‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 229 sur 288 · SB · texte numérisé non relu

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FiG. 125. — Anticipation de croi.ssance. Proniière partie do la courbe pondérale et .statiirale

du jeune IIouzcl.

peu fréquentes et qui n'infirment pas la règle que nous avons posée de la première apparition des points complémentaires dans les premières phalanges et les métacarpiens, vers l'âge de 18 à 20 mois, ou plus exactement lorsque la taille atteint 75 ou 76 cen/tmè^re^:, puisque c'est la taille et non l'âge, comme nous l'avons remarqué, qui règle le processus d'ossification.

L'ATROPMIE ET l/HYPOTROPHIE INFANTILES

Une seule fois, chez un enfant de 3 ans, très pâle, né de parents tuberculeux, nous n'avons pas encore vu de points complémentaires, quoique la taille fût à peu près normale.

Il arrive quelquefois que les points complémentaires des dernières phalanges manquent jusqu'à 4 ans, comme on le voit dans le cas reproduit (p. 688).

Rarement les points des deuxièmes phalanges se montrent avant ceux des métacarpiens.

Tout cet ensemble d'observations très précises nous permet de conclure que l'ossification dans les processus d'hypotrophie suit l'accroissement de la taille : et la première apparition des points épiphysaires métacarpiens et phalangiens semble bien être indépendante de l'âge réel des enfants, mais uniquement subordonnée à leur degré de développement.

Ces constatations prennent un caractère de certitude scientifique, puisque même chez l'enfant normalement développé nous avons retrouvé l'apparition des points d'ossification complémentaires dans le squelette de la main, en rapport avec la taille et non avec l'âge. Il n'est pas rare, nous le répétons, de voir des enfants de 2 ans et plus qui n'ont pas encore de points complémentaires dans les phalanges et les métacarpiens, parce qu'ils n'ont pas encore atteint la taille de 75 centimètres.

Inversement, j'ai eu l'occasion de vérifier sur l'enfant d'un de mes jeunes confrères et amis, le D^ Ghislain Houzel, que l'anticipation de croissance correspond aussi à un développement plus précoce des points d'ossification dans les épiphyses.

TiG. 126. — Types d'enfants en anticipation de croissance.

1. D... Paule, 17 mois; poids : 10 kg. 200; taille : 86 cent. 5.

2. Ch... Yvonne, 12 mois; poids : 9 kg. 200; taille : ;2 cent.

Il s'agissait d'un jeune garçon ayant, à l'âge de 1 an, la taille de 76 centimètres, le poids de plus de 11 kilos, marchant seul depuis plus d'un mois.

Les radiographies de la main de cet enfant exécutées aii laboratoire de l'hôpital Necker, par jNI. Contremoulins, permettent de voir très distinctement un point d'ossification rudimentaire à l'extrémité supérieure des deuxième^ troisième et quatrième premières phalanges et à l'extrémité inférieure des deuxième, troisième et quatrième métacarpiens (1).

Voici la série des poids et de la taille du jeune Houzel jusqu'à la 167^ semaine :

Poids, Taille,

kilos. centimètres.

55e semaine 11,350 76

lOOe — 14,540 91

iDistinction de Vhypotrophie et du rachitisme (2).

Je me suis assuré sur un bon nombre de radiographies d'enfants rachitiques de 2 à 3 ans, que la dystrophie osseuse spéciale qui caractérise le rachitisme ne retarde pas l'apparition des points complémentaires dans la main; il faut, pour qu'il en soit ainsi, que le processus d'hypotrophie vienne s'adjoindre, se superposer en quelque sorte au rachitisme. Cette combinaison du rachitisme et de l'hypotrophie à des degrés divers, est très fréquente, il faut bien le dire ; mais il est commun aussi de rencontrer des cas de rachitisme simple et d'hypotrophie pure. La distinction du rachitisme et de l'hypotrophie est capitale pour nous permettre de progresser dans l'étude des troubles de la nutrition et de la croissance.

Lors de nos premières communications sur ce sujet à la Société des Hôpitaux on m'objecta que l'hypotrophie était une manifestation du rachitisme au même titre que les tuméfactions épiphysaires, les déformations osseuses; tant est commune l'intrication du processus hypotrophique et du processus rachitique dans la croissance anormale.

Il ne me fut pas difficile de répondre à ces objections en présentant simultanément de grands rachitiques avec déformations du squelette, mais sans

(1) Communication à la Soci6t(^ d'Anthropologie de Paris avoc prt'sentation des radiographies.

