BOISSONS ALCOOLIQUES
|j(‘ vin, la et !(' cidre do lionne (|nalit(‘ conslilnent évi-
deininent d’excellenles hoissons de lal)l(>; l’aclion loni(|iie do ces boissons sur l’orii-anisine est incontestalde, et il est évident (|ii’il seiviit (lésiral)le (]ue le soldat put boire du vin, de la bière ou du cidn* à ses i-e|)as.
Dans son Traité d’hygiène militaire, M. le médecin ins]>ectenr Moi’aclie exprime le vœu de voii‘ entrer le vin dans le régime alimentaire du soldat : « En demandant de voir introduire le vin dans ralimentation normale et l’égulière des trou|)es françaises, et non [loint seulement à l’état éventuel dans leur ration de campagne, l’bvgiénisle émet un vœu dont la l'éalisation entraînerait certainement une surcharge notable pour le budget de la guerre, mais cette <lé[)ense serait com|)ensée en partie par la diminution des frais de maladies, et par le bénéfice qu’on retirerait la ])opulation tout entière.
« Les jeunes gens do toute provenance sociale (|ui servent actuellement sous les drapeaux ont été pour la plupart habitués ilans leurs familles à faire usage iln vin d’une façon régulière, leur (*n iiu|)Osei‘ la privation, au moment où l’on demande au contraire à leurs organes une suractivité matérielle, semble un contre-sens bygiéni(|ue. On allègue, il est vrai, que les jeunes soldats, dont la situation sociale était telle qu’ils pouvaient boire du vin à leurs l'opas, pourront toujours s’en procurer à leurs frais et que, dans le fait, il en a toujours été ainsi. C’est là précisément (ju’est le vice de notre système ; si l’on veut l’égalité vraie sous les dra|)eau.x, il faut l’imposer et maintenir un régime uniforme, mais aussi suftisant pour tous. Le jour où le vin entrerait dans les distiâbutions régulières faites aux troupes en tenqis de paix, les cantines n’auraient jilus de raison d’être, on pourrait donc les siqqirimer, et avec elles dis|)araîtraienl, de nos caseiaies ces institutions d’un caractère douteux, tenant du cabai’et et du restaurant do bas étage, où les bommes sont incessamment tentés, sollicités, malgré toute la surveillance des chefs » (Mohaciie, op. cil., p. (iSO).
On peut très bien se passer de boissons alcooliipies; des [louples entiers ne font jamais usage de ces boissons doid le Coran interdit l’usagc! aux Musulmans. En Europe, un grand nombre de [>ersonnes, soit par goût, soit par principe, ne boivent jamais de vin, ni de liipieurs, (;t ces personnes se font en général remaripier par h*ur bonne santé. Mais, comme le dit M. Morache, pour les jeunes giMis (pii ont été habitués à faire un usage journalier des boissons
alcooliijiies, la suppression de ces Iioissoiis coïncidant avec les t‘atij;ues de l’apprentissafie du service militaire est évidemment l•eg•|•etlal)le. Il est donc à désirer (prou aridve à dislrihuer au soldat ilu vin, de la l)ière ou du cidre (suivant les régions) à ses rcjias.
Le soldat qui aura une boisson saine fréquentera moins les cantines et les cabarels dans lesquels il consomme souvent des préparations alcooliques dangereuses.
En attendant et pour que le soldat ne prenne pas au régiment rhabitude de l’absinthe, nous pensons (pi’il faut metti-e à sa disposition, dans les cantines, du vin, de la bière ou du cidre dont on peut surveiller la (jualité. Le soldat qui trouvera à la caserne des boissons saines et à un très bas prix, sera beaucoup moins tenté par tous les cabarets voisins des casernes dans lesquels on lui sert de l’absinlhe et de l’eau-de-vie de très mauvaise qualité (voir Cantines, Cil. xiv).
C. Boissons alcooliques distillées. — Les eaux-de-vie renferment de 4o à GO p. 100 d’alcool absolu en volume; les plus estimées sont celles qui proviennent de la distillation du vin, mais elles sont très rares et très chères; l’eau-de-vie commune est pi’éparée avec de l’alcool d’industrie étendu d’eau et additionné de certaines substances aromati(|ues.
