‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 62 sur 115 · CAMPS. — CANTONNEMENT. — BIVOUAC · texte numérisé non relu

CAMPS. — CANTONNEMENT. — BIVOUAC

1. Camps baraqués. — Historique. — Camps baraqués en France, camps de Boulogne, de Chàlons, des environs de Paris, d’Avor. — Camps baraqués à l’étranger. — Choi.v de l’emplacement d’un camp baraqué. — Disposition générale des camps baraqués. Conditions que doivent remplir les baraques.

H. Camps sous tentes. — Historique. — Considérations générales sur les tentes. — Description des principaux modèles de tentes en usage dans les armées. — Tentes de marche. — Autres tentes utilisables pour le campement des troupes. — Installation des camps sous tentes. — Mesures à prendre pour prévenir l’infection du sol. — Couchage. — Feuillées. — Cuisines.

III. Cantonnement. — Différentes espèces de cantonnement. — Avantages et inconvénients du cantonnement. — Mesures à prendre pour éviter la propagation des maladies contagieuses.

IV. Bivouac. — Choix de l’emplacement. — Règles suivies pour l’installation des bivouacs.

I. C.AJiPS iî.\R.4QUÉs. — Les caiiips baraqués ont été souvent employés pour le logement temporaire des troupes, lorsqu’il était nécessaire de réunir un grand nombre d’hommes pour des manœuvres ou pour une cam|)agne et aussi pendant les sièges.

Le mot baraque vient, comme le mol caserne, de l’espagnol ; le mot harraca désigne, en espagnol, une hutte de pécheur; les baraques qu’on construisait aux xvii“ et xvni° siècles pour pi'otéger le soldat en campagne étaient des plus ])iimitives.

A. Historique. — a. Camps baraqués en France. — L’histoire des c.am])S baraqués est très intéressante parce qu’on peut en tirer des enseignements importants au point de vue de la valeur hygiénique des baraques; il est donc nécessaire (|ue nous nous y ari'étions un ])eu '.

I. (iénéral Baudin, Arl. Baiiaque et Bamaquement in Diction, de l’armée de terre, Paris, 1851. — .(. I’éiiier, Histoire méd. tics camiis de Boulogne, Bec. mdm. mêd. m'dil.. 2" série, t. XVIII, p. 1. — Michel Lévy et E. Boisseau, Art. Gasip in Diction.

Le premier camp baraqué inslallé en France est célèlire, c’est le camp de Boulogne, organisé en 1803.

Au mois de septembre 1803, les premières troupes quittèrent leurs garnisons et vinrent occuper les camjis placés à droite et à gaucbe du port de Boulogne. Les soldats construisirent euxmêmes des baraques avec des perches, des pierres et ilu gazon. « Les baraques étaient isolées et présentaient leur alignement sur un vaste front de bandière qui avait plus d’une lieue d’étendue. A mesure que l’armée s’augmentait on construisait une seconde et une troisième ligne. Derrière celles-ci se trouvaient les logements d’officiers et les cuisines. De distance en distance les lignes se trouvaient coupées par des rues disposées de manière qu’elles séj»araient les bataillons. » (Behtrand, Histoire de Boulogne, cité par J. Périer, ojo- cit.)

D’autres camps furent établis successivement à Terlinctbun, à AVimereux, à Ambleteuse, à Étaples; 160 000 bommes et 16 000 marins se trouvèrent bientôt réunis autour de Boulogne.

L’installation de ces camps était, comme on Amit, très primitive; heureusement les emplacements étaient favorables, les soldats étaient bien nourris, bien entraînés, ils respiraient un air pur et vivifiant, et ils prenaient fréquemment des bains de mer. Li' camp ne fut leAm que le 21 août 1804; pendant toute sa durée l’état sanitaire avait été excellent; l’armée du camp de Boulogne exécuta, vers le Rhin, une marche admirable par sa régularité et sa rapidité, sans laisser presque de ti’aînards, et la AÛctoire d’Austerlitz termina brillamment cette belle campagne.

