CHAPITRE XIV
CASERNES
1. Historique. — II. Des casernes en France. Plans générau.x. — Types Vanban. — Type linéaire. — Types 1874 et 1889. — Casernes à petits pavillons séparés. Système Tollet. — 111. Des casernes à l’étranger. Les mêmes principes ont aujourd’hui prévalu partout pour la construction des casernes. — IV. Mobilier des chambres de casernes Lits et sommiers pour lits de troupe. — V. Locau.x accessoires. Cuisines et réfectoires. Infirmerie. Lavabos et bains. Buanderie et lavoirs. Locau.x disciplinaires. Cantines. Bibliothèque et salles de jeux. Ecuries et selleries. Fosses à fumiers. — VI. Nécessité d’organiser une étude méthodique des casernements au point de vue de l’hygiène.
I. Historique. — Le mot caserne vient du mot espagnol casernn ([ui signifie grande maison.
Les Romains avaient des casernes, on montre à Pompéi une grande maison qui servait de caserne; ils avaient surtout des camps très bien organisés dont il existe encore, notamment en Algérie, do nombreux vestiges (camp de Lambessa, etc.).
Les empereurs byzantins firent construire plusieurs grandes casernes; on voit encore à Sciitari un bâtiment remontant à cette époque qui pouvait servir au logement de plusieurs milliers d’bommes. (Boisseau, art. Casebxes, in Dict. encyclop. des sc. méd.)
Les Turcs avaient aussi des casernes; la caserne des Janissaires à Constantinople est célèbre.
En France, la création de casernes ne riunonte qu’au xyii® siècle; jusqu’alors l’armée jiermanente se réduisait à un très petit nombre d’bommes qui étaient logés dans les places fortes, dans les châteaux, dont ils avaient la garde. Lorsqu’on faisait la guerre, on réunissait l’armée au moment do l’entrée mi campagne et on la licenciait (]uand les hoslilités étaient terminées ou suspendues, comnu' c.ela avait lieu d’ordinaire pendant la mauvaise saison. Les troupes
CASERNES
qui se reiulaient aux armées étaient logées cliez l’habitant, ce qui constituait une lourde charge pour les villes qui se trouvaient sur les lignes ordinaires d’étapes.
Une ordonnance du 14 août 1623 prescrivit que, dans les localités (jui étaient le plus souvent occupées par des troupes de passage, des habitations, fournies par les bourgeois des provinces occupées, seraient spécialement affectées au logement des soldats.
L’augmentation de l’effectif de l’armée permanente etla difficulté de maintenir la discipline parmi des soldats disséminés, logés chez l’habitant ou dans de mauvaises hôtelleries, imposèrent comme une nécessité le casernement des troupes.
Une ordonnance du 17 mars 1683 signée do Louvois prescrivil le casernement, surtout pour les troupes d’infanterie; Vauhan traça un plan de caserne qui a été suivi [)endant longtemps.
La nécessité de construire des casernes est de nouveau affirmée par les ordonnances de 1716 et de 1719, j)Our « y loger le soldat plus commodément et le tenir dans une plus exacte discipline », dit l’ordonnance de 1716. Mais le trésor était é]»uisé, les casernes ne furent pas construites, et les Imurgeois durent continuer à loger les gens de guerre.
En 171.3, le duc de Coislin, évêque de i\Ietz, donna à la ville de Metz les fonds nécessaires à la construction d’une caserne, « pour soulager, disait l’acle de donation, les bourgeois du logement à demeure des gens de gueria;, (jui n’est pas sans danger pour les mœurs ». Cette caserne a porté le nom de caserne Coislin jns- ([u’en 1870.
Le roi Stanislas fit également don d’une caserne à la ville de Nancy (caserne Stanislas).
En 1745, d’Argenson fit consti’uire à Paris une caserne dans laquelle on logea une partie des gardes françaises.
Pendant la Révolution bon nombre de couvents furent transformés en casernes.
Au commencement de ce siècle le soldat était caserné partout, mais les casernes laissaient beaucoup à désii’er au point de vue de l’hygiène; les chambres étaient encombrées, les hommes avaient des lits communs, ils mangeaient dans îles gamelles communes; la inoilalité était considérable; de 1820 à 1826 le ebifiVe annuel des décès dans l’infanterie française s’éleva à 21 ou 22 jiour 1000 hommes d’effectif. (Renoiston de Cuaïeauneue, Essai sui‘ la mortalité dans l’infanterie française, yl»u. d'hijji . pnbL, 18.33, t. X. p. 239.)
Lavekan, Ilyg. milU.
HYGIENMî MILITAIRE
Les casernes étaient aussi insalubres à l’étranger qu’en France.
En 1855, un comité présidé par lord Monck fut formé pour étudier la question des casernes et des moyens de remédier à leur insalubrité. Une commission composée des docteurs Sutherland et Burrell et du capitaine du génie Galton publia en 1861 un remarquable rapport dans lequel toutes les questions intéressant l’hygiène du casernement étaient traitées avec beaucouj) de soin et de compétence; ce rapport, qui s’occupe de 243 casernes, fait éjioque dans l’histoire du casernement; nous aurons souvent l’occasion de le citer. (General Report of tbe commission appointed for improving the sanitary condition of Barracks and Ilospitals.)
Un supplément rédigé par le D’’ Sutherland et par le capitaine du génie Galton concerne les casernes des stations anglaises de la Méditerranée.
En 1864, un autre rapport sur les améliorations à apporter aux casernes et aux hôpitaux des Indes a été })ublié au nom d’une commission dont sir Richard Airey était le président.
Ces travaux furent le point de départ d’une réforme complète du casernement en Angleterre, et les progrès réalisés dans l’hygiène des casernes se traduisirent }iar une diminution rapide de la mortalité; le chiflre des décès, qui, avant 1855, atteignait n,5 sur 1000, n’était plus de 1871 à 1873, au camp d’Aldershot, (|ue de 4,7 pour 1000.
En France, les améliorations apportées successivement dans le casernement des troupes ont contribué beaucoup également à l’abaissement du chiffre de la mortalité, qui de 21 à 22 pour 1000 (chiffre donné par Benoiston de Chàteauneuf) est tombé à 19 pour 1000 (de 1842 à 1848, Boudin), à 16 pour 1000 (de 1846 à 1858, L. Laveran), à 13, à 10 et enfin à 6 pour 1000, chiffre des dernières statistiques.
Un important ra[)port contenant la description de 154 casernes, cam[)S permanents ou forts, a été jmblié en 1870 aux Etats-Unis.
Parmi les travaux relatifs à l’hygiène des casernements publiés dans ces dernières années, nous devons signaler sjiécialement ceux de M. Tollet; Iden (|ue le type de caserne préconisé par M. Tollet n’ait |)as été adojité, il n’en est pas moins certain que M. Tollet a bien mis en lumière les défauts des anciens casernements et (]uc plusieurs des principes dont il s’est fait le défenseur sont aujourd’hui définitivement admis.
Nous avons examiné dans le chapitre précédent les (juestions relaÜA'^es au choix de remplacement d’une casi'rne, à l’orientation
CASERNES
des bâtiments, aux matériaux de construction ; nous avons maintenant à décrire et à apprécier les dinérents plans qui ont été proposés pour les casernes.
Nous nous occuperons d’abord des casernes Françaises et nous passerons en revue les tyjies qui ont été successivement adoptés, nous étudierons ensuite d’une façon plus sommaire les types de casernes adoptés à l’étranger
11. Des casernes en France. — La plupart des casernes françaises se i-apportent à un des types suivants :
1" Type Yauban.
2“ Type Yauban modifié.
3“ Type linéaire.
4° Type 1874.
3“ Type 1889.
G° Pavillons séparés à un ou deux étages, système Tollet.
1. Type Vcmban. Les bâtiments, à plusieurs étages, sont disposés sur les (piatre côtés d’une cour cari'ée; aux quatre angles de grands escaliers de pierre donnent accès aux étages.
La figure 118 représente la caserne Saint-Martin (de Laon), construite en 1783 d’après le type Yauban.
Beaucoup de casernes de construction récente apjiartiennent encore à ce type : casernes du Prince Eugène, caserne Napoléon à Paris, etc.
L'aspect arcbitectural est très satisfaisant, la cour intérieure est commode poui- les exercices, et il est facile de communiquer d’un bâtiment à l’autre par les galeries qui existent du côté de la cour, ou jiar des corridors centraux; mais les inconvénients sont nombreux au [>oint de vue de l’iiygiène : la cour intérieure, entourée di; murs de tous les côtés, est humide, mal ventilée et mal insolée; deux <les bâtiments se trouvent nécessairement mal
1. ConsiiUer sur la (lueslion des casernes, outre les Traités généraux de Hajimond, Roth et Lex, Rarkes, Moraciik, et le Rapport de la Commission anglaise du casernement, les travaux qui suivent : Iîoisseau, Art. Casernes, in Diction, encyclop. des SC. nicd. — Marvaud, Etude sur les casernes et les camps permanents, Extrait des Ann. d'hyq. publ., Paris, 18T3. — Crillon, Etude sur le casern. de l’infanteri(' eti France et à l’étranger. Mémorial de l’officier du génie, 1874-1876. — .1. .\ronssoiin. Elude sur le casernement. Rec. mém. méd. milil., 1876, t. XXXIl, p. 262. — E. 'Prel.at. Rapport sur la réTorme du casernement en France, Soc. de méd. puht. et Revue d'kt/giéne, 1879, p. 297. — Tollet, Mémoire sur le casernement îles troupes, Paris, 1882. — Deüen, Das Krankentiaus und die Kaserne der Zukunfl, Munich, 1882. — Étude sur le casernement in BuUel. de la réunion des officiers, 1885. — E. et F. Putzeys, La construction des casernes, Liège, 1892.
soo
orientés; les locaux accessoires : infirmerie, cuisines, écuries, latrines se trouvent dans les mômes bâtiments (jue les chambres d’habitation, enfin tous les locaux sont dé[)endanls les uns des autres et lorsqu’une épidémie se déclare sur un point, elle fait le tour de la caserne.
Dans les casernes de cavalerie, les écuries étaient placées au rez-de-chaussée, ce ijui constituait une cause d’insalubiâté ; il n’y avait pas de sellerie, et les cavaliers devaient mettre les selles,
brides, etc., dans les cbaml)res, qui étaient impréiîTiées d’une odeur tl’écurie.
La pratique a'démontré que les casernes de ce ly[>e étaient malsaines, et que la fièvre typhoïde en particulier y était plus commune que dans les casernes des autres types (D.vuvé, Arcb. de méd. milit., 188''), t. Yl, p. G). Tous les liygiénistes ont condamné ce type de caserne, qui est aujourd’hui complètement abandonné.
2. Type Vauban modifié. — On a reconnu de bonne heure les inconvénients d’une cour intérieure, fermée sur les qualrejcôtés, et [)ar suite mal ventilée, liumide e( froide. Dans le type Yauba'n modifié on construisait des bâtiments sur les (juaire cùlé.sgde la cour intérieure, mais les bâtiments étaient sépai'és aux (|uatre angles, ce qui permettait â l’air de circuler dans la cour.
CASERNES
. Lii caserne Coislin, représentée dans la figui-e 110, appartient à ce type. De nomltrenx escaliers donnent accès aux étaf^es, ce qui a, entre autres avantages, celui de su|)])riincr la galerie longitudinale.
Une heureuse inodificalion du type Vauhan a été la suppression
Etage.
Fig. 119. — Caserne Coislin (type Vauban modifid). La partie supérieure de la figure donne le plan d'ensemble de la caserne ; au-dessous du plan d’cnsomblo so trouve le plan d'un étage d'un des bâtiments.
d’un des bâtiments construits sur les côtés de la cour intérieure ; si en outre on sépare les uns des autres les trois bâtiments restants, on arrive au tyjtc 1874, dont il sera question plus loin.
3. Type linéaire. — Afin d’éviter les inconvénients de la cour intérieure et la mauvaise orientation d’une jiartie des bâtiments, on a adopté pour la construction d’un certain nombre de casernes le type linéaire-, comme le nom l’indique, la caserne est sur une seule ligne; au bâtiment principal on ajoute seulement, eU général, de petites ailes en retour comme on le voit sur le |)lan ci-joint (fig. 120) de la caserne Saint-Denis à Courbevoie. La caserne Saint-Cbarles à Marseille a été construite également d’après ce jdan. En avant des bâtiments se trouve une grande cour fermée par une grille.
