PURIFICATION DE LEAU PAR LA CHALEUR
III. Purification de l’eau par la chaleur — Ou sait depuis longtemps qu’un des meilleurs moyens de purilicr l’eau est de la faire Imiiillir; on emj)loyait l’eau bouillie en temps d’épidémie, alors qu’on ne connaissait pas encore les microbes patbog-ônes qui peuvent être délruits par ce moyen.
Pour stériliser de l’eau à coup sûr, il faut la cbaulTer pendant dix minutes à l’autoclave à la température de 112".
Tous les germes ne sont pas détruits jiar l’ébullition, certaines s|)ores (spores du B. subtilis, du bacille de la pomme de teri-e) se retrouvent à l’état vivant dans de l’eau qui a bouilli pendant dix, quinze ou vingt minutes, mais ces spores, si résistantes, ne sont beureusement pas celles de microbes patbogènes.
Tous les microbes patbogènes sont détmits dans de l’eau (jui a bouilli pendant cinq minutes; les spores de la bactéridie cbarbonneuse elles-mêmes ne résistent pas à cette é})reuve. Les microbes qui se rencontrent le plus souvent dans l’eau et qu’on a le plus d’intérêt à détruire (bacilles de la lièvre typhoïde, du choléi'a) sont tués à des températures bien inférieures à 100".
Comme il n’est pas nécessaire de boire de l’eau complètement sféiâle, à condition qu’on soit sûr (pie les microbes restant dans l’eau ne sont }>as pathogènes, on peut dire que l’ébullition donne toutes les garanties désirables; il suffit de faire bouillir l’eau pendant cimj minutes.
Ce ju’océdé est assez onéreux, quand il s’applique à un grand établissement (caserne, hôpital), d’autre pai-t l’eau bouillie a un goût fade assez désagréable (|ui tient à la disparition d’une grande [Rirtie des gaz.
Malgré ces inconvénients l’eau bouillie peut rendre de grands services dans des circonstances particulières, en temps d’épidémie, en cam|)agne, surtout lorsiju’on se trouve dans un pays insalubre et (pi’on n’a à sa disposition que des tiltres dont on n’est pas sûr.
Beaucoup de voyageurs ont pu séjourner dans des |)ays très malsains et échaj)per à toutes les maladies, grûce à la précaution (pi’ils jirenaient de faire bouillir leur eau de boisson.
Dans les casernes on j)out utiliseï' les fourneaux de cuisine et les |)ercolateurs pour faire bouillir l’eau.
En tenqis d’é|»idémie, ou en campagne, dans les pays chauds,
I. O. PouciiET, Ann. d’hyçj. publ. el de méd. lér/., 1891, ]). 812. — A. -J. M.\htin, l.a Slérilis. des eaux par la chaleur. Revue d’hygiène, 1892, p. :)9”. — E. Guinociiet, Epuration, filtrat, et stérilis. des eaux potables, Paris, 189t, p. 31t. — Amnould, Siérilis. alimentaire, p. 196.
011 préparera une infusion très légère de (lié ou de café; l’eau bouillie sera mieux acceptée sous celte forme.
11 est de nécessité que la totalité de l’eau emjiloyée ]>our préparer ces boissons soit portée à l’ébullition. Le but ne serait jias atteint si, par exemple, on préparait une boisson concentrée avec le ipiaii seulement de l’eau nécessaii-e, et (pi’on la mélangeât ensuite avec de l’eau froide. (Instruction du 12 sept. 1881.)
L’instruction du 30 mars 1893 prescrit de faire bouillir l’eau toutes les fois que l’arrivée de l’eau de bonne (jualité est interrompue ou ([ue les filtres ne peuvent pas fonctionner. « Le médecin cbef de service })i-ovo(|uera auprès du chef de corps, dit cette instruction, des mesures en vue de faire prendre dans la ville, pour les besoins de la trou[)e, l’eau la moins défectueuse que l’on fera en outre bouillir avant de la distribuer aux hommes dans les réfectoires et dans les chambrées.