En 1854, 011 forma de nouveau à Boulogne un camp baraqué dans le but d’y réunir les troupes qui deA’aient être envoyées en Crimée. Périer, médecin inspecteur de l’armée, a écrit l’histoire de ce deuxième camp de Boulogne qui fut, au point de vue sanitaire, beaucoup moins heureux que le premier.

Au printemps de 1854 un décret impérial prescrivit la formation d’un camp du Nord de 100 000 bommes; on installa quatre camps à Honvault, à Equihem, à Wimereux et à Ambleteuse. Le

15 juillet 1854 l’effectif des troupes autour de Boulogne était d(‘

16 000 hommes.

Los camps étaient placés au sommel de lafalaisc dont la hauteur varie entre 10 et 40 m. Les baraques étaient construites par les

cncyclop. des sc. méd. — Rapport de la liante commission militaire à l’e-Kposilion universelle lie Paris, Paris, 18(59. — Mauvaud, Etude sur les casernes et les cainjis permanents, Ann. d’hyg. publ., 1879. — Parkes, MonACiiE, Roth et Lex, o/j. cil.

CAMPS BARAQUÉS ;J4:j

soltlats, d’après un type uniforme; chacune d’elles devait contenir 12 hommes. La charpente était faite de piquets de 9 à 10 cm. de diamètre avec des pi(|uets intermédiaires plus minces; des saucissons de paille passés dans la terre glaise formaient un clayonnage entre les [)iquets, ce clayonnage était ensuite enduit à l’intérieur et à l’e.xtérieur avec la môme terre. La couverture, en paille, avait d(' 20 à 21 cm. d’épaisseur. Chaque baraque avait une porte en hf)is Idanc et deux fenêtres et était garnie de lits de camp en planches.

Les hai'aques étaient rangées sur plusieurs lignes parallèles.

L amp de Boulogne fut visité, en 1854, par le choléra qui d’ailleurs régna cette année dans l’Europe entière ; mais, en dehors de cette épidémie générale, on observa au camp des épidémies de fièvre typhoïde, de dysenterie et même de scorbut.

L’exj)érience démontra (jue le camp de Boulogne était troj) excentrique; il était peu logique d’envoyer des soldats à Boulogne pour les expédier de là en Crimée, en leui- faisant traverser de nouveau la France. A la suite de la guen-e de Crimée le camp de Boulogne fut abandonné pour le camp de Chàlons.

Les huttes informes, les /a^pmières, comme on les appelait, que nos soldats construisirent pour s’abriter pendant le siège de Sébastopol, ne méritent pas le nom de baraquements. On sait quels ravages le typhus, le scorbut, la dysenterie et le choléra firent dans ces abris improvisés qui s’infectaient rapidement. Pendant le deuxième hiver du siège, les Anglais possédaient des baraquements confortables; ce fut là une des causes auxquelles l’armée anglaise dut d’échapper presque complètement aux épidémies qui continuaient à sévir cruellement sur noire armée.

Le camp de Chàlons fut installé en 1857 sur l’emplacemenl qu’il occupe encore aujourd’hui; cet emplacement, (|ui mesure 7 à 8 kilom. de long sur 275 m. de large, est situé sur les bords d’un petit cours d’eau, le Cheneu.

La ])remière année les troupes fiu'ent cam[)ées sous la tente; c’est à la fin de l’été de 1858 ([u’on éleva les ]»remières baraques, qui furent disposées en deux rangées, perpendiculairement au froiit 'le liandière '.

Les hara'jues, coiu|>osées d’nn sini])le l■ez-de-chaussée élevé au- 'lessns du sol, étaient en briques ou (ui pisé, avec plancher et ]tla-

I. Hn lormes (U; campcmenl, on désigne sous le nom de fronl de Uindiere le côlé du camp ([ui est loiinié ou (pii est censé être lourné vers l’ennemi. Pour former un rainp, la première chose à faire esl de délerminer le fronl. de handière. D’après un précepte, élahli [>ar de Puységur en PUS, le front de handière doit être égal el parallèle à la ligne de halaillc.

fond; les parois intérieures étaient recouvertes de plâtre; le toit était garni d’ardoises. Le couchage était le môme que dans les casernes.

