‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 5 sur 172 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Ce sera donc pour lui une utile ressource de trouver, réunis et condensés sous un petit volume, tous les documents qui peuvent lui être nécessaires où même simplement utiles. Cette ressource lui devient même indispensable s’il tient à faire rendre à sa mission tout ce qu'elle est susceptible de rendre et à étendre son action bienfaisante, c’est-à-dire être à même de donner une direction plus hygiénique aux procédés employés. Pour cela il ne suffit plus de voir et d'interroger. Il faut être au courant des progrès des procédés chimiques et mécaniques.

Pour le praticien, ces mêmes connaissances techniques peuvent souvent lui donner la clef de la pathogénie des accidents qu’il observe. S'il est médecin d'une usine, elles peuvent agrandir considérablement sa sphère d'action. Ses rapports intimes et journaliers avec le haut personnel de la maison lui donnent des chances d’être plus écouté qu'un délégué de passage. S'il arrive là muni des données nécessaires pour entrevoir les avantages qu'il y aurait à substituer tel procédé à tel autre, ou une machine quelconque à la main-d'œuvre, que d’existences il peut sauver, que de familles il peut arracher à la misère. ;

Il importe toutefois que cette instruction technique reste dans les limites du strict nécessaire et qu’elle ne porte d’une manière complète que sur les points qui ont un véritable intérêt hygiénique. Aussi ne décrirons-nous, et toujours sommairement, que les machines qui constituent un progrès pour l'hygiène, laissant de côté tout ce qui est simplement un perfectionnement industriel.

Nous multiplierons le plus possible les figures, parce que dans une œuvre d'initiation, on gagne toujours beaucoup à parler aux yeux.

Nous nous montrerons, au contraire, très sobre en ce qui concerne la législation industrielle. Ce qui fait que l’étude de l’hygiène industrielle entre difficilement dans les mœurs des étudiants, c'est la répulsion que leur inspire la gangue législative au milieu de laquelle elle se trouve un peu noyée dans les traités publiés jusqu'alors. Il nous a paru préférable, au lieu de reproduire in extenso les textes de lois et de règlements dont l’industrie à été l’objet, d'en faire saillir simplement l'esprit sous une forme moins sévère et plus brève.

Les excellents livres de MM. Freycinet, Layet, Napias, Proust et Vernois, ont singulièrement favorisé ma tâche. Qu'ils n’accusent, pour les nombreux emprunts que j'ai dû leur faire, que la perfection avec laquelle ils ont traité certains sujets, ce qui ne permet plus d'innover qu'au prix d’une infériorité inévitable.

Page 1