FILATURES DU S01U
Sommaire technique. — Quelques usines s’occupent elles-mêmes de l’élevage du ver à soie et de la production des cocons. Les salles d’élevage ont reçu le nom de magnaneries. Mais la plupart du temps les filatures s’approvisionnent de cocons près des propriétaires éleveurs ou près d’intermédiaires entre la production et l’utilisation. Les magnaneries sont des chambres où l’on entretient une température de 15 à 18 degrés. C’est à cette température que les œufs éclosent. Les larves qui en sortent sont placées sur des claies garnies do feuilles de mûrier que Ton renouvelle plusieurs fois par jour ; au bout d’un mois, ces larves se retirent elles-mêmes dans de petites niches de bruyères mises à leur portée, elles s’entourent d’une coque de fils qu’elles sécrètent et se transforment en chrysalides.
Le cocon est entouré, comme on sait, d’une atmosphère de filaments courts, hérissés et enchevêtrés qui constituent ce qu’on appelle le frison. Cette bourre doit être détachée, non pour être rejetée comme déchet, mais parce que les procédés de filage ne sont pas les mêmes pour elle et pour les cocons proprement dits.
Pour séparer ces deux parties, les ouvrières jettent les cocons bruts dans une bassine d’eau bouillante. Elles les
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agitent avec dos balais après lesquels la bourre s'attache.
Pour lu filage de la bourre, on l’extrait des branches du balai et on la fait macérer longtemps dans l’eau froide qui lui enlève l’enduit gommeux dont elle est revêtue naturellement. On la fait ensuite sécher, et dès lors elle est traitée tout comme le coton, la laine et le chanvre ; c’est-àdire soit individuellement à l’aide d’un rouet, soit en grand à l'aide de machines batteuses, cardeuscs et peigneuscs.
Le cocon qui, lui, peut fournir un fil naturel et continu, est filé autrement. L’ouvrière détache les bouts de trois iils naturels qu’elle associe dans le dévidage pour former le fil commercial. Dans ce but, elle les fait concentrer dans la filière d’un tour ; souvent c’est la même ouvrière qui tourne la manivelle, qui surveille la formation du fil et le rattache, lorsqu’il vient à se rompre. Cependant bon nombre se font aider par un enfant qui est chargé de faire marcher le tour. Lorsque ce travail, au lieu d’être individuel et de se faire en chambre, est exécuté dans un atelier, le moteur peut être général et obtenu soit avec un cours d’eau, soit avec la vapeur. Pendant ce filage, les cocons doivent rester plongés dans la bassine.
Après ce filage initial, la soie, dite alors grège, n’est tissable qu’après une série d’opérations qui, elles, ne peuvent s'exécuter que dans des ateliers. Cette partie de l’œuvre appartient donc forcément à la grande industrie. A plusieurs reprises, le fil doit passer d’une bobine sur une autre; cette combinaison répétée de dévidage et de filage, qui donne de plus en plus de corps et de résistance et de fini au fil commercial, a reçu le nom de moulinage. Pour compléter la fusion des éléments du fil et le rendre plus dense, on le soumet ensuite à la torsion. Pendant cette opération, les fils tendent à s’emmêler dans la lutte de leur grande élasticité, contre la force de torsion. Pour parer à cet inconvénient, ou est obligé de soumettre préalablement la soie à la vapeur.
Quant au lissage proprement dit et aux opérations de teinture, elles sont les mêmes que pour les autres tissus.
Hygiénologie. — Les magnaneries, malgré tous les soins de propreté qu'on peut leur donner et qui sont du reste très souvent négligés, développent une odeur repoussante et malsaine. C’est donc avec raison que Ginlrac, de Bordeaux a entrepris de supprimer ces établissements et de les remplacer par la culture en plein air. Les vers à soie sont simplement distribués sur des haies taillées ad hoc. On répand sur ces haies des feuilles de mûrier fraîches et renouvelées quatre fois par jour. Un blet couvrant tout suffit pour protéger les vers contre les oiseaux. Dans les contrées oii se fait l’élevage, la température atmosphérique est toujours suffisante ; du reste Gintrac a constaté que les intempéries des saisons ne nuisent pas aux résultats. Le dévidage des cocons est certainement l’opération la plus dangereuse de l’industrie de la soie. Les ateliers où il s’exécute sont infectés par de très mauvaises odeurs qui proviennent des amoncellements de chrysalides autour de toutes les ouvrières, et surtout de l’eau chaude où les cocons sont préalablement trempés, et qui se putréfie rapidement. Ce bain, du reste, altère aussi la main que les ouvrières sont obligées d’y plonger à chaque instant. L’épiderme des doigts se gonfle, se ramollit, se soulève pour former des phlyctènes ou même des toKnioJ.es, particulièrement autour des ongles.
