I.AVEHAN, Ilyg. milit
Si I alimenlation du soldat est insuffisante, en nnfine temps (jue la durée des exercices (ju’on lui impose est exagérée, les signes du surmenage ap|)araissent très rajiidement et dans ces conditions un régiment devient un milieu extrêmement favoralile au développement des maladies épidémiques.
11. Des exercices militaires et de leur influence sur le développement DU SOLD.AT. De l’entraînement et du surmenage dans l’armée. — Les médecins militaires français et étrangers, ont étudié avec beaucoup de soin les etléts des exercices militaires et nous devons résumer ici les nombreux et très intéressants travaux qui ont été publiés sur ce sujet.
La plupart des observateurs ont procédé de la manière suivante : les jeunes soldats sont examinés une jiremière fois au moment de leur incorporation ; un deuxième examen est fait après trois mois de présence au corps, un troisième après six mois, un quatrième après une année, et un compare les résultats obtenus. Un note à cbaque examen : la taille, le poids, le périmètre tboracique, l’amplitude respiratoire (indiquée par la ditï'érence qui existe entre les |)érimètres tboraciques pendant rins[)iration et rex[)iration forcées), la capacité j-espiratoire au moyen du sjiiromètre; lors([ue la chose est possible on étudie la respiration à l’aide du [uieumograjibe de Marey; on mesure la circonférence des membres au niveau des biceps et des mollets et la force musculaire à l’aide du dynamomètre.
Les j-ésiiltats auxquels sont arrivés les dillèrenls observateurs on suivant cotte méthode sont très concordants.
Abel en Allemagne a montré dès 18G8 que le péi-imètre tboraci(]ue augmentait sous riniluence des e.xercices [Die mil îtârârztl . Zeitsclir., 1868, p. 237); chez 75 pour 100 des soldats examinés, le périmètre tboraciijue avait augmenté de 2,6 à 5 centimètres.
Gliassagne et Daily (Inlluence précise de la gymnastiipie, etc., Paris, 1881), ipii ont fait leurs recherches à l’Ecole de gymnastique de Joinville, par conséipient sur des hommes soumis à des exercices |)lus longs et plus fatigants (pie ceux auxipiels est soumis d’ordinaire le soldat, sont anâvés aux résultats suivants :
Au bout d’une année, le jiérimètre thoraciipie avait augmenté chez 307 élèves sur 401, soit dans la pi’oporlion de 76 pour 100; raugmenlation était de 2 à 3 centimètres dans le plus grand nombre des cas.
La circonférence du bras avait augmenté chez 332 sujets, soit
DES EXERCICES
82 fois sur 100. La circonférence de l’avanL-hras avait aii.ü’monlé sur 2ü0 sujets; la circonférence de la cuisse sur 258.
La mesure <le la force obtenue en faisant opérer des tractions avec les deux mains sur un dynamomètre lixé au sol, a montré (|ue la force avait augmenté chez ‘141 sujets, soit 80 fois sur 100, diminué chez 42, et était restée stationnaire chez 15.
Pour le [)lus grand nombre, raugmentation dynamométriijuc était de 25 à 30 kilogr.
Le poids avait diminué chez 252 sujets, soit chez 03,0 p. 100. L’homme qui est soumis à des exercices fatigants commence d’ordinaire [)ar perdre de son poids, mais il i‘écu])ère bientôt ce qu’il avait perdu. 11 }>araît évident, comme le disent Chassagne et Daily, (pi'à l’épocjue où ces recherches ont été faites, l’alimentation des élèves de l’Hlcole de gymnastique était insuftisante en raison des exercices très fatigants auxquels ils étaient astreints.
Chez des soldats d’un l'égiment d’artillerie soumis à des exercices moins fatigants (|ue les élèves de .loinville, l’augmentation du périmètre thoracique a été observée 00 fois sur 100 au lieu de ”0 sur 100, ])roportion constatée à l’Kcole de Joinville (Ciias- SAGXE et Daely).
Fetzer, médecin-major wurtenihergeois, a fait des recherches analogues (De l’influence du service milit. sur le dévelopjiement du corps et |)articulièrement delà poitrine. Anal, in Revue milit. de méd., 1881, p. 05); les soldats ont été examinés à l’aiaivée au corps et de trois mois en (rois mois après l’incorpoi'ation.
Fetzer a trouvé (|ue la taille augmentait de 5 mm. en moyenne pendant la |)remièi‘e année de service et que les hommes les |dus petits étaient ceux (pii grandissaient le plus.
Le poids diminuait en généi’al dans le cours du [tremiei’ semestre, mais, dans le courant du deuxième semestre, cette perte était réparée et, à la lin de l’aniUM', on conslalail une légère augmentation do poids.
L’amplitude n'spiraloire avait (îonsidérahlement augmenlé au bout d’une anné(! de sei’vice; raugmentation la pins forle était constatée a la tin du piemier trimestre; dans le deuxième trinu'sti’c I amplitude augmentait encore; dans le deuxième semestre elle restait slatioimaire. L’augmentation totale à la lin de l’année était en moyenne de 21 mm.
La capacité res|)iratoire, mesurée à l’aide du spiromèti'e de llutchinson , s’était élevée de 3 lit. 800 à 4 lit. 300, soit une augmentation de 500 centimètres cubes à cluupie inspiration.
L’influeiico du service militaire élait l)eaucou|i moins favoralde pour les soldats employés comme ouvriei’s (d [>ar suite dispensés de la plupart des exercices, que poui- les hommes dans le i-aiifr.
Moursou, qui a fait ses recherches sur des apprentis canonniers de la marine [Arch. de méd. nav., 1881), a constaté (ju’au bout de quatre mois la circonférence thoracique avait augmenté chez 54 pour 100 des jeunes gens examinés.
Rigal {Revue müüaire de méd., 1881, p. 501), a étudié d’une part l’action des exercices modérés, d’autre j»art les elléts de la fatigue et du surmenage sur les mômes sujets.
Après six mois d’un entrainement régulier, Rigal a constaté ce qui suit sur des hommes du 12® bataillon de chasseurs à pied.
Le poids a peu varié ou bien il a subi une légère augmentation; les individus notés comme faibles, au moment de l’incorporation, sont ceux qui présentent la plus grande augmentation de poids.
La taille est restée stationnaire ou a augmenté de 1 cm. environ.
Le périmètre thoracique a augmenté surtout pour les catégories inférieures, c’est-à-dire chez les hommes notés comme faibles au moment de l’incorjtoration.
L’amplitude respiratoire a augmenté dans toutes les catégories; on comprend ([ue l’amplitude respiratoire puisse augmenter alors que le périmètre thoracique diminue, l’abondance du tissu adipeux exerçant une grande iniluence sur le périmètre thoracique et le tissu adipeux ayant de la tendance à disparaître sous l’innuence des exercices.
Ije périmètre soléaire a gagné près de 2 cm. pour toutes les catégories.
On s’explique que les résultats les meilleurs au point de viu'de l’augmentation du poids et du périmètre thoraci([ue soient obtenus chez les individus notés comme faibles au moment de l’incorporation; comme le fait remarquer Rigal, pour ces individus, mal nourris ou surmenés avant l’incorjioration, la i-alion réglementaire est suffisante, tandis (|u’elle l’est à peine pour des individus plus forts et très bien nourris d’ordinaire.
Rarkes au camp «l’Aldershot et Roth à l’Institut central de gymnastique de Rerlin ont fait des rechendies semblables à celles de Chassagne et Daily. Pour les mensurations du thorax et des memhi-es, ils ont obtenu les mômes résultats ipie les auteurs français. Il n’en a pas été de môme jiour le [loids; Parkes et Roth ont trouvé en général une augmentation de poids alors (pie Chassagne et Daily avaient constaté une diminution dans les deux tiers des cas.