Dans chaque baraque il existait une chambre de dü lits pour les soldats et une petite chambre, à l’une des extrémités, pour les sousofficiers. Les grandes chambres mesuraient 27 m. de long sur 6 m. de large et 3 m. 25 de haut, ce qui donnait un cube d’air de 526“^50, soit 10”“ par homme en supposant les 50 lits occupés (Boisseau, op. cil.).

En arrière des baraques destinées à la troupe, 32 baraques perpendiculaires aux premières abritaient les cuisines, les cantines et l’infirmerie.

Plus en arrière, 16 baraques, ayant la môme direction que les précédentes, servaient aux mess et au logement des officiers.

Sur une quatrième ligne étaient les lavoirs et les écuries.

Enfin, ]ilus en arrière encore, les latrines.

Il résulte de tous les documents que nous possédons sur le fonctionnement du camp de Cbâlons jiendant le deuxième Empire, et notamment des rajiports de Goitres, de Périer et de M. le baron Larrey’, que l’état sanitaire y était toujours excellent, mais il faut remarquer qu’il s’agissait d’un camp de manœuvres, qui n’était occu})é que pendant quelques mois de la belle saison, et il faut se garder de confondre les camps avec les camjis tempo-

raires d’instruction.

Les troupes qui sont envoyées pendant l’été dans les camps, se trouvent dans de très bonnes conditions; les hommes passent une partie de leur temps à la manœuvre, ils s’enferment rarement dans leurs baraques et, comme il fait très chaud, ils laissent presque toujours les fenêtres ouvertes, môme jiendant la nuit; c’est en hiver que les camps baraqués présentent le plus d’inconvénienis, ainsi que nous le verrons plus loin en faisant l’bistoire des camps des environs de Paris en 1871.

D’autres camps baraqués furent installés, sous l’Empire, à Sathonay, près de Lyon, et à Lannemezan; au camp de Satbonay était installée en permanence une division qui se renouvelait tous les trois mois.

Le camp de Cbâlons est devenu un camp permanent, maislaplu-

I. Lariœy, liée. mém. méd. milil., 1858, 2" série, l. XXI. — .1. PiiiUF.n, Même liée., S" série, l. 1, p. 1. — Goffees, Même liée., 3" série, L Xlll, p. 4SI, 127, 223, 293. — MoiiiN, Le camp de Châlons, Paris, 1839. — Espitalieh, Les origines du camp de Chàlons, lievue du (jénie viilit., 1894.

CAMl^S ÜARAQUES

|nii‘t (les baracjues primitives ont éUî reconslruites et ])eii à peu ces constructions se sont rapprochées du ty|>e de casernement (pie nous aA'ons décrit sous le nom de hlock à simple rez-de-chaussée, en s’éloignant du type de la baraque [troprcment dite.

En 1870-71, pendant le siège de I*aris, de nombreux baraque ments furent construits })Our loger les troupes. Ces baraquements, faits à la hâte, étaient en général très défectueux; au Champ de Mars, les mêmes baraques servaient d’abiâs pour les hommes et pour les chevaux. L’encombrement était considérable et les résultats, au point de vue hygiénique, furent des plus mauvais, mais il n’y a pas lieu d’insister sur une expérience faite dans d’aussi mauvaises conditions.

Les camps qui furent installés peu après, dans les environs de

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Eig. 139. — Baraquements d'un régiment d'infanterie (eamp de Saint- Oermain, 1872). — A, C bataillon. — B, 2“ bataillon. — G, 3’ bataillon. —

O, a, a, compagnie. — h,b,b. 2* compagnie. — c,c,c, 3" compagnie. — i" compagnie. — e,e,e, ô' compagnie. — compagnie. —

Sous-officiers. — Cantines. — i,i, Cuisinos. — Armuriers.