Le type linéaire |)laît aux arcbilectes, qui peuvent consiruire de belles façades, mais ces casernes monnmentales coûtent fort cher et présentent de graves inconvénients au [)oint de vue de l’by- KÎène; tous les services accessoires doivent trouver place dans le bâtiment principal; d(î plus, comme les escaliers sont peu nom-
breiix, on est obligé de ménager un couloir longiliulinal <(ui gène considéralilement la ventilation des chambres.
Les grandes casernes qui ont été construites sous le second Lmpire, d’après le type Vauban ou d’après le type linéaire, étaient souvent destinées à loger plusieurs régiments; on voulait avoir au centre des villes des forces suftisantes pour réprimer les émeutes ; la caserne Napoléon à Ibaris devait loger 2230 hommes; la caserne du Prince Eugène (Paris), d23S ; la caserne Saint-Charles à Marseille, 22S0; la caserne de la Part-Dieu, à Lyon, 50ÜU!
Agglomérer dans une môme caserne, comme à la Part-Dieu, quatre régiments de cavalerie, deux régiments d’infanterie et deux
Fifr. 120. — Caserne .Saint-Dcni.s à Courbevoie. A gaucho, plan du rez-de-chaussée; à droite, plan du premier étage.
batteries d’artillerie, c’est commettre, au point de vue de l’hygiène, une très grosse faute ; dans ces immenses casernes les épidémies se succèdent et se propagent avec la plus grande facilité.
La Commission anglaise des casernes a très bien montré dès 18G1 que les casernes étaient d’autant plus insalubres qu’elles renfermaient un plus grand nombre d’hommes, cl c’est un principe universellement admis aujourd’hui (pi’unc caserne doit contenir un régiment au maximum-.
Dans les anciennes casernes on faisait souvent des chambres qui pouvaient contenir de 40 à 50 lits. La [iratiiiue a démontré que ces grandes chambres sont mauvaises, difficiles à aérer; les lits qu’on est obligé de placer au milieu se trouvent dans de très mauvaises conditions; de jilus, dans ces grandes chambres, il est très difficile d’obtenir le silence nécessaire au sommeil; il y sans cesse des hommes qui rentrent ou (|ui sortent et cpii troublent le repos de leurs camarades. On admet aujourd’hui que
CASERNES
dans une chambre de caserne le nombre des lils ne doit pas dépasseï’ le cbilTre de 2i.
L’instruction complémenlaire dn règlemenl du 30 juin 185G sur le service du casernemenL a lixé à 12 mèli’es par fantassin et à li mètres par cavalier le cube d’air dans les chambres des casernes; nous reviendrons sur ce point lorsque nous étudierons la ventilation.
4. Tijpe 187-i. — La caserne du type 1874 pour un régiment d’infanterie se compose de trois bâtiments rectangulaires destinés chacun à un bataillon. Ces bâtiments sont disposés sur trois côtés
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Plan d'ensemble
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Etage
Kig. 121. — Caserne d'infanterie. Type-187-1 (France). Plan d'ensemble et plan d'un des étages.
de la cour de la caserne comme l’indique la figure 121 (plan d’ensemble). Les bâtiments a et b ont IS m. 80 de large et 65 m. de long; le bâtiment c a la même largeur que les autres, mais il mesure 80 m. de long.
IjOS latrines / et les cuisines e sont adossées au mur de clôture.
La cour est fermée sur la rue à l’aide d’une grille; des deux côtés de la porte d’entrée se trouvent de petits bâtiments (rf, d) où sont installés : le corps de garde, les locaux disciplinaires et le logement du caserniei'.
Sur le plan d’un des étages des bâtiments (lig. 121) on peut constiiter (pi’un grand progrès a été réalisé : on a supprimé les couloirs ou galeries, et les cbambres g, g, g... sont ventilées par des fenêtres op[)osées, ce (pii est indispensable [lour assurer la ventilation naturelle dans de bonnes conditions.
Le corridoi' central, mal éclairé cl mal ventilé, que l’on trouvait
HYGIÈNE MILITAIRK
dans beaucoup (rancieunes casenics, g-èuail beaucouj) la venüla- Lion des cliaml)rcs, t|ui u’avaieiit de fenèlres que d’uii côté. Les galeries longeant la façade intérieure sur lesquelles s’ouvraient les portes des chambres valaient mieux, mais présentaient aussi des inconvénients; lorsqu’on fermait les galeries en hiver, la ventilation des chambres ne se faisait jdus (jue d’un côté.
Grâce aux escaliers multiples (s, s, s... fig. 121), l’accès des chambres est facile; il n’y a pas d’encombrement dans les escaliers au moment des appels, et il n’est plus besoin de galerie, ni de corridor, puisque des paliers on accède directement dans les chambres.
La distribution générale des locaux est la suivante : au rez-dechaussée sont les ateliers, les bureaux, les lavabos, les bains et les salles d’instruction; le premier elle deuxième étages servent d’habitation à la troupe, le troisième étage, qui est mansarde, n’est utilisé qu’au moment de l’appel des réservistes.
Les chambres sont pour la plupart à 24 lits, de petites salles sont réservées aux sous-officiers.
Ce type de caserne, bien qu’il réalise un progrès sensiljle sur les types antérieurs, prête encore à la critique : le bâtiment du fond, lorsqu’il a la même élévation que les bâtiments latéraux, couvre trop ces derniers; de ])lus il est mal orienté si les deux autres le sont bien, ou inversement; des locaux accessoires, comme l’infirmerie et les bains-douches, qui devraient être isolés, se trouvent encore dans les bâtiments principaux; les lavabos installés au rez-de-chaussée sont trop éloignés des chambres; enfin on n’a pas prévu de réfectoires, et il est indispensable, comme nous l’avons déjà dit ([>. 162), et comme nous aurons à le répéter lorsque nous nous occuperons de la ventilation des chambres des casernes, que le soldat ne prenne jias ses repas dans la chambre où il couche.
5. Type 1889. — D’après la notice sur les casernements types pour les différentes armes, approuvée j)ar décision ministérielle du 4 décembre 1881), les règles suivantes ont été admises poui- la construction des bâtiments d’babitalion dans les casernes.
Les unités administralives sei-ont séparées, chacune d’elles ayant un escalier j)articulier.
Les hâtiments seront à deux étages, avec combles mansardés à destination exclusive des elTectifs évenluels. Ces combles seront plafonnés.
Le rez-de-chaussée sera surélevé de 0 m. 80 à 1 m. par ra|iport au sol de la cour.
CASERNES
hOf)
Los bâtiments seront orientés dans leur long-ueiir, autant que possible, suivant la direction nord-sud |)onr les pays fi-oids, estouesl pour les pays cbauds.
Dans le cas où l’on aurait j)articnlièrement à se ])récaulionner contre la chaleur, les façades tournées vers le sud seront munies, à chaque étage et au rez-de-chaussée, d’une galerie ou véranda, assez larg'e pour que les rayons solaires ne pénètrent pas dans les chambres.
Les cages d’escaliers monteront jusqu’à la toiture; des lantei**
Kig. 12-2. — Casernement pour trois bataillons d’infanterie (type 1889). — A, A, Logement pour deu.\ bataillons. — B, Logement pour un bataillon, section H. R. et P‘ — C, Cantines.
— I), Ateliers et magasins. — E, Ecurie. Sellerie. Magasin à fourrages. — b', Hangar aux voitures. — G, G, G, Cuisines. — H, H, H, Réfectoires. — i, Inlirnierie. — J, Magasin aux munitions. — K, K, Lavoirs. — S, S, Séchoirs. — L,L,L,L, Latrines. — U, U, U, U, Urinoirs. — M,M, Locaux disciplinaires. — N, N, Pavillons d'entrée. — O, Mess des sous-officiers. — P, Emplacement du gymnase. — Q, Tir réduit. — R, Emplacement pour hangar aux manœuvres. — 'r. Cour aux fumiers. — V, Salle de désinfection.
neaux avec châssis vitrés, en compléteront l’éclairage, tout en assurant la ventilation.
Quelle ([UC soit l’arme occupante le cube d’air, par homme, ne sera jamais inférieur à 17““. Les chambres seront pourvues d’un système de ventilation aussi [lerfectionné que possible.
La hauteur des chambres sera de 4 m. sous plafond.
Les sous-officiers rengagés auront une cliamhre individuelle, les autres seront logés par deux. Pour les sous-officiers mariés, dont la jdujtart logent en ville, on se contentera de réserver ([uatre logements dans les casernements [lour un régiment d’infanterie, de cavalerie ou d’artillerie. Ces derniers logements ne seront
jamais établis dans les bâtiments alïectés aux hommes; ils comprendront (diacun deux pièces.
Des locaux spéciaux en dehors des bâliinents d’habitation onl été prévus pour les cantines, les réfectoires, l’infirmei-ie, les latrines, les locaux disciplinaires, etc.
Tl suffit de jeter les yeux sur les plans ci-joints et sur les légendes qui les accompagnent pour se rendre compte des progrès réalisés par le type 1889.
La figure 122 représente le |ilan d’ensemble d’une caserne des-
Fig. 123. — Casernement pour un régiment de cavalerie (type 1889). — A, Bâtiment pour un escadron, P‘ É‘-M' et s. H. R. — B, B, Bâtiments pour deux escadrons. — C,C,C,C,C, Écuries pour un escadron. — D, Cantines. — E, Manège type 1888. — F, Hangar aux voitures. — G, G, G, Cuisines. — H, Infirmerie vétérinaire. — J, Infirmerie régimentaire. — J, Mess des sous-officiers. — K, Cour aux fumiers. — M, Carrière. — L,L,L,L, Latrines. — N, Tir réduit.
— O, Munitions. — P, P, P, P, P, Fourrages. — Q,Q, Locaux disciplinaires. — R, R, Pavillons d’ontrôo. — S, S, S, S, S, Selleries. — T, T, Lavoirs. — U, U, Séchoirs. — V,V, Piste cavalière.
— X,X, Ronds de voltige.
tinée à trois bataillons d’infanterie et la figure 123 le plan d’ensemble d’un casernement destiné à un régiment de cavalerie.
Les bâtiments principaux sont semblables à ceux du iÿpe 1871, mais ils ne renferment plus que les locaux deslinés à l’habitation, et le cube d’air a été sensiblement augmenté dans les chambres (17‘"'‘‘ au lieu de 12 à 14), les réfectoires sont prévus et bien placés près des cuisines.
CASERNES
La notice prévoit, pour les ])ays chauds, la construction de paieries couvertes })Our j)rotéger les hàtiinenls contre l’ardenr du soleil; cotte disposition est en eflet excellente, elle a été adoptée depuis longtemps pour les casernes des Indes et dans le sud dos Ltats-Unis; grâce aux vérandas, les hommes ont dans loui-s chambres de l’omhre et de la fraîcheur pendant le jour, et. le soir ils peuvent respirer l’air sans sortir de la caserne.
6. Casernes à fel ils pavillons séparés. Si/stèïjie Tollet. — M. Tollel a montré tous les inconvénients des grandes casernes monumentales dont nous avons parlé plus haut, et aux(|uelles nous n’avons pas ménagé les critiques, et il a proj)osé de leur substituer de petits
Fig. 121. — Coupe d’un pavillon Tollet à double paroi.
pavillons sans étages, surélevés au-dessus du sol, construits en fer et en briques, dans lesquels le plafond des constructions ordinaires est remplacé par une voûte ogivale deslinée à faciliter la ventilation naturelle.
Les avantages hygiéniipies de ces dispositions sont éviilents : les pavillons sont construits en matériaux im]mlrescihles et incombustibles; ils sont bien isolés du sol; la forme ogivale comparée aux formes polygonales, aux formes ordinaires on à plein cintre, est celle qui donne le minimum de surface d’infection pour le cube d’air maximum; enfin, et c’est là son principal avantage, la forme ogivale supprime dans les chambres les points morts et elle facilite beaucoup la venlilation naturelle; les ouvertures situées à la ])arlie supérieure de l’ogive (fig. l!2i) permettent à 1 air chaud et Aucié [lar la res[)iration de s’échapper au dehors. Lorsque nous étudierons la ventilation des chambres de casernes
(Ch. xviii) nous aurons à revenir sur ce point et nous verrons combien il est important d’utiliser pour la ventilation, comme on le fait dans les pavillons Tollet, le mouvement normal de l’air dans les chambres habitées.
