‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 93 sur 288 · IX · texte numérisé non relu

IX

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minoïde?. Ace point de vue, il se sépare bien davantage des autres laits (vache, chèvre), qu'il ne se rapproche du lait de femme comme on a coutume de le dire. D'ailleurs, le taux du beurre peut être encore beaucoup plus faible que ne le signalent les analyses antérieures.

Michel a eu l'occasion d'examiner des échantillons contenant de 3 à 6 gr. de beurre par litre. Le lait d'ânesse constitue donc un lait insuffisant, biologiquement, pour répondre aux besoins énergétiques du nourrisson. Il y a plus : on s'accorde pour reconnaître que le lait d'ânesse fermente très vite. D'autre part, c'est un lait qui supporte mal l'ébullition et à plus forte raison la stérilisation, ce qui rend son emploi très limité.

Les marchands prétendent que sa traite est efîectuée avec toute l'asepsie désirable, mais il y a lieu de croire que cette asepsie est rarement réalisée et en tous cas qu'elle est insuffisante pour donner une grande sécurité.

L'étude des conditions mêmes de la production du lait d'ânesse montre combien son emploi peut être limité. La quantité peu élevée de lait obtenue (1 à 2 litres par jour dès le second mois), la nécessité de laisser téter l'ânon partiellement pour exciter la sécrétion, ne permettent de livrer ce lait qu'à un prix fort élevé (5 à 8 francs le litre à Paris), hors de proportion avec sa valeur alimentaire. On y a recours seulement pour les enfants débiles ou malades, surtout lorsqu'on ne peut avoir à sa disposition le lait de femme. (Voir le chapitre Hérédité syphilitique.)

comparaison entre le lait de femme et le lait de vache,

d'ânesse et de chèvre

Il résulte de cette étude, que le lait qui se rapproche le plus du lait de femme serait le lait d'ânesse. Ce sont les laits de vache et de chèvre dont la composition s'en écarte le plus. Le lait de vache renferme trois fois plus de caséine, un peu moins de beurre et de lactose; le lait de chèvre renferme encore plus de caséine, un peu moins de lactose, mais sa teneur en beurre est plus élevée.

Lors d'une substitution d'un lait animal au lait de femme il faut tenir compte de ces différences; le coupage avec de l'eau bouillie, l'addition de saccharose pourront dans une certaine mesure établir un rapprochement entre ces laits.

Il n'y a pas heu d'insister ici sur la façon différente dont se comportent les caséines des divers laits, après l'action de la présure; il est évident que le lait de femme est bien plus facile à digérer pour le nouveau-né que n'importe quel autre lait.

Faisons remarquer toutefois que, dans le lait de femme, presque tout le phosphore est à l'état organique (lécithine, nucléone), par suite beaucoup plus assimilable, tandis que dans les autres laits, une notable partie, la moitié environ, est à l'état de phosphate de chaux. C'est ainsi que, d'après Stoklara, le lait de vache renfermerait 0 gr. 90 à 1 gr. 13 de lécithine par htre, tandis que le lait de femme en renferme 1 gr. 70 à 1 gr. 86. D'après Witteneack, le lait de vache renferme 0 gr. 566 d'acide phosphorique et le lait de femme 1 gr. 24.

On le voit, malgré toutes les manipulations qu'on pourrait faire subir aux j laits animaux, on ne peut arriver à fournir au nouveau-né il'équivalent de ce /

que la nature lui a préparé dans le sein maternel ; aussi dans certains cas serat-il difficile d'opérer la substitution sans risque.

Il n'est pas jusqu'aux cendres des différents laits qui ne soient très variables avec chaque espèce.

Voici les résultats fournis par Pages qui en a fait une étude très approfondie :

v , 11-. Poids des cendres

^'""'■e '•" •'"•• de i litre de lait.

Femme 2 gr.

Anesse 4,5

Jument 6,5

Vache, chèvre 8

Chamelle 9

Brebis 10

Chienne 12

Si l'on tient compte du volume du lait fourni par vingt-quatre heures, les quantités de sels sécrétés dans le lait de la mère et par suite absorbés par le jeune être sont les suivants, d'après Féry.

., . j 1 -, Ouantité de lait émise Quantité

Psaturc du la.t. « g„ ^^ ,,^„,.g^ «^^ g^,.

Femme 0,850 1,80

Anesse 1,500 7,20

Chèvre 1,000 9,10

Vache 18,500 111,00

Si on pousse plus loin les investigations et qu'on passe à l'analyse des cendres du lait (Pages), on arrive aux résultats suivants :

Analyse des cendres de différents laits. D'après Pages (en grammes par litre).

Femme. Anesse. Junient. Viulie. Clicvro. ClianielU'. Brebis. Chionin'.

Chlore 0,5 0,3 3,0 1,3 0,9 1,5 2,0 3,0 0,9 1,4

Acide phosphorique. 0,3 1,2 0,8 1,4 2,5 2,0 2,2 1,5 3,7 4,2

Chaux 0,2 1,5 0,6 1,2 2,0 1,9 2,0 1,7 3,0 4,0

Potasse 0,8 0,3 0,3 2,5 2,0 1,9 3,0 3,0 1,6 1,4

Soude 0,6 0,9 2,0 0,5 0,9 0,5 0,5 1,0 0,6 0,f

Femme. Vache.

Chlorure de sodium 1,35 0,81 0,46

— de potassium 0,41 3,41 0,99

Phosphate de chaux 3,95 3,87 3,46

— de soude traces » »

— de magnésie 0,27 0,87 0,66

— de fer traces traces 0,25

Carbonate de soude » » 0,67

Soude unie aux albuminoïdes. ... » » »

Sulfate, silicate de potasse » » 0,79

I'"'luorur(! (le calcium » » »

Total 5,98 8,96 7,28

Filhol cl .loly. Marchand.

Î.E I.AIT DES .VNIMAIX 243

La teneur en sels des différents laits est en rapport avec le temps nécessaire au développement du jeune organisme. — Il est bon de remarquer que cet accroissement chez les animaux est en général plus rapide que chez l'homme d'où la grande quantité de sels contenue dans leur lait.

C'est ainsi que Bunge donne le tableau suivant cité par Hugounenq :

Durée de la période Cendres

au bout de la(|uelle le pour 100 c. c. Espèce. corps a doublé son poids. de lait.

Homme 180 jours. 0,2

Cheval 60 — 0,4

Chèvre 22 — 0,77

Chien 9 — 1,32

Lapin 6 — 2,49

D'après Bunge et Alderhalden, il existe une correspondance évidente entre la composition centésimale des cendres du nouveau-né et le lait de leur mère; c'est ce qui ressort du tableau suivant :

Lait

de chienne

Cendres

ilii chien

nouveau-né

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