DES EXERCICES
Nous siiinalerons encoi-e les Iravaux de Frilley, de Ikjucliereaii, <lc Lebedeir(iui sont venus conünner les précédents
M. le jirofesseur Marcy a étudié à l’aide du pncuinographe les elïeis des exercices sui- l’amplitude des inspirations et sur le rythme respiratoire. Ces recherches nous intéressent d’autant plus qu’elles ont été faites à l’Ecole de gymnastique de Joinville comme celles de Chassagne et Daily. {Revue mililciire de médecine, 1881, p. 247.)
M. Marev a choisi cinq jeunes gens qui arrivaient à l’Ecole et (]ui n’avaient pas encore pris part aux exercices; il a inscrit la respiration de chacun d’eux au repos, puis immédiatement ajirès une course de 600 m. au pas gymnastique. Les tracés ont été [>ris de nouveau tous les mois. La comparaison des tracés a montré (jne, dans les premiers temps, la res})i ration était notahlement accélérée par la course; il y avait une grande tendance à l’essoufllement; après (juatre ou ciiu] mois d’exercices il était à (leu ])rès impossible de constater un changement de la respiration sin- les hommes (jui avaient couru; l’allure était devenue cependant un peu plus rapide.
On constatait de ])lus sur les tracés <jue la moditication des mouvements respiratoires était permanente, c’est-à-dire (ju’elle s’observait même au repos; le nombre des respirations tombait en moyenne de 20 à 12 par minute, et leur amplitude avait plus que quadruplé.
Comment se fait cet agi’andissement de la jioitrine? 11 résulte des recherches de Demény que, chez les sujets entraînés, l’ampliation du thorax est due à une grande mobilité des articulations des côtes et à l’accroissement de la puissance des muscles de la res[)iration. On s’exjdique ainsi pourquoi les hommes qui ont un thorax de grande dimension ne sont jias ceux (lui [»résentent la plus grande augmentation de la cajtacité thoracicpie à la suite des exercices; un thorax de grande dimension, mais dont la mobilité est faible, augmente peu sous l’action des exercices, alors (ju’nn thorax de petite dimension, mais très mobile, se dilate heancoiqi. (I)e.mény, Mécanisme de la respir. chez les sujets entraînés. Soc. de hioL, 13 avril 1880.)
I. Fmu.EV, RapporI, sur les variations de la taille, du |ioids, etc.., chez les jeunes soldats des classes I.S84 et 188o dans le lO» corps d’ariuéc. Arch. de mêd. milil., 1888. — BouciiEHEAU, Sur la taille, le périmètre tliorachpic, le poids des Jeunes soldais. Mëmerec., 1890, t. XV, p. 16. — Ammon, Poids et mensurations pcrioiliques des soldats, Deutsche militariu-zll. Zeitsclir., 1893. —V. Lebedeek, Modifie, de la taille, du poids, de la circonférence thoracique, etc., pendant la 1™ année de service milit., Wratsch. 1891. Anal, in Revue d'kyçjiène, 1894, j). 989.
Les résultats des exercices militaires, excellents quand ces exercices sont modérés et conduits avec une sage pi’ogression, sont tout différents lorsque les exercices sont trop prolongés et qu’ils aboutissent au surmenage.
Rigal et Lèques ont bien décrit les edets du surmenage consécutif à des manœuvres très fatigantes en pays de montagnes.
A la suite d’une de ces périodes de manœuvres, Rigal (o;j. cH.) note chez les hommes du 12® bataillon de chasseurs à pied les modifications suivantes :
Le poids du corjis a généralement diminué.
Le périmètre thoracique a presque toujours diminué, surtout pour les catégories les plus élevées.
L’amplitude respiratoire continue à augmenter, mais cette augmentation n’est pas plus rapide à la suite des marches en pays de montagnes qu’à la suite des exercices ordinaires.
Le périmètre soléaire est stationnaire ou s’accroît dans une faible proportion.
On observe des signes de fatigue chez un gi’and nombre d’hommes : ])âleur de la face, teinte terreuse, inappétence, langueur, prostration; il y a beaucoup d’indisponibles et de malades; un des hommes atlmis à l’hôpital pour fatigue a perdu six kilogrammes de son poids.
Lèques a fait des observations semblables sur <les soldats du même bataillon à la suite de manœuvres prolongées dans les Alpes en 1885 et en 1880.
En 1885 la période de manœuvres avait duré 104 Jours. A la tin des manœuvres, on constatait chez presque tous les sujets examinés une diminution du poids du corps et du périmètre thoracique; le chiffre des malades s’élevait à 222 dont 159 indisponibles, 22 à l’infirmerie, 41 à l’bôpital, dont 7 cas de lièvre' typhoïde.
En 1880 les manœuvres durèrent 108 jours et furent très fatigantes. A la fin de ces manœuvres le chilïVe total des malades s’éleva à 425, dont 38 à l’infirmerie et 92 à l’hôpital; 17 cas de fièvre typhoïde se déclarèrent pendant les manœuvres, et après le retour dans la garnison, la fièvre typhoïde continua de sévir sur les hommes surmenés (Lèques, Elude sur l’bygiène des bataillons alpins, Arch. de méd. 'mil il., t. XI, p. 269).
Voilà bien, à côté des ellèts excellents des exercices modérés, h's effets des exercices exagérés, du surmenage. El ces faits ne sont, pas isolés, tous les ans les groupes alpins sont particulière-
DES EXERCICES
inoni éprouves jiar la fièvre ly|)lu)ï(lo (Slalistiquo medicale de l’armée; voir notamment les années 181)1 et 1892).
IjO surmenage joue un rôle considérabh' dans le développement des épidémies militaires, il diminue, comme nous l’avons vu plus haut, la force de résistance de l’organisme (|ui devient facilement la proie des maladies infectieuses; de là ces épidémies si graves de tvphus, de lièvre typhoïde t[ui éclatent jiresijue toujours dans les armées à la suite des guerres et des expéditions fatigantes.
La plupart des expéditions entreprises dans ces dernières années dans les pays chauds ont été marquées par de graves épidémies de lièvre tvphoïde, et tous les historiens de ces épidémies ont insisté sur le rôle étiologique considérable de la fatigue. '.
Dans un travail récent M. le 1)'' Renard fait remarquer qu’au début de l’occupation de l’Algérie nos soldats, toujours en expéditions, étaient fortement surmenés et que cependant la fièvre typhoïde était rare parmi eux {Annales d'hijg. jmbl., mai 1895). La l’areté de la fièvre typhoïde en Algérie au début de l’occupation française qui jiaraît en elTet démontrée, montre que le surmenage par luimènie ne peut pas créer la fièvre typhoïde et qu’il ne constitue qu’une cause prédisposante, ce que nous admettons avec l’immense majorité des auteurs; mais celte cause jtrédisposante a une importance considérable, étant donnée la dissémination des germes typhoïdi((ues (jui existent aujourd’hui, à l’état [)lus ou moins latent, dans la plupart des casernements de France ou d’Algérie. Le germe de la fièvre typhoïde ne s’est en elTet (pie troji bien acclimaté en Algérie.
La note ministérielle du 30 mars 1895 a fait ajipel avec heaucouj) de raison à l’initiative de tous les chefs de cor|)s afin d’éviter le surmenage.
« Ij’entraîmMuent, (|ui a pour but d’augmenter les forces de l’homme, ne doit jamais, dit cette noie, être [loussé au point de les nlïàihlir par le surmenage.
« Connaître le degré de résistance du soldat pour ne jamais aller au delà; enlrelenir et développer ses forces par une série*
exercices variés et appnqiriés; savoir le faircî re|>os(*r à temps;
arrêter les elToi-ts (piand une circonstance par tiaq» défavorable intervient, les reprendi'e dès (pi’on le peut; amener ainsi l’homme.
