BOUILLIE AU LAIT SUCRÉ
PANADE
PANADE
PANADE
25 décembre 1907.
(commoiicemeiii de
l'expérience).
Poids
0 kg. 920 21 cm.
4 kg. 915 43 cm.
6 kg. 120 49 cm.
0 kg. 850 19 cm.
2 kg. 215 34 cm.
4 kg. 420(1) 42 cm.
0 kg. 930 21 cm.
3 kg. 310 41 cm.
3 kg. 140
43 cm. (2)
0 kg. 960 22 cm.
3 kg. 395 41 cm. (3)
Taille
16 mars 1908.
Poids
Taille
12 avril 1908. Poids
Taille
Le dosage des matières minérales du calcanéum des chiens I, II, III a donné. .
(1) Le chien II reçoit du lait dans sa panade depuis le 16 mars.
(2) Mort le .31 avril avec broncho-pneumonie et dilatation stomacale.
(3) Mort le 16 mars avec broncho-pneumonie et dilatation stomacale.
(1) Communication à la Soci(''té de Biologie. Troubles produits par In panade (bouillie de pain dans l'eau) sur la nutrition et le développement des jeunes organismes, par MM. G. Variot et P. Lassablière.
52G HYGIÈNE rxÉNKP.ALE DU NOURRISSON
. D'après ce tableau, on voit à la date du 16 mars, c'est-à-dire au bout de trois mois, que :
1° Les animaux nourris avec la panade étaient très inférieurs comme poids et comme taille au témoin nourri avec de la bouillie au lait ;
2° L'inégalité et le retard de leur accroissement pondéral dépasse de beaucoup l'inégalité et le retard de leur accroissement statural. En effet, alors que leur accroisssement pondéral a été de 34, 54 et 60 % par rapport au chien témoin, leur accroissement statural a été de 68, 90 et 96 % par rapport au même témoin.
La dissociation de croissance s'est donc trouvée réalisée expérimentalement;
3° A cette date, l'insuffisance alimentaire de la panade apparaît déjà nettement, puisque l'un des chiens est mort et que les deux autres sont en très mauvais état.
A la date du 21 avril 1908, on voit que :
1° La nocivité de la panade s'est confirmée, puisque le seul chien (III) laissé à ce régime a succombé également de broncho-pneumonie dans un amaigrissement extrême ;
2° Au contraire, il a suffi d'ajouter du lait abondamment à la panade du chien II pour que sa croissance reprenne et dépasse même celle du chien témoin I. En effet, ce chien a regagné 2 kg. 210 en poids et 8 centimètres en taille, alors que le témoin I ne gagnait que 1 kg. 205 en poids et 6 centimètres en taille dans le même temps. Autrement dit, le chien II remis au lait a eu un accroissement pondéral de 188 % et un accroissement statural de 133 %, par rapport au chien normal. Là encore il y a eu dissociation dans la croissance.
L'examen macroscopique des animaux morts a montré pour tous les chiens soumis au régime exclusif de la panade des lésions constantes caractérisées surtout par de la bronchopneumonie, survenue par suite de leur état de moindre résistance, une dilatation gastro-intestinale considérable, une diminution de volume et une déminérahsation notable des os.
Il semble donc résulter de ces recherches, que nous poursuivons d'ailleurs, que la panade à l'eau telle qu'elle est si communément employée, surtout dans les classes pauvres, constitue un aliment très défectueux pour le développement et la santé des jeunes organismes.
D'autre part, nous relevons ce fait physiologique intéressant que, au cours de la croissance, chaque tissu a une activité nutritive spéciale et même indépendante et s'accroît pour son propre compte, puisque la taille réglée par les os est moins retardée relativement que le poids correspondant au développement total des organes. Au point de vue pratique, on doit conclure de nos observations que la panade à l'eau donnée si habituellement aux enfants de la classe populaire, au moment du sevrage, est un aliment défectueux et mal utilisé. La panade faite au lait, seule, devrait être employée.