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PURIFICATION DE L’EAU, PROCÉDÉS CHIMIQUES

Nous avons dit [ilus liant que nous n’avions pas réussi, M. Vaillard et moi, à stériliser des liltres Chainberland avec nettoyeur André au moyen de la solution de permanganate à i pour 1000, et nous voyons ici qu’il suffit souvent d’ajouter des (juantités moindres de permanganate de potasse à l’eau jiour la stériliser; il n’v a pas contradiction entre ces deux résultats, le permanganate agit beaucoup mieux sur des microbes en suspension dans l’eau que sur des microbes qui sont profondément cachés dans les pores d’un tiltre.

L’eau stérilisée par le permanganate de potasse doit être filtrée, après précipitation du permanganate en excès, mais il suffit alors d’un filtre qui agit seulement comme clarificateur.

Permanganate de chaux. — MM. Bordas et Cb. Girard ont pro- |)Osé d’utiliser ce sel pour la purification de l’eau. Le permanganate de chaux cristallise en aiguilles violettes; au contact des matières organiques il se décom})Ose rapidement en oxygène, oxyde de manganèse et chaux; la présence de l’acide carbonique dans l’eau favorise cette décomposition par suite de l’affinité de l’acide carbonique pour la chaux.

Pour enlever l’excès de permanganate de chaux qui reste dans l’eau, on tiltre l’eau sur un aggloméré de coke de cornue et d’oxydes inférieurs de manganèse (pii réduisent le permanganate de chaux en excès en se transformant en bioxyde de manganèse.

Au contact des matières organiques contenues dans l’eau, ou encore par l’action du charbon (pi’on agglomère sous une forme quelconque aux sels inférieurs de manganèse, le bioxyde de manganèse se réduit en oxydes inféiieurs (pii, au contact du permanganate de chaux, se transforment de nouveau en bioxyde de manganèse et ainsi de suite '.

Les exjiériences de MM. Bordas et Girard n’établissent pas d’une façon suffisante au bout de combien de temps les germes sont détruits; il y aura lieu de mettre en expérience ce nouveau procédé (}ui est ingénieux.

Autres procédés. — Moi'itz Traube a proposé d’employer le chlorure de chaux\ il suftii-ait, d’a|)rès lui, de ti’ès faibles doses de chlorure de chaux pour stériliser une eau riche en bactéries. Pour neutraliser le chlorure non transformé on ajoute, au bout de deux heures, du sulfite de soude (pii, en douze ou vingt-(piatre heures,

I. Boudas el Clii. G(rakd, l^piiration cliinii(]uc des eaux par le pennaiignnale de chaux. Comptes rendus de l’Acad. des sc., 23 mars 1895, el Revue d’hygiène, 1893, p. 328.

so triinsfuniio en sulfale de soude [Zeilschr. /'. Ilygiene, 1894, el Revue d'hygiène, -1894, p. 547). L’addition à l’eau de chlorure de cliaux et de sulfite de soude j)araît pi‘éseritor des iiicoiivénieiits et puis la stérilisation de l’eau par ce [)rocédé demanderait beaucoup de temps.

Nous avons eu l’occasion de parlei‘, au commencement de ce chapitre, de l’épuration de l’eau par le fer spongieux ou par le fer granulé.

F. A\'att a proposé d’ajouter à l’eau du perchlorure de fer, puis de Veau de chaux ou une solution de carbonate de soude. Il se j)i’oduit de l’oxyde de for qui, en se précipitant, entraîne les microbes en suspension. Ou laisse déposer et on filtre. On obtient ainsi, d’après l’auteur, une eau très pure [Chemical News, 1894, et Médecine moderne, 1894, ]). 175). L’emploi du percblorure de fer ne nous paraît pas admissible pour l’épuration de l’eau potable, il suffirait d’une erreur dans le dosage du percblorure pour exposer à des accidents; d’autre part on sait que le percblorure de fer attaque très rapidement toutes les substances métalliques.

Cbristmas a constalé (|ue, poui' tuer les bacilles du choléra qui se ti-ouvent dans l’eau, il suffit d’ajouter 0 gr. GO à 0 gr. 80 à'acide citrique ou d’ac^c^e tartrique par litre d’eau ; pai‘ ce procédé, dit Cbristmas, les bacilles cholériques sont tués aussi sûrement que par l’ébullition [Annales de l' institut Pasteur, et Médecine moderne, 189'2, p. 577). C’est là un procédé très commode et qui doit être recommandé en temps d’épidémie cboléiâque dans nos pays et en tous temps dans les pays où le choléra est endémicjue. On peut préparer, toutes les vingt-quatre heures, la quantité d’eau nécessaire en mettant dans un gi'and bocal ou dans un seau de porcelaine de l’eau à laquelle on ajoute 1 gr. par litre d’acide citricpie (Dupuy, Acides organiques, Paris, 1893, p. 15G).

Dobell, Stephen Emmens ont proposé do faire l’épuration des eaux })otables à l’aide de Vélectricité. Sous l’intluence du courant électri(jue il se produit une décomposition de l’eau, l’oxygène et riivdrogène résultant de celte décomposition agissent sui’ les microbes et sui- la matière oigani(jue. Les essais faits dans cette voie nouvelle ne [)araissent pas avoii- donné juscju’ici des résultats bien satisfaisants '.

I. O. Oi'i'EiiMANN, llech. sur la purillc. des eaux par réleclrolysc, Hyg. Rundsc/i., !"• oc.t. 1894.

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