LÉGUMES FRAIS ET SECS
lé^uiiios frais n’ont jias été i-emplacés par des légumes secs, si les légumes frais étaient de lionne qualité et en quantité suffisante. Il faut rechercher eufm si les malades n’ont pas été mis à un régime particulier, privés par mesure disciplinaire d’une [lartie de leurs aliments; dans les pénitenciers de l’Algérie, le scorbut s’observe presque exclusivement chez les hommes qui, [lunis de cellule, ne reçoivent pour toute alimentation que du pain et de l’eau. C’est jiarce qu’ils ont négligé de se livrer à ces investigations que quelques observateurs ont pu soutenir que le scorbut se développait quel- (juefois chez des individus bien nourris et recevant des vivres frais.
Le fait que la privation île végétaux et de fruits frais est la jirincipale cause du scorbut est si bien démontré depuis Bachstrom et Lind que, dans la marine, il est de règle de faire des distributions régulières de suc de limon (lime juice) toutes les fois qu’on ne peut pas se procurer des vivres frais. En Angleterre, une loi oblige les ca[)itaines des navires marchands à distribuer le lime juice toutes les fois que leurs navires sont en mer depuis 14 jours, et des condamnations ont été souvent prononcées |iar les tribunaux pour des contraventions à cette loi
Dans un grand nombre de garnisons dos jardins sont mis à la disposition des corps de troupe pour y établir des potagers. Le rôle de ces jardins militaires a été très bien défini par Scbindler.
Le jardin militaire doit être le suppléant et non le concurrenl du fournisseur de légumes; il faut planter surtout des légumes (pi’on ne trouve (jue difficilement dans le commerce à des prix abordables pour le soldat. Dans nos climats c’est à la fin de l’biver (jue les légumes frais deviennent rares, il faut donc s’efforcer de s’en procurer à ce moment dans les jardins militaires. On plantera du jiersil, du cerfeuil, de l’oseille en bordures, de l’ail, des oignons, des poireaux; la plus grande partie du jardin sera réservée aux salades et aux haricots verts. Pour avoir de la salade tout l’hiver il suffît de semer en aoCd et en septembre de la mâche ou des pissenlits soit en planches, soit à la volée dans tout le jardin ^
1. Li.NO, Traité du scorbut, 1753. — Lb Uoy de Méuicouht, Acad, de médecine. Discuss. sur la nature du scorbut, 1874. — Laveran, Traité des malad. des années, 1875, p. 478. — De Reur.ma.nn, Le scorbut des prisons, Arch. ;ién. de méd., 1884. — Lancereaux, môme sujet, Ann. d’In/r/. pubL, 1885.
i. Les végétaux frais ou secs donnent lieu très rareme,nt à des accidents. Nous devons signaler cependant des accidents d’intoxication qui ont été observés en 1888 par r.ortial, au 130” d’infanterie à Lyon, et attribués par lui à l’emploi de pommes de terre très petites, et encore vertes dont la pelure difficile à enlever à cause de la petitesse des tubercules renfermait beaucoup de solaiiine {Arch, de méd. tnilil., 1889, t. XIV, p. 3).