Dans le système Tollet primitif (caserne de Bourges), chaque [lavillon avait 40 m. de long sur G m. 30 do largo et G m. de haut, depuis le sol jusqu’au sommet de l’ogive. Les parois étaient formées de fers à. nervures et de deux rangées de briques, l’une à l’intérieur en briques creuses, l’autre à l’extérieur en briques pleines. L’épaisseur des parois n’était que de 0 m. 20. Le plancher en ciment de Portland était surélevé à 0 m. 79 audessus du sol qui était recouvert d’une couche de béton. Chaque pavillon était divisé en deux chambres jiour les soldats avec deux cabinets pour sous-officiers; dans le vestibule se trouvaient les lavabos.
Depuis que la caserne de Bourges a été construite, M. Tollet a apporté plusieurs modifications à ses pavillons ; dans les derniers types les deux parois sont constituées par deux murs, l’un extérieur de 0 m. 22 d’épaisseur, l’autre intérieur de 0 m. 08 d’épai.sseur, avec un intervalle de 0 m. 15 rempli d’air. L’air étant trois fois moins bon conducteur du calorique que les matériaux de construction les plus denses, ce matelas d’air de 0 m. 15 représente comme isolateur un mur de 0 m. 45, qui avec les 0 m. 30 de murs réels doit donner, d’après M. Tollet, les mêmes résultats qu’un mur de 0 m. 75 d’épaisseur.
La voûte ogivale est garnie de briques creuses recouvertes d’une chappe en chaux hydraulique et la toiture est éloignée de 0 m. 45 à 1 m. de cette chappe, ce qui forme un épais matelas d’air protégeant très bien le pavillon à sa partie supérieure contre la chaleur et le froid.
Les anciens jiavillons Tollet avaient été trouvés froids en hiver et chauds en été; grâce aux dispositions nouvelles, on peut dire que ce reproche n’est plus mérité.
Le ciment qui servait de planchei- a été remplacé par du bitume, qui est moins froid, ou même jiar un parquet en chêne posé sur bitume.
Les pavillons ont été allongés. Cbaipie pavillon destiné à 70 hommes, c’est-à-dire à une compagnie sur ]ded de paix ou à un demi-escadron, mesure 51 m. de long sur G m. 80 de large et G m. 50 de hauteur sous faîtage (tig. 125 et 12G). Le cube d’air est de 22"’® par homme.
CASERNES
Chaque gramle clmnihre a huit l’enôlros opposées (|ui mesurent 1 m. lÜ de large sur 2 in. 10 de liant.
La ventilation est assurée par les fenèti'os de façade, jiar des ventouses placées à la partie inférieure, par des impostes de croisée et par le registre à air établi dans toute la longueur du faîtage, ipii
Fig. 155. — Pavillon de caserne (système Tollet), sans étage. La ligure représente l’élévation d'un grand côté; on ne voit qu'une moitié du pavillon avec le vestibule.
Fig. 126. — Plan du pavillon représente dans la figure 125. A, Grande salle pour 16 lits. — BB, Petites salles de sous-officiers. — v, Vestibule. — pp. Poêles. — II, Lavabos pour la troupe. — m. Lavabo des sous-officiers.
permet à l’air échaulîé et vicié de s’échapper à l’extérieur par les ventouses do la toiture.
En hiver le chauffage est assuré à l’aide de poêles à double enveloppe qui aident à la ventilation.
M. Tollet a construit dans ces dernières années des jiavillons à un étage. Ces pavillons ne paraissent pas jiouvoir être recommandés pour les casernes. Le rez-de-chaussée ne doit pas servir, en teni[)s ortiinairc, pour les chamhi'es d’habitation; par suite le nombre des pavillons nécessaires jiour une caserne n’est ])a;i diminué et le prix de revient est beaucoup jdus élevé cpi’avec les pavillons sans étage; l’intervalle entre les pavillons, qui doit être égal au moins à une fois et demie leur hauteur, est augmenté, cc^ qui nécessite un espace plus grand iiour construire la caserne; enfin on ne trouve jias l’emjiloi de tous les locaux des rez-dechaussée, (pii ne jieuvent servir que de promemurs ou de magasins. Nous aurons l’occasion, à propos des hôpitaux, de décrire les pavillons Tollet à un étage ((]li. xvi).
La figure 127 donne le |)lan d’ensemble de la caserne d’artillerie de IJourgcs (ly[)e d'ollet).
Lu figure 128 reproduit le plan d’ensemble d’une caserne du type Tollet destinée également à l’artillerie.
Les [)avillons de la caserne (fig. 128) sont supjjosés à un étage; la saillie qui existe sur le milieu d’un des grands côtés de chaque pavillon correspond aux latrines de nuit.
Avenue du polygone
Route de crosses
Fig. 127. — a, 6, Pavillons d'entrée. — c. Cuisines. — </, Infirmerie des hommes. — e, Latrines. — f, Locau.x disciplinaires. — g, Cantines. — A, Écuries Tollet. — /, Ecurie-dock. — j, Selleries. — k, Écurio-infirmerie. — l, Hangar au.K manœuvres. — m, Abreuvoir. — n, Lavoir. — O, Manège. — p, Magasin d'habillement do réserve.
On voit sur ces jilans qu’en dehors des pavillons d’habitation ([Lii sont groupés parallèlement les uns aux autres, il existe un grand nombre de locaux accessoires isolés : jiavillons d’entrée, cuisines, intirmeric des hommes, latrines, locaux disciplinaires, cantines, écuries, écurie-infirmerie, magasin d’habillement, etc. Cette <lisséminalion des locaux accessoires ipii autrefois étaient réunis dans les mômes bâtiments que les chambres des hommes est excellente; il suffit de jeter un coiqi d’œil sur les [ilans des anciennes
CASERNES
:ill
casernes (üg'. 118, 119, 120) et sur les [Oans des casernes Tollet [)our voir la (lifTérence considérable (|ui existe entre ces types; d’une part on A'oit d’énormes bâtisses, tout d’une pièce;, sans dépendances, sans locaux accessoires, tous ces locaux devant trouver place dans les bâtiments d’habitation ; d’autre part, à coté des pavillons réservés aux bommos, une série de construclions isolées, bien
Fig. 128. — AA.... Pavillons do troupe. — BB... Fleuries. — CC, Cuisines. Cantines. — DD, Bains (iouclies. — Fl, Écoles. — F, Administration. — G, Manège. — II, Hangar. — I, Infirmerie régimentaire. — .7, Infirmerie vétérinaire. — K, Sellerie. Magasins. — E, Maréclialorie. — M, Tentes pour contagieux. — N, Piste. — 00, Watcr-closots. — P, Police.
appropriées à leur destination [)Our les écuries, les latrines, l’inlirmerie, les cuisines, les bains, etc.
Les casernes du lypt; d'ollct ont réuni les sulTrages de tous les hygiénistes; M. le bai'oii Lari’ey, llillairet. Ch. Sarazin,M. Trélat, se sont prononcés en leur Faveur; M. le 1)'^ Chassagne a montré <[ue dans les caseiaiements Tollet de lîourges et d’Autun la morbidité était moindre (]ue dans les anciens casernemenls '.
1. Chassagne, Les hôpitaux sans étages, Paris, 1878; il est vrai de dire que les statistiques de .M. le D' Chassagne ne portaient pas sur une tisse/, longue périodi; pour être absolument itrohanles.
fi 12
Au congrès (Je Turin en d880 une discussion sur les améliorations à apporter dans les casernes, à laquelle ju-irent [>art Baroflio et MM. E. Trélat, Vallin et Ennes (de Lisbonne), se termina par le vote d’une résolution en faveur des casernes à pavillons séparés.
Sur la proposition de M. Emile Trélat la section d’hygiène militaire émit à l’unanimité le vœu suivant : « La section, considérant que les grandes constructions habitées impliquent de nombreuses divisions intérieures : refends, cloisons, jdanchers; que les matériaux qui composent ces dh'isions sont simultanément soumis à l’action immédiate des effluves de la vie et privés du contact direct de ratmos[)hère ; que cette double condition constitue une source permanente d’infection des locaux et un danger |)Our les habitants, d’autant plus grand que les constructions sont plus étendues et leur occupation plus continue, émet le vœu : Que les casernes soient, à l’avenir, composées de pavillons isolés, n’ayant chacun ni étages, ni divisions intérieures. » {Revue d'hyyiène, 1880, p. 927.)
Dans un rapport au ministre de la guerre de l’Empire d’Autriche, sur la réforme du casernement, M. le professeur Gruber, après avoir montré quels étaient les problèmes à résoudre pour remédier aux dangers des anciens casernements, s’exprime ainsi : « C’est à l’ingénieur framjais Tollet que revient le mérite d’avoir le premier résolu d’une faijon extrêmement simple la série des problèmes soulevés. » {Revue d'hygiène, 1881, p. 671.)
On a reproché aux casernes Tollet d’être froides en hiver, difticiles à chauffer ; ce reproclie, qui était fondé pour les constructions du type primitif, ne [leut plus être fait aux pavillons à double paroi avec matelas d’air intermédiaire.
On a dit aussi que les constructions Tollet exigeaient un vaste emplacement, coûteux à acquérir, et que leur dissémination sur une grande surface rendait le service difficile. A cela on peut répondre que les casernes doivent être placées en dehors des villes, c’est-à-dire dans des endroits où les terrains ne coûtent pas très cher et que si l’on construit des casernes renfermant au plus un régiment, comme on doit le faire, la dissémination des bâtiments ne sera pas gênante. Les cuisines et les latrines sont réparties de telle sorte ([ue les hommes appartenant aux différentes unités ont [leu d’espace à jiarcourir pour s’y rendre. (Voir fig. 128.)
Outre la caserne d’artillerie de Bourges, une caserne du ty|ie Tollet a été construite à Autun.
Des casernes à petits pavillons séparés ont été construites par
CASERNES
le génie militaire sur d’autres plans, au camp do Châlons, au camp de Salhonav, au cam]) de la Valltonne; nous aurons à y revenir dans le chapitre suivant, à projtos des camps baraqués.
riOmine un exemple de caserne à pavillons sé])arés, nous citerons à Paris la caserne Schomberg (garde républicaine), qui se compose de sept pavillons sé{>arés.
III. Des casernes a l’étranger '. — En Allemagne, les vieilles casernes sont des constructions massives dont les hautes murailles, garnies de tours crénelées, rappellent l’ancien burg allemand. Ces casernes avec cours intérieures ont tous les inconvénients des casernes tin tv[)e Vauban.
Eig. H9. — Caserne pour un bataillon (Prusse). — a, Caserne. — i, Latrines. — c, Écurie. — (<, Remise. — e, Salle des manœuvres. — /“, Jardin des officiers. — g. Potager de la troupe.
Depuis 1843 on a ado|)té en Prusse le type suivant pour les casernes. On construit pour chaque bataillon un long corps de bâtiment terminé à ses extrémités par des ailes en retour très courtes, entre lesquelles se trouve la cour principale (tig. 129).
Ouand un régiment entier est réuni, on élève un nombre de pavillons égal à celui des bataillons; ces pavillons sont placés soit sur le môme alignement, soit sur les trois cotés d’une vaste cour dont le quatrième coté est formé par une salle de manœuvres, qui
I. GBiLt.ox, Elude sur le casernement à l’étranger, Mémorial de l’oflicier du génie, 181i-1876. — Klien, Die Albertsladl bei Dresden, Kônigliche Sachsische mitUair Sanilalsdienst, 1870, p. 197, cl Hotli’s Jahrcsberichl, etc., Berlin, 1880. — ^0Eu,Ei«, Le casernement des troupes allemandes, Revue d'hygiàne, 1881, p. 5o5. — Rullelin de la réunion des officiers, 1883 (étude sur le casernement en Angleterre, en Allemagne cl en Autriche). — Laveb an, L’exposition d’hygiène de Londres et les casernes anglaises, Arch. de méd. milil., 1884, t. IV, p. 208. — Les nouvelles casernes de Dresde, Revue du génie milit., 1887, p. 205. — Le quartier François- Joseph ,a Buda-Pest, même Rec., 1888, p. 360. — Consulter en outre les traités d’hygiène milit. de Parkes et de Itolh et Lex.