Sur les deux millions d’hectolitres d’alcool qui sont consommés annuellement en France, 1 900 000 sont des alcools d’industrie obtenus j)ar fermentation des moûts (riz, maïs, blé), des pommes de terre, des jus de betteraves ou des mélasses. Lorsque ces alcools d’industrie ont été convenablement rectifiés, c’est-à-dire lors([u’ils ont été débarrassés des produits étrangers et notamment des essences dangereuses qu’ils contenaient, ils peuvent entrer sans dangei' dans la fabrication des eaux-de-vie; malheureusement on emploie souvent des alcools qui ont été très imparfaitement rectifiés (BuRCKEIt, ojj. cit., p. 210).
Une des impuretés les plus dangereuses des alcools non rectifiés QsXYaldéhude f)yromHciqHe ou fur/urol (Lauorde).
Grâce aux bouquets artificiels, on fabrique de toutes pièces le cognac sans raisin et sans vin, le rbum sans canne à sucre, le kirscli sans cerises, le gin sans genièvre, et ainsi de suite pour toutes les liqueurs dites apéritives ou autres. Le boiupiet de cognac est un ])i-oduit absolument artificiel, obtenu en attaquant un mélange d’buile de ricin, d’buile de coco et autres matières grasses avec de d’acide nitricpie (Girard). G’est un poison redoutable qui, à la dose de im ou deux centigrammes injectés sous la peau, détermine la ,
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mort d’un chien de haute faille (un terre-neuve par exemple) en moins d’un (|uart d’heure (Lauorde, Acad, de méd., 23 juillet 1893).
En aromatisant avec ce bouquet l’alcool <le grain ou de mcdasse le moins rectifié, on l'ahri([ue des eaux-de-vie portant l’étiquette (te vieux cognac.
On pourrait en dire autant du rhum et île sa fahrication (Laborde, loc. cil.).
\.,'absinthe et les boissons similaires qui sont vendues sous les noms iVamers, (Vapé7'itifs sont particulièrement dangereuses parce que, à l’action de l’alcool, s’ajoute celle des essences et malheureusement la consommation de ces boissons augmente en France avec une rapidité inquiétante. La ijuantité d’absinthe consommée à Paris a plus i|ue doublé dans l’espace de sept années; de 1883 à 1892 elle s’est élevée de 37 732 à 129 G78 hectolitres, elle doit dépasser aujourd’hui 1G3 000 hectolitres (Lancereaux, Acad, de méd., 3 mars 1893).
L’ah.sinthe est un alcoolat chargé d’huiles essentielles dont la nature Aarie suhant les substances employées à sa fahrication.
L’absinthe suisse, la plus estimée, se prépare avec :
IjCs absinthes de bonne qualité contiennent jusqu’à GO et 72 p. 100 d’alcool.
L’absinthe est toujours colorée artificiellement, soit avec des feuilles d’épinard, soit avec des feuilles d’ache, de persil, etc., qui sont inoffensives. On a trouvé néanmoins de l’absinthe directement fabriquée avec de l’alcool et des essences et colorée par du sulfate de cuivre ou par un mélange de gomme-gutte et d’indigo. Les deux fraudes sont dangei’euses et doivent être recherchées (Formulaire |diarmac. dés hôp. milit., 1884, p. 324).
\ J absinthisme se traduit |)ar des symptômes ipii diffèi'ent notablement de ceux de V alcoolisme-, les ahsinthiipies ont do l’exagération des réllexes, de l’hyperesthésie, ils sont sujets aux attaipies épileptiformes, eiitiri ils se font remarquer par l’exaltation de leurs idées, exaltation ipii aboutit fréipiemment à l’aliénation mentale L
I. .Magsan, Redl, de pliysiol. paLltol. avec l’alcool el. l’essence d’alisinllie, .Irc/i. de }>lnjsiol., IS'IÎ, p. IIS. — Uu.iAitmN-BEAUMiîïz et Andioé, Ilcch. expér. sur la puissance loxiqiie des alcools, l’aris, I8T.). — LAXCEniîAux, De l’absinliiisnic, Acad, de méd., 7 sept, el 19 ocl. 1880, cl l..e(;.ons de clin. mcd.,p892.
(Irande absinthe sèche
Anis vert
Fenouil de Provence. .
•Ucool à Sd®
L’eau-(le-vio vio doit èire dislrihiiéc dans rarméc qu’on campafino, lorsqu’il ost indisponsalilo do donner au soldat un stimulant et qui' d’ailleurs on n’a pas de vin à sa disposition; le vin est encomhranl, très lourd à transporter, l’eau-de-vie qui se donne on quantité beaucoup plus faible est bien plus facile à distrilnior à des troupes on marche.
Ij’eau-de-vio de troupe doit marquer au moment où elle est mise en distribution 47“ centésimaux.