1. CzKHMCKi. La lièvre, lyphoïde aux colonnes (ropéi’alioii du Sud Oranaisen 1881. Arch. (le méd. milit., 1884, l. IH, p. 404. — Coustan, De la fatigue dans scs rapporls avec les maladies du soldat, Arch. de méd. milil., 1889. — Ou MèsiE, ües maladies imi)iilables an surmenage dans l’armée, Monlpellier, 1894.
sans secousse et jiresque à son insu, à son maxiinnin de souplesse et de viirueur : tel est le rôle de l’oflieiei’. Il exiL>o de l’actiAilé, du caractère et surtout de rinitialive.
« Les pi’escriptions des règlements, comme les ordres du haul commandement indiijuent les mesures à [irendrc soit jiour ménager la santé des hommes, soit pour atteindre certains lésultals d’ins- Iriiction à une é{)oque déterminée; mais ils ne [leinent tout prévoir. Ils doivent môme s’abstenir de Irop préciser et laisser les moyens d’exécution à l’initiative des chefs de coj'ps et des commandants d’unités, (|ui, étant sur place, peuvent seuls parer à l’imprévu et régler le service en raison des cii-constances locales telles qu’elles se présentent journellement. » (Note ministérielle du 30 mars 1895.)
Aux époques de froids rigoureux ou de chaleur excessive, ]>ar les temps très mauvais, en cas d’épidémie, les chefs de corps, dit celte note, ne doivent pas hésiter à moditier la marche normale de rinslruction, sauf à en rendre compte.
tu. Des exercices militaires ex particulier. — Les exercices auxijuels le soldat est astreint sont : le maniement des armes, la marche et la course pour le fantassin, l’équitalion pour le cavalier, la gymnastique, la natation (quand les conditions locales [lermettent de prendre des bains froids); l’escrime, la boxe et le bâton ne font [)lus paidie des exercices obligatoires dans l’armée française.
Parmi ces exercices, le plus intéressant au point de vue de l’hygiène est à coup sur la marche; l’infanterie forme la masse principale dans une aianée et c’est elle qui est soumise aux plus grandes fatigues; pendant les longues marches (|u’il fournit, le fantassin doit transporter ses armes, ses munitions, ses elTels; dans la cavalerie c’est au cheval (|ue revient la [)lus grande jiart de fatigue.
A. De la marche, coud liions physiologiques. Recherches de M. Marey ‘ . — Avant d’étudier la réglementation des marches dans les armées, il est indispensable (|ue nous fassions une étude sommaire de la marche au jioint de vue jdiysiologiijue. Nous verrons,
I. Marey, Mélliode f,'rai)hique, Paris, 1878; el lies forces utiles dans la loeoinolion. Revue Scieiilif., 23 ocL 1884. — Daixy, arl. Gymnastique tu Diction, encydop. des Sc. méd. — Marey el Demény, Mesure du Iravail mceanique elTecluê dans la locoin. de l’iioinme, Acad, des Sc., 0 uov. 1885. — De Pouvourviu.e, Noies sur la marche, Journ. des Sc. niilit., 1886. — Couvreur, Les exercices du corps, Paris, 181)0. — Cortiai-, De la marche au point tic vue milil., Paris, 1893. — Marey. Le mouvement, Paris, 1894.
DES EXERCICES
nolainineiil (Ml ivsumaiil les liollc.s rechorclu's de M. le imd'essenr Marev, (|U(' la, |)li\siuloiiie founiil des doniR^es très inl(M'essa.nles lion seulement au point de vue Ihéorique, mais aussi au point de vue pratique.
Voyons d’aliord ce ipie [leul nous apprendre la simple oliservation sur le m(H*anismc de la marche.
Loi’siju’on se met en marche, on commence par porterie jioids du cor[)s sur la jamhe di-oite (on part toujours du pied gauche) et on incline légèrement le coi’ps en avant. On lléchit alors les arliculations de la jamhe gauche et on porte le pied gauche à 60 centimètres environ en avant du j)ied droit. Au moment où le pied gauche se pose sur le sol, le })ied di'oit se soulève sur la pointe, il y a là une période très courte de double apjmi des [lieds sur le sol. Le jioids du corps se porle sur la jamhe gauche, le membre droit exécute à son tour un mouvement d’oscillation autour de la cavité cotyhnde, mouvement (|ui porte le pied droit en avant du pied gauche et ainsi de suite.
On désigne sous le nom de pas, tant(jt la distance qui sépare le jtoser dn pied droit de celui du pied gauche (pas simple), tantcM celle (]ui sépare le |)oser du pied droit de celui du même pied (pas double); dans les règlements militaires sur les marches, il est toujours question du pas simple.
Pendant la mairhe il faut ne faire mouvoir ni le bassin, ni la colonne vertébrale; (juand on imprime des mouvements de torsion au bassin on diminue l’étendue du jeu de l’articulation cotyloïdienne, d’où une perte de travail.
Les pieds doivent être maintenus dans une direction presque |•ectilig•ne, non ohli(pie, ils doivent s’ap[di([uer à pial, sans frapper le sol. (Dallv, op. cil.)
1.ICS frères Weber auxipiels on doit d’importants Iravaux sur la locomotion, [)ensaienl (pie [lendant la marche les membres inferieurs agissaient c.omme de siiu|)les leviers oscillant autour de leurs points d’attache, et (jue ces oscillations se produisaient, une fois la mise en train opéi'ée, sans l’intervention des muscles.
Poui‘ porter alternativement chacun des membres inférieurs en avant, |)Our lléchir les articulations et pour étendi’e ensuite le membre ({ui doit supporte)' le poids du coi'ps les muscles doivoil, ag^ii', mais leur ti'avail est d’autant plus faible (jue la mai’che est mieux j'églée, 1 oscillation des membres inféi'ieui's plus régulière. Lorseju’on se met en mai'che, les muscles du tronc doivent inteiveni)' pour [)0)'lei‘ le cor|)s en avant et ceu.x des membres inférieui's
HYGIÈNE MlLITAiaE
pour mettre les membres en mouveimml. Quand on s’ai'rète, il faut que les muscles du Ironc portent le centre de irravité en arrière. Tous les arrêts autres ({ue ceux qui sont destinés à laisser reposer le marcheur, constituent donc une perte de travail, ce (pii ex[)lique pourquoi la marche est si fatigante, lors(ju’on marche en colonne et qu’il faut sans cesse s’arrêter pour repartir ensuite^
La marche en terrain varié est beaucoup plus fatigante que la marche sur un terrain plat, parce (jue le marcheur est obligé sans cesse de modifier ses mouvements suivant les accidents du terivain et ([ue son attention doit être toujours en éveil.
On enseigne en général au soldat à marcher en tendant la jamlx', en lançant le pied et en mar([uant fortement la cadence, le haut du corps restant droit et raide; l’allure de parade des soldats allemands est le prototype de ce système qu’on ])eut appeler le système de marche en extension. On obtient ainsi une grande régularité d’allure, le régiment allemand avance avec une cadence imposante, au bruit des fifres et des tambours, mais cette manière de marcher est très fatigante, heaucoiq» de travail musculaire est ])erdu; les soldats allemands eux-mêmes ne marchent ainsi qu’à la parade; dès qu’il s’agit de fournir une étape ils prennent le pas de route qui est analogue au injtre.
On ne doit pas raidir les membres inférieurs pendant la marche. Le capitaine de Raoul recommande de ne lever les pieds que juste autant qu’il est nécessaire pour éviter les aspérités du sol, les jarrets sont ployés, le haut du coiqts est [lenché en avant, le |)ied posé bien à plat et sans bruit (Théorie du j)as gymnastique progressif. Méthode du capitaine de Raoul, 1890). C’est juste le contraire de la marche de parade du soldat allemand.
Cette façon de marcher est celle des paysans, des facteurs ruraux; en Betgi([ue on rap|)elle la marche en message^'. Le pas gymnastique en flexion est ado])té également |)ar les coureurs de l’c-xtrême Orient, par les pousse-jtousse de Pondichéry, c’est au dire des anthro[)ologistes la démarche de l’homme préhistorique * (M.msouviueu, Mémoire.^ de la Société d'anthropologie, 1890).