— k. Tailleurs. — l. Prison et salle de police des soldats. — m. Salle do police des sous-officiers et poste do police. — n, Cordonnier. — o,o,o, Officiers. — p. Vaguemestre et tambour-major. — 17,17, Infirmeries. — r, Médecins. — s, Habillement. — i, Officier payeur. — u. Bureaux. — v, Bibliothèque. — x, Mess des officiers. — y. Colonel, lieutenantcolonel et chefs de bataillon. — j. Chef do musique. — 1), Kenries. — K, Gymnase. — F, Salle do rapport. — G, Écolo. — L,L,L, Latrines. (D'après Mauvaud, op. cit., p. IM.)

l^iris, méritent au contraire toute notre attention. La plus grande partie de l’armée (pii avait jiris part au siège de Paris fut logée flans des baraques; les emplacements des camps installés à Satory, V illeneuve-l’Etang, à Meudon, à Saint-Maur, à Saint-Germain, à Uocfjuencourt, étaient magniüques et l’on [louvait se procurer tous

Laveran, Ilyg. milit. 3o

les matériaux de construction qui élaient nécessaii-cs ; l’expérience des camps baraqués fut donc faite cette fois dans d’excellentes conditions.

La figure 139 donne la disposition générale des baraques d’un régiment d’infanterie au camp de Saint-Germain. En arrière des baraques des hommes, formant trois grands groupes A, 13, G, un par bataillon, se trouvait une ligne de baraques pour les cantines, les cuisines, les ateliers et les locaux disciplinaires, puis venaient les baraques des officiers, différents locaux accessoires et enfin, tout à fait en arrière, et séparées par une route du reste du camp, les latrines.

Le type des baraques différait quelque peu dans ces camps; nous prendrons comme type les baraquements du camp de Yilleneuve-l’Etang.

Ce camp était situé le long de l’allée de Villeneuve dans les parcs de Saint-Cloud et de Villeneuve-rEtang; les baraquements

Fig. 140. — Baraiiiio au camp de Villeneuve-l'Étang. Élévation d'un des grands côtés.

Fig. I-ll. — Même baraque cpio dans la figure précédente, élévation d'un dos pignons.

Fig. 112. — Même baraque que dans les ligures précédentes. Coupe transversale.

terminés à ta fin de l’année 1871 étaient destinés au logement de deux divisions d’infanterie et de deux batteries d’artillerie. Le camp s’étendait de l’est à l’ouest, le front de bandière regardant le nord. Les baraques de la troupe avaient leur grand axe dirigé du nord au sud.

Les baraques mesuraient 18 m. 50 de long sur 5 m. 50 de large; la bauteur des parois sur les grands cotés était de 2 m.; la bauteur des extrémités formant pignon, de 3 m. 25. Les grands côtés étaient percés de 5 fenêtres plus larges que liantes, mesurant 1 m. 30 sur 0 m. 05. 11 v avait des |)orles aux deux extrémités.

CAMPS BARAQUÉS

Les Hi^ures 140, 141 et 142 représentent, d’après Marvaud {ojo. cil.), l’élévation et la coupe d’une de ces baraques.

Les parois étaient en planches de sapin avec comTe-joints. Dans quelques baraques il existait une ])aroi double, en planches, avec une couche d’air isolante.

Aucune disposition particulière n’avait été prise pour la ventilation, et le cube d’air n’était que de 6““,G60; il était également insuffisant dans les baraques des autres camps, sauf au camp de Saint-Maur, où il atteignait 13”^ par homme.

La toiture était faite primitivement de planches recouvertes de papier bituminé ; mais le papier se trouait assez rapidement et de plus cette toiture ne protégeait pas contre la chaleur; on remplaça le papier bituminé, par des tuiles qui protégeaient les baraques d’une façon bien plus efficace contre la pluie et contre les rayons du soleil.

Les baraques n’étaient pas surélevées au-dessus du sol et il n’y avait ni plancher, ni enduit imperméable sur le sol, ce qui constituait une cause puissante d’infection.

