DÉBIT EN LITRES PAU 21 HEURES DES APPAREILS DE
50 bougies.
25 bougies
12 bougies.
6 Iiougies.
GOO
La pression la plus fayorable au bon fonctionnement des filtres est celle de 20 m. Ayec cette pression il suffirait d’avoir, pour un bataillon, un filtre de SO bougies ou deux filtres de 2o.
Fig. G3. — Installation dans uno casorno d'un filtre Gliamborland muni du nettoyeur André.
La figure 63 représente la meilleure installation à adopter pour un filtre de caserne.
Le filtre F est monté sur un bâti métallique 11, léger et rigide, ai.sément démontable, avec escalier pour procéder au nettoyage, li’eau filtrée se déverse dans deux réservoirs R R jumelés, en tôle galvanisée et à couvercle amovible, de 300 litres cbacun. Ces réservoirs peuvent être enlevés pour être stérilisés par ébullition. Une bague en caoutcbouc soiqile, [ilacée sous les couvercles, jtrévient la pénétration dos poussières au moment du puisage; l’air
rentre par un trop-plein siplioïde T d’un type spécial. Le puisage se fait à l’extérieur de la chambre à l’aide d’un robinet à poussoir.
De cette manière la chambre dans laquelle se trouvent le filtre et les réservoirs n’est accessible qu’aux personnes qui sont charg’ées de leur entretien ou de leur surveillance; d’autre part on peut, à l’aide de dispositions très simples, empêcher que l’eau s’échaulTe trop en été dans la chambre de filtration ou qu’elle gèle en hiver. En été, des persiennes empêcheront l’accès du soleil et on mettra au besoin des linges humides sur le filtre et sur les réservoirs; en hiver, pendant les grands froids, il suffit d’un bec de gaz allumé près du filtre pour maintenir une température de 5 à d0“.
11 est indispensable de stériliser souvent les filtres munis du nettoyeur André comme les filtres Chamherland ordinaires ; l’instruction ministérielle relative à ces filtres prévoit seulement une stérilisation tous les six mois, ce qui est tout à fait insuffisant; nous avons vu, en effet, qu’au bout de huit à quinze jours, les bougies Chamherland laissaient passer des germes; une stérilisation serait nécessaire tous les quinze jours.
On s’est servi d’abord, pour cette stérilisation, d’un réchaud à charbon de bois qu’on plaçait sous le filtre après l’avoir vidé en grande partie. L’eau restant dans le filtre entrait en ébullition et la vapeur stérilisait les bougies; l’opération était considérée comme terminée quand de la vapeur d’eau sortait par les orifices des bougies. Une disposition spéciale permettait de protéger l’extrémité des bougies contre l’action directe de la flamme du réchaud.
On a employé ensuite des coquilles, chauffées au charbon ou au gaz, qui se plaçaient sur les parties latérales du filtre.
Les résultats de cette opération étaient peu satisfaisants, le chauffage direct de la partie inférieure ou des parois latérales détériorait les filtres (’V^allin, Revue d'hygiène, 1894, p. 946), d’autre part la désinfection devait être souvent incomplète, car il était difficile d’obtenir des jets de vapeur suffisants pour détruire les germes déposés sur la surface interne des bougies. La stérilisation dans une grande étuve Geneste et Ilerscber donnerait de bons résultats, mais il est exceptionnel qu’on puisse disposer d’une de ces étuves pour stériliser les filtres et, d’autre pari, la stérilisation serait onéreuse s’il fallait la faire tous les (juinzc jours par ce procédé.
Pour remédier à ces inconvénients on a essayé d’opérer la stérilisation par dos procédés chimiques.
