‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 118 sur 172 · KT QU NI | SEM · texte numérisé non relu

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Fig, 167. — Four Simonneau.

Il comprend un massif en maçonnerie A A; B est la cavité du four; CC’, chauftes avec grilles et cendriers, ayant leurs ouvertures dans les chambres HH; D, foyer avec grille pour le défournement de la chaux. Cette ouverture reste fermée pendant la cuisson.

Hygiénologie. — On reproche particulièrement aux fours à chaux de répandre de la fumée, des buées de vapeur d’eau d’une odeur assez pénétrante, et enfin d’effrayer souvent les chevaux par la flamme des foyers. Chevalier (1) a signalé, depuis, les dangers qu'ils peuvent aussi faire courir à la végétation, eten particulier l'odeur et la

(1) Annales d'hygiène, 1862, 2 série, t. XVHI.

saveur désagréables qu'ils peuvent communiquer aux raisins des vignes voisines. Il attribue ces effets à la cuisson de la pierre au moyen de la houille, d’où résulteraient des vapeurs chargées de produits pyrogénés et carbonés, de l’acide sulfureux provenant d’une combustion partielle des sulfures de la houille, de l'acide carbonique résultant de la transformation du carbonate de chaux, de produits de l’incinération des matières organiques incrustées dans la pierre calcaire. Il y aurait lieu de tenir compte aussi des poussières provenant du maniement des pierres et de Ja chaux.

Delcominète (1) a confirmé ces faits. Il a même pu extraire du phénol en nature du vin récolté. Même en restant à l'extérieur, les produits empyreumatiques déposés se mélangent au vin par le fait du pressurage et du cuvage, et ils trouvent dans l’alcool formé un puissant dissolvant.

Pour remédier à ces inconvénients, on se contente généralement de prescrire une installation loin des centres habités, à une certaine distance des routes fréquentées et avec des ouvertures de foyers non tournées du côté de ces routes. Toutefois la réglementation officielle a pensé devoir établir une distinction entre les fours permanents, c’est-à-dire ceux qui servent à une fabrication commerciale ou constante, et les fours temporaires, c’est-à-dire ceux qui sont établis momentanément pour fournir exclusivement aux besoins d'une construction, sans frais de transport. Elle accorde à ces derniers le bénéfice de la troisième classe. Il y a déjà de ce chef une tolérance peutêtre trop bienveillante. Du reste, même pour les fours éloignés, mais destinés à une large production, on devrait exiger l'emploi, soit du four de Simonneau, soit de celui de Bidemann, qui a la même organisation que le précédent, mais qui devient fumivore si l’on y brüle du poussier de coke et de la houille maigre.

Il est un dernier danger public dont il est temps de se

(1) Revue d'hygiène, 1879, p. 698.

préoccuper. Les fours de campagne servent souvent d'asile aux ouvriers qui désirent faire une sieste à l'ombre ou à la chaleur, suivant la saison, ou à des vagabonds. Souvent ces imprudents ont été trouvés asphyxiés par l'acide carbonique. À cet égard, on devrait exiger autour des fours une clôture élevée ou une fermeture résistante à l'entrée du four. |

L'hygiène des ouvriers n’a pas été jusqu'alors prise en considération, probablement parce qu'ils sont peu nombreux pour chaque four. Il est cependant évident qu’en chargeant et déchargeant les fours, ils absorbent beaucoup de poussières irritant à la fois les muqueuses pulmonaire, oculaire et nasale. On a même observé des rhinites dues à l'action caustique de la chaux. Ils doivent aussi respirer toutes les émanations énumérées plus haut, lors du défournement.

Les poussières sont surtout à craindre Ià où on pulvérise et tamise la chaux. C’est avec raison que la loi interdit l'emploi des enfants pour ce travail. Dans l'intérêt des adultes, on devrait aussi exiger des broyeurs et des blutoirs avec enveloppe hermétique.

Le travail des enfants est interdit dans le local du broyage et du tamisage.

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