En ployant les jarrets, on empêche (|ue le choc des pieds sur le sol retentisse dans tout l’organisme et on augmente la souplesse de la marche.
Pour habituer à la marclu' en llexion, le ca|)itaine de Raoul pi’escrit de commencer la marclu' avec une cad(Mic(^ lenle, en faisant des |>as très courts (95 cenlimèlres) ; il augmenh' ensuit(‘ progressivement la cadence (d la longueur du |tas.
DES EXERCICES
On arrive, en accéléranl le pas gymnastique, à elîeclner :
Le kilomètre en 7' 15"
Le 2® — 6' 15"
Le 3« — 5' 45"
On ne doit pas en g’énéral atteindre la vitesse du kilomètre en 5 m. 30 avant le sixième kilomètre, cependant avec des hommes bien entraînés on peut, dans des cas urgents, faire le premier kilomètre en 6 minutes et atteindre, vers le troisième, la vitesse de 1 kilom. en 5 minutes.
Avec des hommes vigoureusement constitués, on arrive à faire lo kilomètres avec armes et bagages en 1 h. 30 ou 1 h. iO au maximum (De Raoul, ojj. cil. — F. Régnault, Médecine moderne, 14 juin 1893, et Congrès de Caen, 1894).
Dans ses recherches sur la marche, M. le [irofesseur Marey a employé deux procédés jirincipaux : la photogra[)hie instantanée et Fodographe.
La photographie instantanée a fait de grands progi'ès dans ces dernières années; on photographie facilement aujourd’hui un cheval qui galope, un oiseau qui vole; on peut obtenir 180 images photographiques par seconde d’un objet ou d’un animal en mouvement. M. Marey décrit ainsi qu'il suit le procédé qu’il a employé ])Our étudier les mouvements du marcheur, du coureur, du sauteur et qu’il désigne sous le nom de jjhotographie mr fond noir.
« On dirige l’apiiareil photographique sur un écran noii‘ formé de velours tendu sur une muraille, au fond d’un horizon ohscui’. Devant cet écran on fait passer un cheval blanc ou un homme vêtu de blanc et pendant ce temps, un appareil rotatif laisse passer la lumière d’une manière intermittente. A chaque admission de la lumière une image se forme sur la jilaque sensible, et cha(|ue fois sur un ])oint ditïèrent de la jdaipie.
« La théorie d(* cetti^ méthode est facile à saisir. Un appareil photographique pourrait être ouvert indéliniment devant un écran noir, .sans que la. phupie soit impressionnée, |)uisqu’elle ne reçoit aucune lumière. A un moment donné, fai.sons apjtai'aîln' devant un point de cet écran un homnu^ vêtu de blanc et foidement éclairé; une image se formerca, sur la glace. Fermons alors l’appareil et ])laçons encore rhonime di'vant l’écran, mais dans un aiilri' endroit; une autre image pourra ètri^ produite encore sans se confondre avec la première, car le déplacement de l’hoiunu' aura
ainoné la noiivolle iniafio en un cndmit de la |)la([iie sur leijuel la lumière n’a pas encon> ai>i. On peut inulliplier indélinimenl ces pholoj^ra[)hies successives. Ije rôle de l’inlerrujdeur rolalif esl précisément de laisser au marclieur le lem|»s de chaiiiier de jilace entn^ deu.x iiliolograpliies successives, et de faire ipie ces images soieni séjiarées les unes des autres par un intervalle exactement proportionnel au chemin parcouru par le marcheur entre deux ailmissions successives de la lumière, soit un dixième de seconde.
« On obtient ainsi des séries d’images d’hommes ou d’animaux en mouvement représentés dans les attitudes correspondant à des intervalles de temps connus (fig'. 2).
Fig. 2. — Un homme qui marche. Attitudes successives données par la chronophotographie sur plaque lixe (ligure empruntée à M. Marcy).
« Lorsqu’on prend sur la même plaque une série de photographies représentant les attitudes successives d’un animal, on cherche naturellement à multiplier ces images pour connaître le ]dus grand nombre possible de |>hases du mouvement. Mais, quand la tran.slation de l’animal n’est [las rapide, la fréipience des images est bientôt limitée par leur siqierposilion et par la contusion ipii en résulte. Ainsi un homme qui court, même avec une vitesse modérée, peut être ])liotog'ra])hié dix fois par seconde, sans cpie les images se confondent. 8i, parfois, une jambe vient se peindre en un lieu où une autre jambe avait déjà laissé son empreinte, cette superposition n’altère point les images; les blancs deviennent seulement plus intenses aux endroits où la plaque a été deux fois impressionnée, de sorte ipie les contours des deux membres s(> disting'uent encore aisément. Mais, (piand l’homme marche lentement, les images |)résentent des suiierpositions si nombreuses qu’il en résulte une grande contusion.
DES EXEUCICES
4iJ
« C’est pour roniédior à cet iiicoiivénioiil (|ue j’ai eu recours à la photographie partielle, c’esl-à-dir(' (|ue j’ai supprimé certaines [larties de l’imaiiC' pour que le reste Fût jjlus Facile à, comprendi-(‘.
« Comme, dans la méthode (pu* j’emidoie, les objets blancs (d éclairés impressionnent seuls la [)la([ue sensible, il suFlit d’habiller de noir les jtarties du corps ({u’on veut retrancher de l’image. Si un homme revêtu d’un costume mi-paidi blanc et noir marche sur la [)iste en tournant du coté de l’appareil jdiotograpbicpie la parti(‘ blanche de son vêtement, la droite par exeni|)le, on le verra dans les imaij’es comme s’il était réduit à la moitié droite de son corps.
« Ces images |>ermettent de suivre dans leurs phases successives, d’une part le pivotement du membre intérieur autour du pied pen-
Fig. 3. — Cüur.sc de l'iiiiiume. attiiudos successives du momijro iulerieur gauche. — Fréquence des images : 60 par seconde environ (figure empruntée à M. Marey).
fiant le temps de l’appui, et d’autre [fart, jfendant celui du levé, l’oscillation de ce même membre iiutour de l’articulation coxo- Fémorale, en même teni|)S (pie cette articulation se transporte en avant d’une maniêi-e continue.
« Les idiotoiiraiibies paidielles sont utiles aussi dans l analyse des mouvements i-apides, parce (pi’elles |»eianettent de multiplier beaucoup le nombre des attitudes représentées. TouteFois, comme l’imafre d’un membi-e jirésentf' encort' une assez f>rande lariieur, on ne jieut multiplier beaucou|i ces |)botoi’rapbies ]iarlielles, sous [leinede les conFoudre par superposition, .l’ai (buic cherché à diminuer la larfreur des imapes, alin d(' les répéter à des intervalles extrêmement courts. Le moyeu consisb' à revêtir le mandieur d’un costume entièrement noir, sauf d’étroitf's bandes de métal brillant (pii, appli(juées le lonf>’ de la jambe, de la cuisse et du bras, siiinalent assez exactement l;i direction (b's ravons osseux de ces membres.
« Celte disposition permet de déciijiler aisément le nombre des images recueillies en un temps donné sur une même plaijue : ainsi, au lieu de dix photographies par seconde, on en peut prendre 100. Cour cela, on ne change pas la vitesse de rotalion du disque; mais, au lieu de le percer d’une seule fenêtre, on en fait dix semhlahles et également réjiarties sui‘ toute la circonféi-ence.
« La figures est faite d’après un des clichés projetés à la lanterne magique ; les lignes })onctuées ont été transformées en traits pleins. Cette ligure montre les phases successives d’un pas de course. Le memhre inférieur gauche y est seul représenté : des lignes pleines correspondent à la cuisse, à la jamhe et au pied; des [loints, aux articulations du pied, du genou et de la hanche.
