Première partie île la traite. Deuxième partie. Troisième partie
Lactose » 72 74 79 » 72,2 73,9 79,5 « 72,4 73,8 79,8
Caséine .... 10 11,5 14 15 10,5 11,6 14,2 15,1 11,1 11,8 14,7 15
Sels 1,8 2,1 1,8 1,9 4,9 2,2 1,7 » 1,7 2,2 1,9 1,9
Beurre .
Caséine.
Lactose.
Analyses de Barbier et Boinot.
i" |iartic de
la traite.
No 2
2« partie.
3* parlio.
Variations de composition du lait suivant son âge.
Nous avons suivi à l'article du colostrum, les modifications chimiques qui surviennent dans le lait pendant les quinze premiers jours après l'accouchement, et nous avons reproduit des tableaux et des analyses multiples qui établissent que la proportion des substances entrant dans la constitution du lait variait très notablement, la différence principale portant sur le taux du beurre. — A partir du quinzième jour, les éléments du lait proprement dit subissent de faibles variations : la caséine et le lactose oscillent autour de leur moyenne respective. Au contraire, le beurre reste éminemment variable dans sa proportion.
Camerer et Soldner ont analysé des laits âgés de 8 à 170 jours et sont arrivés aux résultats suivants :
.\/ote
Lailose.
Sels
lixtiail sec.
total.
. JJauijc.
aiili)'(lro.
mintM-aux
Composition du lait de femme. — Laits âgés de S à 170 jours et plus, d'après Camerer et Soldner. Résultats rapportés au litre, en grammes :
Ag:c ilii lait.
8 à 11 jours (moyenne de 10 cas).
20 à 40 jours (moyenne de 15 cas).
60 à 140 jours (moyenne de 14 cas).
170 jours et plus (moyenne de 10 cas).
D'après ces chiffres, on voit que la richesse du lait en azote et en sels minéraux est d'autant [)lus grande qu'il est moins âgé. Depuis la délivrance jusqu'à la lin du premier mois, la quantité de lactose croit environ de GO à 70 grammes poiii- se maintenir à ce taux dans les périodes ultérieures di^ la lactation. Les variations du hciirre ne seml)l(>nt pas subir rinduence de l'âg(\
.MicJM'l cl INmicI (jnl surtout mis en relief l(>s dilîérenccs dans les compositions du lail du premier mois et celle des mois suivants.
A. — Laits « jeunes » recueillis entre le cinquième et le quinzième jour post-partum {moyennes de quatorze cas), (d'après Michel et Perret) :
Par litre :
Densité 1.032
Eau 907 gr. 89
Extrait sec 124 gr. 11
Sels minéraux 2 gr. 71
Beurre 30 gr. 20
Lactose anhydre 64 gr. 09
Azote total 2 gr. 65
Matières protéiques (caséine et albumine) 17 gr. 88
Matières extractives indéterminées 9 gr. 23
B. — Laits « âgés « recueillis du deuxième au douzième mois post-partum. {Laits prélevés sur 58 femmes) :
Par litre :
Eau 908 gr. 70
Extrait sec 123 gr. 80
Sels minéraux 1 gr. 90
Beurre 34 gr. 68
Lactose anhydre 69 gr. 84
Azote total 1 gr. 83
Matières protéiques (caséine et albumine.) 12 gr. 35
Matières extractives indéterminées 5 gr. 03
Quant aux sels, voici une analyse de Pages qui nous montre leurs variations au cours de l'allaitement.
Analyse des cendres de lait de femme {par litre).
' Femme adulte Femme jeune
accouchée depuis accouchée depuis 12 jours. 10 mois.
Chlore 0,5 0,4
Acide phosphorique 0,34 0,2
Chaux 0,25 0,2
Magnésie 0,03 0,02
Potasse 0,8 0,5
Soude 0,6 0,4
On doit conclure de toutes ces analyses concordantes que l'âge du lait n'a qu'une importance tout à fait secondaire sur sa composition. A partir du quinzième jour après la naissance de l'enfant, la sécrétion est définitivement régularisée, et à l'état de santé la composition du lait ne varie que dans de faibles limites.
C'est donc à tort que l'on se préoccupe pour le choix d'une nourrice de l'âge de son lait, en croyant qu'un lait jeune convient mieux à un nourrisson jeune et inversement.
Le seul inconvénient qu'il y ait à prendre une nourrice dont le lait est déjà
ancien est de le voir disparaître plus tôt que celui d une autre dont le lait est ])lus jeune.
Nous citerons l'exemple de l'une de nos nourrices sédentaires qui fut chargée au quinzième mois de lactation d'allaiter un nouveau-né pesant 3 kilos. A huit mois, cet enfant élevé à la nourricerie des Enfants-Assistés pèse 8 kilos. Cet élevage très heureux n'est pas unique. La plupart de nos nourrices sédentaires ont des laits de sept à vingt mois et elles parviennent à faire prospérer non seulement des enfants normaux, mais surtout des prématurés, et des débiles pesant moins de 2 kil. 500 qui s'accommodent parfaitement de ces laits déjà un peu anciens.
D'ailleurs, si la loi Roussel était strictement appliquée, on ne verrait guère de nourrices dont le lait a moins de sept mois, et l'on ne pourrait même pas songer à donner un lait jeune à un nouveau-né.
Influence de l'âge de la nourrice sur la composition du lait.
Les résultats obtenus par les différents auteurs qui ont cherché à déterminer cette influence sont un peu contradictoires. Autrefois Vernois, Becquerel, considéraient que le meilleur lait était donné par les nourrices âgées de 20 à 30 ans. A. Leeds, au contraire, admet que lait le plus nourrissant serait sécrété entre 15 et 20 ans, puis de 20 à 25 ans, puis de 25 à 30. A. Gautier se range à l'opinion de Vernois et Becquerel et admet que les meilleures nourrices sont âgées de 21 à 31 ans et qu'à partir de ce moment leur lait est moins minéralisé. Guiraud a tenté de clore ce débat et donne le tableau suivant, résultat de ses analyses.