D’autres causes d’insalubrité existaient dans le camp de Villeneuve : le sol argileux se détrempait facilement et rendait la circulation difficile dans le camp, l’écoulement des eaux ménagères était difficile, l’installation des latrines était trop sommaire, etc.

L’état sanitaire fut satisfaisant dans les camps des environs de Paris pendant l’été de 4871 ; les camps venaient d’être occupés, les hommes vivaient hors des baraques, et la nuit, les fenêtres restaient ouvertes. Pendant l’hiver de 1871 à 1872, la situation se modifia : les hommes étaient obligés par le mauvais temps de l’ester enfermés et, comme les baraques étaient très mal chaufTées, ils fermaient avec soin portes et fenêtres, ils calfeutraient toutes les issues; d’autre part, le sol s’infectait de plus en plus; dans ces conditions, on ne peut pas s’étonner si l’état sanitaire devint mauvais, et si l’espoir •les hygiénistes, qui avaient rêvé de remplacer les casernes par des camps baraqués, analogues aux camps baraqués américains, fut •léçu. Le noml)re des malades alla toujours croissant dans la [)lupart des camps baraqués des environs de l'aris; la fièvre tyj)b(yide y fit de noml)reuses victimes et quand les Iroupes (juittèrent les camps pour rentrer dans les casernes, ce fut à la satisfaction générale.

En 1872, de nombreux casernements baraqnés furent construits dans les départements de l’Est pour loger les trouj)es allemandes d’occupation. Ces baraques, dont les plans avaient été tracés pai‘

une commission militaire présidée par un médecin militaire prussien, laissaient peu à désirer.

Chaque bâtiment mesurait 45 m. de long sur 8 de large et 3 de haut. A l’intérieur, existait un couloir, d’une largeur de 2 m.,, avec des chambres pour les sous-officiers aux deux extrémités. Les chambres plafonnées, de 3 m. de haut, contenaient de 12 à 20 lits; le cube d’air était de 12”^ au moins par homme. De nombreuses fenêtres donnaient accès à l’air et à la lumière.

Les planchers étaient élevés de 0 m. 25 au-dessus du sol.

L’ameublement consistait en lits de fer ou de planches, en petites armoires pour les effets, en tables, bancs, poêles, etc.

Les pavillons des officiers, construits en briques, comprenaient chacun quatre pièces d’habitation, plus une cuisine et des locaux de service (Morache, Traité d’bygiène milit., première édit., p. 500).

Ces baraques, construites pour les Allemands, ont été ensuite utilisées sur plusieurs points pour nos troupes (Saint-Nicolas, Saint- Dié, Verdun).

Les baraques du camp d’Avor, près de Bourges, ont été beaucoup mieux construites que les baraques des camps des environs de Paris ; quand les baraques atteignent ce degré de perfection, ce sont de véritables casernements qui peuvent présenter tous les avantages des casernes à pavillons séparés.

Chacune des baraques du camp d’Avor mesure 25 m. de long sur 8 de large, 3 m. de hauteur sur le côté et 6 m. jusqu’au faîtage. La baraque est divisée en cinq compartiments, égaux entre eux, et cubant environ 180'“^ dans lesquels sont logés 12 hommes, qui ont ainsi chacun 15“* d’air. Les pignons des baraques sont en maçonnerie, les parois sont en jdancbes, revêtues d’un doublage intérieur en briques posées de cbamp; entre le bois et la brique existe un espace vide de 0 m. 10 à 0 m. 12; la couverture des baraques est en tuiles placées sur plancbes jointives; les baraques des officiers sont seules plafonnées. Le plancber repose sur des lambourdes à 1 m. environ au-dessus du sol'.