D. Prophylaxie de V alcoolisme dans les armées. — L’alcoolisme était autrefois assez commun dans l’armée française; les vieux soldats avaient [irosque tous l’habitude des boissons alcooliques, ils étaient désœuvrés et }»assaient une grande partie de leur temps à la cantine ou dans les cabarets; d’un autre côté, les remplaçants avaient de l’argent dont une bonne part était employée en libations ; l’alcoolisme était i)Our lieaucoup dans l’usure rapide des vieux soldats signalée par tous les auteurs.
Dans l’armée actuelle, avec nos jeunes soldats qui ont très jieu de loisirs et en général peu d’argent à dépenser à la cantine, les mœurs militaires ont changé, et l’alcoolisme est devenu rare.
Au cours de la discussion qui a eu lieu récemment à l’Académie de médecine sur les mesures à prendre contre l’alcoolisme, M. Lahorde a ap[)elé l’attention sur le danger qu’il y a à distribuer au soldat de l’eau-de-vie qui est en général de très médiocre qualité (Acad, de méd., séance du 23 juillet 1893).
On peut dire qu’en France, dans l’armée de terre, on ne distribue jamais d’eau-de-vie au soldat en temps de paix ; l’indemnité représentative d’eau-de-vie de cinq centimes par homme et par jour, qui est allouée penilant les mois les plus chauds de l’année, ne peut servir qu’à préparer une boisson hygiénique ; c’est seulement en campagne, et à titre exceptionnel, qu’on donne six cenlilitres et (|uart d’eau-de-vie ; les craintes de M. Lahorde en ce qui concerne les effets de l’eau-de-vie distrihuée au soldat ne paraissent donc pas justifiées; il y aura lieu toutefois de s’assurer que l’eau-de-vie destinée aux troupes en campagne est fabriquée avec de l’alcool rectifié.
Le soldat anglais (|ui a des loisirs et une forle paye s’adonne trop souvent aux boissons alcooliques. Nous avons montré (Traité des maladies des armées, ]). 331) que, pour la péidode antérieure à 1870, le chiffre des décès [lar alcoolisme élait 10 fois jilus considérable dans l’armée anglaise ipie dans la noire; l’écart serai! encore plus grand aujourd'luii.
TABAC
En 18G9, on essaya do niellre à l’anionde les soldais anglais (|iii s’étaient enivrés, dans res])oir (|ue l’amende serait |)lus efficace (|iie n’était la [)rison ; en onze mois le montant des amendes fut de 3G0()47 francs dont : SOoO payés par la cavalerie, 72G3 |)ai‘ le génie et 2G2 G45 j)ar l’infanlerie.
Le général Wolseley a fait de très louables elTorts pour répiâmer l’alcoolisme dans l’armée anglaise, et il en a signalé tous les dangers, dangers d’autant plus grands que le soldat anglais est apj)elé souvent à servir aux colonies dans les pays chauds, aux Indes, etc... et (|ue l’abus des boissons alcooliques est, dans ces pays, encore j)lus pernicieux qu’en Angleterre \ Le général AVolseley [)roscrit avec raison le grog, cette boisson préférée du soldat anglais; pendant les expéditions de la Côte d’Or, d’Abyssinie, d’Egypte, toutes les boissons alcooliques ont été interdites dans l’armée anglaise, et l’élat sanitaire des troupes, malgré de grandes fatigues, a toujours été excellent.
« Donnez à vos hommes, écrit le général Wulseley, aussi peu de spiritueux que possible ; le tbé et le café sont bien ])lus réparateurs et ])lus faciles à transporter » (The soldier’s pocket-book, Lonilon, 1882).
Cetle règle nous [)ai'aît excellenle pour les expéditions dans des pays chauds; nous avons vu (|ue l’alcoolisme favorisait la j)roduclion du coup de chaleur, il prédispose aussi à l’hépatite, si commune dans ces pays.
Dans les [>ays froids ou tempérés, les boissons alcooliques pi'ises à dose modérée, sans être indispensables, sont certainement utiles, particulièrement en campagne.
Tabac — En terminant ce cba|)ilre, nous croyons devoir dire quelques mots du tabac dont on fait une grande consommation dans les aianées.