Lavehan, Hyp. milil.
HYGIIiNE MILITAIRE
est une partie intéprante de toutes les casernes de l’infanterie prussienne.
Les casernes sont construites sur un sous-sol (jui renferme les locaux accessoires : réfectoires, cuisines, buandei-ie, salles de bains, ateliers, magasins, etc.
Le nombre des étages est en général de deux, non compris les combles, où sont installés les magasins d’habillement (un par compagnie).
Un corridor longe à tous les étages la façade tournée vers la cour, et dessert une série de chambres séj>arées par des murs de refend; trois escaliers, placés l’un au milieu, les deux autres aux extrémités, conduisent aux étages supérieurs.
Les chambres,’ qui sont destinées à 8 ou 10 hommes, cubent 126“^ environ, soit 12““, 600 à 15'"“ par homme.
Des locaux spéciaux sont altéctés à chaque compagnie [)our le nettoyage des etïets et de réqui[)enient. Cette disposition est excellente; le nettoyage dans la chambre d’habitation des elïéts d’habillement et des chaussures, couverts de boue ou de [loussière, e.st une cause d’insalubrité non douteuse.
En Allemagne, comme en Erance, on a commis souvent la faute de réunir sui’ le même ])oint un tro[) grand nombi’e d’hommes. L’xVlberstadt de Dresde, qui contient cinq casernes et l’hèpital militaire, a mérité le surnom de (’asernopolis.
La caserne des fusiliers à Dresde, dont la construction est assez récente, et qui a été citée ({uelquefois, mais à tort, comme un modèle, appartient encore aux grandes cnsernes monumentales à plusieurs étages. Cette caserne, qui se rapproche du type linéaire décrit plus haut, se compose d’un cor[)S de caserne, contenant du logement pour trois bataillons, soit pour 1400 hommes, d’un bâtiment pour les magasins et de deux pavillons pour les locaux disciplinaires et pour l’abattoir.
L’édifice principal comprend un sous-sol, un rez-de-cbaussée, deux étages ordinaires et un étage mansai’dé.
Au sous-sol se trouvent les cuisines, la buanderie, les salles de nettoyage, les bains, les caves, les magasins et divers locaux accessoires; les bomines occupent [lendant la journée le rez-dechaussée, le [)remier étage et une partie du deuxième étage; les chambres sont pourvues de tables et de bancs; les hommes y |)rennent leurs lepas et s’y livrent le soir aux occupations cpii leur conviennent. Les dortoirs occupent le rcsb' du deuxième étage ei les combles.
CASERNES
Dans les chaiahres de jour, qui sont (lesLiné(\s à 37 hoiimies, on moveimc, chaque lioinine a 1"'%50 el 9“^ d’air. Dans les dortoirs qui conlienneiil jusqu’à 115 lits, cluujue hoimue a environ •i"'S70 et 1 d’air.
Les locaux accessoires sont mal placés dans les sous-sols et la |)résence de l’abattoir dans la caserne est une cause grave d’insalubrité; on ne peut guère louer que la distinction faite entre les locaux de jour et les locaux de nuit.
Les anciennes caseiaies anglaises, très insalubres, se rapportaient [dus ou moins e.xactement au type Vauban. Dans son rap[)orl publié en 18G1, la Commission anglaise du casernement émit le vœu devoir rem[dacer les casernes construites au centre des villes [tar des colonies militaires situées en dehors des grandes villes. C’est pour se conformer à ce vœu qu’on a installé ce qu’on a appelé im[)roprement les camps d’Aldei’sbot, de Cbelsea, de Colcbester; il s’agit en réalité de colonies militaires dans lesquelles ofliciers et soldats trouvent à leur portée tout ce (jui leur est nécessaire.
Les règles générales (jui ont été tracées [>ar la Commission anglaise [)our le plan d’un casernement sont excellentes : « Dans les camps, de même <[ue dans tous les édifices oùung'rand nombre d’hommes logent ensemble, il est essentiel de se conformer au [trincipe général (|ui veut ([u’on sup[»rime, ou du moins qu’on éloigne, tout ce qui pouri'ait altérej" la [)ureté de l’air intérieur. .Vinsi il faut l’eléguer à part les écuries, les cuisines, les latrines, les Gains ; donner aux bâtiments une forme très sim[)le, en évitant les angles rentrants; cbercbei’ à assurei’ une circulation d’air entièrement libre tout autour des fa(;ades, et orienter les chambres de façon (ju’clles ne soient [>as exposées uni(|iiemeut au nord. Une • les dispositions les plus sinq)les (ît les meilleures, consiste à placer l(‘s bâtiments dans ralignement nord-snd, el à donner aux cbambrées des fenêtres sur les deux façades, pour (ju’elles soieni (ixposées successivement, chaque jour, à l’action du soleil — Quelb' «pic soit la forme du terrain, il sera toujours possible de disjioser les bâtiments sur plusieurs rangs parallèles, en les écartant suftisamment [)Our que leurs longs c(')tés reçoivent le soleil sui‘ toub' leur hauteur, l’our les grands casei-nements, on [)Ourra ado[)ter la disposition sur plan rectangulaire, à la. (■ondilion de laisser les angles libres — Les bâtiments du cascrnenuMit [tour les hommes sains ou pour les malades ne doivent jamais èlia^ trop rapju'ocbés des murs de clôture. Les latrines, cuisines, magasins et autres accessoires semblables pourront au contraiia* ètr(\ [)lacés enti’e b's
olG
casernes et les murs <le clôture, jiourvu qu’ils ne gênent pas la circulation de l’air.... Les casernes, de même (jue les autres édilices à population agglomérée, seront dans les meilleures condilions lorsqu’elles ne renfermeront qu’un rez-de-chaussée avec un
Eig. 130. — Caserno do Clielsea. \
— A, Pavillons do la troupe. — ''v, i
15, Pavillons des soldats et des sous-officiers mariés. — G, Pavillon des sergents-majors. — D, Cuisines et réfectoires. — E, Latrines de la troupe.
— F, Salle de bains. — G, Latrines des soldats mariés et des femmes. — II, Buanderie. —
I, Gymnase. — J, Jeu de boules couvert. —
K, Jeu de boules à ciel ouvert. — L, Cantine.
— M, Manutention. — N, Boucherie. — O, Magasins y divers. — P, -Yteliers, — Q, Dépôt de charbon. —
R, Prison. — S, Dépôt des cendres. — T, Pavillon des officiers. — U, Ecurie des officiers. — V, Écolo des enfants. — X, Corps do garde. — Y, Magasins aux munitions. — Z, Chapelle et écolo. — a, Platesformes pour canons de place.
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étage. On peut admettre im étage en plus si le terrain disponible ne \ permet pas d’obtenir autrement la surface nécessaire pour l’elTeclif
à loger Les magasins, les bureaux de l’état-major et de l’admi- ;!
nistration des régiments, et les locau.x où l’on ne séjourne que le i|
jour, enfin les réfectoires, jieuvent, sans inconvénient, être placés ,ji au rez-de-chaussée. Quant aux sous-sols, ils ne doivent jamais I* être occupés par. des logements, parce qu’ils sont toujours plus ou
CASERNES
moins humides. » (Citation cm[)runt(;e au Itulletin de la réunion des officiers, c?7.) Le rapport fixe à .‘50 hommes au |)lus la contenance de cluuiue chambre, avec 17"'“ d’air au moins pai‘ homme.
La caserne d’infanterie de Chelsea, dont la fig-ure IdO donm' le plan d’ensemhle, se compose d’une série de pavillons soudés houl à bout pour la troupe (AA), et d’un grand nombre de conslructions indépendantes pour les soldats et les sous-ofliciers mariés, poulies cuisines et les réfectoires, pour les latrines, les bains, la buanderie, la prison, l’écurie des officiers, les magasins, etc... ; à noter l’existence d’un jeu de boules couvert et d’un jeu de boules non couvert.
^ Chaque pavillon destiné à la troupe coni])rend deux chambres longitudinales séparées par de petites chambres [)Our les sous-ofliciers non mariés. Les réfectoires sont très bien installés, ils mesurent 30 m. de long sur 15 m. 50 de large, el sont situés à coté des cuisines.
L’elïéctif de la caserne de Chelsea est de 1055 hommes ou sousofficiers et 9 officiers, plus 80 ménages environ.
Le quartier de cavalerie de Colcbester (tig. 131) est desliné à huit escadrons; quatre escadrons sont logés dans des pavillons à étages avec écuries au rez-de-chaussée, contenantcbacun 72 hommes et 56 chevaux; les quatre autres escadrons occupent chacun un pavillon ou bloc/i, avec écuries indépendantes; la Commission anglaise du casernement s’est prononcée avec heaucouj) de raison contre les écuries situées au rez-de-chaussée des bâtiments d’habitation.
La figure 132 donne le plan d’un pavillon ou hlock indépendani destiné à l’habitation de la troupe au (piartier de Colcbester; le plan des j)avillons est à peu près le même (|ue dans les casernes d’infanterie, le grou|)ement ijicul diffère. Les hlocks sont (ui général com|)Osés tl’un rez-de-chaussée et d’un étage.
Le rez-de-chaussée du hlock qui fait l’objet de la figure 132 (d’après Parkes) comprend deux chambres de 25 hommes chacune avec deux chambres de sous-ofliciers au centre ; aux deu.x extrémités se trouvent des lavabos; dans cha([ue grande salle existent des cheminées vcntilatrices [e e).
En Autriche, les casernes construites avant 1870 ai)partiennent presque toutes au type quadrangulairc avec cour intérieure (ly|)e Vauhan). Telle est la caserne François-.Iose])h à Vienne, construite en 1849 et destinée à loger deux régiments d’infanterie et trois
ÎH8
liaiieries (l’arlülerio. Nous avons inonirô pins liaul. les inconvénient
Eig. 131.
l’ig. 13-2.
Fig. 131. — Plan d’ensemblo du quarlior do cavaleriu de Oolchestcr. — A, Pavillons de la troupe. — B, Pavillons des officiers et mess. — C, Pavillons des sergents-majors. — K, Cantine. — F, Mess des sous-offlciors. — G, Cuisines. — H, Latrines. — I, Magasins divers. — .1, Ateliers. — K, Corps de garde. — L, Bureaux. — M, Salle de bains. — N, Dépôt do ebarbon. — O, Latrines des femmes et enfants. — P, Buanderie. — Q, Réservoir à eau. — R, Casernes-éeiirios. — S, Écuries do la troupe. — T, Écurie dos officiers. — U, Inlirmorio vétérinaire. — V, Forge. — \V, Magasin aux fourrages. — X, Magasin aux avoines. — Y', Manège. — Z, Magasin aux munitions.
Fig. 13Î2. — Pavillon à rez-de-chaussée do la caserne do Colchestor. — A, A, Chambre des soiisofliciors 6,4j Vestibules. — c,c, Lavabos. — e,c, Cheminées vcniilatricos.
<lc ces grandes casernes à cours intérieures, nous ne reviendrons donc pas sur la critique de ce type suranné, condamné par tous les
CASERNES
liyg'iénisl(\s, niais il est inlcressanl d(^ constater (jne [yartout on a coniinis les mêmes fautc's et (]ue partout la ({uestion des casernes a passé à peu près par les mômes phases.
En 1870, on s’omut en Autriche île l’iiisaluhrité des casernes; le Ihirlemenl demanda une réforme du casernement des troupes et des hôpitaux militaires, et une instruclioii du ministre de la guerre sjiécilia les principales conditions à réaliser dans la construction des casernes ; nous reproduisons rjuelnues-unes des règles formulées dans cette instruction.
« Les casernes doivent être construites pour des fractions conslituées.
« Dans les casernes d’infanterie, chaque bâtiment doit contenir au maximum un liataillon; les latrines, les écuries, les locaux disci- |)linaires, les cantines, les magasins, l’infirmerie, etc., doivent être installés dans des bâtiments séjiarés des bâtiments d’habitation.
