SIPHONS HYDRAULIQUES
Iraversc la colonne liquide; le siphon forcé. Si, au contraire, nous exerçons une légère aspiration avec la poire en caoutchouc, l’eau se préciiiite dans la hranche A, le siphon se vide et no fonctionne plus. De môme si nous [ilaçons uu entonnoir en C et si nous versons hrusquement de l’eau pour imiter ce qui se passe dans une canalisation munie de réservoirs de chasse, nous constatons qu’il V a aspiration de l’eau, siphonnage , [lar la hranche A.
Enlevons maintenant le bouchon qui fermait le tube d, le siphon
se trouve ventilé, comme ou dit; l’air atmosphérique exerce la môme pression dans les deux branches, (d nous pouvons dès lors insufllei' d(î l’air dans la hranche A sans que le niveau de l’eau subisse de gramles modifications; nous |)ouvons également verseï’ hrusquement de l’eau jiar la hranche C sans qu’il y ait siphonnage.
Les recherches de Latham, de Philhrick, d’Ilellyer ont démontré la nécessité de ventiler les sijihons, et dans toutes les maisons bien construites ce pi'incipe est aujourd’hui appliijué. La figure 1 1 I représente la coupe d’une habitation saluhi-e avec le système du tout à l’égout : on constate que des siphons ventilés existent dans les latrines {a, a), dans les cuisines (/>, h, éviers); an-dessous de la
foiil.aiiie siliice dans la (“,our c on voil un si[)hon; enfin un siphon (lisconncclour (/') se trouve à la fin de la, canalisation qui ahoutil à l’égout /r. Les tuyaux de ventilation des siphons vont s’ouvrir à la partie supérieure de la maison.
l..es g’az très solubles [leuvent se dissoudre dans l’eau qui se trouve dans les siphons et se dégager ensuite dans la branche supérieure et de là dans l’habitation, mais comme l’eau est souvent renouvelée, cet inconvénient est })eu à redouter. Quant aux microbes, ils sont arrêtés alors même que de l’air réussit à s’introduire. Tyndall a démontré qu’on pouvait priver l’air de tous les germes en suspension en le faisant passer lentement dans l’eau.
Lorsqu’on fait barboter les gaz d’un tuyau de chute dans de l’eau stérilisée, l’analyse bactériologique permet de constater la, présence d’un grand nombre de germes dans l’eau, mais après un premier passage dans l’eau, les gaz ne sont plus susceptibles en généi'al d’ensemencer des bouillons de culture (Carmichael).
Il est nécessaire qu’on [misse nettoyer les siphons, qui arrêtent souvent les objets de toute sorte entraînés par l’eau, et il faut que ce nettoyage soit facile, (ju’il puisse se faire sans qu’on ait besoin de démonter les siphons.
Dans les latrines les siphons ne jieuvent fonctionner que s’il ('xiste des réservoirs de chasse (Ch. xix, latrines); les chasses d’eau entraînent le papier, les matières fécales, qui sans cela s’accumub'raient dans les si[)bons et les obstrueraient.
Il existe un grand nombre de modèles de siphons; les petits siphons d’éviers, de lavabos, sont en général en plomb; les siphons de water-closets sont en grès ou en faïence; en grès aussi les siphons de cour et ceux qui terminent les canalisations de maisons. Autrefois on employait beaucou]» la fonte [lour les canalisations et pour les siphons; il se forme assez rapidement dans les tuyaux en fonte un enduit intérieur qui tend à les obstruer.
Certains modèles de si[)hons qui n’ont jias une plongée suffisante, ou dans lesquels l’eau s’évapore rapidement, doivent ètricondamnés; tels sont le sipbon dit en I), la bonde siphoïde et h* ■sijibon déversoir.
