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CHAPITRE XVIII

LA TIIERMOGENESE ET L\ CÂLORIMETRIE DU NOURRISSON

Sommaire. — Généralités : La température du fœtus et du nouveau-né. — Variations de la température dans diverses circonstances. — Variations nyctémérales. — Détermination du minimum d'énergie nécessaire. — Importance de la surface dans la radiation thermique. — Evaluation de la surface cutanée chez l'enfant. — Méthodes diverses. — Résultats de cette évaluation d'après les auteurs. — Calorimétrie directe chez l'enfant : ses résultats. — Sources de l'énergie. — Valeur énergétique du lait de femme exprimée en calories. — Du lait de vache. — Déductions pratiques de la calorimétrie pour fixer la ration alimentaire du nourrisson dans l'allaitement au sein. — Calcul de l'utilisation des laits modifiés (homogénéisés).

Généralités. Thermométrie. Température du fœtus (1).

L'alimentation de l'enfant répond à un besoin triple : 1° elle doit lui apporter les matériaux nécessaires pour réparer les pertes qui sont la conséquence des phénomènes intimes de la nutrition des tissus et des organes; 2° elle a pour but de lui fournir l'énergie suffisante pour couvrir ses dépenses élevées en chaleur, travail mécanique ou autre; 2P elle doit subvenir aux besoins du jeune organisme pour son développement normal et son accroissement régulier.

C'est surtout dans le lait que l'enfant trouvera, pendant la première année de sa vie, les matériaux suffisants pour suffire à ses combustions, à la formation plastique et à la rénovation aussi bien qu'à l'accroissement de ses tissus. Toutes les opérations si complexes, si variées de la nutrition sont dominées par le besoin d'énergie.

On sait que l'organisme vivant perd de la chaleur et produit du travail mécanique. Cette production du travail et cette perte extérieure de chaleur correspond à une dépense d'énergie presque exclusivement chimique. On a

(1) Ce chapitre est dû en grande partie à la collaboration du D' Lassablière.

évalué en calories (1) cette dépense d'énergie qui se fait pour la plus grande partie sous forme de chaleur.

L'enfant, ainsi que nous l'établirons plus loin par la considération de la surface, rayonne, par unité de poids plus de chaleur et par conséquent consomme plus d'aliments que l'adulte. Les substances alibiles servent non seulement à accumuler en lui les matériaux nécessaires à son accroissement, mais encore à compenser ses pertes en calorique. La mesure de la température intérieure du corps indique la manière dont sont réglées les combustions; c'est la thermométrie.

La calorimétrie est la méthode qui permet de mesurer la quantité totale de chaleur fournie par l'organisme. La calorimétrie est dite directe quand elle enregistre directement, au moyen du calorimètre, la quantité de chaleur produite; elle est dite îyidirecte quand on détermine le calorique au moyen du calcul en partant de la teneur en principes immédiats des substances alimentaires, principes dont la thermochimie nous a fait connaître la valeur calorifique.

La température du fœtus.

H. Roger a établi le premier que la température du fœtus est supérieure à celle de la mère; il a trouvé immédiatement après l'expulsion du fœtus, 370,7 (tempér. axillaire) dans un cas, et 36^,7 dans l'autre; alors que la température de la mère était de 36o,7 pour le premier enfant, et de 36^,1 pour le second.

On pensa d'abord que la température du fœtus n'était autre que celle du milieu utérin qu'il venait de quitter, mais Baerensprung et Voit, en comparant la température du nouveau-né à la température de l'utérus immédiatement après la naissance, ont trouvé que, treize fois, la première était plus élevée que la seconde, qu'une fois seulement elle lui était égale, et deux fois inférieure.

Schiifer a établi la comparaison entre la température du nouveau-né et celle du vagin maternel aussitôt après l'expulsion fœtale. La moyenne de 23 cas fut de 37^,8 pour les enfants (tempér. fœtale) et de 37^,5 pour la mère. Ces écarts entre la température du nouveau-né et celle de l'utérus ou du vagin maternel ont été confirmés par Schrôder et Wurster, Sommier, Alexieff, Vicarelli. Même dans les accouchements laborieux, la température intra-utérine est au-dessous de celle du fœtus.

Tous ces faits montrent que le fœtus a un excès de température qu'il cède au sang maternel au niveau du placenta et à la paroi utérine par l'intermédiaire du liquide amniotique.

De cette notion physiologique découle une application pratique obstétricale proposée par Cohnstein, à savoir que le thermomètre peut renseigner sur l'état de vie ou de mort du fœtus : si après qu'il a été introduit délicatement entre la paroi utérine et l'œuf, on note une température plus basse à

(1) La calorie ou ^.Tandc culorie csl la quantité de chaleur néccssairp pour élever de 1 degré la température du 1 kilog. d'eau.

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