« Des lavabos seront installés aux ditTérents étages.
« Des locaux spéciau.x seront réservés pour le nettoyage des (drets et objets d’équipement.
« Les chambres contiendront 18 ou 24 hommes au plus, chaque homme aura 4'"^5 en superficie, 15'"^ d’air. »
Comme exemple de casernement récemment construit d’après ces principes, nous citerons la caserne de Cracovie, pour un régiment
d’infanterie à trois bataillons (lig. 133). On constate sur le plan ci-joint (jue les hâliments, destinés chacun au logement d’un bataillon (a a a), sont parallèles entri' eux, ce qui ]iermet de leur donnera tous une bonne orientation; ô, pavillon d’état-major; c c c, locaux accessoii’es.
La figure 134 donne la répartition des locaux au rez-de-chaussée d’im des hAtiments destinés à la troujie.
Les cuisines ont été installées dans le sous-sol ih^ chaque pavillon, ainsi que les mag-asins de vivres et de combustible et les réfectoires
Kig. 133. — Plan d’enscniUo do la casenio d'iiifantoric de Cracov
pour la troupe [Bullel. de la réunion des officiers^ 188ü, op. cil., p. 116). Cette disposition des cuisines dans les sous-sols nous paraît très mauvaise, pour les cuisines elles-mêmes qui sont nécessairement mal éclairées et mal ventilées, et |)our les locaux d’ha-
Fig. 134. — Plan du rez-de-chausséo d'un pavillon do la caserne de Cracovie. — n. Grandes chambres de troupe. — b, Petites chambres de troupe. — e, Cliambres de sous-offlcicrs. ■ — dy Logement de sous-officier marié. — e, Magasin de compagnie. — /■, Cuisine. — g. Lavabos. — h, Latrines.
bitation qui se trouvent au-dessus et (jui reçoivent les odeurs venant des cuisines.
On peut résumer ainsi qu’il suit les règles qui sont aujourd’hui universellement admises pour le plan d’ensemble des casernes ;
Les grandes agglomérations de trouiies doivent être évitées, une caserne ne doit jamais contenir plus d’un régiment.
Les casernes monumentales des types Vauban et linéaire sont condamnées.
Les casernes doivent se conijioser de pavillons séparés, atlèctés chacun à une fraction constituée; dans les casernes d’infanterie*, chaque pavillon doit contenir un bataillon au plus. '
La meilleure manière de grouper les pavillons consiste à les construire parallèlement les uns aux autres, de manière à leur donner à tous une bonne orientation. L’intervalle entre deux pavillons doit être au minimum d’une fois et demie leur hauteur.
La contenance des chambres des casernes doit être de 24 lils au plus.
Il est indispensable d’avoir, dans les casernes, des salles de jour servant de réfectoires, et des dortoirs.
A côté et en dehors des bâtiments d’habitation il faut construire une série d’annexes pour les cuisines, l’intirmerie, les bains, le.s écuries, les latrines, etc.
Nous étudierons, dans des chapitres spéciaux, les questions relatives au cube d’air, à la ventilation, au chautTage et à l’éclairage.
IV. Mobilier des cH.\MimES de caserne. — En France, ce mobilier se compose des olqets suivants :
1“ Planches à bagage de 0 ni. tlO de large, à simple rang jiour
CASERNES
l’infanterio, à (loul)le ran^' |)Our la cavalerie; à la face infcM'ieure (le ces planches, se trouvent des crochets (|ui supportent les dillerents objets (rarinenient ou (ré(jui[)Oinent.
2" Itàteliers d’arines.
Tables de 2 m. de Ion»' sur 0 ni. 10 de hu-j^e; il y a une table pour 16 boiuuies.
4“ Bancs de 2 m. de long (2 [)Oiir 16 hommes).
o“ Planches à })ain de 0 m. 60 de large, (jui sont suspendues au plafond, au-dessus de la table, à l’aide de tiges en fer.
6“ Lits et objets de couchage.
Parmi ces objets, ce sont assurément les lits (jui j)résenfent le plus d’intérêt au point de vue de l’hygiène; les autres objets ne nous arrêteront })as longtemps.
En Angleterre, comme en France, les effets des hommes sont placés sur une étagère, mais l’étagère est double pour l’infanterie comme pour la cavalerie, le rayon supérieur estformé par une grille horizontale en fer, le rayon inféideur par une planche mobile. Le soldat a en outre à sa disposition une boîte fermant à clef dans la(]uelle il met ses objets privés et qui est placée sous le lit.
Dans les casernes allemandes, chaque homme a une armoire fermant à clef, de 2 m. de haut sur 0 m. 70 de large et 0 m. oU de profondeur, dans laquelle il })eut mettre ses ellets, son linge et ses vivres.
En France, il n’y a d’armoires ((ue dans les chambres des sousofticiers. Au point de vue hygiénique on ne peut pas regretter l’absence d’armoires, c’est une source d’infection de moins.
Le nombre des tables et des bancs indiqué ci-dessus, est insuffisant [)Our (jue tous les hommes puissent manger à table, mais il est convenu qu’on doit installer partout des réfectoires, et (juand on aura généralisé cette mesure, on pourra diminuer encore le nombre des tables et des bancs dans les locaux servant de dortoirs. Au lieu de bancs il serait avantageux de donner à cba(|ue bomnu' un tabouret sur lequel il pourrait meltre ses elTets fpiand il S(>. couche. Dans les casernes allemandes cbacpie boinnu' dispose d’un tabouret.
Nous avons signalé (p. 189) les inconvénients de la planche à pain; il importe beaucoup de garantir le [>ain contre la poussière des chambres; on devrait mettre le pain au réfectoire, dans des armoires légères, fermées avec des panneau.x garnis de loib' métallique; on pourrait ainsi supprimer les anciennes [danebes à pain.
Il doit êtr(i absolument interdit de cracher par terre dans les
cliambres et, poui‘ que cet ordre puisse être exécuté, il faut ([u il y ait des crachoirs en nombre suffisant.
Les crachoirs en bois s’infectent rapidement et il n’est pas i»ossible de les bien nettoyer, il est donc nécessaire d’avoii' des crachoirs en fonte émaillée ou en fer galvanise, assez lourds et assez stables pour qu’on ne puisse pas les renverser facilement.
On garnira les crachoirs aA^ec du- sable et non avec de la sciui'e de bois, qui se disperse au moindre coup de vent.
Le sable provenant des crachoirs doit être enfoui dans le sol el non dispersé dans les cours. Nous avons constaté, dans un etablissement militaire, il y a quelques années, que du sable ayant servi à garnir des crachoirs, était employé ensuite pour sabler
des locaux du casernement!
L’instruction ministérielle du 30 mars 1895 sur l’hygiène des hommes de troupe recommande de ne placer dans les chambres (|ue des crachoirs de grande dimension, garnis de sable arrosé avec un liquide antiseptique.
Lits et literie. — Jus(iu’en 1824, en France, les lits des casernes étaient en bois et devaient servir à deux hommes, qui étaient caonarudes de lit. Depuis 183 I, le service des lits militaiies a été mis à l’entreprise et, depuis 1834, une compagnie dite des lits militaires est chargée de ce sei’vice.
Les lits appartiennent à l’État, les objets de couchage sont fournis par la compagnie des lits militaires.
Les lits se composent de deux tréteaux en fer sur lesquels on
met trois planches dites planches à châlits (lig. 135). L(> tréteau de tête est garni de montants pmii- soutenir le traversin.
La fourniture de cbaijue lit comprend ;
Une paillasse en toile renfermant 10 kilogr. de paille; la paille doit être renouvelée tous les six mois.
CASERNES
Un matelas qui renferme 8 kilogr. de laine et, 2 kilogr. de crin.
Un traA'ersin renfermant 1 kilogr. de laine et 2/d de kilogr. lie crin.
Une couverture de laine.
Un couvre-pied en hiver.
Une paire de draps.
Les draps sont changés tous les mois du 1®'' octohri^ au 3ü avril, et tous les 20 jours du U® mai au 30 septembre.
Les lits doivent être éloignés de 0 m. 10 de la muraille et l’intervalle entre les lits doit être de 0 m. 2o au minimum (règlement du 30 juin 18o6).
Ces lits, qui ont réalisé un grand progrès sur les anciens lits en hois destinés à deux hommes, présentent encore des inconvénients : les planches à châlits sont l’hahitat de prédilection des punaises, et les paillasses celui des puces, sans compter les microbes; il faut remuer les paillasses tous les jours pour empêcher la paille de se tasser et cette opération met en moin^ement une grande quantité de poussière; ajoutons que, la paille devant être renouvelée tous les six mois, ce procédé de couchage est dispendieux.
On a adopté des couchettes tout en fer qui suppriment les planches mais qui laissent subsister les inconvénients inhérents aux paillasses.
Dans le compte rendu d’une visite que nous venions de faire dans les casernes et dans les hôpitaux de Londres nous écrivions, en 1884 : « On chercherait en vain une paillasse dans les hôpitaux anglais, dans les casernes, voire même dans les workhouses. Partout les matelas sont posés directement, soit sur une toile convenablement tendue, soit sur des lames minces de fer formant treillis. »
Les paillasses ont disparu également des casernes allemandes; il est indispensable qu’elles disparaissent des nôtres.
En 1881, un concours de sommiers j)Our lits de troupe a été ouvert à Paris et un grand nomhrcî de modèles ont été présentés.
Le procédé le plus simple et le |)lus pratique, en apparence, consiste à tendre fortement une toile résistante, sur un cadre en fer, à l’aide d’une corde qui passe alternativement sur le cadre et dans des œillets métalliques cousus sur les bords de la toile; 1e sommier ainsi constitué est très élastique, peu coûteux, excidlent quand il est neuf, mais il se détériore i-apidement; la corde se détemd lorsipie le temps est sec et parce que la toile cède, il se forme un creux au centre de la toile, et quand on se couche, on retombe toujours dans ce creux.
Les sommiers métalliques conviennent mieux pour les casernes.
Les lames d’acier entrecroisées en treillis, sur lesijuelles repose ' le matelas dans le lit anglais, ne sont pas suffisamment élastiques.
En Allemagne, le matelas est posé sur une toile mélallique qui manque aussi d’élasticité.
Dans les troupes de la marine française, l’ancienne j)aillasse de varech a été remplacée par un sommier en tissu de lil d’acier galvanisé.
Les sommiers en toiles métalliques ne nous paraissent pas devoir être conseillés pour les lits de troupe : leur prix est assez élevé, quand ils sont solidement construits ; ils se laissent souvent déprimer à la partie centrale comme font les toiles ordinaires; enfin ils sont difficiles à nettoyer lors((ue la poussière s’est introduite dans leurs mailles.
Au concours de 1881 deux sommiers ont été particulièrement remarqués ; le sommier Thuau, quia obtenu le prix, et le sommier llerhet.
Le sommier Thuau est ingénieux ; il se compose d’un cadre métallique qui peut s’adaptei' sur les châlits réglementaires ; sur les petits côtés de ce cadre se trouvent des poulies métalliques; une corde fixée à l’une de ses extrémités, passe alternativement sur les poulies supérieures et sur les poulies inférieures, et vient enfin s’enrouler autour d’un petit treuil qui est garni d’un encliquetage; à l’aide d’une clef on peut faire tourner ce treuil et serrer ou desserrer la corde. Des lames rl’acier transversales, très llexihles, maintiennent la literie en place, si par hasard la corde vient à casser.
Lorsque la corde est convenablement tendue, ce sommier est très bon, très élastique; mais, la corde étant très hygrométrique, il faut sans cesse la tendre ou la détendre, ce qui est un inconvénient.
Dans les essais faits dans les casernes on a constaté que les lits garnis avec des sommiers Thuau étaient |dus froids (pie les anciens lits, ce (jui se comprend facilement ; la paillasse qui maintient une couche d’air immobile au-dessous du lit, le protège contn' le refroidissement, et cette proleclion fait défaut avec le somnii('i- 'l'huau; dans les ]»ays chauds, un couchage frais est un avantage et dans les pavs froids il serait facile de remédier à cet inconvénient en plaçant une toile au-dessus du sommier et en donnant un peu plus d’épaisseur au matelas.
