DIGESTION GASTRIQUE ET INTESTINALE DU LAIT
La coagulation est encore différente suivant que le lait appartient à tel on tel animal. Rappelons que le lait de femme lui-même, à cause de sa teneur moindre en caséine, donne un coagulum moins compact que le lait de vache. Le lait de chèvre serait un de ceux qui ressemblent le plus au lait de vache quant à la formation du caillot.
2° Acide chlorhydriqne et composés chlorés. — Cet acide apparaît dans les sécrétions stomacales quelque temps avant la pepsine (Hammarsten, Wolfhugel). Sa présence a été constatée chez le nouveau-né par Clopatt, Thiercelin, Léo, etc.
Marcel et Henri Labbéont déterminé le chymisme gastrique d'enfants sains et d'enfants dyspeptiques, en utilisant la méthode d'Hayem et Winter. Voici leurs conclusions :
1° Le suc gastrique normal des enfants au-dessous de deux ans est toujours dépourvu d'HCl libre pendant la digestion;
2° Les chlorures fixes existent en proportion assez constante chez les nourrissons; leur quantité augmente rapidement pendant les premiers mois; ils atteignent à un an leur maxima, puis décroissent ensuite;
3° Le chlore combiné aux principes organiques augmente progressivement avec l'âge : il en est de même du chlore total ;
4° L'acidité totale, faible chez le nouveau-né, augmente très vite pendant les premiers mois, grâce aux fermentations stomacales, puis elle s'élève ensuite plus lentement, parallèlement au chlore, combiné organique;
5° Le rapport est inférieur à l'unité chez le nouveau-né, s'élève rapidement pendant le premier mois et reste supérieur à l'unité pendant les deux premières années, pour redescendre ensuite;
6° Le chymisme gastrique du rachitique peut se résumer dans les données suivantes : augmentation du chlore combiné aux principes organiques; augmentation de l'acidité totale, due aux acides de fermentation; apparition précoce de H Cl libre. Avec l'âge le suc gastrique des rachitiques tend à se rapprocher de la normale ;
7° Le chymisme gastrique des nouveau-nés atteints de diarrhée est extrêmement variable. On y reconnaît le plus souvent : la diminution du chlore combiné aux principes organiques; la diminution de l'acidité totale; enfin la précocité d'apparition d'HCl libre.
3° Pepsine. — La sécrétion de la pepsine apparaît quelque temps après celle de l'HCl. (Hammarsten, LangendorfP, Coutejean.)
La sécrétion de la pepsine a été étudiée surtout chez l'adulte, en ce qui concerne du moins la digestion du lait. Dans l'alimentation par le lait la richesse du suc gastrique en pepsine est plus faible que dans l'alimentation carnée par exemple. Pour Pawlow, en effet, pour un même poids d'azote, les divers aliments excitent d'une façon différente les cellules gastriques. Les glandes stomacales adaptent leur travail sécrétoire aux conditions de digestibilité des aliments ingérés par l'estomac ; plus un aliment est difficile à digérer, plus le suc gastrique est actif. Ainsi les albumines^de la viande provoquent une sécrétion
plus abondante de pepsine que les albumines du lait, plus faciles à digérer et beaucoup plus facilement attaquées par le suc gastrique.
La pepsine attaque le coagulum formé par le lab-ferment et le liquéfie partiellement. Les albumines du lait sont ainsi transformées en syntonines propeptones, peptones, composés ammoniacaux : tyrosine, leucine, etc.
Ces transformations sont plus rapides si l'on a affaire à du lait de femme. C'est ainsi qu'une demi-heure après le repas, chez un enfant nourri au sein, le chyme est presque complètement liquide et filtre facilement, alors que celui d'un enfant nourri au lait de vache contient encore des caillots de caséine au bout de trois quarts d'heure.
Telle est l'évolution des produits de la digestion gastrique du lait. Nous ne ferons que mentionner l'existence tout hypothétique de certains ferments (lactase, lipase, etc.) dans le suc gastrique et nous suivons la digestion du lactose et du beurre, à sa place véritable, c'est-à-dire lors de la digestion intes tinale du lait.