1. Licnlennnl génoral Sih Woi.seî.hy, The Sülilicr’s pockel-boolv l'or llclil
service, London, 1882. — .Iansen, Élude sur les moyens de pi-évenir 61 de coinbnltre l’al)iis des boissons alcocdiqiies dans les armées, Uiaixelles, 1881. — Sciimuuîwiïscii, Les boissons alcooli(|iies dans l’armée, Congrès inlernal,. des sc. méd. de Cojienhagne, lievtte d’/i;/{jiène, 1881. — Mohaciie, np. cit. — .1. Beiigeron, LAitonoE, Dahkm- BERO, Macxax, Les mesures prophylacli(iiies eonlrc l’alcoolisme, Acad, de médecine, 11 Juin 189-ï, cl iliscnssion de celle proposilion.
2. Dans l’armée française, depuis l8o3, on fournil, à pri.x rédnil, dn tabac dil (le cantine à raison de 10 gr. par jour an.\ hommes qui en foui la demande, c’csla-dire à pres(|ue Ions.
Les premières rlislribnlions gralniles de tabac an.x soldais dans noti-e arnn'e. renionlenl à 1088 (Baudin, niclion. de l’armée de lenav). Un règlemenl d(! 1720 lixer à une livre l’allocation de labac par homme cl par mois; la réglemenlalion relalive au labac de cantine élail tombée en désnéluilc au coinmencemenl de ce siècle.
Oii sait ([ue le tabac fut importé d’Amérique eu Espagne par un missionnaire de la suite de Christophe Colomb et que ve fut Jean Nicot, ambassadeur de France à Lisl)onne, qui, en 1560, l’introduisit en France. Le tabac fut d’abord employé sous la forme de tabac à priser; depuis la fin du siècle dernier l’habitude de priser a fait place :Y celle de fumer. Dans les armées de terre, le soldat fume surtout la pipe; le marin, auquel il n’est pas permis de fumer à bord, a souvent la funeste habitude de chiquer.
L’alcaloïde du tabac est la nicotine dont la toxicité est très grande ; il suffit d’instiller quelques gouttes de nicotine sur la conjonctive d’un animal pour le tuer en queb|ues instants; huit gouttes de nicotine instillées sur la conjonctive d’un cheval produisent la mort au bout de quelques minutes. Si chez les fumeurs les accidents sont rares, c’est que la quantité de nicotine qui se trouve dans la fumée du tabac est très faible et que cette fumée est rarement avalée; il se produit aussi une accoutumance. L’existence de la nicotine tlans la fumée du tabac a été contestée, la nicotine, sous l’inlluence de la chaleur, se décomposerait et donnerait naissance à des sels à base de picoline, de pyridine, de colli- <line; il est certain en tous cas que la fumée de tabac contient îles sulistances toxiques (expériences de TIeubel).
D’a[>rès les recherches de Cl. Bernard, le tabac est un poison des nerfs vagues. Chez les animaux auxquels on administre de faibles doses de nicotine, on observe l’accélération et l’ampleui’ des respirations, l’accélération ouïe ralentissement des battements cardiaques; ces phénomènes ne se produisent plus après la section des nerfs vagues.
L’abus du tabac donne lieu à des accidents, et on ne peut pas dire où commence l’abus; certaines personnes sont beaucoup plus sensibles que d’autres à l’intoxication jiar la nicotine, de même que certaines personnes jirésentent une susceptibilité paidiculière pour d’autres alcaloïdes.
Les accidents se produisent du coté des voies digestives, du système nerveux et principalement du coté du cœur.
Du côté des voies digestives, on obsei've des nausées, desvomi.ssements, surtout chez les fumeurs novices (|ui n’ont }ias encore raccoutumancc, de la dyspepsie.
Du coté du système nerveux : desverliges que certaines qualités de tabac |)roduisent plus facilement (|ue d’autres, des migraines, riia'italion psychique, l’inaptitude au travail.
Decaisne a insisté sur les accidents <|ui se jiroduisent du côté du
TABAC
cœur, il a constaté la iiTaiido fi‘é([uoiice des iiitennittences des balleineiits du cœur chez les fiinieurs iiicorrii^ihles (21 Fois sur 28).
M. Le lioy do ^léricourt a décrit des accidents nicotini(|ues observés sur lui-inèine : suhitement, il était pris de palpitations de cœur, le |)ouls devenait insensible, la radiale ne donnait plus au toucbeiMjue la sensation d’un frémissement à peine perceptible; le corps était inondé de sueui’ froide; « rien ne peut ressembler mieux, dit-il, à l’approcbe de la mort ».
MM. Vallin et Ilucbard ont constaté sur eux-mêmes (|ue le tabac donnait lieu à des intermittences cardiaques, et tous les fumeurs (|ui s’observent un ])eu ont jm faire des constatations analogues à la suite d’excès de tabac.