b. Camps baraqués à rélranrjer — Parmi les camps baraqué.s

1. MoRACiiiî, Hygiène milil., H” édil., p. 498. (l’a])rès des rcnseigneinoiils fournis I>ar Cil. Sarazin.

2. Consulter sur ce. sujet, outre les Traités généraux d’hygiène milit., et le mémoire déjà cité de M. le IV Mauvauü, les ouvrages suivants : Meuciiie, Malad. observées au camp de Beverloo. Arch. de méd. milit. belles, ISiil. — Ueluaie, Mémo sujet, Même liée., 18ü9. — Vigo-Roussiu.on, Puissance milit. des IHats-Unis, l'aris, I8ÜIL — Heyi'eldem, Das Lagcr von Krasnoe Sélo im Yergleicli mit dem von Cliàlons, Berlin, I86ü. — BAuomo, 1 campi delP Inslruzione in Italia ncl 1805, Pirenze, 1866.

CAMPS BARAQUÉS oiO

construits à l’étranger, les cani|)s américains méritent certainement irotre cités en première ligne, à cause de leui' nombre et de leur étendue d’abord, et aussi à cause de leur bonne installation.

Au début de la guerre de la Sécession il fut nécessaire de pourvoir très i-apidement au logement de [)lus de 50Ü 000 hommes; de tous cotés s’élevèrent des camps baraqués et les américains acquirent bien vite une grande expérience dans ce mode de constructions légères. Aj)rès la guerre, un grand nombre de ces camps furent détruits, mais au jourd’hui encore les trouj)es Américaines qui occu- [>ent les postes militaires ou les forts situés sur les frontières, sont logées dans des baraques.

On a souvent reproduit les plans d’ensemble de différents camps baraqués américains dans lesquels les baraques sont disposées tantôt sur les côtés d’un carré ou d’un losange, tantôt suivant les rayons d’un cercle, tantôt enlin d’une manière irrégulière; cette disposition générale des baraquements ne présente pas grand intérêt, on peut même dire que, malgré leur ingéniosité apparente, la j)lupart des dis])ositions adoptées par les Américains sont mauvaises et ne valent pas le procédé très simple, généralement adopté en France, qui consiste à construire les baraques sur des lignes parallèles, de façon à pouvoir leur donner à toutes une bonne orientation ; la partie vraiment intéressante dans le camp baraqué américain c’est la baraque elle-même et le procédé employé pour assurer la ventilation en été et en hiver.

Les baraques, qui sont construites en j)lanches ou en bri(|ues, se composent soit d’un simple rez-de-chaussée, soit d’un rez-dechaussée et d’un étage. La baraque à un étage est divisée en deu.x compartiments semblables dont chacun sert à loger une compagnie. Au rez-de-cliaussée se trouvent : la cuisine, l’office, le réfectoire, les lavabos, une chambre d’officier et des chambres pour les sousofficiers; au premier étage, deux grandes chambres servent de logement aux soldats.

A la partie supérieure de la toiture et dans toute la longueur de la chambre est ménagée une ouverture de U m. dO environ de largeur (jui pei'inet à l’air chaud et vicié de s’écha])per au dehors; un petit toit, à pentes parallèles à celles du toit, recouvre cette ouverture su[)érieure (surtoit, Heiterdach des Allemands) ctem|)êche la pluie de tomber dans la chambre (fig. Hd); cette baie est tou-

— Kirciiner, Mililür Hygiène, 18fi9. — UiipiJorL de la haute Coiniuission milit. à l’exposition (le 1809. — Circulai’ n° i. War departmeiil. Surgeon generars Office, Washington, 1870.

aiiü

jours ouverte pendant la belle saison. L’air frais pénètre par les fenêtres ou par des orifices placés au-dessus du plancher qui est double.

Pendant l’iiiver, des poêles en fonte placés aux extrémités de chaque chambre assurent à la fois la ventilation et le cbautïage. Chacun de ces poêles est entouré en partie par une enveloppe de

Fig. 1 13. — Disposition du faîte do la baraque américaine (veulilation d'été).

Fig. 141. — Baraque américaine. Coupe transversale ; disposition d’un poêle (vu de face), des prises d'air et de la manche à air (ventilation d'hiver).