On ne trouvera jamais de sommier qui |)rotège aussi bien contre
CASERNES
le froid ([ue le lit actuel, ce ii’est pas imc raison pour conserver la paillasse.
Le sommier lferl)ct(jui peut, comme le sommier Thuau, s’adaptei' sur les lits réglementaires, se compose d'un cadre métallique lâgide <it de longues lames d’acier llexibles (|ui vont de la tète aux |»ieds (fig. I3G). Ce sommier esttrès solide, suffisamment élastique, d un prix i)eu élevé, enfin il est facile à nettoyer et les [)oussières ne |)euvent pas s’y accumuler; il paraît donc remplir toutes les con-
ditions d’un 1)011 sommier pour lit de troupe. Les sommiers Ilerbet
et de collèges; ils ont été adoptés dans nos bôjiitaux militaires.
On a reproché aux lits de tenir troj) de jilace dans les chambres des casernes, et on a imaginé un grand nombre de systèmes de lits à coulisse ou à relèvement [lour dégager le milieu de la chambre pendant la journée.
TjCS lits des soldats anglais se plient en deux, au moyen de charnières placées à la partie moyenne, ce (lui permet de relever la |)arlie inférieure sur la sujiérieure, ou bien ils sont à tiroir; la partie inférieure portée sur quatre [lieds à, roulettes rentre par glissement sous la partie su|)érieure; jiendant la journée la literie est roulée et le lit n’occupe (pie la moitié do la surface qu’il prend liendant la nuit; l’es[)ace libre au milieu des chambres est ainsi agrandi et l’on [leut y dis|)Oser des tables et des bancs pour tous les hommes.
En Allemagne, (m Suède, aux Etals-Unis, on cnqiloyait autrefois, dans les chambres des casernes, des lits à deux étages qui se trouvent emajn; dans un certain nombre de vieilles casernes. Celte dis- [losition est (évidemment très mauvaise, elb' favorise l’encombrement, de plus l’homme (jui est couché dans le lit sujiéideur resj)ire
Fi£T. 13Ü. — Sommier Herbel à. lames d'aeier sur des châlits réglementaires.
sont d’ailleurs en usage dans un grand nombre d’impitaux, d’écoles
SOUS (le lui. On arecoiiiui ^lai'lout les incoiivéiii(;iils de ce sysh'-iue, on ne inet plus de lits à deux étages dans les casernes neuves ni en Allemagne, ni en vSuède, ni aux États-Unis.
En 1871-72, on a expériinenl(( ;m camp de Mcudon, des lits à relèvement qui se com[)osaienl d’uiKi es|>èce de brancard garni de toile avec hanijies en bois ne dépassant pas la toile; pendant la nuit le lit re[>osait : t" sur uiu' barre clouée à la [laroi; 2“ du ciilé
Fig. 137. — Lit Bertillon ild-ganii, de manière à montrer le sommier composé d'une toile tendue. Le lit est abaissé (])osition de nuit).
des pietls, sur une labié mobile qui, [tendant la journée, [louvait servira d’autres usages; pendant le jour les lits (Haient susjtendus en l’air à l’aitle de cordes (Maiivaud, Etude sur les casernes et les canqts permanents, Paris, 1873).
M. Bertillon a [trésenté au concours de 1881, un. lit à relèvemenl ingénieux (tîg. 137, 138) ; le sommier était Formé [tar une toile très solide tendue sur un cadre en Fer. Le chàlil de tète était remjtlacé [tar deu.x patins recourbés (3) et réunis au-dessous du sommier par une plancbe tpii maintenait leur écartement et (lui servait
Fig. 138. — Lit Bertillon garni et relové i i- > -i
(position do jour). 011 mèiue toiups, lorstjue le lit était
abaissé, à soutenir le cadre du lit (1):
du côté des pieds ce cadre était soutenu [lai' un tréteau (1) Formant
banc dans la journée.
Pendant la journée le lit serait relevé le long du mur comme l’indi(]ue la figure 138, les Fournitures du lit étant altacliées au cadre à l’aide de courroies, (d le soldat aurait à sa disposition une table et un banc.
Il n’est pas admissible (ju’on Fasse manger le soldat sur la
CASERNES
lahlelto disposée à la l’ace inl’éideiire du lil, les iticonvéïiienls do C(‘ inodus faciendi sont trop évidents pour qu’il soit nécessaire d’v insister; d’un autre coté, la partie du lit sur hupielle vient justement reposer la tète pondant la nuit, serait souillée j)ar les" ])Oussières du sol.
M. le général Lewal et >1. le médecin inspecteur Morache ont proposé d’employer le hamac pour le couchage du soldat comme on l’emploie pour celui du marin (Général Lewal, op. cü., p. 458. — Mor.ache, op. cil.). Le couchage dans des hamacs, qui est de nécessité pour le marin à la mer, ne nous paraît pas ap[)licahle dans les castu'iies; on rejjose moins bien dans un hamac qm* dans un Ut ordinaire.
D’ailleurs, en |)roposant d’installer des hamacs dans les chambres, à la place des lits, on poursuit le môme but (ju’eii imaginant des lits à relèvement, ou cherche à augmente]- l’es]»ace disponible dans les chambres pendant le jour, et- nous croyons (|ue ce résultat n’est pas désirable. Tous les hygiénistes l'econnaissent aujourd’hui la nécessité d’avoir, dans les casernes, des doi-toirs qu’on peut aérer largement pendant le jour, et des chambres de joui-; nous reviendi’ons sur cette question à pi-opos de la ventilation des chambres des casernes.
Kn résumé, il est indispensabh' de faire disjiaraître les paillasses des chambres des casei-nes; un sommiej- en fer, facile à nettoyer, tel que le sommiei- Iterbel, paraît devoir être adopté; dans les régions froides, il y aui-a lieu de donner un jieu [ilus d’épaisseur au mal(dasde manière à |)i-olégei‘ ledormeui' cojiti-e le refj'oidissement.
Dans les j>ays chauds, une natte sui- un matelas et des draps de toile constituent le meilleur système de couchage; le hamac est également à recommander (.Iolsset, Hygiène des pays chauds,
1 Arch. deméd. nav., 1884).
V. Locaux accessoires. — En dehors d(‘s pavillons d’habitation, une caserne compoi-tt' un grand nombre' de locaux acc('s- ' soires : cuisines et réfectoires, intirmei‘ie, salles de j)olice et prison, lavabos, salle île bains, (;antines, écuries, lieux d’;ti- ' sauces, otc. dont l’installation |»résente beaucoup d’intérêt au point de vue de l’hygiène du casernement.
Nous étudierons à jiart la ipiestion importante d(;s lalrines et ih' la vidaufje, nous nous contenti'rons d’indiepier ici ipi’il y a lieu di‘ pi'évoir dans une caserne : l" des latrines et des urinoirs de
jour, en dehors des bâtiments d’habitation, mais à proximité de ceux-ci; 2“ des latrines de nuit, composées d’un petit nombre de sièges et fei'inées pendant le jour ; les latrines de nuit doivent être, sinon sur le môme })alier (|ue les chambres d’habitation, au moins dans le pavillon où se trouvent ces chambres, pom- que le soldai ne soit pas obligé, jtendant la nuit et par tous les temps, de traverser les cours jiour se rendre aux latrines.
a. Cuisines. — Dans les anciennes casernes, les cuisines étaieni en général installées au rez-de-chaussée des bâtiments d’iiabitalion; les odeurs de la cuisine montaient dans les chambres situées au-dessus; d’autre part, il était difficile d’avoir, dans ces conditions, des cuisines propres, bien éclairées et bien ventilées.
Les cuisines ne doivent pas davantage être placées dans le soussol, comme elles le sont dans beaucoup de casernes allemandes.
11 est indispensable que la cuisine soit installée dans un pavilhm séparé. A coté de la cuisine proprement dite il est nécessaire d’avoir : 1° une salle pour laver la vaisselle ou laverie ; 2“ un gardemanger pour la viande; 3" un garde-manger pour les légumes.
La cuisine doit être largement ventilée par la partie supérieure, atin que la vapeur d’eau qui s’échappe en grande quantité des marmites, quand on les découvre, soit entraînée rapidement à l’extérieur, et pour ([lie les cuisiniers ne soient [)as ex[)Osés, en été, à une tro[) grande chaleur.
Le sol doit être imperméable; il ne faut pas que les substances grasses qui le souillent fré(juemment produisent des taches; le meilleur revêtement est fourni j»ar les carreaux en grès cérame vitrifié.
Pour qu’on [)uisse laverie sol à grande eau, il faut ménager sur un point un peu déclive un caniveau avec siphon pour l’écoulemeid de l’eau de lavage.
Les murs seront couverts jus([u’â la hauteur de deux mètres audessus du sol, de carreaux de faïence.
Un guichet sera établi [)Our [)asser les plats; les hommes (jui viennent chercher les aliments ne doivent pas souiller le sol d(‘ la cuisine.
Nous avons décrit, dans un cha[)itrc précédent (Ch. v), les fourneaux de cuisine en usage dans les casernes; nous ra[)pellerons seulement ici (pie le chaullâge des appareils doit pouvoir se faire .sans qu’on introduise le comimstible dans la cuisine.
L’eau chaude du fourneau de cuisine doit arriver dans la laveri(' directemenl, par une conduile (ju’il est facile de placer sous le sol.
CASERNES
Les garde-manger pour la viande el, les légumes seront placés 4lans des endroits frais, exposés au nord et conlimiellement venlilés à l’aide de châssis garnis de persiennes de hois et de lanterneaux; le sol et les ])arois do ces annexes seront impej-méahles et faciles à nettoyer, comme dans la cuisine elle-même.
La notice déjà citée sur les casernements tyjtes (1889) contient les dispositions suivantes relatives aux cuisines :
Les cuisines seront, autant <|ue possible, placées du côté opposé aux vents régnants par ra]>port aux bâtiments des bommes.
Des robinets d’eau y seront établis.
Les fenêtres seront de grande dimension. Des lanterneaux seront créés dans la toiture pour révacuation des buées.
La di.stribution des mets se fera dans un passage s[)écial bordé de tables recouvertes de zinc, de façon (pie les bommes ne jiénètrent jamais dans la partie de la cuisine alTectée à la manipulation et au.x fourneaux.
Les fourneaux seront adossés au mur. Le cbautlage se fei'a par l’extérieur de la cuisine, dans un couloir e.xclusivement réservé à cet usage. Quand on le jiourra, on isolera le batiment de la cuisine du mur de clôture par une courette où sera emmag’asiné le charbon.
Atin d’éviter le transjiort des cendres et escarbilles hors de la chambre de cbaufTe, on tiendra celle-ci d’une marche en contrebas du sol de la cuisine proprement dite.
Les eaux g’rasses seront recueillies dans des tinettes métalliipies, munies de bondes à feianeture étanche.
b. Réfectoires. — Ils doivent être placés àiiroximité des cuisines atin que les aliments ne se refroidissent pas pendant le transport. C’est l’emplacement qui a été choisi dans la notice sur les casernemenls ty|)es (1889).
IjOs réfectoires, dit cette notice, sei’ont établis dans des bàtimenis spéciaux placés à proximité des cuisines, à moins (pi’il n’exisie, dans les bâtiments du casernement proprement dit, des surfaces non utilisées que l’on alTectera, dans ce cas, à rusagede l’éfectoirc's par mesure d’économie.
Clintpie réfecloire sera an'eclé à une seub‘ unité et aura une (‘uirée [)arliculièiT. L(>s tables et les bancs seront mobiles, aliii <pi’on puisse utiliser ces locaux comme salb's de théorie, eic.
Des caves pourront être créées sous b\s réfecloires pour la conservation des boissons alimentaires.
c. Infirmerie. — Dans les anciennes casernes, l’iidirmerie étail
Laveran, Ilyg. milil. ;j4
placée, comme la cuisine, dans les bâtiments (riiabitation ; on choisissait quatre ou cinq chambres à l’extrémité d’un des bâtiments et on les séparait du reste du casernement avec des portes à claire-voie.
Tout le monde s’accorde à reconnaître aujourd’hui que l’infirmerie doit être placée <lans un pavillon sépai-é.
