BISCUIT, PAIN DE GUERRE
lidos cl 011 |)a|>illniis. 11 s af>il d nu micrf)|p|)i(|()|)l(>i-e du jicnre Epheslia
D’après Docaux les jirincijiaiix ])arasilos du liiscuil soûl au nom lire <lo trois : Epheslia elufeUa, Epheslia interpnnctala, Asopia farinai is.
Los ti-ous dont les biscuils sont percés pour pormotlro l’évaporation de l’eau favorisent la [lénétration des insectes.
Les jeunes larves de rE|)heslia pénètrent dans les caisses en bois les mieux fermées; pour défendre contre elles les biscuits ou le pain de guerre, il est nécessaire d’employer des boîtes mélalliijues stérilisées et hermétiquement closes dans lesijuelles on enferme le biscuit à peine refroidi.
Les biscuits, surtout lorsqu’ils ont été emmagasinés dans des locaux humides, sont souvent envahis par les moisissures, on retrouA'e sur les hiscuits ainsi altérés les mômes moisissures que sur le pain; en raison de la composition du biscuit, de sa dureté et de sa sécheresse, ces moisissures ont un aspect un peu ditlérent de celui qu’elles présentent sur le pain ; accroissement moins rapide, tiges de myceliüm iilus [letites, etc....
On comprend quels ravages peuvent produire les insectes et les moisissures dans les apjirovisionnements quand on songe que les magasins de la guerre contiennent 100 000 quintaux de biscuit, et que le biscuit n’est consommé que 14 mois (au minimum) après sa fabrication (Thouessarï, Les parasites des habit, humaines et des denrées alimentaires, l*aris, 189o, p. 153).
Lorsiju’on est obligé de nourrir })endant longtemps des soldats ou des marins avec du biscuit, on voit souvent a|t[)ai‘aîlre au bout d’un certain tem})S des Iroubles gastro-intestinaux chez un certain nombre d’hommes; la diarrhée est si commune dans ces conditions qu’on lui a donné le nom de diarrhée du biscuit.
Ces accidents se produisent surtout lorsipie les hiscuits sont altérés et ils jieuvent |)rendre, lorsque ces altérations sont profondes, les allm-es de véritables inloxications (biscuits envahis par les moisissures ou j)ar les parasites).
Lorsqu’on n’a à sa disposition que du biscuit altéré, il estindiipié <le le faire jiasser au four avant de le consommer afin de détruire les parasites qui se trouvent à rintérieur (Kéraudren). On peut
I. Stboeiiei., Sur une alléralion du l)iscuit, de troupe, Arch. de méd. miliL, I8',)2, p. 18. — Decaux, Les parasites du biscuit de troupe. Moyens <le préservation, Arc/i. de méd. milit., 1892, t. ,\X, p. 81. — Danvsz, Mérn. du Inbor. de la Bourse de commerce, l'aris, 1893; Origine et multiplie, de V Epheslia Eucliuiella, Acad, des Sc. et Revue du service de l'intendance milil., 1891, p. 185.
aussi employer les vapeurs sulfureuses qui tuent les parasites et qui arrêtent le développement des moisissures sans donner an pain ou au biscuit ex[)osé à ces vapeurs des pro[)riétés nuisibles (Hop[)e-Seyler) ; mais on ne remédie ainsi qu’en jiarlie au mal; les cailavres des parasites, leurs déjections, les altérations cbimiques subies par le biscuit expli(|uent les troubles jrraves qui [leuvent se produire à la suite de l’ing-estion de ces biscuits altérés (Fonssagrives, O'p. cit.).
III. Légumes frais et légumes secs. De la nécessité de faire entrer
LES légumes frais DANS LA RATION DU SOLDAT. LeS légUIlieS SeCS
sont beaucoup plus riches en azote que les légumes frais, aussi a-t-on conseillé de remplacer en partie les légumes frais jiar des légumes secs dans la ration du soldat.
100 grammes de légumes frais ne renferment, en moyenne, que 0®‘',24 d’azote et 5*’'‘‘,S5 de carbone, tandis que 100 grammes de haricots secs renferment 3s'',92 d’azote et 43 grammes de carlione.
On peut certainement opérer avec avantage cette substitution dans une certaine mesure, mais il ne faut pas ouliliei’ que les végétaux frais doivent toujours faire partie de l’alimentation du soldat en temps de paix et en campagne. Lorsqu’on est amené à supprimer les végétaux frais dans l’alimentation du soldat ou du marin, on voit apparaître une des maladies qui ont fait autrefois le plus de ravages dans les armées de terre et de mer : le scorbut.
Le scorbut est devenu rare dans les armées, parce que nous possédons dans la pomme de terre un précieux antiscorbutique, mais on le voit reparaître dès que les légumes frais font défaut. Le scorbut a régné avec force en Crimée (1854-18oo), il a été observé en 1870 pendant le siège de Paris et il n'est pas rare de le voir ajiparaître dans les prisons ou dans les pénitenciers militaires.
1^’analyse des épidémies scorbutiques montre que la maladie s’est toujours développée sur des hommes privés depuis un certain temps de végétaux frais ou n’en recevant qu’une quantité insuflisante, et qu’elle a toujours disparu dès que les conditions d’alimentation ont été moditîées. Lorsqu’on fait une enquête sur les causes d’une épidémie de scorbut, il ne faut [las se contenter de cette assertion (|ue les malades recevaient des vivres frais; sous ce nom on peut n’avoir en vue (pie la viande fraîche, et la viande fraîche ne suftit jias à prévenir le scorhut. On ne doit [las non |dus se conti'iilei' de voii- si les légumes frais ligureni dans le régime alimentaire; il faut s’assurer si [lendant ([uelque temps les