Fig. 115. — Disposition d'un poêlo('vu do côté), des prises d'air iot'do la manche A air dans une baraque américaine.

zinc qui communique avec la prise d’air du plancher (fig. 144 etl4S). L’air extérieur se réchautïê au contact du poêle, au moment où il pénètre dans la chambre. L’évacuation de l’air vicié est assurée par une gaine formée de quatre planches qui entoure la! partie supérieure du tuyau des poêles et (jui va déboucher àTl’extérieur; sous l’induence de la chaleur des gaz de la combustion qui parcourent le tuyau du poêle, l’air coiu]iris entre le tuyau et le manchon s’échauffe, et il se forme un courant d’air ascendant. Le coude du tuyau du poêle doit êire très marqué pour que l’orifice de sortie de l’air ne se trouve pas au-dessus de l’orifice d’entrée (fig. 145).

CAMPS KARAQUÉS

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Los j)rinci[)ciux cami)s ainôi-icains soni, situes dans la Colombie, la Californie, le Dakota et l’Ai-izona.

En 185i, on a créé en Angleterre les camps permanents de Curragh, et d’Aldershot, dont les baraques peuvent être données comme des modèles avecles baraques américaines. Les bai’aquements sonI disposés en dix séries de carrés ; au centre de cluKjue carré estime cour intéiâoure de llo m. sur 110. Les baraijues sont construites en sapin avec double paroi; la jiaroi e.xtérieure est peinte, les toits sont recouverts de feutre asphalté.

Les baraques mesurent, pour la plupart, 13 m. de long sur 1 de large; celles qui sont destinées aux soldats ne contiennent qu’une chambre pour 2o hommes; chaque homme dispose de 10"'^ d’air au moins. Les baraques dessous-officiers comprennentG pièces chauffées avec des cheminées; les chamhi’es des soldats sont chauffées à l’aide de poêles du Canada.

La ventilation dos baraijues est très bien assurée; outre les portes et les fenêtres, il existe dans chaque pièce hahitéi;, sous les sablières et dans chaque trumeau, un orifice d’aération carré, d’environ 0 m. 20 de coté, fermé par de petites jiersiennes en tôle. Dans les plafonds ont été j)ercées des cheminées d’aération, quelquefois engagées dans les cheminées ordinaires, quelquefois isolées et allant toujours déboucher sur le toit. Pour éviter l’échauflement dans les baraques, l’air circule librement, (juand la saison l’exige, entre les deux parois en bois des murailles. Sur la surface extérieure, les planches se recouvrent de haut en bas ; à la surface intérieure, le recouvrement se fait de bas en haut. On peut alors faire des lavages au lait de chaux dans les Joints, de manière à détruire tous les insectes parasites.

Tjes [)récautions contre l’incendie ont été [irises avec méthode ; à cet effet, les lignes de hara([ues sont interrom[)ues par des haraijues en fer, doublées de bois ou de briipics, avec toit en fer. Les es|)aces qui sé[>arent les régiments sont divisés par des traverses de terre de di.x-huit [lieds d’élévation, terminées aux den.x extrémités par des murs de soutènement en briques. (Iîap|)ort de la haute Commission milit. à l’expos. univ. de Paris; Paris, 180Î), p. 292.) •

L’armée russe a trois camps [lermancnts, ceux de Moscou, de Kr asnoe-Sélo et de Varsovie.

Au cam[) de Moscou (au nord-ouest et à [iroximilé de cette ville), les troupes sont logées sous des tentes carrées. Des baraquements existent [lour les magasins, les cuisines, les réfectoires.

le mess des officiers ; le camp possède un établissement de bains de vapeur, les soldats prennent au moins un bain par semaine.

Le camp de Krasnoe-Sélo est situé entre Saint-Pétersbourg et Gatchina; il est séparé en deux [lar le lac Douderliof. C’est le camp d’instruction des régiments de la Garde et des écoles militaires de Saint-Pétersbourg. Les troupes sont logées dans des baraquements en planches ou sous la tente.