« Cette ligure exprime déjà assez clairement les alternatives de llexion et d’extension de la jamhe sur la cuisse, les trajectoires onduleuses du jiied, du genou et de la hanche, et pourtant le nomhre des images n’excède pas 60 par seconde. Un disque ohtuj'ateur |)ercé de fenêtres plus nombreuses donnerait avec hien plus de j)erfeclion les déplacements iingulaires de la jamhe sur la cuisse et les trajectoires des trois articulations.
« Plus on donne de finesse aux lignes qui expriment la direction des memhres, plus on peut multiplier le nomhre des images; mais, dans le cas présent, il est plus que suffisant d’avoir soixante fois pai‘ seconde l’indication des déplacements du marcheur. » (Marey, Des foj'ces utiles dans la locomotion. Revue scientifique, 1884, p. ol5.)
Le deuxième procédé d’étude employé par M. Marey re[)Ose sur l’emploi d’un appareil enregistreur de la marche, Yodograqjhe.
M. Marey a fait établir à la station physiologique du parc des Princes une piste circulaire, parfaitement horizontale de 500 mètres de longueur. Le long de cette [liste règne une ligne télégraphicpie dont les poteaux, j)lantés à 50 mètres les uns des autres, portent tdiacun un levier horizontal Irès mobile qui roin[)t un instant le circuit quand le marcheur le déplace (tîg. 4).
A l’intéiâeur du laboratoire l’ap[)areil euregisireur ou odographe est en communication avec la ligne télégra|dnque (l’odographe est j-eprésenlé à gauche de la figure 4); un style trace uiu' ligne brisée sur le [)a])ier qui recouvre le cylindre tournant; chaque fois que le marcheur, en [lassant devant un des poteaux, rompt pour un instant le cil-cuit, le style inscripteur se dé[)lace, ce ijui [iroduit dans le tracé une inllexion à angle droit. Comme ces inllexions se réjiètent cluujiH'. fois (jue le marcheur a parcouru 50 mètres, il s’ensuit
DES EXERCICES
(lu'au Itout (l’un c('rlaiii Icmjis l’o(loiira|)lie doime un 1 rac(‘ en zigzagsur lequel on peut lire la vitesse de la marche (tlg-. ;i, ligne a). Les temps se mesurent sur l’axe des abscisses, les espaces parcourus (en
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mètres) sur I axe des ordonnées. Poui' (dn-upie point d(' la courbe on connaît d’après les intersections des lignes verticales et borizonlab's la durée de la marebe et l’espac.e parcouru. Le rapport de ces deux valeurs ex[»rime la vitesse. (Mauev, Ij(; mouvement, I8!ll, p. 128.)
"'*8 IIYüIÈNE MILITAIRE
On peul, tirer dos lii-nes droites lanf-eiites à tous les sommels des] angles d’un côté de la ligne I. risée «, les lignes o, ô, d... (fig-. 5) traduisent |)ar leur j)ente la vitesse des dillérentes' allures ; lorsque la vitesse est uniforme, ces tracés sont recliligues ; quand' elle est variable, ils sont intléchis.
Au centre de lapisledeSUU mètres est installé un limbreéleclri(]ue (|ui donne au marcheur la cadence (iO à 120 coups à la minute), on peut, par conséquent, suhstituer sur la courbe de Todographe, à la valeur du teni]»s écoulé, le nombi-e des [>as efléctués et en divisant pai ce nombie 1 espace ])arcouru, connaître la longueur moyenne du j)as.
De nombreuses expériences elTectuées dans des conditions très variées à l’aide de l’odographe ont conduit M. Marey aux conclusions suivantes :
Si 1 on part du rythme de 40 pas (doubles) à la minute jtour aller en augmentant, on constate (jue le kilomètre est parcouru en des tem[)s de plus en plus courts, tant que l’accélération n’atteint pas 7S pas (150 pas simples) par minute; au delà de celte fréipience, [)lus le Isthme s accéléré, [)lus il faut de temj)s pour parcourir un kilomètre; on remarque alors de la fatigue, le marcheur a une tendance instinctive à prendre le pas de course.
Les frères ’W eher avaient donné comme une règle générale (pie le pas s allonge quand le rythme s’accélère ; il résulte des rechei-ches de M. Mai-ey (pie cette loi n’est vraie qu’aulani (pie le rythim' ne dépasse pas 75 |ias à la mimil('; à |)arlii- d(> ce rythme, le pas (leA leni de plus en plus court et sa brièA'el(* fait jdus (pu' compi'iiser l’accélération, si bien (pie la vitesse diminue.
Loj-s(pi’on étudie à l’aide de Todographe la marche d’un homme au(|uel on fait porter des charges de plus en plus fortes, on constate que le pas se raccourcit à mesure(pron aug'menl(> la charge;
DIÎS KXERCICES
c’est là, au itoiiil de vue luililaire, un lait Irès impoidanl. (jui moiilia; la uéeessilé d’alléger le taulassiii si l’on veut (ju’il puisse exécuteirapidement de louiiues mai-clies.
Ij’iiilluence de la cdiaussure est éi^alemeiil mise (ui évidence par celte méthode; le pas se l’accourcit à mesure (pi’on donne plus de hauteur au lalon; la (diaussui’e du marcheur doit donc avoir un lalon has.
il V a aussi avantaiîe à avoii' des chaussures un peu loni>ues; le |)ied touche le sol par le lalon et le (juittc [lar la ])ointe, il y a un déroulement du [)ied sur le sol et la loufiueur de l’espace couvert par le |)ied s’ajoute à celle de renjamhée.
Lors(pi’on soumet un homme à des exercices graduellement croissanis, l’odfip’aphe montre (pie l’allure j^ajine en vitesse et (|ue le ralentissement dû à la faliiiue se |)roduit de }dus en plus lard.
Un autre procédé d’étude de la marche a été préconisé [lar Neua'ehauer (de Varsovie) et par Gilles de la Tourette; on élend à teri'e un rouleau du papiei' li'ris dont se servent les peintres ]iour tapisser les murs avant de collei’ le jiapier de tenture et on le lixe à ses deux extrémités; le marcheur dont la jdante des jiieds a élé enduite de ses(piioxvde de fei', est placé aune d('s exli’émités de celle pisie, les talons réunis, les deux pieds dans la position (ju’ils occupent pendant la station normale; Iors([u’il se met en marche, le papier conserve tes empiaunles de ses pieds et on jieut mesui’er, par exem|de, |a distance (pii sépare l’empreinte du jtied droit, de celle du pied uauclie. Les indications (pie ce procédé peut tournir sur la marche à l’étal pliysiolof;i(pie sont très limitées.
D’après Gilles de la d’oiirette la loniiiieur moyenne du pas jumr un homme l'aisant de (H) à 100 pas à la minule, est de 0 m. Odo; 1(‘ jias droit serait un peu plus loni^' (pie le pas gaiiclu', contrairement à ce (pi’avait dit Vierordt. 11 est certain (jue h's deux pas ne sont i»as égaux; (diacim sait (pi’il est très dit’licile de marcher en droite ligne (piaiid les yeux sont rermés (Gilles de la toeheïte, l'itudes clin, et physiol. siii‘ la marche).
Jja longueur du pas varie avec la taille; l’enjainhée est nalurellement [ilus grande cIk'z un homme (pii a. do longues jamhes, (pie chez un homme (pii en a de courti's; le pas de 0 m. Odo est celui d’un homme d(> taille moyenne; le jias r(''gh'menlairc de 0 m. 75 paraît donc trop grand pour nos rantassins dont la taille (\st en moyeniK^ de 1 m. Ou.
13. liéglempjilalion des marches dans les armées. — Une sage progression est indispensahie dans les exercices et notamment dans les
Laveiian, llyg. milit. 4
marchos. Tous les règ'lemenLs militairesinsislcuil avee raison sur ce point.