« A cet etïét, le service de santé constituera, au chef-lieu du corps d’armée et dans les hôpitaux régionaux, un dépôt d’appareils (bassines, réservoirs, cuillers, etc.) propices à faire bouillir l’eau, à l’emmagasiner pour la faire rafraîchir et à la distribuer entre les compagnies, escadrons ou batteries. Les percolateurs pourront être utilisés pour cet usage.
« Lorsqu’on devra faire bouillir l’eau de boisson, il sera alloué une ration de 2 grammes de thé })ar homme et par jour. Une réserve de cette substance sera entretenue à l’hôpital militaire destiné à approvisionner les corps de la région.
« Dès l’annonce du retrait de l’eau de bonne qualité ou, à défaut de cet avis, dès l’apparition dans la troupe des premiers symptômes paraissant se rattacher à une cause de cette nature, le chef de corps, sur la proposition du médecin chef de service, demandera d’urgence au commandant du corps d’armée l’envoi immédiat des ustensiles destinés à l’ébullition de l’eau, et l’allocation d’une ration do thé. Sur l’ordre de cet officier général, le directeur du service de santé régional fera parvenir au corps les ustensiles et la quantité de thé présumée nécessaire. En cas d’urgence, le corps achètera luimême le thé indispeiLsable aux besoins des trois ou quatre ])rcmiers jours. La déjiense sera remboursée sur les fonds du service de santé. Le combustible sera prélevé par le corps sur .sa ration fixe annuelle. »
Dans ces dernières années, on a constiaiit des appareils qui permettent de stériliser une grande (juantité d’eau sans consommer beaucoup de charbon. Le ])lus connu de ces ajipareils, celui ilo
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MM. Uouart, Genoste et Herschor, représenté sur une coupe dans la liirure ”8, se compose des j)arties suivantes :
1" Chaudière A, chauITée soit à feu nu, soit au f>az ; la température est maintenue dans la chaudière entre 120 et 130°. On oftère sous pression, en vase clos, de là deux avantages importants : l’air en dissolution ne s’échappe pas et il n’y a pas de déperdition de chaleur par la vaporisation. L’appareil est muni d’un régulateur de température qui ne laisse sortir l’eau de l’ajipareil que quand elle a été portée à la température voulue.
Échangeur. L’eau stérilisée dans la chaudière passe dans un serpentin qu’on voit sur une coupe dans la ligure 11; l’eau froide arrive autour du serpentin et se réchaulTe à près de 100“ avant de pénétrer dans la chaudière, d’où une grande économie de combustible. Il y a échange de calorique entre l’eau qui sort de la chaudière et celle qui y arrive. Dans les grands appareils, la chaudière est entourée d’un serpentin dans lequel l’eau continue à s’échauffer avant d’entrer dans la chaudière.
3° Complément d'échangeur. L’eau stérilisée, refroidie déjà dans l’échangeur, parcourt un deuxième serpentin G, placé dans un réservoir refroidi par un courant d’eau.
4° Clarificaleur. Un |)etit filtre au sable 1) est destiné à retenir les imjuiretés renfermées dans l’eau.
L’eau stérilisée suit les tuyaux FFF. Un kilogr. de charbon suffit, paraît-il, pour stériliser 100 litres d’eau.
Nous ne croyons pas devoir insister davantage sur la descri|)tion de ces appareils; nous pensons, en eflet, (pi’il y a une véritahh' exagération à vouloir stériliseï' comidètement l’eau de boisson; lorsfpi’on veut purilier l’eau par la chaleur, il suffit de la jiorter à l’ébullition. L’utilité d’ap[)areils aussi coûteux et aussi com|)li([ués que celui ipii est représenté ci-dessus ne paraît pas démontrée.
F’ig. 78. — Appareil Rouart, Gonesto et Herscher pour la stérilisation ilo l’eau.