Potton (1) a décrit sous le nom de mal de vers ou do bassine , une altération plus sérieuse de la main des dévideuses. Au début, il se produit des plaques érythémateuses intenses entre les doigts qui s’accompagnent de tuméfaction et de douleurs cuisantes. En même temps, des marbrures brunâtres se dessinent sur toute la région ; les mouvements deviennent de plus en plus pénibles par suite du gonflement progressif. Bientôt il se forme des vésicules, parfois même dos bulles. La sérosité qui remplit les unes et les autres s’épaissit et se trouble ; les vésicules se crèvent et il en résulte un soulagement pendant plusieurs
(I) Annales d'hygiène , 1653, t. L1X.
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jours. Les choses peuvent en rester là, mais généralement les vésicules sont remplacées par des pustules qui, abondantes surtout sur le pouce, l’indicateur et le médius, peuvent s’étendre à toute la main. Üe là nouvelles souffrances et nouvelle impossibilité de mouvoir la main ; les pustules se crèvent à leur tour, ce qui ramène le calme. Chez quelques sujets, l’inflammation prend un plus haut degré d’intensité. 11 se produit un œdème inflammatoire
B est le bassine à eau chaude; s, une filière destinée au passage des brins que l’eau a détachés du cocon ; D, le dévidoir qui, animé d’une rotation continue autour de son axe A, attire le fil.
qui peut envahir la plus grande partie du bras, des lympliites et une série de petits phlegmons circonscrits. Dans ce cas il y a des symptômes généraux : frissons, céphalalgie, insomnie, dégoût, vomissements. Le rétablissement est à peu près la règle générale. Du reste, les ouvrières qui ont déjà été atteintes 11e le sont plus ou 11e le sont que faiblement. Duflôurs et Melchion (1) attribuent ces effets
(I) Ann. univ. di medic. Milano, t. CLX, 1857.
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non ;i 1 altération do certains cocons, niais à une cause inhérente aux cocons les plus normaux et consistant probablement dans la sécrétion qui enduit les fils de soie.
Dans un autre ordre d’idées, Lavet (1) indique que l'attitude inclinée sur la bassine amène des obliquités du bassin de la femme, de la congestion utérine, des métrorrli agios et des avortements.
Pour améliorer les conditions du travail des dévideuses, il est indispensable d’adapter quelques perfectionnements au tour qui est adopté aujourd’hui pour l’opération et que représente la figure 194.
Pour rendre moins fréquente et moins douloureuse l’éruption, que l’immersion dans l'eau chaude et chargée des principes solubles du cocon développe. sur les doigts des dévideuses, il faut placer près de chacune d’elle une aiguière d’eau froide où elle peut à chaque instant laver et rafraîchir ses doigts.
Pour diminuer les miasmes odorants et malsains qui infectent les ateliers de dévidage, il faut que l’ouvrière puisse facilement et fréquemment renouveler elle-même l’eau de la bassine où elle opère, et qu’elle puisse se débarrasser des chrysalides. Dans ce but elle doit avoir à sa disposition trois robinets, l’un de sortie pour l’élimination du bain déjà sali, un d’alimentation pour remplacer par de l’eau froide le liquide évacué, un troisième amenant la vapeur qui doit échauffer celle eau froide. Enfin les chrysalides, au lieu d’être entassées sur la table ou sur le sol, doivent être jetées dans un godet, à jour, traversé constamment par un courant d’eau.
Quant aux opérations subséquentes depuis l'intervention des machines, elles nuisent à peu près exclusivement par l’humidité qu’exige le travail et celle surtout qui résulte des sous-sols consacrés à certains ateliers.
(1) llyyiùne des professions, p. 400.
