DU RECRUTEMENT AU POINT DE VUE DE L’IIYUIÈNE MILITAIRE
TjO l;il)le;ui .siiivaiit imli(|iio les laillcs i|iii sont o\ii>(!o.s on Franco pour les (lilTérontos armes :
Infanterie
Cuirassiers
Dragons
Spahis (français)
Chasseurs d’Afrique
Chasseurs et hussards
Artillerie
Bataillons d’artillerie de forteresse.
Compagnies d’ouvriers
Génie
Train des éiiuipages
Minimum. Maximum.
pas de maximum, l ,70 l“,7o
1 ,66 ' pas de maximum.
Une tolérance (le taille est accordée aux ouvriers sjiéciaux : maréchaux-ferrants, selliers, armuriers, tailleui’s, cordonniers.
On a dit (juel(|uel’ois (|ue les hommes de grande laille élaieni moins résislanis (|ue les hommes de laille moyenne; les hommes de grande taille, (juand ils sont bien conformés, jieuvent donner des soldats aussi vigoureux (|ue les hommes de taille moyenne, mais il arrive assez soin'ent (jue les jeunes gens de taille élevéi' (|ui ont grandi vite, ont un (lévelopj)ement Ihoracicjuo insufiisant; on s’expli(|uc ainsi rojiinion des auteurs (|ui, [»our te service militaire, préfèrent les hommes de moyenne ou de jietile tailh' aux hommes très grands. Ajoutons (jue les hommes do grande laille ont besoin de plus d’aliments et (|ue par suite ils [leuvent présenter, dans certaines conditions, moins do résistance (jue les autres. Pendant la reli’aite de Russie les hommes du Midi su|)|)ortèrent mieux le tVoid et les juivations (juo les hommes du Nord (Larrey).
Les jeunes gens de grande taille doivent être examinés avec un soin |)articulier au |)oint de vue du dévelojipement de la j)oiti‘ine.
Au conseil de révision la taille est mesurée dans la station veilicale; on m; se sert de la toise horizontale (jue lorsiju’il y a doute, ou bien lorsijue les jeunes gens ne se tiennent pas convenahh'ment sous la tois(> verticale. Il faut bien savoir ([uc dans la jiosition hoiâzonlale la tailh' s’allonge de 0 m. 01 ('iiviron, jiar suite de I enacement des coiuduires de la colonne veitéhi’ale.
\ la suit(' de longues marches les courbures de la colonne; verhdu'ale s’accentuent et la laille diminue. M. le I)'' U. Lévy a cons-
I. l'oiir la moilié du (•oiiliiigenl. de rarlillcrie; l'",G0 à l'",G4 pour l'autre muitié.
taté que elioz les coureurs ayant [iris ]>art à la course de Paris à Belfort, la l.iille avait diininué et (jue la diminution était dt* plusieurs centimètres chez quelques-uns. 11 arrive (|uel([uefois que (h's jeunes gens qui sont sui’ la limite au point de vue de la taille, arrivent à se faire [ilacer dans le service auxiliaire en exécutant de longues marches avant de se pi'ésenter au conseil de l’evision. Cette fraude est plus difticile aujourd’hui ([u’autrefois ; les jeunes gens ne sont classés dans le service auxiliaire, pour défaut de taille, qu’après avoir été ajournés deux fois; après s’être présentés trois fois par conséquent au conseil de révision.
C. Appréciation du defjré de force de la constitution; valeur des indications fournies par la mensuration du thorax, par le poids d%i corps, etc. — Lorsque les armées étaient [leu nombreuses et qu’on pouvait choisir les soldats parmi les hommes les [dus forts, il était facile d’éliminer les sujets douteux et on pouvait s’elTorcei’, dans le choi.x des hommes, de se rajiprocher d’un type idéal; Végèce dans l’antiquité et de nos jours M. le médecin principal Vincent ont très bien tracé ce [lortrait du soldat type.
« Le nouveau soldat, dit Végèce doit avoii- les yeux vifs, la tête élevée, la poitrine large, les é[»aules fournies, la main forte, les hi-as longs, le ventre petit, la taille dégagée, la jambe et le pied moins charnus que nerveux. » (lie re militari.)
Dans son étude Du choix du soldat Vincent énumère ainsi qu’il suit les qualités physiques, que l’on doit rechercher chez le soldat : « Une stature [dus ou moins élevée, bien [irise dans son ensemble ou quelque peu ramassée, mais sans infériorité tro[i sensible avec le [loids correspondant du coiqis; une conformation générale symétrique, exem]ite de maigreur ou d’obésité; une tête régulière' pourvue d’une saine chevelure et aisément [lortée sur un cou suftisamment charnu et pur de tout relief goitreux et de souillure scrofuleuse; envisage modérément coloré, enqu'oint du signe de l’intégrité fonctionnelle des organes des sens el de l’intelligence; la voix[ileine, libre et sonore; une bonne digestion ex[irimée localement par la soiqilesse de la région abdominale, el, dans son étal général, par un ernlioiqioinl moyen; la res[tiration aisée et [irofonde; la circulation calme et uniforme; un torse tlexihle el robuste, suftisamment cambré et lémoignani, [lar l’anqileur de la [loitrine, ré[taisseur des épaules, le délié de la ceinture, l’exiguïté du ventre et le dévehipfiement des hanches, de l’état [larfait de la char[iente, des [larties envekqqiantes et des organes contenus; les membres bien attachés, droits et musculeux, terminés ]iar des
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uxtrômités fortes ou linos, (ui raison tie la ran' et do la oondition, mais toujours oom]ilètos, viiiourousos ot lihroiuont agissantes; la, [poati forme, sans rudesse, plus ou moins velue, nette d’iMnjireinti's caeheetiques et de Ipridi^ cieatrieielle, d’un teint hlanc, rosé ou histré, mais non livide, parcouriu' de sillons viunoux jpIus ou moins mar(|ués, sans relief variijueux, ni marltrures lymphatiques; une force inusculain' suftisamment dessinée; une virilité jileinement accusée; enlin, riiarmonie du tout, apjiréciahle toujours à un (oil exercé, et manpie certaine de l’exercice des fonctions vitales : tels sont, il nous semhle, rangés dans un ordre méthodique, les Iraits sous les(|uels il est possible de reconnaître la bonne constitution chez un homme de vingt ans et de le déclarer ajite au service militaire. » {Rec. mém. méd. milil., 18(11, 3“ série, t. YI.)