PURIFICATION DE l’eAU, FILTRES '
M. E. Lacour a projioso de stériliser les filtres avec l’alcool ou bien avec une solution d’alun renfermant 10 gr. d’alun jiar bougie, soit riOO gr. d’alun pour un filtre de 50 liougies. L’alcool doit être écarté à cause de son prix élevé, malgré les précautions indiquées par M. E. Lacour pour rendre cette opération moins onéreuse (E. Lacour, Revue d'hygiène, 1893, p. 486). Quant à l’alun, aux doses indiquées par M. E. Lacour, il ne paraît pas susceptible de stériliser ces filtres.
M. E. Guinochet a préconisé le permanganate de potasse, (jui est utilisé depuis assez longtemps pour la purification des filtres domestiques *. Le permanganate présente en effet jiour cet usage de grands aA'antages : il ne coûte pas cher, ses projiriétés antiseptiques sont incontestables, il colore l’eau à laquelle il est mélangé, même en très faible quantité, de telle sorte qu’il est facile de s’assurer si tout le permanganate mis dans un filtre a été éliminé, ce qui serait beaucoup plus difficile avec une substance incolore comme l’alun; enfin l’oxyde de manganèse qui résulte de la réduction du permanganate de potasse ne présente aucune propriété toxique, il a môme été employé quelquefois en thérapeuti(|ue comme un succédané du fer.
L’emploi du permanganate de potasse serait d’ailleurs très simple et très commode pour la stérilisation des filtres Ghamberland munis du nettoyeur André. Le mode opératoire est indiqué ainsi qu’il suit par M. Guinochet :
« On introduit, par l’ouverture supérieure de l’appareil, le courant d’eau étant nécessairement arrêté, et après un nettoyage ju’éalable avec les frottoirs en caoutchouc, une solution de permanganate à 1 millième et on ferme cette ouverture; on laisse en contact un quart d’heure, puis on rétablit le courant d’eau, afin de faire passer cette solution à travers les bougies et au contact de toutes les parties formant réservoir; il y aurait lieu, peut-être, de modifier légèrement le récipient métalliijue qui reçoit l’eau filtrée, afin d’assurer un contact encore plus intime avec la solution de permanganate; au bout d’un quart d’beurc on arrête l’eau, on fait écouler la solution contenue dans l’appareil, on rince deux ou trois fois à l’eau ordinaire, [mis on rétablit définitivement le courant d’eau et on ne recueille celle-ci (jue lors([u’ellc sort jiarfaitement incolore, ce qui demande seulement (juehpies minutes. La
1. E. Guinochet, E.Kpéricnces sur le filtre Cliamberland, Arch. de méd. expér., ni9;t, p. C4G, cl Epuration, filtration et stérilis. des cau.\ potables, Paris, jl894. — Vallin. lievue d'hygiène, 1894, p. 946.
couleur si intense du permanganate |)erinet de reconnaître facilement le moment où il a été complètement éliminé de ra]>paroil. » (E. GuiNOCllET, ojo. cil., p, 301).
Malheureusement le jiermanganate de potasse ne donne j)as toujours des résultats aussi satisfaisants ([ue ceux (jui ont été obtenus par M. Guinochet.
Nous avons essayé, à diverses reprises, M. Yaillard et moi, de stériliser de gramls filtres Chamherland munis du nettoyeur Andi-é à l’aide du })ermanganate de potasse et nous n’avons jamais [)u y réussir, même en employant des solutions de [lermanganate de potasse à 5 et 6 p. 1000. Nous avions soin de recueillir l’eau à sa sortie des tétons des bougies, (le manière à éviter la cause d’erreur [U'ovenant de la stérilisation incomplète du récipient métalliijue inférieur.
Nous avons dû conclure de nos ex})ériences que le permanganate employé même à des doses bien supérieures à celles que préconise M. Guinochet, ne donnait pas toutes les garanties désirables pour la stérilisation du filtre Cbamberland muni du nettoyeur André ; ce procédé peut être cependant utilisé à défaut d’autres.