Le si[)hon en D, ainsi nommé [>arce (ju’il a la forme d’un 1) renversé, est représenté dans la figure 112; il est facile de voir sur la cou[ie B ([ue la [ilongée du tube / dans l’eau f|ui remjilit la partie inférieure du siphon est très faible; il suffit qu’une [letite quantité d’eau s’éva[)ore [lour que les gaz de 1 égout puis.seni pénétrer dans la maison; d’autre [lart ces siphons soni difficiles
SIPHONS IIYDRAULIQURS
à nettoyer, et quand on les ouvre on constate toujours (ju’ils sont très sales, en très mauvais état.
La bonde siphoïde en tonte est très souvent employée pour les éviers, pour les urinoirs et pour les cours; elle est représentée dans la figure lld. Une grille mobile ferme l’appareil à sa partie
Kifr. 113. — A. .Siphon à cloclio ou homlo siphoïde. li, Coupe de co siphon (d'après !.. Masson).
supérieure; à la face inféideure de cette grille est fixée une clocbe visible sur la coupe II) dont les liords s’enfoncent dans une rainure circulaire qui est remplie d’eau. La plongée est trop faillie, d’autant que l’eau s’évapore très facilement; de plus les corps étrangers (matières grasses, débris d’aliments, s’il s’agit d’un évier de cuisine ; graAuei’, feuilles d’arbi’cs, s’il s’agit d’un siphon de cour), obstruent facilement le siphon; on est obligé d’enlevi'r alors la grille supérieure, et le si|ibon n’existe plus.
IjC siphon déversoir itig. I 14) est placé souvent à l’extrémité des conduites de maison qui aboutissent aux égouts; la plongée est
insuffisante coinnie on le voit sur la cou[)e 11. De plus l’eau est exposée à l’évaporation sur une grande suiiace et son niveau s’abaisse rapidement, si elle n’est pas très souvent renouvelée.
Les siphons en plomb, en S ou en demi S, qui ont été construits par llellyer d’abord et ensuite [lar la maison Geneste et ller.scher, sont très bons; la figure 115 représente trois modèles de ces
AB c
l’ip. 115. — Sijihoiis (modèles Gonosto et Hcrsclior) en plomb, avec bouchons en cuivre permettant le nettoyage et l’aérage.
siphons, dont il est nécessaire de modifier la forme suivant que la conduite doit prendre, après le siphon, une direction verticale (A), oblique (B) ou horizontale (C).
11 ne suffit pas de prendre un tube de plomb et de le recourber en S pour avoir un bon siphon. Le rétrécissement qui se produit, dans ces conditions, au niveau des courbures aurait de grands inconvénients. Le diamètre du tube formant siphon doit être égal partout; MM. Geneste et Herscher ont même renflé un peu leurs siphons au niveau des courbures.
Les siphons rejirésentés fig. 115 ont chacun deux bouchons de cuivre faciles à visser et à dévisser; l’orifice inférieur sert à net-
toyer le siphon, à retirer les corps étrangers qui s’y sont introduits; l’orifice supérieur sert à ventiler le siphon.
La figure 116 représente un grand siplion en grès du type en
MIMIONS HYDHAULIQUES
usage dans les travaux do la ville de Paris, la |)longée est de 0 ni. 07.
On tlonne aux siphons de cour une ronne diHerenle (fig. 117); l’eau passe à travei's la grille mobile (|ui recouvre la cavité A et s’échapiic [>ar le tuyau B; lors<[ue le siphon est rcm|)li d’eau jus- ([u’à la ligne >i u l’éperon placé à l’emhouchure du tuyau B plonge
dans l’eau, et par suite les gaz de l’égout ne peuvent |)as s’introduire dans la cour de la maison.
I/eau de [)luie entraîne dans la cavité A beaucoup de gravier, de sable, des feuilles mortes, etc., ([ui s’y accumulent; il est donc nécessaii’e de vider souvent le siphon. Pour faciliter le nettoyage on construit des siphons garnis de paniers métalli({ues C avec poignée, ce qui permet d’extraire facilement les corps étrangers.
On trouvera plus loin (Ch. xix) des modèles de siphons pour water-closets.