‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 51 sur 115 · DIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE

Cylindre non recouvert d’étolTe. .

Lin

Sliirting (colon)

Soie

Flanelle

lo,9 0/0

On peut conclure de ces expériences que, dans les pays froids, il faut avoir des vêtements fermés, superposés, assez étroits; dans les pays chauds, au contraire, des vêtements amples, non ajustés, qui n’immohilisent pas l’air autour du corps.

Dans l’expérience de Coulier on ne tient pas compte du refroidissement qui s’opère chez l’homme par l’évaporation de la sueur. On peut évaluer les effets de la transpiration en pulvérisant sur l’appareil de l’eau à 07”; on constate alors (jue le refi’oidissement est heaucoup [>lus rapide, surtout s’il existe un courant d’air (Hiller).

L’action protectrice des vêtements contre la déperdition du calorique, très utile en liiver, devient très nuisible par les temps chauds.

II résulte des ex[)ériences faites par ITiller sur des soldats do l’armée allemande (|uo l’uniforme réglementaire, tro]) chaud en été, a un rôle ini[)ortant dans la pathogénie des accidents pi’oduits par la chaleur. Pendant des marches d’une durée de trois (piarts d’heure à une heure et demie, faites pendant les fortes chaleurs

Laverax, Hyg. milit. 26

(lu mois (le mai 188G, lliller a constaté que la température rectale (les fantassins portant la tenue et la charge de campagne, s’élevait jusqu’à 39°, 4; chez des soldats ayant fourni les mêmes marches, mais portant des vêtements plus légers que les vêtements réglementaires, la température ne dépassait pas 38°, 5 [Deutsche müitarctrztl. Zeilschr., 1886, et A. Hilleu, Le coup de chaleur frappant les troupes en marche. Trad. de Jung, 1887, p. 37).

h. Protection contre la chaleur. — Pour étudier les propriétés des tissus au point de vue de la protection contre la chaleur, Coulier s’est servi du procédé suivant :

Dans des tuhes de verre de 0 m. 10 de long, , parfaitement semhlables, et de même épaisseur, on met la même quantité de mercui’e. Les tuhes sont recouverts avec les étofles à examiner et un même thermomètre est plongé successivement dans chacun des tubes ; on prend la température à l’ombre d’abord, et ensuite après avoir exposé les tuhes pendant quelque temps au soleil, sur un châssis de bois. A l’ombre la température est à peu près la même dans tous les tuhes, mais au soleil on observe des différences considérables, comme le montre le tableau suivant.

Thermomètre à l’ombre 27“

Thermomètre exposé au soleil 36”

DUrérence avec Température la température du tube. du tube nu.

Tube non recouvert d’étoffe 37°, 5

Tube recouvert de coton pour chemises 35 ,1 — 2°, 4

— coton pour doublures 35 ,5 — 2

— chanvre écrit 39 ,6 +2 ,1

— drap bleu foncé pour soldats 42 -f 4 ,5

— drap garance pour soldats 42 q-4 ,3

— drap gris de 1er bleuté pour capotes. 52 ,5 -(-5

drap garance pour sous-officiers. .. . 41 ,4 -|-3 ,9

— ■ drap bleu foncé pour sous-officiers. 43 ' -f-lj >3

Il ressort très nettement de ce tableau que le coton blanc protège très bien contre la chaleur; ce résultat est mis encore en évidence par une autre expérience du même observateur; en superposant du coton blanc à du drap de couleur foncée, Coulier a constaté (jue l’élévation de la température était beaucoup moins considérable (pi’avec le drap seul.

La couleur des lissus a une grande influence sur l’absorption de la chaleur. Rumford, Franklin, llum[)lirey Davy, Slark ont fait, sui‘ le ])Ouvoir absorliant des dilTércntes couleurs, des recberebos ipii démoiilrent (pie les tissus de couleur noire sont ceux (pii

IIAniLLEMENT

absorbent le plus de calorique, et les tissus de couleur blancbe ceux qui en absorbent le moins.

Hache et Coulier ont fait reinaiajuer avec raison (jue rinlluence de la couleur sur l’absorption des rayons calorifi(jues n’était appréciable (|ue lorsque les tissus étaient exq)Osés au soleil.

Tj’intluence de la couleur des tissus sur leur pouvoii- absorbant pour la chaleur })eut être mise en évidence par une expérience très simple (Stauk, Vallin).

On enveloppe un thermomètre avec de l’ouate blanche, on l’expose au soleil et on note la température au bout de dix minutes; en répétant l’expérience avec de l’ouate noire on constate une température notablement supérieure.

Voici le résultat d’une expérience que nous avons faite au Valde-Gràce le 28 juin 1881) :

Thermomètre entouré d’ouate noire . . . 42“

Tliermomètre entouré d’ouate blanche 32°

On s’explique ainsi pourquoi dans les pays chauds et même dans nos pays, en été, on préfère les tissus blancs aux tissus noirs. L’expérience avait montré qu’on souffrait moins de la chaleur aA’ec des vêtements blancs qu’avec des vêtements noirs; les recherches précitées ont fourni l’explication de ce fait.

Les personnes qui ont des A'êtements de couleur noire sont exposées, lorsqu’elles sont au ftrand soleil, à une température de 10“ environ plus élevée (jue celles qui i)ortentdes vêtements blancs.

2° Des tissus considérés au point de vue de leur pouvoir absorbant pour l'eau. Des tissus imperméables. — Il faut qu’un tissu, surtout lorsqu’il est en contact avec la peau, puisse absorber assez facilement l’eau, sans quoi la sueur mouille la peau, et, si elle s’éva})ore ensuite rapidement, il en résulte des refroidissements dangereux.

L’eau absorbée par les tissus peut être divisée en : eau hpgrométrique et eau d' interposition.

Pour apprécier la quantité d’eau bygrométri(|ue absorbée par les tissus, Oiulier a procédé do la manièi'e suivante : on découpe dans les tissus à examiner dos carrés’ de 2 décimètres de côté (pie l’on suspend dans des cloches [ilacées sur de la chaux vive ; après vingt- (]uatre heures de dessiccation, on pèse les morceaux des dilférents tissus, on les suspend dans des cloches jdacécs sur l’eau, on les pèse de nouveau au bout de vingt-quatre heures, et la dilférence des poids obtenus pour cba(|uo carré indiijue la (luantité d’eau hygrométrique absorbée.

Pour apprécier la quanlité d’eau d’interposition absorhalile pai‘ les dilTérents tissus, on se sert des mômes carrés que dans l’expérience précédente, on les dessèche, on les pèse, on les ])longe dans l’eau ilistillée et on les pèse de nouveau à leur sortie de l’eau, après les avoir laissé un peu égoutter; la diiïérence des poids des carrés d’étotîe après séjour au-dessus de l’eau et aj>rès immersion dans l’eau indique la quantité d’eau d’interposition.

Le tableau suivant donne, d’après Coulier, les quantités d’eau hygrométrique et d’eau d’interposition que peuvent absorber les principaux tissus en usage dans l’armée.

DÉSIGNATION

des

Page 1