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HUILERIES OÙ MOULINS A HUILE

Sommaire technique. — On réserve ce nom aux industries qui extraient les huiles végétales. L’extraction des huiles végétales nécessite cinq opérations successives :

1° Le concassage qui a pour but de mettre à découvert les parties centrales de la graine qui renferment l'huile ;

2° La mouture ou écrasement des grainés sous dé meules, ayant pour but de transformer la matière végétale en une pulpe farineuse ;

3° Le chauffage de la farine qui a pour but de faciliter, par une douce chaleur liquéfiante, la sortie de l’huile ;

4° Le pressurage qui doit Sorel l'huile retenue dans la pulpe ;

5° L’épuration qui a pour but de débarrasser l’huile de certains autres principes de la graine qu’elle entraine avec elle, qui lui donnent un aspect louche, la rendent putres-

cible et obstrueraient, du reste, la mèche des lampes. Une partie de ces matières se dépose par le repos, mais il en reste en suspension, et une simple décantation ne suffirait pas pour l’épurer. On est obligé de recourir au traitement par un acide et à la filtration. Le traitement par un acide consiste à agiter l'huile avec de l’acide sulfurique très étendu qui s’empare de l’eau qui retenant en suspension des particules étrangères et transformant celles-c1 en une masse charbonneuse. L'huile prend alors une coloration brune, et au bout de quelque temps les masses charbonneuses se précipitent au fond du vase avec l’eau et l'acide.

La filtration achève de clarifier l'huile et la débarrasse de l'acide. Elle se fait dans des bacs ayant un fond à clairevoie sur lequel on dispose des couches de coton, d’étoupe ou bien encore du sable et de la sciure de bois. Les tourteaux sont vendus aux agriculteurs, soit comme engrais, soit comme nourriture pour les bestiaux.

Hygiénologie. — On a reproché surtout aux huiïleries de produire un bruit fatigant à supporter, d’ébranler mème les habitations voisines et de répandre souvent des odeurs nauséabondes. On à recommandé de n’y tolérer le travail que pendant le jour, d'isoler les presses des murs mitoyens, à l’aide d’une tranchée et de poutrelles, de ne pas laisser écouler librement les eaux sur la voie publique. Il eût été beaucoup plus simple de mettre les huiïleries dans la deuxième classe et de ne pas leur donner, a priori, pour ainsi dire le droit officiel de s'établir au centre des villes. Heureusement le bruit peut être aujourd’hui à peu près supprimé par l'emploi des engins modernes.

Il ne faut plus admettre de concassage à l’aide de marteaux-pilons, mais à l’aide d’un concasseur, dont la figure se trouve aux Généralités page 59. Pour l’écrasage, il faut des moulins muets, c’est-à-dire les meules verticales représentées aux Généralités par la figure 38. L’essieu commun passant dans une entaille pratiquée sur l’arbre vertical, doit avoir un jeu suffisant pour permettre aux meules d’être soulevées par un obstacle dur sans l’écraser. Les meules

doivent être accompagnées d’un racleur et d’un ramasseur qui ramènent la matière sous elles.

Malgré tout, le chauffage à feu nu qui est encore souvent adopté est irrégulier; certains points sont caramélisés et dégagent des vapeurs très âcres. Le chauffage à la vapeur est de beaucoup préférable. On le réalise à l’aide de l’appareil de la figure 132 qui se comprend sans explication. Non seulement le chauffage est constant et régulier, mais il se fait en vase clos muni d’un agitateur.

Pour le pressurage, au lieu de presses à coins qui exigent beaucoup de temps et un grand person- N RNNNN nel et qui, en outre, produisent Fig. 132. — Chaufoir à souvent un bruit de grinçage, il faut vapeur. se servir de presses hydrauliques.

L'épuration chimique se fera non dans des tonneaux ordinaires, mais avec l'appareil Grouvelle qui est un grand bac doublé en plomb, dans lequel tourne un arbre armé de quatre palettes en bois. Cet agitateur est mis en mouvement soit par un moteur si l’on en possède, soit à la main à l’aide d’une manivelle. Un enfant seul suffit pour la manœuvyrer.

Il est indispensable de dessécher les tourteaux, sitôt après le pressurage, car ils ont une grande tendance à la fermentation et à la moisissure. |

Les résidus de la filtration répandent aussi des odeurs . pénibles : ils deviendraient par conséquents encombrants pour les usines et une cause d'infection pour les cours d’eau. Heureusement on a trouvé leur utilisation. À côté des matières charbonneuses, ces résidus renferment des acides doubles qui prennent naissance par l’action de l'acide sulfurique sur les acides gras, notamment l'acide sulfoglycérique de Pelouze. On les emploie dans la mégisserie et dans la fabrication du sucre de betteraves pour abattre les mousses des sirops.

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