PAR LE LAIT
Transmissions indirectes par les laits d'animaux.
Fièvre typhoïde. — Dans un assez grand nombre de cas, le lait a été accusé d'avoir transmis la dothiénentérie. Les enquêtes conduites au sujet de certaines épidémies reconnaissant cette origine, ont montré que les germes avaient été apportés soit par l'eau employée au lavage des vases, soit par l'eau ajoutée au lait par fraude. Ce mode de transmission doit être considéré comme assez fréquent, puisque Rossi en 1897 avait déjà réuni 50 épidémies causées par la contamination du lait.
Le plus souvent, il est vrai, les cas de dothiénentérie ainsi causés sont peu nombreux et restent limités à la clientèle d'une ferme.
Cependant, il peut en être autrement : des laits de diverses provenances peuvent avoir été mélangés et l'épidémie peut prendre un plus grand dévelop-
(1) Damourette, Affections des nourrissons déterminées par la galactophorite. (Thèse, Paris, 1893.)
(2) J.-A. Kimmel. Congrès de Berlin, 1890.
pement. Celle du camp de Elsenborn en 1900 rapportée par Huiiermaiin en est. un exemple :
Le nourrisseur recevait son lait de 124 fournisseurs. L'un deux avait une fille atteinte de fièvre typhoïde; les mélanges opérés à la laiterie avaient probablement disséminé les germes.
Diphtérie. — De même que le bacille d'Eberth, le bacille de la diphtérie cultive aisément dans le lait, mais le mode de contamination n'est pas le même; il est rare que l'addition d'eau soit à incriminer. Klein croyait que la vache peut être atteinte d'une forme spéciale de diphtérie, mais son opinion est rejetée par la plupart des auteurs, et l'on doit considérer la contamination du lait comme étant toujours d'origine extérieure. C'est probablement par les personnes qui font la mulsion que le lait est souillé.
On cite comme un des plus caractéristiques l'épidémie d'Addlestone en 1879. Dans une soirée chez l'attorney général, 14 personnes contractèrent la diphtérie pour avoir bu de la crème qu'on y servait.
Scarlatine. — L'origine bovine de la scarlatine compte encore des partisans en Angleterre. On ne l'admet guère en France; il est du reste facile d'expliquer la production de certaines épidémies observées. C'est pendant la mulsion que des squames se détachent des mains de l'opérateur et viennent tomber dans le lait. Souvent, en effet, dans les épidémies relatées, dans celle de L. H. Millier, en particulier, on a pu retrouver le sujet scarlatineux cause de l'épidémie.
Choléra asiatique. — La contamination du lait dans ce cas se produit tout comme pour la fièvre typhoïde, par l'eau ajoutée au lait ou employée au lavage. Mais les mouches jouent peut-être aussi un rôle, d'après Haffkine. Cet auteur plaçait dans un local où sévissait le choléra, des jattes de lait. Les mouches no tardaient pas à se déposer à la surface du lait où le vibrion cholérique pouvait alors être décelé.
Coli-bacille. — Le coli-bacille se trouve très souvent dans le lait. Alba déclare même qu'il l'a trouvé constamment. C'est surtout dans les laits provenant <^rétables mal tenues qu'on le rencontre.
A. Lesage et Macaigne, cependant, croient que la conlaniination peut aussi se produire par le séjour dans une atmosphère d'hôpital, par exemple, toujours plus ou moins infectée par le bacille d'Escherich, Mais quel est exactement le rôle pathogène que ce microbe peut revendiquer? Il est certain qu'il est habituellement dépourvu de virulence. C'est un des agents de la fermentation du lait et là se boine habituellement son action. Mais il en est quel({uefois autrement : on adrriet qu'il peut exalter sa virulence et déterminer différents accidents gastro-intestinaux. C'est ainsi qii(> Lesage a d<''cril, sons !»> niMu de Ixicillr de. la diarrhée uerte, une vaï'iété de coli-bacille douée (l(> [)ropriétés chroniogènes.
PROPAGATION PAU l.E LAIT DES MALADIES INFECTIEUSES 303
Transmission directe des maladies par le lait de femme.
Il est important de savoir que le lait de femme peut aussi dans certaines maladies être un agent de contagion de nourrice à nourrisson et que, par conséquent, il faut dans ce cas suspendre l'allaitement au sein.
Dans la suppuration de la mamelle, l'allaitement doit cesser du côté malade, mais on peut le continuer sans danger du côté sain.
Dans les maladies générales infectieuses, au contraire, l'allaitement doit être entièrement suspendu. C'est ce qu'il faut faire dans les fièvres éruptives, l'érysipèle, la pneumonie, la fièvre typhoïde, et d'une façon générale dans toutes lespyrexies graves. On comprend d'ailleurs que la contagion esta craindre dans la plupart des cas bien plus par contact direct que par l'intermédiaire du lait.