Les locaux adéctés à une inlîrmerie régimentaire doivent comprendi-e, autant que possible (Règlement sur le service de santé de l’armée à l’intérieur, art. 71) :
1“ Des salles pour les malades fiévreux, blessés et vénériens, et pour les convalescents ;
2° Une chambre pour le traitement des sous-officiers;
3° Une salle de visite pouvant servir en môme temi)S de logement au sous-officier d’infirmerie;
4“ Une salle servant de réfectoire et de lieu de réunion aux malades et aux convalescents ;
Une chambre à usage de magasin pour les effets des malades, les ustensiles et les a])provisionnements de l’infirmerie ;
6° Une chambre pour la tisanerie et le chauffage des bains;
7“ Un cabinet attenant à cette chambre, [»ouvant recevoir deux baignoires et des lavabos ;
8“ Des latrines indépendantes de celles de la troupe et spéciales à l’infirmerie ;
9" Un local spécialement disposé pour recevoir le matériel de réserve du service de santé ;
10” Une cour ou un jardin servant de promenoir;
11” Un local pour la désinfection.
La notice sur les casernements types (1889) contient les dis[)ositions suivantes au sujet de l’infirmerie régimentaire :
L’infirmerie sera placée dans un bâtiment distinct, avec jardinet clos.
Les fenêtres des chambres destinées aux malades, sur les façades exposées au soleil, seront garnies de persiennes.
La ])ièce du rez-de-chaussée, organisée en réfectoire, servira de salle d’attente pour les hommes qui se préseideront à la visite.
Les combles seront mansardés et plafonnés. On y installera un magasin pour le service de l’infirmerie, un autre avec étagères pour le matéidel de mobilisation et un séchoir.
La salle de visite sera bien éclairée, on y installera un robinet d’eau, une armoire fermant à clef pour les médicaments, uiu' armoire à bibliothè([ue, des rayons et un réchaud à gaz s’il y a lien.
CASERNES
Tous les locaux, à l’oxception des salles de haiiis, seront ]»arquetés.
Les chambres de malades auront une capacité correspondant au moins à 20“’^ d’air par homme. La chambre du i‘ez-de-chaussée sera spécialement alTectée aux l)lessés.
Des latrines seront organisées au niveau du [)alier, entre le rezde-chaussée et le premier étage, dans une tourelle isolée du hàtimenl princi|)al et reliée à celui-ci par un passage clos et bien éclairé. Elles comprendront un urinoir et deux sièges, run pour position accroupie, l’autre [)our position assise, ce dernier établi de fa(;on que les hommes ne puissent ])as s’y tenir accroupis.
Dans le cas où l’on fera usage des tinettes, elles seront j)lacées au rez-de-chaussée de la tourelle et retirées ]>ar le jardin.
L’escalier et toutes les portes seront assez larges pour le passage d’un brancard.
Dans un angle du jardin, choisi sous le vent de l’infirmerie, sera installé un cabinet de sulfuration ; dans un autre angle sera un urinoir.
La désinfection par l’acide sulfureux est peu efficace (voir Ch. xxi), mais on trouvera certainement un procédé meilleur et il y a lieu de maintenir, à coté des infirmeries, un local destiné à la désinfection; en attendant que ce procédé, qui sera fourni peutêtre par le formol, soit trouvé, le plus sûr est d’avoir, dans chaque garnison, une étuve à désinfection servant aux dilTérents corps.
Dans les infirmeries régimentaires, les moyens de couchage sont les mômes que dans les chambres de troupe, cependant on donne toujours des couchettes, de préférence aux châlits. La suppression des paillasses s’impose plus encore pour les lits d’infirmerie que pour les lits ordinaires.
Les fournitures d’infirmerie sont timbrées des lettres L II.; ces fournitures ne doivent pas être employées pour le couchage des militaires en santé. (Règlement sur le service intér., infanterie, art. .310.)
En France, le nombre des lits àafi'ecter à une infirmerie de coiqjs est fixé à 2 1/2 p. 100 de l’eirectif normal dans l’infanterio et à 3 p. 100 dans la cavalerie.
Autrefois il n’y avait pas d’infirmerie dans les casernes allemandes; les hommes reconnus malades étaient envoyés immédiatement au lazaret de garnison; depuis '1883 le j)rincipe des infirmeries régimentaires a été admis en Allemagne.
En Angleterre, il n’y a |>as d’infirmeries régimentaires, une ou
(leux chambres sont réservées pour donner les ju-einiers secours, en cas d’accident.
En traitant à la caserne les maladies légères, on réalise une économie, le prix de revient de la journée d’infirmerie étant moins élevé que celui de la journée d’hôpital. On ne doit garder à l’infirmerie que des hommes atteints d’affections légères ; les moyens diététi(|ues et thérapeutiques dont on dispose sont en effet beaucoup plus limités qu’à l’hôpital; aucune maladie contagieuse, autre que la gale (que l’on guérit en quarante-huit heures), ne sera traitée à l’infirmerie.
d. Lavabos, bains. — Nous avons eu déjà l’occasion de nous occuper de l’installation des lavabos et des bains dans les casernes (Ch. iv). Nous rappellerons seulement ici que les lavabos doivent être placés à proximité des chambres, dans des locaux bien clos, à l’abri des courants d’air, et non dans des corridors. Dans les casernes anglaises, les lavabos sont bien situés aux extrémités de chaque pavillon ou block (fig. 132).
Les bains doivent être placés dans un pavillon séparé, à proximité des cuisines qui pourront au besoin fournir de l’eau chaude pour des bains de pieds.
Dans les casernes allemandes, les salles de bains sont placées auprès des cuisines ou des buanderies dont les chaudières sont utilisées pour le chauffage des bains.
Dans les grandes villes, il y a parfois avantage à avoir des bains servant à tous les corps ou à plusieurs corps de la garnison, d’autant plus que dans les anciennes casernes, l’installation des bains laisse en général à désirer.
Nous avons indiqué (p. 112) quelle devait être la distribution d’un pavillon de bains.
e. Buanderies. Lavoirs. — En Angleterre et en Allemagne, b' blanchissage du linge se fait en général dans les casernes.
A la caserne de Chelsea, on trouve une buanderie avec chaudières, cuves, bassins de lavage, étuve, salle pour les repasseuses, etc.
En Allemagne, il existe en principe une buanderie par bataillon; dans les grands centres, des buanderies à vapeur sont installées pour l’usage commun de tous les coiqis de la garnison.
En Franco, dos essais ont été faits dans ce sens, notamment à .Montpellier on 1888. On réalise ainsi une économie, mais un certain nombre d’bommes doivent être distraits de leur service, ce (jui présente des inconvénients au point de vue militaire.
CASERNES
Les hommes peuvent laver dans les lavoirs une partie de leur linge.
La notice sur les casernements types (1889) prévoit des lavoirs couverts, composés d’une grande auge avec écoulement d’eau continu, dont les deux longues faces seront organisées pour les lavages. On attribuera de 15 à IG mètres de longueur de lavoir à chaque régiment d’infanterie ou d’artillerie et 12 mètres à cluiquc régiment de cavalerie.
A chaque lavoir correspondra un séchoir constitué par des fils de fer galvanisé tendus entre des montants en fer solidement scellés dans le sol.
f. Locaux disciplinaires. — Il y a dans toutes les casernes une salle de police pour les caporaux ou brigadiers, une salle de police pour les soldats, une prison et enfin des cellules.
Il imj)orte que les moyens de répression ne deviennent pas des causes de maladie; le médecin doit donc surveiller avec soin les locaux disciplinaires qui sont généralement assez mal installés.
L’instruction complémentaire du règlement du 30 juin 1856 alloue à chaque homme 9'"^ d’air dans les salles de police et les prisons; cette fixation est notoirement insuffisante; le nombre des hommes à la salle de police ou en j)rison est heureusement j)resque toujours inférieur au chilïre réglementaire.
Autrefois les hommes punis de salle de police ou de prison étaient employés seulement aux corvées de quartier. Aujourd’hui le soldat puni fait son service, de plus il est mis au peloton de punition, c’est là une Irès bonne mesure au point de vue hygiénique et au point de vue de la discipline; les hommes ne vivent plus enfermés jour et nuit dans un local sombre et mal aéré, livrés à une oisiveté dangereuse, ils passent toute la journée à l’air; on ne les enfei’me dans les locaux disciplinaires que le soir, à moins (ju’ils ne soient punis de cellule.
Le militaire à la salle de [)olice a une couverture et une [ciillasse sur un lit de camp; dans les prisons et les cellules il ji’a ([u’une couverture.
Par les tem|)s froids, il y a lieu d’augmeidcîr le nombre des couveilures et môme, si l’on no ])out pas chauller les locaux disciplinaires, de sus[)cndre les jtunitions de salle de police et de prison.
Le [)lus souvent dans les |)risons ou les salles de j)olice il n’y a pas de latrines, un ha([uet en tient lieu. 11 est inutile d’insister sur les inconvénients et sur les dangers de ce procédé primitif.
Tl sera indispensable, à l’avenir, de construire des latrines dans les salles et ])olice de dans les prisons.
La notice sur les casernements types (T 889) prévoit senlenient l’installation d’une tinette et de seaux hygiéniques.
Dans les salles communes (des locaux disci[)linaires) on organisera, dit celte notice, un cabinet en imiçonnerie éclairé et aéré par le haut, avec un siège recouvrant une tinette. Dans les cellules, on placera un seau hygiénique. Le service des tinettes et des seaux se fera toujours ]>ar l’extérieur.
Ijes seaux dits hygiéniques sont évidemment insuffisants.
A la [caserne municipale Schomherg, on a installé avec raison de vérilahles latrines dans les locaux disciplinaires.
Ijes lits de camp des salles de police doivent être démontables, ainsi que ceux du poste de police, afin de permettre le nettoyage quotidien du sol et la désinfection des planches des lits.
g. Cantines. — TjCS cantines sont en général mal installées, peu ou pas ventilées, et il arrive trop souvent qu’on y débite des boissons alcooliques prohibées. T^es cantines doivent être l’objet d’une surveillance attentive, disent les règlements, mais en fait, cette surveillance est tout à fait inefficace; M. le général Ijewal ne voyait d’autre remède que la suppression des cantines.
En supprimant les cantines, on ne ferait qu’achalander les cabarets voisins des casernes, où le soldat ti-ouverait des consommations encore plus mauvaises et ])lus dangereuses que dans les cantines; nous croyons (ju’il faut chercher à améliorer l’organisation des cantines et faire en sorte que le soldat puisse se procurer à bon marché du café et des boissons de bonne qualité (vin, bière, cidre), à l’exclusion de toutes les boissons alcooliijues distillées (eau-de-vie, absinthe, lutter et autres apéritifs). En achetant du vin en S’eus et en le s:ardant dans les caves de la caserne, on pourrait procurer au soldat du bon vin et à très bas prix.
Tjes cantines des casernes anglaises peuvent être considérées comme des modèles à imiter.
« Composée de plusieurs pièces, d’une projireté scrupuleuse, la cantine a l’aspect du èr??’ anglais ; elle est gérée par un sous-oflicier en retraite (jui reçoit b ou G schillings par jour. l.ia cantine étant une inslitntion coopérative, les bénéfices, au lieu de servir, comme en l^b’ance, à enrichir le cantinier, sont employés presque exclusivement à augmenter le bien-êlre du soldat. TjOS premiers profits servent à constituer un fonds de réserve ipii ne peut, dans l’infanfi'rie de ligne, excéder bO livres (environ 12b0 francs), el
CASERNES
tent aux diverses insülulions réi^iinoiil,aii-es : i-epas de Noël, distril)ulions siipi>lémenlairos aux hoinines de garde, mess des sousofliciors, allocations aux Familles des soldats^ mariés, car le soldat anglais, comme chez nous les gendarmes, peut ,se marier avec rauloiisatiou de ses chefs » [Progrès militaire, 2 déc. 1893).
Eu Aile magne, il existe des cantines dans toutes les casernes; ces cantines sont gérées, soit par gestion directe, soit à l’entrej)rise, au gré du chef de corps. Dans le premier cas, une commission spéciale achète les dilTérentes marchandises et fixe les |>rix de vente; les hénélices réalisés à la tin de l’année servent en partie à constituer un fonds de réserve, le surplus est divisé entre les sous-ofliciers et les soldats. Dans les gestions à l’entreprise, le soumissionnaire paye une certaine somme qui est répartie entre les sous-ofliciers et les soldats.
