‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 119 sur 172 · FOURS A PLATRE · texte numérisé non relu

FOURS A PLATRE

Sommaire technique. — Le plâtre industriel se prépare avec le gypse, qui est formé par du sulfate de chaux hydraté. On commence par le déshydrater par la cuisson, qui peut s'effectuer dans des fours ouverts ou fermés. Les premiers, dont une des formes est représentée dans la figure 168, présentent une grille pour le charbon de terre. Au-dessus est une voûte à jours en briques réfractaires ou formée avec de grosses pierres de gypse. Le reste de la matière première est massé au-dessus. Ces fours ouverts ont l'inconvénient de chauffer irrégulièrement, de produire dans la couche inférieure trop chauflée du

472 TRAITÉ D'IYGIÈNE INDUSTRIELLE.

sulfure de calcium qui dégage de l'hydrogène sulfuré au moment du gâchage. Les seconds réalisent une cuisson plus régulière et en mème temps une économie de combustible. Un type est représenté dans la figure 169. Il est démontré aujourd'hur que, pour fabriquer le plâtre, 1l ne faut pas une grande chaleur comme celle que donnentlesfours ouverts, Une simple dessiccation à 100° suffit, C'est tout justement la température des chambres. De plus la chaleur est beaucoup plus régulière et donne de meilleurs produits.

Fig. 168. — Four à plâtre,

S N Î L NCIS

Qi

Fig, 169, — Four à plâtre de Paris.

La houille brûle dans des fours à coke aa a. Les flammes arrivent par les conduits b bece à la partie inférieure de grandes chambres fff.

Il y a donc déjà une économie de combustible. En outre, grâce aux fours à coke, la combustion de la houille donne en mème temps un autre produit industriel,

Après la cuisson vient le #royage, qui se fait, soit avec des moulins à pilons, soit avec des meules verticales, soit avec des moulins analogues aux moulins à farine. Il est expédié en cet état dans des tonneaux. Au moment de l’emploi, la poudre ainsi fabriquée a besoin d'être géchée avec de l’eau, puis coulée.

On fait du plâtre, acquérant une très grande dureté, en plongeant le gypse cuit dans une solution d'alun ou de borax et le soumettant, après cette immersion, à une nouvelle cuisson.

Hygiénologie. — La cuisson par elle-même donne lieu seulement à quelques dégagements de vapeur d’eau, d'une petite quantité d'acide carbonique et parfois d'acide sulfureux. Vu les faibles proportions de ces dégagements, c'est plutôt la valeur industrielle des diverses espèces de fours que leur valeur hygiénique qui doit dicter le choix. Néanmoins, il est certain qu’à notre point de vue, ce sont les fours fermés et munis d’une haute cheminée qu'on doit préférer.

Les poussières plutôt que les dégagements de gaz ont conduit à ranger cette industrie dans la deuxième classe d'autant plus que le plâtre est toujours livré au commerce sous forme de poudre, tout en accordant la troisième classe aux fours qui ne fonctionnent pas plus d’un mois. C'est tout justement parce que la poussière est ici le véritable ennemi, que l'hygiène des ouvriers se trouve être plus compromise que la salubrité publique. On observe chez eux, en effet, les diverses altérations constatées chez les plâtriers, c’est-à-dire chez ceux qui sont chargés d'appliquer le plâtre dans les constructions : érythème et eczéma des bourses, ulcérations des mains, blépharite cilaire, conjonctivite, taches de la cornée, coryza chronique, granulations du pharynx et du larynx, catarrhe des bronches, cyrrhose pulmonaire et concrétions calcaires dans les poumons. Ici, comme dans toutes les circonstances analogues, on devrait exiger des moulins et des blutoirs à enveloppes hermétiques,

Les conditions du travail des enfants sont les mêmes que pour les fours à chaux.

Page 1