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FABRIQUES d’aPPRÈTS
Sommaire technique. — On désigne sous ce nom les opérations qui oui pour but de parachever les tissus. Longtemps elles se sont faites dans les fabriques de tissage correspondantes. Il en est encore ainsi dans beaucoup de fabriques isolées. Mais dans certaines contrées la production des tissus a pris un tel développement qu’il s’est établi des fabriques particulières et indépendantes se chargeant de l’apprêt de tous les tissages des environs et que celte opération csL devenue ainsi une industrie distincte.
Généralement aussi aujourd’hui les mêmes usines se chargent du blanchiment des fils et des tissus.
Nous avons donc à donner la technique du blanchiment et celle des apprêts proprement dits.
Opérations de blanchiment. — Elles différent suivant la nature îles lils et des tissus.
Pour les lils île coton, on les fait d’abord bouillir dans de l’eau pour en extraire les parties solubles. On les lave ensuite à grande eau. C’est là ce qu’on appelle le dégorgeage. On fait bouillir dans une lessive de soude. On rince et on tord, üe là, les fils passent dans un bain de chlorure de chaux, suivi d’un séchage en plein air. Après un lavage à l’eau courante, on les met dans un bain d’acide sulfurique. On lave et on tord de nouveau et on passe dans une cuve d’eau contenant un peu de bleu de Prusse. On termine par un séchage appelé ètendage , parce que les écheveaux sont suspendus sur des perches.
Pour les fds de lin et de chanvre on les soumet d’abord ;à une longue macération dans des lessives de soude, on les fait dégorger dans de l’eau courante et on les tord. Puis on les place dans des bains de chlorure de chaux; après quoi nouveau dégorgement, passage au bain acide, lavage et séchage.
Pour la laine, le blanchiment doit être précédé du lavage à dos ou après tonsure, du désuintage et du dégraissage
dont il a été question à propos des filatures de laine. Il consiste essentiellement dans un soufrage, c’est-à-dire un traitement par l’acide sulfureux. Vient peu après le désoufrage qui s’obtient par un lavage à l’eau chaude; puis l'immersion dans de l’eau de savon et, enfin l’azurage par de l’acétate d’indigo.
Pour la soie, il y a trois espèces de blanchiment, celui des soies dites cuites, celui des soies dites souples et celui des soies fermes.
Dans le blanchiment des soies cuites on procède d’abord au dégommage cnlcsplongcantdansun bain de savon. Après un premier dégorgeage, on tord et on opère le décreusage en plongeant la soie enfermée dans des sacs de toile dans une dissolution bouillante de savon. Après un second dégorgement on passe à l’acide sulfurique, on lave et on sèche.
Dans le blanchiment des soies souples qui sont destinées aux articles légers et à bon marché, on les passe pendant dix minutes à l’eau régale. On lave à grande eau, on passe à l’acide sulfureux, puis dans un bain de bicarbonate de soude et enfin dans un bain d’eau bouillante.
Dans le blanchiment des soies fermes, on se contente d’un bain dans l’eau tiède, d’un soufrage et d’un azurage.
Pour blanchir les toiles de coton on les lave et on les dégorge. On les soumet à l’ébullition dans un bain de chaux, opération qui s’appelle débouillage à la chaux; on les passe ensuite dans un bain d’acide chlorhydrique ; on lessive au carbonate de soude ; on donne un bain de chlorure de chaux, c’est le chlorage; on passe à l’acide sulfurique, c’est le vitriolage ; on essore et on sèche.
Le tableau suivant donne une idée des nombreuses opérations nécessaires au blanchiment du linge.
1° Macération. 0° Gain acide.
2° Dégorgeage. 10° Lessivage a la soude.
3° Lessivage à la soude caustique. llu Dégorgeage.
4° Dégorgeage. 12° Exposition sur le pré.
6° Exposition sur le pré. 13° Vitriolage.
0° Vitriolage. 14° Débouillissage au savon noir.
7° Nouvelle lessive. 15u Dégorgeage.
8° liai» de chlorure. 10° Apprêt, séchage et cylindrage.
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Pour les draps, on les dégraisse avec des cristaux ds soude, on les savonne et les soumet à plusieurs haine alcalins.
Pour les étoffes de soie, on les plonge successivement dans des bains de savon, de soude, et d’acide sulfurique. Entre chaque bain on dégorge dans l’eau.
