INDUSTRIE DE LA GLUCOSE
C'est purement par mesure d'ordre et en raison de la grande extension qu'elle a prise dans ces dernières années, que nous allons dire quelques mots de cette industrie, car elle ne soulève aucun intérêt hygiénique particulier, Le tableau du 31 décembre 1866 garde le silence le plus absolu sur elle, Il faut remonter au 5 novembre 1826 pour constater qu'autrefois on lui a accordé la troisième classe.
Sommaire technique. — La matière première est de la fécule de pomme de terre. On en retire, sous ce nom, trois produits commerciaux : 1° le sirop de fécule, 2° la glucose en masse, 3° la glucose granulée. Pour ces trois produits, les procédés de saccharification restent les mêmes. On l’effectue dans une cuve fermée en bois de sapin. On y verse la fécule, délayée dans de l’eau, et en second lieu de l'acide sulfurique. On fait arriver par un serpentin de la vapeur sous pression. Un tuyau partant du couvercle va porter sous une hotte les vapeurs qui se dégagent. Quand la saccharification est supposée complète, on arrête la vapeur, et ou neutralise l’acide sulfurique en ajoutant par un trou d'homme du carbonate de chaux. Il se produit une grande effervescence d'acide carbonique. On soutire, on filtre sur des filtres de charbon. On évapore, autant que. possible dans le vide : on a ainsi d’abord le sirop. Pour la glucose en masse, on met un peu plus d’acide sulfurique, on concentre den et on abandonne dans des cristallisoirs. |
Pour granuler, on place le jus concentré dans des tonneaux disposés au-dessus d’un bac. Le fond des tonneaux est percé de trous d’abord fermés par des bouchons de liège. Quand la cristallisation commence à se faire, on retire les bouchons, le liquide s’écoule dans le bac laissant dans les tonneaux des cristaux très petits. Ceux-ci sont portés à ’étuve sur des plaques de plâtre qui absorbent le reste du sirop adhérent.
Hygiénologie. — Les dangers on analogues à ceux des sucreries, mais moindres. Les ouvriers peuvent dans les fabriques de glucose, comme dans les raffineries, contracter un diabète industriel: je l'ai constaté chez des ouvriers qui travaillaient dans un atelier dont l'atmosphère était chargé de poussières de glucose. Il est, du reste, beaucoup plus facile d'obtenir de la propreté dans les fabriqnes de glucose que dans les fabriques de sucre. Elles ont aussi l'avantage de ne pas agir directement sur des tissus végétaux, d’où absence de ces amas de matière organique en
voie de putréfaction. Il y a toutefois des accumulations de charbon ayant servi à la filtration et non encore revivifié. Mais c’est sur une bien moindre échelle que dans les sucreries et il y a bien moins de matière azotée retenue. En tout cas, on doit exiger la revivification immédiate.
Il est indispensable de ne laisser travailler qu'avec des cuves bien fermées et portant un tube à dégagement se rendant à une hotte ou à une cheminée.
Un désavantage particulier à la fabrication de la glucose, c’est l'emploi de l'acide sulfurique qui expose les ouvriers à des effets caustiques et qui rend acides à la fois les vapeurs dégagées de la chaudière et les eaux résiduaires. Il importe dans l'intérêt des cours d’eau que la saturation par , le carbonate de chaux soit bien faite et, en outre, les eaux résiduaires doivent traverser des pierres calcaires avant d'arriver aux égouts publics. La saturation crée de son côté un danger extérieur en produisant une effervescence trop grande d'acide carbonique. Le carbonate de chaux ne doit être introduit dans le bain que par fractions.