Les marches se fonld’ahord sur les routes, |uiis eu terrain varié.
La durée des marches militaires est réglée en France de manière à faire parcourir au soldat 16 kilomètres au déhiit et .30 kilomèlriLs au moment des exercices d’application.
Des individus isolés ou par petits groupes jieuvent accomplir des marches beaucoup plus rapides. Des Sociétés de gymnastique ont fait en un jour 70 ou 80 kilomètres. Des officiers italiens (École de Modène) ont fait plus de 100 kilomètres en un jour (Astegiano, cité par Daily, loc. cil.).
Des troupes en colonne, des siddats chargés, ne peuvent pas faire de ces tours de force.
Le général Lewal considère qu’une marche continue de 20 kilomètres par jour, avec 20 kilogrammes de charge, est un résultat très désirable en campagne. (La réforme de l’armée, Paris, 1871.)
Fn France, dans les marches militaires, la cadence, qui doit être au départ de 120 pas à la minute, est progressivement augmentée de façon à faire 125 à 135 pas à la minute (|ias accéléré). La longueur du pas est de 75 centimètres; on re|»rend la cadence de 120 pas à la minute au retour, pendant la dernière demi-heure de marche, afin d’éviter que les hommes rentrent à la caserne trop échautles ‘.
Le pas de route n’est pas cadencé, mais il se rapproche du jias accéléré; le kilomètre doit être parcouru en 11 ou 12 minutes. Dans les colonnes comjiosées de troupes de différentes armes, c'est l’infanterie qui l'ègle la marche; la vitesse moyenne est de 4 kilomètres à l’heure, halte horaire comprise. C’est sur cette vitesse ({u’est basé le calcul du temps nécessaire à récoulement des imités. Le bataillon qui représente une longueur de 450 mètres s’écoule en 5' 30", le régiment (1400 mètres) en 17', la brigade (2800 mètres) en 35', la division (5600 mètres) en 2 h. 20', le corjis d’armée (27 900 mètres) en 7 heures.
Le pas de charge est au rylhme de 140 pas à la minute. On voit que la pratique a conduit à adopter pour l’allure la plus rapide le rvthme que les recherches de M. Marey ont démontré être le meilleur. Lorsqu’on accélère ce rylhme et qu’on veut faire plus de 150 pas à la minute, la vitesse diminue et le marcheur se fatigue plus (|ue s’il prenait le pas gymnastiipie.
I. Règlemenl. du 20 oclolire 1890 sur le, service inlérieur (infanterie), jiaragr. 269, et Règlemenl du 28 mai 1895 sur le service des armées en campagne.
DES EXERCICES
1j(' pas <>N-miiasti(|ue osl au rylluiic de 170 pas à la iniiuile, la loiijl'ueur du pas esl do 0 lu. 80.
Dans rarmoo alloniande la lonf;uour du pas accéléi-o a élé lixéc* à 80 couliiuètres et son rythme à 114 ou 110 pas à la, minute; h' rvthme du |ias de chariie est de 120 pas à la minute et celui du pas de course de lOo à 170 avec un mètre de lonfiueur (Hèglement allemand j)0ur les manœuvres d’infanterie). Dans les marches, le temps fort de la musique, manjué |)ar la batterie, correspond toujours au poser du pied gauche {Spectateur mil il. et Arcli. de méd. milit., 1887, p. 103).
La longueur du pas accéléré dans l’année russe est de 71 centimètres; dans les armées autrichienne, helge, suisse et suédoise, elle esl comme en France de 73 centimètres h
Les mai'ches militaires sont interrompues par des haltes qui oui lieu dans l’infanterie française toutes les cinquante minules et (|ui durent dix minutes.
Lorsqu’une IroujK' [)arcourt une j’oute accidentée, les haltes doivent être plus fréquentes; dans les montées un peu fortes il esl nécessaire de faire des haltes toutes les viugt-cinq inimités; il faut aussi diminuer l’allure.
Pour les haltes on doit choisir aulant (jue possible un endroil (|ui ne soit ni Iroi» chaud, ni trop frais, abrité contre le vent si celui-ci souflle avec force, ombreux si l’on est en été.
Outre les haltes de 30 en 30 minutes, on fait aux deux tiers du chemin une grand’halte dans un lieu habité. Pendant cette halte qui dure une heure, les hommes prennent leur rejias du malin.
Nous avons vu plus haut que la marche était très fatigante* lorsque le marcheur devait s’arrêter sans cesse pour repartir ensuite; lorsque, en un mot, il y avait des à-coups dans les colonnes. II importe donc que les marches soient réglées avec beaucoup de soin, surtout lors(|u’il s’agil de longues colonnes de troupes (divisions, coi-ps d’armée (*n marche); chaiiue troiqie doit arriver en temps voulu au [>oint initial de manière à prendre sa place dans la coloniu* à l’heure fixée, avec une exaclitude mathémati(|ue (Généuae Lewal, op. cit.).
Pendant la marche et pendant la course il faut inspirer l’air par le nez et 1 ex]>irei- par le nez ou par la bouche; lorsqu’on inspiri* par la bouche, l’air ne peut pas se réchautlér aussi bien qu’en Ira-
1. Le soldat, russe ])arcourt TJ m. a 82 ni. îi à la minute, l'aulrichieu 8;> m. 5, le français et IMtalieu 90 mètres, l’allemand 91 m. 2.
versant les fosses nasales; en hiver il arrive lmp froid dans les hronclies, en été l’air sec et chaud dessèche la inu(|uensc huccale, d’où une. sensation de soif très vive (jui auf^mente la fatiiiue
H est à désirer que le soldat marche sans |)arler, sans chauler; l’homme (|ui parle ou (jui chante en marchant est conduit à inspirer par la bouche, et il fait des elTorls (]ui hâtent l’ap])arition de l’essouflïenient et de la falig-ue; les hommes (|ui sont astreints a des marches longues et [lénihles, ])rincipalement dans les montagnes, sont presque toujours des silencieux, l’expéidence leur a a])j)ris à ménager leuivs forces respiratoires.
On a soutenu que le soldat marchait mieux quand on le laissait chanter; un chant bien cadencé peut certainement faciliter la marche en môme temps (ju’il distrait le soldat; le chant agit alors comme la musique dont les effets ne sont pas contestables. Lor.s- ([u’à la lin d’une étape pénible la musique du régiment se met à jouer une marche, chacun retrouve des jambes, la sensation de fatigue diminue tout à coup. Dans l’armée russe il y a dans certains régiments, des groupes de chanteurs qui pendant les routes chantent des chœurs; ces chanteurs existent surtout dans les régiments de cosaques, et le chant n’a [)as les mêmes inconvénients pour le cavalier (jue [)Our le fantassin. Cette coutume s’expli(|ue d’ailleurs dans l’armée russe par la nécessité de distraire le soldat pendant de longues et monotones étapes à travers les steppes.
A moins de nécessité absolue les troupes ne doivent pas se mettre en marche avant le jour. Si les hommes sont cantonnés, ils ont heaucoiqi de peine à se lever et à s’habiller dans l’obscurité; d’autre part, les marches de nuit sont très fatigantes pour les motifs déjà donnés. Il est |)rohahle cei)endant (pie les marches de nuit auront dans les guerres futures un ïaMe beaucoup plus considérable (|ue par le ])assé, et on est obligé d’y exercer le soldat. (A. Cue- VALME , La guerre de nuit et les manœuvres de nuit. Paris, I89o.)
Lors(pie les mai-ches doiveut être exécutées par des temps chauds ou [)aj- des l.em|)S ti'ès froids, il est nécessaire de prendre des précautions spéciales sur les(pielles nous insisterons à propos des accidents [iroduits parla chaleur ou ]>ar le froid.