Opéra (ions d’ apprêts proprement dits. — Elles diffèrent suivant qu’il s’agit des tissus de matières végétales ou animales.
Pour les tissus végétaux, c'est-à-dire les toiles, on les plonge dans un empois composé d’amidon, d’alun et d’azur de cobalt. Gel apprêt a pour but de donner aux toiles plus de fermeté et une plus grande apparence de blancheur.
Les toiles de coton, calicots et croisés qui sont destinés à la teinture et à l’impression doivent subir, même avant le blanchiment, une opération appelée grillage ou flambage qui a pour but de brûler le duvet qui hérisse le coton et lui ôte son éclat.
Toutes les espèces de cotonnades sont souvent soumises au vaporisage qui consiste à diriger des jets de vapeur sur l’étoffe, afin de gonfler les fibres et de donner plus de grain à l'étoffe. Le séchage vient compléter l’opération précédente. Il doit se faire avec tension du tissu pour qu’il ne se retire point
Pour le drap, les opérations d’apprêts sont multiples et pratiquées soit en totalité, soit partiellement, suivant les cas ; ce sont : le tondage qui a pour but de raser le duvet, au lieu de le brûler ; le lainage , qui a pour but au contraire de faire ressortir le poil et qui consiste à le frotter avec des chardons naturels; le foulonnage , qui a pour but de donner plus de corps au tissu en feutrant les fibres et qui consiste à frapper avec une masse pesante ; le pressage , qui consiste à soumettre à une forte pression le tissu préalablement plié et avec interposition de lames de zinc entre chaque pièce; le lustrage, qui doit lisser l’étoffe et lui donner du brillant et qui s’obtient par une série de frottements avec pression; X humectage , qui précède toules les opérations désignées
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ci-dessus et qui a pour but d’assurer leur réussite; le décatissage, qui n’est qu’un vaporisage appliqué au drap et qui a pour but d’assurer la conservation de son lustre; enfin le séchage.
Hygiénologie. — Les opérations de blanchiment exposent à un assez grand nombre d'inconvénients: fatigue musculaire, forte humidité, vapeurs aqueuses chaudes, contact constant avec des substances caustiques ou toxiques, telles que soude, acides sulfurique et chlorhydrique, chaux, buées chargées de ces mêmes substances qui pénètrent ainsi dans les voies pulmonaires, dégagements de chlore et d’acide sulfureux. Les effets do ces diverses substances nous sont déjà connus (voir aux Généralités ).
Pour atténuer ces inconvénients, il convient surtout de recourir aune bonne installation et à de bons appareils.
Le lavage et le clégorgeage des fds doivent être exécutés à l’aide de la machine indiquée dans les Généralités (fig. 32). Leur torsion qui s’exécutait autrefois à main d’homme, doit être obtenue à l’aide de la machine suivante :
au! sont, deux crochets placés au-dessus d'un bassin. I.e crochet a' est animé d’un mouvement, de rotation communiqué par la
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poulie b. Le crochet a est, lui, animé d’un mouvement de va-et-vient dans le sens horizontal. C’est une poulie fixe sur laquelle un mécanisme fait tomber la courroie lorsque la torsion est suffisante.
Le séchage se fera avec une essoreuse.
Pour le soufrage de la laine on emploie ordinairement une chambre disposée comme celle de la figure :
La chambre AA.
est munie en haut d'une trappe 6, qu'on peut ouvrir ou fermer à volonté ; c, une porte pour l’introduction des ouvriers ; dcl, deux petites ouvertures ménagées aux angles pour l’introduction des terrines à soufre; eeee, perches sur lesquelles on dispose les laines.
Au bout de 24 pjg. I9g. — Chambre pour le soufrage des laines, heures on ouvre
toutes les portes et la trappe pour établir un courant d’air qui chasse l’acide sulfureux avant l’entrée des ouvriers. Mais cette simple trappe laisse l’acide sulfureux se rabattre dans l’atmosphère ambiante du soufroir. Il y aurait lieu de la remplacer par une cheminée munie à sa naissance d’un opercule qu’on pourrait manœuvrer de l’extérieur et 11e conduisant l’air en dehors qu’après l'avoir fait circuler soit sur des oxydes métalliques, soit sur des schistes alunifères qui fixeront l’acide sulfureux.