Los soldats peuvent acheter, dans ces cantines, du ])ain, du saucisson, de la bière, du vin, des cigares, du tabac; on n’y trouve ni tables, ni chaises, ni bancs; on évite ainsi que les soldats y fassent de trop longues stations.
Tous les corps de ti'owpe sont pourvus en outre d’un casino ou cercle de sous-oftlciers, avec un restaurant habituellement géré par le corps (Dally, Caliiei's d’enseignement illustrés).
Eti Russie, tantôt les cantines sont à l’entreprise, tantôt c’est le régiment qui achète lui-même et qui vend les denrées.
En Suède, les cantines sont gérées à l’entreprise, sous le contrôle d’un ofticier su])érieur (Bagge, Cahiers d’enseignement illustrés, l’Armée suédoise).
h. Bibliothèque, jeux. — Dans sa remarquable étude sur les casernements à l’étrangei', M. le colonel Grillon constate ([u’en Angleterre on dote largement les (juartiers militaii-es de tout ce (pii peut contribuer au bien-être, aux plaisirs et à l’instruclion du soldai. Des jeux de quilles, de boules et autres sont installés dans les cours, on trouve dans toutes les casernes : des casinos, des cantines et un mess de sous-officiers.
Les casinos, ajipelés salles de récréation régimentaires, sont ouverts aux soldats moyennant une faible rétribution à laquelle s’ajoute une allocation donnée [lar l’Etat. Une commission régimentaire [lourvoit à l’administralion du casino et à l’achat des livres, des journaux [lériodiipies et des jeux. Un bullet de rafraîchissements est installé dans une des salles; on v débite, à des prix modérés, du thé, du café, du pain et du beurre; les autres
boissons y sont interdites. Tontes les grandes garnisons ont nn gymnase couvert, très bien monté en appareils.
Sans aller jusqu’à demander la création de casinos dans les casernes, on peut souhaiter que le soldat ait à sa disposition (juelques salles de jour })Our fumer quand il fait mauvais dehors, une petite bibliothèque dans laquelle il pourrait écrire ses lettres ou lire de bons livres, enfin quelques jeux, comme dans les casenics anglaises, jeux de boules, etc.
Dans tous les postes américains, il y a des salles où le soldai peut se distraire et une école avec une bibliothèque richement pourvue.
Dans les casernes russes, plusieurs pièces sont réservées à diiïérents jeux et à la lecture. Des casinos sont installés pour les sousofficiers.
Dans toutes les casernes de l’armée suédoise il y a un cercle pour les soldats; des jeux d’échecs, de dames et de dominos y sont mis à leur disposition, ils peuvent y fumer, mais sans y prendre de consommations. Les officiers font de fréquentes conférences auxquelles tous les soldats doivent assister. Cliaijue compagnie a une petite bibliothèque qui est mise à la disposition des soldats.
i. Ecuries. — La question des écuries intéresse surtout l’hygiène hij)[)ique, mais les écmâes peuvent devenir une cause de maladie pour les hommes qui sont obligés d’y séjourner longtemps (gardes d’écurie), ou une cause d’infection pour les locaux avoisinants; le médecin ne peut donc pas se désintéresser de leur installation.
Les écuries ne doivent pas être placées au rez-de-chaussée des hàtiments servant à l’hahitation; nous avons déjà signalé les inconvénients de cette disposition.
Dès 1861, la Commission anglaise du casernement s’est prononcée pour les écuries indépendantes et celte règle est aujourd’hui universellement admise, on ne doit mettre ni chambre, ni grenier au-dessus des écuries.
En construisant des écuries indépendantes on assainit le casernement et on assainit aussi beaucoup les écuries.
Autrefois on cherchait surtout à garantir les chevaux contre le tVoid, on ventilait fort })cu les écuries; il en résultait une grande mortalité des chevaux de troupe; la morve était endémiipie dans un grand nombre de caseiTies. La ventilation des écuries situées au rez-de-chaussée, avec un mur dans le fond cl un plafond au-dessus, était d’ailleui’s très difficile. Avec les écuries indéjiendantes on peut faire des jirises d’air de tous les côtés, l’air chaud et vicié
CASERNES
s’échappe par les lanterneaux ménagés à la partie supéiieure; on obtient ainsi un cube d’air l)eaucoup j)lus considérable (pie dans les anciennes écuries et une ventilation énergiipie dont les heureux ellets ont été très reinanpiables. La morve est devenue beaucoii[) plus rare en France et en Angleterre depuis (pi’on a pris le |)arti de ventiler les écuries. D’après Wilkinson, la mortalité des clieA'aux dans l’armée anglaise a subi une réduction de 20 sur 1000 par an (Boisseau, art. Casernes, loc. cit., ]>. 784).
Un cheval exhale 12 fois plus d’acide carboniipie (pi’un homme. D’après le général Morin il faut 180 à 200"*“ d’air par heure et |iar cheval pour (]u’une écurie se trouve dans de bonnes conditions.
Le sol des écuries doit être imperméable.
j. Selleries. — Le cavalier ne doit pas être obligé de transporter dans sa chambre les effets de harnachement, comme cela se prati(juait autrefois; il est donc indispensable de prévoir des selleries à coté des écuries. Tous les eflets de harnachement seront réunis dans ces selleries.
k. Fosses à fumier. — Elles doivent être bien étanches afin que le purin ne puisse pas s’infiltrer dans le sol et le souiller.
On pourrait recueillir le fumier dans des caisses en tôle, comme cela se pratique dans quelques casenies anglaises.
Les fumiers seront relégués sur un point éloigné des locaux d’habitation et des cuisines. L’odeur des fumiers est désagréable, de plus les mouches qui pullulent sur les fumiers vont se poser ensuite sur le pain ou sur les autres aliments et les souillent avec les germes de toute espèce qu’elles transportent. Les fumiers seront enlevés fréquemment.
VL Nécessité d’organiser une étude métuodique des caserne.ments AU POINT DE VUE DE L HYGIÈNE. — Eli terminant ce chapitre, nous croyons devoir apjieler l’attention sur la nécessité d’organiser une étude régulière et suivie des casernements au point de vue de l’hygiène.
Lorsqu’un médecin est nommé dans un régiment, il ignore complètement les conditions hygiéniipies des casernements dont il doit surveiller Thygicne, il faut qu’il se mette [leu à peu au courant et il a souvent beaucoup de peine <à se jirocurei' les renseignements (pii lui sont indispensables; les observations qu’il peut faire lui-môme sont souvent perdues |)Our ses successeurs.
Cependant le médecin a sans cesse à donner son avis sur les
modifications (|u’il convient de faire dans les casernements, au besoin il doit provoquer ces modifications dans des rapjiorts faits :\ l’autorité supérieure quand il a reconnu les dangers, au point de vue de l’état sanitaire, de l’état de choses existant.
D’après la circulaire ministérielle du 29 juin 1883, le concours du médecin est exigé dans tous les cas où il y a lieu de conférer sur les mesures à prendre pour la construction, l’appropriation ou l’amélioration des bâtiments militaires affectés au service de santé
Pour que le médecin militaire puisse se prononcer en connaissance de cause, il faut d’abord qu’il connaisse bien toutes les questions d’hygiène (jui concernent le casernement, il faut ensuite qu’il sache exactement quel est l’état du casernement qu’il s’agit de modifier.
Ces données ne sont pas moins nécessaires an médecin-chef d’un hôjdtal, pour l’hôpital qu’il dirige, qu’aux médecins de régiment pour les casernes.
Pettenkofer et Port ont tracé à la 3® réunion des hvaiénistes allemands, en 1873, le programme suivant des recherches à instituer dans les casernes. Fliigge, dans son Manuel des méthodes de recherches en hygiène (Berlin, 1881), a donné son entière approbation à ce programme [Revue d'hygiène, 1881, p. 163).
« Aux recherches à instituer dans les casernes devront participer les ingénieurs et les médecins militaires et, s’il y a lieu, des chimistes.
« Aux ingénieurs à fournir le plan coté des casernes et environs, avec les détails relatifs au di-ainage, à la constitution géologique du sol (poreux ou imperméable, etc.), à la construction du hàiiment (homogénéité du matériel, quel matériel, quel âge, quelles modifications successives), à rinstallation des latrines, au euhage des chambres. Ils devront indiquer en plus : la nature, la provenance et l’aménagement de l’eau potable, la situation et la conslitution des champs de manœuvre. Ils placeront des points fixes au niveau de la surface de la terre, dans le puits de la caserne, et
1. Un méilccin niilil.iire fait également partie de la commission {['assiette du casernement. Tous les ans, dans chaque garnison, une commission, composée du commandant irarmes, du clief du génie, d’un sous-intendant militaire et d'un médecin-major de la garnison, se réunit i)onr établir ou réviser l’état du casernement ou, suivant le mot consacré, l’aMtef/edn casernement. Pour chaque bâtiment, on indi(iue les dimensions, la contenance et l’aircctation <le tous les locau.v. Pc numéro de chaciue chambre, sa destination, le nombre des lits qu’elle peut contenir quand elle est alfectée au logement des troui)es sont inscrits au-dessus île la porte d’entrée. Les dilférenls bâtiments sont désignés par des lettres.
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('tal)lironl le niveau avec la cote moyenne du fleuve ou du ruisseau voisin.
« Los médecins mililaires devroni; noter chaque mois la répartition des hommes dans les chambrées, marquer les cas de lièvre tvphoïde (ou de choléra, dysenterie, etc.) sur des plans lithographiés, fournis par le génie, établir des tableaux graphiques de la morbidité, suivre du môme pas les épidémies dans la population civile, faire chaque jour la mensuration de la hauteur de l’eau souterraine et faire cha({ue semaine la détermination de la température de cette eau, noter chaque jour la température du sol à une profondeur de 1 m. 50 à 3 mètres, ainsi que la quantité de pluie tombée.
« Les chimistes feront tons les jours l’analyse de l’eau et toutes les semaines celle de l’air du terrain poreux, à une profondeur de 1 m. 50 à 3 mètres » [Revue d'hygiène, 1881, p. 163).
Le programme serait à revoir, mais l’idée qui l’a dicté nous paraît excellente.
Les docteurs Port et Rotter ont insisté sur l’utilité de ce qu’on a appelé la slalisiiqne localisle. Toutes les chambres de la caserne sont représentées par des cases numérotées et disposées dans le même ordre que les chaml)res elles-mêmes. Lors(|u’un homme est atteint d’une maladie contagieuse, on trace, dans la case qui correspond à la chambre qn’il occupait, un petit rectangle dont la couleur varie avec le genre de la maladie, et l’on indique, à l’aide de signes conventionnels inscrits dans le rectangle : la date de l’invasion de la maladie, la durée d’habitation dans la caserne et le mode de terminaison de la maladie.
En 1884, ]\I. le médecin principal Renard a proposé avec raison de créer, dans les casernes et dans les luq)itaux mililaires, un carnet de casei’iiement; le médecin chef de service sejviil chargé de tenir ce carnet au courant et de le transmettre à son successeur.
D’aj)rèsM. Renard, le carnet de casernement devrait contenii’ les indications suivantes ; plan des bâtiments de l’établissement militaire avec indication des conduites d’eau, des puits, des citernes s’il en existe, des égouts, des fosses fixes, des fumiers; conij)osition géologique du sol, hauteui- de la nappe d’eau sf)uterraine et variations do hauteur de cette na|»pe; j)rovenance et qualité des eaux. Maladies régnantes. Le médecin chef de service mentionnerait chaque année sur ce carnet (pielles ont été les maladies é[)idémiques observées, avec l’indication des bâtiments et dos
chambres qui ont fourni les malades , et ses observations sur l’bygiène du casernement.
Depuis plusieurs années, les carnets de casernement ont été adoptés dans l’armée allemande *.
I. Renard, Essai sur un projet d’études méthodiques de l’hygiène des casernements. Arch. de méd. inilit., 1884, t. III, p. 49. — Rotter, Archiv. /'. Ilygiene, 1884, p. 86. — Rourgeois, Essai de statistique localiste, Arch. de méd. milit., 1888. t. XII,