Les accidents locaux consécutifs à la marche et les accidents généraux observés pendant, les marches ont une si grande impor-
I. Il faut (lue les fosses nasales soienL bien perméables à l’air; toutes les alTec- Lions qui (léterminenl une sténo.se marciuée de ees cavités doivent entraîner l’exemption duserviee militaire. (Gi.AOUii, Iles défectuosités de la res|)iration nasale chez le soldat. Arch. de méd. milil., 1895, t. .KXVl, p. 3(i.)
DES EXERCICES
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lance (Ml liviiicMK^ niililaire (|iie nous devrons leur (ainsacrer un cluipiire s|H'cial (Ch. in).
C. Gumuastiqite. — Les exercices pymnastifjnes anx(|uels h* soldat est astreint se divisent en fn/mïiastiqve r!' assonpl iasemenl et f/ymtiasliqice appUq née.
La i>'vmnasti(|iie d’assoujdissement fait |)artie de l’école du soldai, elle est dirigée dans rinfanlerie par les commandants de conijiagnie, c’est par elle (pie débute rinstruclion du soldat, et son nom expli(pie bien son but.
Elle a lieu d’abord sans armes. Le soldat exécute des mouvements rvtbmés des bras et des Jambes, des llexions du tronc, etc.; il apprend à courir au pas gymnasliipie, à exécuter des sauts en largeur ou en bauteur, d’abord sans armes, puis avec armes, et entîn avec armes et bagages; on a soin de n’an-ivei' (pie progressivement il faire exécuter ces exercices avec la charge laiglementaire.
Ijii gymnasti(pie aji|di(]uée est enseignée autant (pie possible jiar des ofliciei‘s on des sous-ofliciers ayant suivi les cours de l’Ecole de .loinville, elle com|)rend les exercices aux ap[)areils ; barre à susjiension, échelle horizontale, porli(pie, perches, cordes, anneau.x, tra|)èze. Ces exercices doivent être ju'ogressifs, peu pi'olongés, coupés par des intervalles de l’epos. (Manuel de gymnasti(]ue, ap[)ronvé par le Ministre de la guerre.)
Lors(pie les exercices gymnasli(pies sont fréquents et prolongés comme ils le sont à l’Ecole de Joinville et au régimentdes sajieurspom[tiers de Paris, il faut munir les hommes d’une large ceinture (]ui soutient les viscères abdominaux et (pii renforce les muscles de la p.ai'oi abdominale pendant l’ellort. Les hommes ipii doivent exécuter de longs trajets au jais gymnasti(jue sont exjiosés aux points fie côté (jui paraissent dus aux secousses (pie les viscères abdominaux subissent, pendant la course et aux tiraillements (pii s ensuivent. En soutenant les viscères avec la ceinture de gymnastupie on remédie en partie à cet incoiivénienl. Pendant les exercices gymnasti(pies le cou et la cage tboraci(pie doivent être libres de toute constriclion.
Lors(pi un jeune soldat suit diflicilement ses camarades au jias gymnasti(pie, il doit être signalé à l’altenlion du médecin (pii l’examinera surlout au point df> vue du fonctionnement du cœur.
A[)rès les exercices violenis, lors(pie le coiqis est en sueur, les refi'oidissemenls sont à craindia'; on veillera à ce (pie les bommes ne restent |ias dans des courants d’air et à ce qu’ils ne se découvrent (las brusipiemenl.
Le terrain du gymnase doit être bien pi’éparé alin (|iie les (dmles soient aussi peu dangereuses que possible; sous rhaipie ap|)areil on mettra une couche épaisse de sable ([ui sera remuée à (duKjue séance.
Les soldats qui présentent des hernies ou des })oinles de beiaiies doivent être dispensés des exercices gymnastiques.
D. Equüation h — Comme la marche ré({uitatiou met en jeu un grand nombre de muscles surtout chez le cavalier novice, d’ailleurs le cavalier, comme le fantassin, fait de la gymnasli(]ue, et d(‘ [)lus on l’exerce souvent à la gymnasti([ue s[)éciale au cavalicnqui porte le nom de voliirje. Dans l’armée le dévelop[)ement du cavalier sous riutluence des exercices paraît ne le céder en rien à celui du fantassin, mais il est à remar({uei’ que presque toutes les recherches [)récises faites sur l’iulluence des exercices ont i>orté sur des soldats d’infanterie; il serait intéressant de faire des rechei’ches comparatives sur un certain nombre d’hommes [>i‘is, pour une part dans la cavalerie, [)our l’autre dans rinfanteiâe.
Comme le fait remanjuer Arnould {o'p. cil., p. 1100), le travail au manège est moins saluhre que l’équitation en |)lein air; le sol des manèges recouvert de sable, de scim-e de bois, de co[»eaux d(' liège, est souillé rapidement j)ar l’urine et la tiente des chevaux, et l’atmosphère poussiéreuse et chargée de microbes constitue un milieu assez malsain ; les manèges doivent êtj'e parfaitement ventilés.
On a accusé ré({uitation de produire l’obésité, l’atrophie des te.sticules, les varices et le varicocèle.
M. Mo radie fait observer ai^ec raison (lue dans les régiments d(' cavalerie les officiers qui présentent des signes d’obésité sont juste- . ment ceux qui montent le moins à cheval. L’action atro[)hiantc sur les testicules n’est pas mieux établie.
Sistach a cité des chitrres qui tendent à démonti'er ([ue l’équitation [)rédis|)ose aux varices, mais cette oitiniou n’a |>as été conürmée.
L’accusation de prédis[)osei‘ aux hernies ])araît mieux méritée, le cavaliei’ est obligé de faire souvent de brusques efforts pour maîtriser son cheval et on conçoit (jue, pendant, ces ell’orts, d('s hernies puissent se produire.
Le cavalier est très sujet, lors(pi’il fait scs classes, aux excoria-
I. A. Piort, Préccplos (Pliygicne relalifs aux lroii|ies achevai. 111. île Slrasl)ourg, 1SJ08. — ÜAUDEXS, Consiilér. il’hygicnc i-elalives aux corps do cavalerie, lli. de Monliiellier, 1826. — Leuiiet, Hygiène de la cavalerie légère, Hi. de Paris, 1831. — ItiDKii, Élude inéd. sur l’éc|uUation, anal, par Sislach, in Hec. mém. méd. milil.. 1871. — Dauvè, Essai sur l’eclhyina dans l’année et spécialemenl dans la cavalerie. Rec. mém. méd. milil., 1870. — AnNouu), Uemai'iiues sur l’étiologie des furoncles cl de l’cclhyina dans la cavalerie. Itec. mém. méd. milil., 1877. — Boinet el Uepéhet, Eclliyma des cavaliers, .Irc/i. de méd. milil., 1886, l. Vil, |i. léO.
DES EXERCICES
lions (jui se produisent au niveau du sacj-uin, aux Fesses el, à la partie inteiaie des i^enoux, c’est-à-dire sur tous les jioints (pii sont soumis aux frottements les |)lus Forts et les plus r('.pét(is; ces excoj'iations sont d’ailleurs heaucoup moins importantes au point de vue du sei'vice <|ue celles des pieds chez le fantassin; il est i-are (pi’elles soient assez étendues pour empêcher l’exercice du chevnl; les réii'iments de cavalerie ont heaucoup moins d’indisponibles en campaiiiie et aux manunivi-es, par suite d’excoriations, (jue les l'éiiiments d’inl'anteiâe.
Pour prévenir ces excoriations dans la mesure du possible, le cavalier doit se iiraisser les fesses avec du suif ou de la vaseline, de même que le fantassin doit se i^raisser les pieds.
Les furoncles, l’ecthyma sont très communs chez les cavaliers, et ils [irennent ([uelquefois dans les régiments de cavalerie un développement épidémique. Les frottements [iroduits jiar la selle, par les plis des jianlalons, irritent la peau des membres inférieurs et. facilitent la |)roduction des furoncles. Les pantalons basanés de cuir jus(ju’à la partie supérieure prédisposaient beaucoup à ces accidents, ils ont été heureusement stqiprimés dans l’armée française.