Il est une habitude regrettable. En hiver pour sécher la laine avant de la retirer, on remplace les terrines de soufre par des réchauds chargés de braise allumée. Il se fait là un dégagement d’oxyde de carbone qui peut être dangereux, surtout en l’absence de cheminée.
Comme le soutirage par combustion du soufre donne une
laine qui jaunit assez vite sous l’influence de l’air, on se serl beaucoup aujourd’hui d’une solution de sulfite de soude additionnée d’acide chlorhydrique. Il faudrait exiger l’établissement de hottes au-dessus des cuves.
Comme le débouillage à la chaux se fait forcément en vase clos, sans quoi les toiles s’altéreraient, il en résulte un avantage hygiénique incontestable, mais il y a aussi intérêt à ce que que ces vases soient chauffés à la vapeur, ce qui se réalise dans l’appareil de la' figure 197.
Il i il
Fig, 197. — Appareil pour le débouillage à la vapeur.
Les cuviers sont disposés autour d’un générateur. Les appareils de lessivage ont été indiqués à l’article Buanderies.
L’appareil adopté pour le chlorage demande pour com plément hygiénique une hotte bien ventilée. Il consiste en un simple cuvier surmonté d’un tourniquet sur lequel on enroule les toiles et qui par sa rotation fait passer successivement dans le bain toute la pièce.
Quant au séchage, il y a intérêt à remplacer les anciens séchoirs par un jeu de tambours où circule de la vapeur, qui sont placés sous une hotte puissante (voir la figure 31 des Généralités).
Pour le dégraissage des étoffes de laine, il convient d’employer une machine, dite à immersion (voir fig. 25, page 51).
Parmi les opérations d’apprêts, la plus intéressante au point vue de l’hygiène esl celle du grillage ou flambage,
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Longtemps on a pratiqué exclusivement le grillage à la ■plaque qui, du reste, est encore employé clans les fabriques d'indiennes. On fail passer rapidement les toiles au-dessus dune plaque de cuivre chauffée au rouge, mais aujourd’hui on pratique surtout le grillage au gaz qui a tout d aborcl été réalisé à l'aide de l’appareil Samuel Hall (fig. 198).
Fig. 198. — Appareil de Samuel Hall pour le gazage.
Deux paires de tubes aa en cuivre sont percés d'une multitude de petits trous à leur partie supérieure. Ils sont placés horizontalement sous d’autres tubes cà larges ouvertures bb, el munis d’un ventilateur. Les tubes aa reçoivent le gaz du réservoir c qui va former de petits jets de feu par les petits trous. Les produits de la combustion s’engagent dans les ouvertures bb, d’autant plus qu’ils sont attirés par le ventilateur. La toile tt passe à travers les flammes. Avant, elle glisse entre les brosses gg, qui relèvent les filaments à griller ; et après elle passe entre les frottoirs ff qui éteignent les étincelles que la toile peut entraîner.
M. Tulpin a apporté à cel appareil des perfectionnements qui ont pour but de griller à volonté deux fois ou quatre fois le même côté, mais qui n’ont aucun intérêt hygiénique.
Toutefois, même avec les appareils les plus modernes, les
TRAITE IVI1YG1KNK INDUSTRIELLE.
’iSfi
ateliers do gazage sont très malsains. Les inconvénients 011L été signalés surtout par Arnould (1). Il y règne d’abord une chaleur excessive due à la fois à la combustion du gaz et à celle des filaments. Il se dégage aussi des vapeurs ammoniacales tellement abondantes que dans l'atelier il devient impossible de distinguer les objets éloignés de quelques mètres et qu’en traversant les fissures des planches et des plafonds, elles vont incommoder les ouvriers des autres ateliers. Elles étendent mémo leur action désagréable sur les voisins. Beaucoup d’ouvriers éprouvent des picotements aux yeux, de la blôpliaroconjonctivite, des troubles respiratoires, de la toux, de la tendance aux lipothymies, de la céphalalgie, des sueurs profuses et de la soif qui entraînent l’inertie des voies digestives. Arnould recommande de bien aérer en laissant un espace libre entre le toit et le mur. Il y aurait lieu en outre de faire adopter la nouvelle machine de Blank. Chaque jet de gaz est entouré d’un manchon dans lequel un tube injecte avec force de l’air qui agit comme un chalumeau. La combustion est complète; il n’y a aucune odeur et pas de dépôt de noir sur la toile.