(2) f.rs cfirnctèrns différenlieli da Vhypotrophie infantile rt du rachitisme : Présentation dos radiographies à la HociC-U: Médicale des Hôpitaux (190G).

aucun retard de croissance (rachitisme floride) et des enfants atteints d'hypotrophie pure, chez lesquels les os et les épiphyses étaient indemnes.

FiG. 127. — 1. Enfant rachitique (loride. Taille et poids normaux. Age : 20 mois; poids : 12 kg. 100; taille : 81 cent. ",

2. Enfant atteint d'hypotrophie simple (né à terme). Age : 19 mois; poids : G ka;. 800; taille : 70 cent.

Ce qui est vrai pour les rachitiques avec tuméfaction marquée des épiphyses sans déformation importante des diaphyses, est vrai aussi pour les grands rachitiques avec scoliose, asymétrie thoracique et torsion du radius, comme on peut le voir sur la radiographie qui suit :

Chez cette grande rachitique de 4 ans 1/2 le développement total de la main n'est pas inférieur à ce qu'il est chez une enfant normale de cet âge. Les points d'ossification complémentaires aux première, deuxième et troisième phalanges sont très distincts; là encore, leur apparition ne parait pas avoir été retardée malgré l'extrême intensité de la dystrophie osseuse qui a complètement tordu les diaphyses de l'avant-bras.

Le ralentissement considérable dans la croissance et le développement des enfants hypotrophiques ne se retrouve donc pas toujours chez les rachitiques. Cela est manifeste pour le squelette, puisqu'il y a un retard de six mois, un an même, dans l'apparition des points d'ossification chez les hypotrophiques, tandis que les rachitiques peuvent avoir leurs points d'ossification complémentaires à l'époque normale.

Depuis mes premières recherches sur ce sujet, j'ai observé un grand nombre d'enfants chez lesquels le processus d'hypotrophie et le processus de rachitisme était nettement dissocié. Cependant dans la majorité des cas ces deux dystrophies sont combinées dans des proportions variables, tantôt le rachitisme prédominant sur l'hypotrophie ou inversement.

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La notion de l'hypotrophie pure apparaît avec une grande netteté parmi les enfants de 1 à 4 ans qui peuplent nos services d'hôpitaux à Paris, quand on mesure leur taille et quand on les pèse. Rien de plus commun dans ces conditions

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lis. i;s.

Main (l'une petite iille lachilique de 'i ans 1,2 nmi li.v|'i>tni|ilii(]U('. Tons li's ]>oints osseux roinii!i'mi'nt;iiros sont hicii :i|iiiai'('nts.

que de trouver un ictard de ^i i\ <S centimètres dans la laille, c'est-à-dire un retard de; 9 à 12 mois dans le tlével()|)pemenL |>iir ia|)p()rl aux moyennes dt^s laides de croissance, qui sont cependant l'aihles. Or, ces enl'ants ne |)résentent pas l'aspect ni les déformations liahiluelles du laehitisme; cette dystropliie

osseuse n'intervient pas dans leur arrêt ou plutôt dans leur ralentissement do <"roissance: ce sont des kypotrophiques.

Le rachitisme et l'hypotrophie sont don(» hien doux processus distincts

FiG. 129.

En haut : m=iin d'un garçon rachitique de trois ans, sans hypotrophie. Poids et taille normaux. L'ossification dans le carpe est plus avancée que dans la main normale qui sert de type de comparaison. On voit aussi les points d'ossification complémentaires aux métacarpiens, aux premières et aux deuxièmes phalanges. Ils manquent aux troisièmes phalanges. Cette main est d'un développement moyen dans sa totalité, et le processus rachitique, dans le squelette, n'a pas retardé l'apparition des points d'ossification, comme il arrive dans l'hypotrophie.

En bas : main d'une fille normale âgée de trois ans. Les points d'o.ssification complémentaires sont bien appai-ents aux métacarpiens, aux premières et aux deuxièmes phalanges. On aperçoit même deuxpoints aux troisièmes phalanges.

qu'il faudra s'attacher de plus en plus à différencier dans l'avenir. Ils sont fréquemment combinés, cela e.st vrai; mais ils peuvent être très indépendants, et

irest parfaitement certain que le rachitisme peut exister à un haut degré sans hypotrophie et inversement.

Les recherches expérimentales tendent à nous faire supposer que les substances toxiques ou nuisibles qui se forment dans l'intestin au cours des gastroentérites et de l'atrophie du premier âge sont probablement multiples. Les unes agiraient [spécialement sur le système osseux pour troubler l'ostéogénèse, aussi 'bien sous le périoste que dans les épiphyses. M. Spillmann, de

FiG. 130. — 1. Grand rachitisme et hypotrophie. Age : 4 ans 9 mois; poids : 10 kg. 400; taille : 78 cent.

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