D’après M. le D‘‘ Ifucbard, le tabac pourrait })roduire non seulement des troubles fonctionnels du cœur, mais aussi des troubles organiques : dégénérescence du cœur et sclérose.
Ajoutons ([ue la fumée de tabac et le jus provenant de la pipe ou du cigare irritent les mmiueuses de la bouche et de la gorge, favorisent la production de la gingivite et de l’angine chronique dite granuleuse, et donnent lieu à une abondante salivation qui est une cause d’aflaiblissement }iour le fumeur et une cause d’infection pour les planchers; enfin la fumée de tabac vicie l’air.
Ln comparaison de ces inconvénients el de ces dangers, les avantages bygiéni(jiies du tabac sont faibles; on fume au début poui- faire comme tout le monde, et cela devient bientôt une habitude et un besoin.
I/bygiéniste doit dom; en j)rincipe se prononce]’ contre l’usage du tabac, mais il est obligé de constater (pie l’action de fumer procure des satisfactions (pi’il serait cruel de refuseï’ au soldat, d’autant (|ue l’usage modéré du tabac est en généi'al sans inconvénients chez des hommes forts et bien constitués.
Dans son rapport sur les progi’ès de l’hygiène militaire, ^licbel Tjévy s’exprime ainsi (|u’il suit : « Je suis du jietit nombi’e des hommes (ju’une répugmuicc insurmontable éloigne du tabac, et ma raison se refuse à ne point considère)' comme nuisible l’abus d’une substance contenant un pi'incipe (nicotine) dont l’activité toxi(pie est foudroyante à la dose d’une goutte; mais l’iiygiène doit compte)' avec u)ie habitude do))t ri)ivété)'atio)i et la dilVusio)) i)iipli- •pient ri)uiocuité da))s u)h^ ce)'lai)ie )uesu)'e, avec l’éti’o )uo)'al siu'toul (pii vit dans riiomme et b' soumet à tant d’oscillations. Lu échange du tabac, ipu; doimei'ez-vous au matidot, à l’ofliciei' d(‘ (piart, pendant les beui-es (ju ils passent sui' b' pont, [lai' les nuits
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brumeuses ou i;laciales de l’hh'er? Quel aulre eorreclil' de reimui?' Et le soldat, eu marche, au hivac? L’un et l’aulre, comme l’ouvrier, ne s’imposent-ils point dos privations pour acheler leur tabac? »
Malgré sa répugnance [)ersonnello pour le tabac, Michel Lévy range le décret du 29 juin 1859 sur le tabac de cantine parmi les progrès de l’hygiène militaire. C’est aller un pou loin, mais Michel Lévy, chargé d’exposer dans un rapport ot'liciel les progrès de rbvüiène militaire, faisait llècbe de tout bois.
11 nous semble ([ue le rôle do l’hygiéniste doit se réduire ii <lemander qu’on remédie autant que possible aux inconvénients qu’enlrahie l’habitude de fumer.
11 est évident que les hommes qui ne fument pas ne doivent pas être gênés ]>ar ceux qui fument; il devrait donc être défendu de fumer dans les chamhres communes et surtout dans les dortoirs; il est jiernicieux de respirer toute la nuit de l’air impi'égné de fumée de tabac; quand les hommes fument dans les chambres, cela les incite d’ailleurs à cracher par terre; il est beaucoup moins dangereux de fumer en plein air que dans des chambres closes,. [)arco qu’en plein air la fumée se dissipe rapidement.
L habitude de cbi(|uer est évidemment plus dangereuse et ])lusmalpropre que celle de fumer; elle n’a d’excuse (|ue dans la dure existence du marin; il doit être défendu au soldat de chiquer h
I. CousïAN, De l’aljiis du laljac, Journ. de la Soc. contre l'abus du, tabac, 1880. — Lagkeau, Rapport sur l’abus du tabac, Acad, de méd., mai 1881. — Rosé, Etude e.'cpérimentale sur l’empoisonnement ])ar la fiimée de tabac, tli. Nancy, 1881. — Jacques, De l’into.\ic. dans les manufactures de tabac, th. Paris, 1882. — E. Vallin, Sur quelques accidents causés par le tabac. Revue d’hygiène, 1883, j). 223. — Decaisne,. Soc. tle méd. publ., 1883. — Rochaud, Soc. de méd. publ., avril 1883. — Moraciie, Traité d’hygiène milit., 188G, p. 78G. — Abnould, Nouveaux éléments d’hygiène, jt. 903. — PoTAiN, Angine de poitrine liée au tabagisme, Bullet. méd., 30 juin 189b-
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