Pour l’encollage des toiles, la main-d’œuvre peut être réduite à la préparation de la colle. Sous le nom de foulards on a construit des machines qui trempent l’étoffe dans le bain, en répartissent le liquide et enroulent l’étoffe encollée sur un cylindre sécheur (figure 199).
EF, ef, deux cylindres en cuivre recouverts de toile et placés l’un au-dessus de l’autre sur un bâti en fonte AH, a h. Le levier A: fait exercer une pression sur le cylindre inférieur par l’intermédiaire du supérieur. Au-dessous du cylindre E est
(1) Annales d'hygiène, 1870, p. 90.
Fg. 109. - Foulard.
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une auge G contenant le mélange et la bobine m sur laquelle sont enroulées les pièces.
Le tondage doit être fait, ainsi que cela a lieu à peu près toujours, à l’aide de machines tondeuses don L les parties principales consistent en une série de cylindres étagés, l'un abandonnant par son mouvement de rotation, le tissu enroulé autour de lui, le second étant armé d’une brosse en spirale et redressant les filaments, deux autres armés de lames-couteaux en spirale et tranchant ces filaments au passage, enfin un dernier enroulant autour de lui le tissu ainsi tondu. Il reste un perfectionnement à apporter à ce système, c’est de l’enfermer dans une enveloppe hermétique avec ventilation pour aspirer les filaments détachés.
L’hygiène n’a aucun vœu à émettre pour le lustrage qui aujourd’hui se fait toujours avec des machines ne dégageant point dépoussiérés soit par calandrage., c’est-à-dire par frottemenL entre un cylindre en bois dur et deux surfaces planes, soit par cylindrage , c’est-à-dire en faisant circuler le tissu entre des cylindres compresseurs qui, suivant les besoins du travail peuvent être chauffés ou maintenus à froid. Il y a intérêt pour éviter une trop grande humidité aux ouvriers à obtenir l’humectage avec la machine indiquée à la page 54 des Généralités, fig. 29.
Le vaporisage et le décatissage peuvent s’obtenir mécaniquement d une manière analogue, en substituant des jets de vapeurs à la pluie de l’auge, mais ici les hottes ou les enveloppes sont encore plus nécessaires. Il faut encore une hotte au-dessus de l'essoreuse à cylindre pour le séchage.
Ce n’est que dans l’enfance de l’industrie qu’il a pu être question de réaliser le foulage par un martelage à mains d homme. Depuis longtemps il est devenu une œuvre purement mécanique. On s’est d’abord servi de pilons qu’un arbre de transmission soulevait et laissait retomber alternativement. Aujourd’hui on emploie des cylindres compresseurs et le foulage est devenu une espèce do laminage. Parmi les machines de ce genre il en est une que l’hygiène
Canal en bois
doit désapprouver, c'est celle de Hall qui expose plus aux accidents. Celle de MM. Vallery et Lacroix esL préférable.
Un schéma simplifié en donne une idée.
Elle comprend un gros cylindre et trois cylindres beaucoup plus petits, qui prennent le drap et le foulent dans le sens de la largeur. Après avoir passé entre ces cylindres la pièce s’engage dans un canal formé par des planches où elle s’accumule, et est pressée, foulée dans le sens de la longueur. Puis par le fait de son accumulation, elle écarte les planches, sort de ce défilé et descend mollement
s’amarrer en se plissant, dans la partie inférieure de la caisse qui enferme le tout. De là le roulement la ramène de nouveau entre les cylindres.
Le lainage se faisait autrefois à la main, les ouvriers brossant le drap à l'aide d’une plaque armée de chardons naturels, et se trouvant ainsi plongés dans une atmosphère de poussière laineuse et colorante. Aujourd’hui il se fait avec la machine
Fig. 200. — Machine à fouler do MM. Yallery et Lacroix.
Fig. 201. — Laineuse pour draps.
de Douglas constituée essentiellement par deux rouleaux, dont l’un enroule le drap pendant que l’autre le fournit en le déroulant, et d’un gros tambour présentant une série de barres armées d’une double rangée de chardons. Mais l’hygiène ne doit encore admettre celte machine qu’avec une enveloppe hermétique.