Avec la loi sur le service obligatoire on est devenu moins diflicile; on n’élimine plus que les jeunes gens ([ui ont des maladies ou inlirmités incom[)atihles avec le service ou (jui ne sont ]>as assez forts |>our supjiorter les fatigues de la vie militaire.
La faiblesse générale est souvent assez apjiarente pour frapper tous h's yeux : le tm’nt est |)àle, le système musculaire est peu dévelo|ipé, les reliefs des gasiroenémiens, des hice|)S, des deltoïdes sont faibles et les muscles manquent de consistance, le thorax est étroit, |)eu en rajijiort avec la taille, souvent les omoplates ]>résentenl la dis[»osition connue sous le nom de scapulæ alalæ ; la peau est flasque et se laisse pincer par larges plis, même an niveau des |)oinls où existent d’ordinaire des saillies musculaires; enlin l’exanum des organes révèle souvent la cause de la faiblesse : tuberculose, maladies ibi cœur, etc.
Mais à coté des cas dans lesipiels la faibh'sse est évidente et de ceux où elle est la conséipience de maladies bien caractérisées, il y en a beaucoup d’autres dans lesipiels il n’est pas facile de se prononcer.
Il laudi'ait se garder de baser son jugement uni(|uement sui' le degre d embonpoint ou de maigivur. Heaucoup de jeunes gens (pu sont mal nourris sont maigres, bien (|ue Irès vigoureux et très aptes au service militain*; certains se surmènent avant de se pres(M)t('r au conseil de révision atin d(' paraître plus faibles ([u’ils ne sont en réalité. D’aulri' jpart, comme on juge toujours par comparaison, un jeune homme d’aplitude douteuse sera trouvé bon s il se présente après uiui série d’individus faibles, mauvais s’il passe devant le conseil api'ès une série d’individus plus forts (|ue lui.
11 serait donc très important d’avoir un signe (pii permît de
n'connaîlre si un jciiiio lumiiuo (|ui n'a d’ailleiirs aiicuiK* maladie ou infirmité, est apte ou non au service militaire; ce crilerinm, on a cru l’avoir trouvé dans la mensuration du thorax.
|ja question de la mensuration du thorax et de sa valeur au point de vue de rajipréciation de la force et de l’aptitude au service militaire a été l’ohjet d’un grand nombre de travaux dus presque tous à des médecins militaires et nous devons nous y arrêter.
Dès t840 Michel Lévy, alors professeur d’hygiène au Yal-de- (ii’àce, ajipelait l’atteution de ses élèves sur rimjiorlauce de la meusuratiou du thorax.
h]u 184d L. LaA'eran donnait dans la Gazette médicale de Paris les résultats de la mensuration du thorax chez 2.3G adultes; la moyenne du jiérimètre thoracique était de 0 m. 80. Les hommes aA'aieut été divisés eu deux groiqies : forts et faibles; le périmètri' thoracique des hommes classés comme forts était de 0 m. 83 en moyenne, celui des hommes classés comme faibles n’était (|ue d(‘ 0 m. 77 ; l’importance de la mensuration de la poitrine pour juger de la force de la constitution ressortait nettement de ces chilTres.
Dans son travail déjà cité Vincent insiste sur rimportance des données fournies par la mensuration du thorax.
hni 1863 Allaire examine au point de vue du périmètre thoracique 730 hommes appartenant au régiment des chasseurs à cheA'al de la Garde im[)ériale, et il arrive aux résultats suivants {Rec. mém. méd. mi/it., 1803, 3® série, I. X, |). 101) :
Age moyen 30 ans.
Taille moyenne 1"',CS
Circonférence thoracique moyenne 0'",!)0
Eu 1868 llernard fait des observations analogues sur 400 hommes du bataillon de chasseurs à jiied de la Garde imjiériale {Pec. mém. méd. milit., 1868, 3° séiâe, I. XX, p. 37 1) et il ohtieut les chilTres ipii suivent :
Age moyen 30 ans 0 mois.
Taille moyenne l"','.)!-
Circonférence thoracique moyenne. 0"',S7
En 1871 deux médecins militaires laisses, Smdand cl Slolarof [mhlient sur ce sujet un travail très intéressant (Kevue milil. russe, 1871), dont la Iraduclion en langue fiamcaise par SaniewsUi paraît en 1873 dans le Pidletm de la réunion des uf/iriers.
Le tahh'au suivant résumi' les résultats des mensuralious faites
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|);u‘ Seeland et Stolarof; il est à noter (|ue la |»lu|)art des lioinnies examinés apjiartenaieni aux corps de la (!rai‘d(‘ impériale russe.
NOMBRE des hommes mesurés.