La stérilisation parla chaleur nous paraît préférable, mais il y aurait lieu évidemment de modifier le système actuel de chauflage; peutêtre pourrait-on avoir des bougies à deux tétons (comme celles du filtre de voyage qui sera décrit plus loin), il serait facile alors d’y faire passer un courant de va})eur sans chauffer directement l’eau dans le filtre.
Le permanganate de potasse n’a pas d’influence sur le débit des filtres; il n’en est pas de même du bisulfite du soude, qui a été proposé par M. E. Guinochet pour la régénération des bougies des filtres Cbamberland et qui rend en effet, à ce titre, de grands services '.
« Tout le monde sait, écrit M. Guinochet {op. cil., p. 3Uo), qu’au bout d’un certain temps les bougies de porcelaine, quel que soit le mode de nettoyage employé, voient leur débit diminuer peu à jieu. J’ai cherché un moyen propre à leur rendre leur débit primitif sans avoir besoin de les démonter et, bien entendu, sans les altérer le moins du monde. 11 m’a suffi, après l’action du permanganate, cette fois à 5 p. 1000, de faire exactement la même opération av('c une solution de bisulfite de soude à 1 p. 20. Cette solution se pré- [lai’e avec la solution commerciale de bisulfite, de densité 1,300, eu
1. E. Guinochet, Journal de pharmacie et de chimie, I" ocl. 1803, cl Epuration, fillnilion cl stcrilisalion des eaux potables, Paris, 1801.
PURIFICATION DE l’eAU, FILTRES 3G9
inèlanl oO centiniùtros cnl)Os do coite solulion à 9o0 contimotros cuhos d’oau. 11 osl bien d’y ajoiitor, au innnicnl, de rciri])loi, 5 cenliinèlros cuhos d’aciilo chlocliydrujuo ordinaii'o pai' lilro. »
l^e bisulllto de soude a une eFlicacito pros(|ue aussi grande, ])Our la régénération des filtres, lürs(|u’on remploie seul, (pie lorsipi’on l’associe au permanganate de potasse, comme le conseille M. E. Guinocliot. Il ne doit être employé ({ue lorsque le débit des filtres a considérablement baissé et ipie le nettoyage oi-dinaire ne le fait |ias remonter à un taux suffisant; on n’oubliera pas (pie le bisulfite de soude ne stérilise pas les filtres et que, par suite, la stérilisation s’impose alors même qu’on fait usage du bisulfite de soude.
Une instruction ministérielle a réglé ainsi (pi’il suit l’emploi du bisulfite de soude [BuUel. off. du ministère de la guerre, 1894, sem., p. oo).
Nettoyer le filtre par le procédé ordinaire, puis, le filtre étant sans pression, ouvrir le robinet d’admission et faire monter l’eau jus([u’au-dessus de l’arête supérieure du regard ; fermer l’admission et laisser ouverte la valve du couvercle. Verser dans le filtre les <piantités suivantes de bisulfite de soude du commerce à la densité moyenne de 1 ,300 :
Donner un tour complet de manivelle pour bien mélanger avec l’eau contenue dans l’appareil. Fermer la valve d’admission et laisser le filtre à lui-même pendant un (piart d’heure; laisser perdre l’eau (pii filtre.
Ilélablir la pression en ouvrant l’admission et faire fonctionner le filtre comme à l’ordinaire [lendant un (piart d’heure; laisser perdre l’eau ([ui filtre.
Vider et rincer le filtre, introduire la poudre d’entretien, llétablir la pression en ouvrant l’admission el laisser, pendant dix minutes, perdre l’eau qui filtre.
Les filtres Ghamberland munis du nettoyeur Andi’é fonclionnent lr('s bien; on lient leur i-eprocber seulement la difficulté avec bupielle on les stérilise, difticnlté (pi’on arrivera très probablement à surmonter, et leur prix élevé : un filtre de 2ü bougies, numi du nettoyeur André, coûte lOU francs; un filtre de 50 bou-