quand la réaction paraît réalisée, on coule la matière dans de grandes citernes en maçonnerie.
Dans quelques fabriques de soude, on utilise une partie de 1 acide chlorhydrique à la fabrication du superphos-
pliate. On le fait agir sur les nodules de phosphate de chaux naturel et il se trouve remplacer ainsi l’acide sulfurique dans celte fabrication.
Dans quelques-unes des fabriques de superphosphates, on pioduit aussi depuis quelques années du phosphate d ammoniaque, non plus dans un hul d’engrais, mais pour être employé dans les sucreries, comme moyen de neutralisation des jus sucrés. Dans un grand bac en bois contenant de l’acide sulfurique étendu, on verse peu à peu de la
Fig. 8G. — Dispositif Michelet.
poudre de phosphate naturel. On laisse déposer le sulfate de chaux par le repos. Le liquide surnageant qui renferme le phosphate de chaux soluble produit est concentré dans des bassins en plomb chauffés par la vapeur.
Après refroidissement on verse de l’ammoniaque. On décante la partie claire qui esL une dissolution de phosphate d’ammoniaque neutre, à peu près pure. On la place dans une caisse fermée avec une nouvelle quantité d’ammoniaque. Le phosphate monobasique devient du phosphate bibasique qui, étant insoluble dans un excès d’ammoniaque, Se précipite sous forme de bouillie cristalline.
Hygiénologie. — La fabrication tics superphosphates donne lieu à trois dangers de natures différentes.
Le broyage du phosphate naturel expose aux inconvénients des poussières. On peut y remédier en entourant les meules d’une enveloppe hermétique avec aspiration des poussières par un ventilateur.
Le brassage du mélange dans les cuves donne lieu à une grande fatigue musculaire. Rien n’est plus facile que d’établir un malaxage mécanique par un arbre à palettes.
Use dégage des cuves une grande quantité de vapeurs acides très dangereuses. On doit recommander de parer à cette fâcheuse condition, en adoptant la disposition appliquée par M. Michelet à l’usine de la Yillette. La réaction se fait en vases clos. Les vapeurs acides qui s’en dégagentsont aspirées par un ventilateur qui les force à traverser une colonne de coke humide. De là elles se rendent dans une cheminée spéciale qui les lance à une très grande hauteur dans l’atmosphère.
Le travail des enfants est interdit dans les ateliers où il se développe des poussières et dans ceux où il se dégage des vapeurs sous l’influence du traitement par les acides.
3° Industries de deuxième classe avec autorisation complète du travail des enfants.