AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX (OR ET ARGENT
Cette industrie a pour but de séparer l'or et l’argent, qui sont souvent alliés entre eux; cette séparation peut s’obtenir par trois procédés: |
Par l'acide azotique, qu’on verse peu à peu dans un alambic en platine contenant l’alliage. La cucurbite de cet alambic repose sur un fourneau. D’abondantes vapeurs az0tiques se dégagent et vont se condenser dans un récipient
baignant dans de l’eau froide. Il reste dans la cucurbite une dissolution d’azotate d'argent et de l'or, celui-ci ayant résisté à l’action de l'acide azotique. Le dépôt d’or est lavé avec de l’acide azotique concentré, puis avec de l’eau disüllée, et il est purifié définitivement par une fusion dans un mélange de nitre et de borax. D'autre part on réduit l’azotate d'argent par une lame de cuivre. Le précipité d'argent métallique est soumis à l'action d’une presse hydraulique, puis fondu aussi avec du borax et du nitre.
Par l'acide sulfurique, qu’on fait agir sur l’alliage dans des .cornues en platine. Les vapeurs sulfuriques qui se dégagent des cornues vont se condenser dans un énorme tube en plomb. Le sulfate d'argent produit est, comme précédemment, réduit par du cuivre. L'argent et l’or, ainsi séparés, sont encore épurés comme dans le cas précédent.
Par l’eau régale, qui dissout l'or et transforme l'argent en chlorure; mais ce procédé coûteux n’est pas employé.
Hygiénologie. — Avec le procédé à l'acide nitrique, le danger principal se trouve dans le dégagement (voir page 79) de vapeurs d’acide azotique et hypoazotique. Pour atténuer cette cause de danger, une des premières conditions est que la chaudière de platine dans laquelle s'effectue la réaction soit parfaitement close, que l'acide azotique y soit introduit par une simple Pr et d’une manière fractionnée afin de filer, pour ainsi dire, la réaction et le dégagement, et que le tout soit placé sous une hotte conduisant à une cheminée haute de 30 mètres les vapeurs qui peuvent se perdre sur les différents points de l'appareil. Il faut en outre qu’un tuyau faisant suite à la chaudière conduise la masse des vapeurs dans un grand vase refroidi par de l’eau et suivi lui-même de tubes SAME de fragments siliceux humectés d'eau. Cette annexe retient une grande partie des vapeurs d’acide azotique qui se dégagent avec une grande intensité au début de l’opération. Il y a ainsi bénéfice à la fois pour l'hygiène et pour l'industriel, qui retrouve une partie du réactif employé, d'autant plus que dans cette traversée les vapeurs d'acide hypoazotique rencontrant de l'oxygène redevien-
Poincaré. — Hyg. industr. 10
nent en partie de l'acide nitrique. De plus encore, il a l'avantage de voir, par le fait de son absorption, son industrie élevée à la deuxième classe, ce qui lui donne les coudées plus franches dans son exploitation.
Avec le procédé à l'acide sulfurique, ce sont les dégagements des vapeurs de ce liquide et d’acide sulfureux (voir page 71) qui sont à redouter. Il importe donc qu’on prévienne leur diffusion dans l'atmosphère, en prenant des mesures pour les condenser. Pour ce faire, les cornues en platine où s’opèrent les réactions doivent être munies de chapiteaux coniques, terminés par des tubes recourbés s’abouchant à un long tube de plomb qui aboutit lui-même dans un grand réservoir en plomb maintenu à une température basse. L’acide sulfurique vaporisé se condense dans ces récipients de plomb. Pour fixer l'acide sulfureux qui continue sa route, on le fait arriver dans une caisse tournante contenant un lait de chaux. Il serait plus heureux encore d’imiter ce qui se fait à l’usine de la rue de la Fidélité à Paris. L’acide sulfureux y arrive dans une chambre où on amène d’autre part des vapeurs nitreuses, de l’air et de la vapeur d’eau, de façon à le transformer en acide sulfurique, comme dans les fabriques spéciales de ce dernier produit. On retrouve ainsi le réactif premier.
Il est deux opérations accessoires qui créent quelques inconvénients. L'argent obtenu a besoin d’être desséché dans des chaudières qui déversent de la vapeur d’eau entachée par une certaine quantité des réactifs employés. D’autre part la réduction du sulfate d'argent par des lames de cuivre donne naissance à du sulfate de cuivre qu’on a intérêt à utiliser commercialement. La réduction du nitrate d'argent donne naissance à du nitrate de cuivre que, pour les mêmes raisons, on a intérêt à transformer en sulfate. Dans l’un et l’autre cas, on est obligé de concentrer la dissolution dans d’autres chaudières pour obtenir les cristaux de cuivre. De là des vapeurs d’une autre nature. Pour toutes ces chaudières, il faut exiger des hottes et des cheminées d'évacuation. Enfin les cristaux ont besoin d’être dessé-
chés dans des étuves. De là un certain danger d'incendie. Aussi doit-on établir ces étuves dans des bâtiments séparés.