Lorsqu’un furoncle s’est produit, le pus souille les caleçons, les di'aps, et les microbes vont s’inoculer sur d’autres points; il en est de même pour les pustules d’ecthyma. Des dra])s, des objets de literie mal désinfectés, des serviettes servant en commun jteuvent propager ces atfections.
IjCs adducteurs des cuisses (jui mériteraient, suivant la remar(|ue du iP Astegiano, le nom Ac muscles des cavaliers sont souvent le si('*ge de lésions plus ou moins graves, à la suite des efforts (|ue doit faire sans cesse le cavalier |)our serrer sa monture entre ses jambes.
Ces muscles sont fré(piemment le siège de douleurs ou de rw^avec hémorragies plus ou moins abondantes {hémalomes) -, la hernie musculaire des adducteurs est assez commune chez les cavaliers, enfin on observe frécpiemment des ostéomes; tantôt il s agit d exostoses au niveau de l’insertion des adducteurs sui‘ le bassin ou sur le fémur, tantôt de tumeurs osseuses libres dans I iidérieur des muscles. Itillrotb a, donné à ces productions le nom de Reiterknocheu (os des (aivaliers) '. Astegiano décrit encore pai’ini
1. (Riez le fantassin, sons l’inllnencc du maniement iln fusil, on otiserve (|nelc[uefois la formation d’ostéomes dans le deltoïde on dans le brachial antérieur (Jî.reriishnochen). Masse dit avoir observé ces ostéomes en .Vllemagne 18 fois sur 6Ü8 recrues, ce qui nous paraît une iiroportion tout à fait anormale.
les accidents (jue peut, produire réquitation ; riiéinatocèle eidvvsléi' du cordon, l’orchite |)ar effort, la périorchiti' ou vajiinalito séreuse, la névrale:ie du cordon, mais ce sont là des accidents très rares. (Astegiano, Arch. deméd. müil., 188(), t. VIII, p. 477 et Journal italien de méd. milil., 1893, p. 14.)
K. Escrime — 1/escrime ne fait plus [>artie des exercices auxquels le soldat français est astreint; elle n’est [las indispensahh' d’ailleurs |)our assurer le déYelop[ieinent de la poitrine. Nous avons déjà eu l’occasion de dire ([ue les exercices les meilleurs à ce point de vue sont ceux (jui, comme la course, mellent en action la plu[)art des muscles et qui, donnant lieu facilement à l’essouftlement, nécessitent une ampliation com[)lète des [tournons.
Les [lersonnes qui se livrent journellement à la pralitjuc de l’escrinie sont exposées à une série de déformations t[ui jteuvent se résumer ainsi (ju’il suit :
1“ Développement exagéré du coté (jui manie liahitueriement le tleuret, c’est-à-dire d’ordinaire du côté droit (liyperli'opliie des muscles du liras droit et île la cuisse droite donnant lieu à une asymétrie du corps).
2° Scoliose, dont la concavité correspond au liras qui manie d’hahitude le tleuret; du môme côté ahaissement de l’éjiaulc et ajdatissement de la paroi thoj’aci([ue avec voussure du côté opposé. Comme le fait remar([uer Lagrange [op. cil., p. 293), c’est donc une erreur de croire que l’escrime [leut servir à redi’esser une scoliose commençante en relevant l’épaule du côté du bras qui tient le tleuret, c’est le contraire qui serait vrai. Chez l’homme i[ui fait de l’escrime l’é[iaule correspondant au liras ([ui tient le tleuret n’est plus élevée que l’autre que lorsque le tireur se fend à fond, comme on peut s’en rendre compte en examinant la ligure 6 qui représente, d’après M. Marey, les dillérentes positions du corjis chez un homme qui donne un coiq) d’é[iée.
Pour éviter ces déformations il est indisjiensahle de faire de l’escrime alternai ivemeid, avec le lii’as droit et avec le bras gauche ([uand on se livre très fi-é(|uemment à cet exercice.
3° Chez les individus (pii manient journellement le tleuret on observe ([uelquefois des noilosités sur le trajet des tendons
I. LAonANGE, Rôle |>liysiolof,'iilne el, Lliôrup. île l’escrime in Revue scientif., 1880, |i. 2o4. — Du mi'me, Pliysiol. des exercices du corps. Paris, I88U. — Lecomte, L’escrime au point de vue médical, tli. de Paris, I89o. — Bien entendu il s’agit seulement ici de l’escrime qui se l'ait ii la salle d’armes avec des Henrets, le cavalier fait de l’escrime au sabre et le fanlassin de l’escrime à la lia'ionnette.
DES EXERCICES
flccliissciirs dos (loii>ls, nodosilds <|ui |)oiivonl. domior lion à, l;i dôl'orinalion ooiimio sous le nom do doi^^ls à rossorls (d, dos rdtraclioiis ponnaiionlos dos doigis (Astegiano, Ard). de méd. mdif., I88<;, (. VIII, p. ^"8).
Pour dvilor los hlossuros par lo llourel, (pii sonl malliourousoluoiit conmiuiios dans los salles (rariiios, M. le 1)'' Mai’esclial a reooinman(k( les juaMuiulioiis suivantes ;
Le iuas([uo ne doit pas |>résoutor une surl’ace arrondie, mais la
Eig. ü. — Un coiq) (l'épéü (Marcy, Lo mouvement, lig.
forme e>i carène, avec un anjjle de lo à 20 doinavs. Dans ces conditions, il y ;i plus do (diancos pour (pio roxtrémih' du lU'uiad, n arrivo jamais porpoiidiculairomont sur 1(‘ mastpie ot pour (prolle puisso ^'lissor |)ar la lanf>'oul('.
L(“S maillos du firillafit' du mastpio lU' (loivtml pas avoir |dus do Irois millim(‘lros. Los (ils d(' 1er doivt'iil se croiser à ani>lo droit (d, (dr(‘ soudes à (diaipio point d’inh'rseidion.
Le liouton du llourtd doit loujoui’s avoir cim| milliim'di'os do dianu'dro au moins; on a conslal('“ mainO's fois (pi’il n’avait (pie Irois millinK'dres, soi! à l’idal lUMif, .soil à la suilo d’usun'.
Il taul s assurer souvtMit (pie ces olijels : masipios, llt'iirels l»outonnes, sont en lion ('dal. ( I lyf>i('MHt do rescrime. Revue (/chiéralp de clvi. et de Ihèrap., 18 juillol 181H.)
F. — La nalalion csl, un exercice excellent, ('I li'ès utile; riioinine (]ui luiy'e fait, Fonctionner tous ses muscles, de jtlus l’eau Froide aune action toni(|ue inaniFeste, le bien-être (|u’on épi'ouve en été après avoir [>ris un bain Froid est indiscutable ; les accidents aux- (juels est exposé rhomiue qui apprend à na^er seront étudiés à [)ropos des bains Froids (Cb. iv).
G. — La boxe française (jui, contrairement à la boxe anglaise, enseigne le coup de ])ied aussi bien que le cou|) de poing est un très bon exercice; on exerce aussi bien la partie gauche du corps que la partie droite et la plupart des muscles des membres et du tronc iloivent entrer' successivement en action (Lagrange, o/j. cil., p. 302).
La pi'0[)bylaxie des accidents du tir à la cible dépend du commandement et nous n'avons [»as à nous en occuper' ici. Nous rappellerons seulement (ju’au tir' à la cible les mai'rjucurs sont exposés à l'ecevoir des éclats de pr'ojectiles (|ui peuvent entraîner des accidents graves s’ils atteignent les yeux; aussi, les marqueurs doivent-ils être munis de lunettes spéciales, réglementaires, analogues à celles des tailleurs de pierr'e.