D’après Kirchner et Heyfelder, l’état sanitaire est très satisfaisant au camp de Krasnoe-Sélo.

L’installation du camp de Varsovie est semblable à celle du camp de Moscou (Dally, Cahiers d’enseignement illustrés, l’Armée russe).

En Allemagne, il n’y avait ]>as eu jusiju’ici de camp baraqué ; les troupes étaient cantonnées pendant les manœuvres.

Un camp de manœuvres est en construction à Dœbcritz. Le camp pourra contenir 6 000 h. Les baraques sont en tôle ondulée, mais l’intérieur est constitué par un coffrage en bois [Revue du Cercle milit., 1895, p. 635).

En Italie, il existe plusieurs camps d’instruction, à Somma, Fojano, San-Morizio, mais ■ les troupes n’y séjournent }ias longtemps.

Ij’armée danoise a le camp d’instruction de Hald, situé à 1 kilom. de Viborg, à proximité d’un lac dans lequel les soldats peuvent s’exercer à la natation. Les troupes sont campées sous des tentes de forme pyramidale qui jieuvent contenir 16 h., mais dans lesquelles on n’en met jamais que 14. Le sol est recouvert de planches. Le plus souvent le camp d’instruction est établi dans le pareille Jaegersborg et le bois d’Ernselund au voisinage de Copenhague.

En Delgique, le camp baraqué de Beverloo n’est occupé que pendant quelques mois de la belle saison, et les mômes troupes n’y séjournent pas plus de deux mois-. Le camp est entouré de ju'airies marécageuses et les bommes qui y sont envoyés contractent souvent la fièvre intermittente (Meiichie, Dicluaie).

De cet historique des camps baraqués nous croyons pouvoir conclure : 1" (jue les camps haraipiés temporaires, qui ne sont occupés que pendant la belle saison, et dont l’emplacement a été bien choisi, donnent le plus souvent des résultats satisfaisants, alors môme que les hai-aquements sont défectueux; 2“ (pic les camps

CAMPS BARAQUÉS ;io3

l)ara(jués permanents sqiiI dangereux quand ils ne sont pas installés dans d’excellentes conditions hygiéniques et que, (piand toutes ces conditions sont remplies, il ne s’agit plus de haraejues, mais de véritables casernes à ])avillons séparés (camps américains, camp d’Avor, etc.).

B. Choixde remplacement d'un camp baraqué. — La jdupart des considérations relatives au choix de l’emplacement d’une caserne (Ch. xm) s’appliquent au choix de l’emplacement d’un camp baraqué; les camps baraqués sont en effet construits pour un certain nombre d’années, ils n’ont pas la mobilité des camps sous tentes, et si l’emplacement a été mal choisi, un grand nombre d’hommes, qui viennent tour à tour séjourner dans le camp, ont à en souffrir.

Avant de s’installer dans un camp, les Romains examinaient les viscères des animaux vivant dans la localité, ce qui ne pouvait pas leur apprendre grand’chose, attendu que les maladies des animaux sont très différentes de celles de l’homme.

Cambyse conseille à Cyrus d’interroger les indigènes sur la salubrité des localités et d’examiner la constitution physique des habitants et la couleur de leur teint (Xénopiion).

Vitruve (Traité de l’architecture, liv. I, ch. 4) donne le môme conseil, qui est bon à suivre dans les pays palustres. On connaît bien vite dans ces pays les localités malsaines dont les habitants j présentent les signes de la cachexie palustre.

Végèce a très bien résumé, dans le passage suivant, les condij lions principales que doit remplir l’emplacement d’un camp :

1« 11 faut, dit-il, asseoir un camp dans un lieu sûr, où l’on puisse avoir abondamment du fourrage, du bois, de l’eau et où l’air soit sain, si l’on doit y demeurer longtemps. Il faut camper en été à t [)ortée des bois et des fourrages, en tout temps sur un terrain qui ^ ne soit ni commandé, ni sujet aux inondations... ».(Végéck. De re i militari) .

i La plupart des auteurs qui ont éci'it sur ce sujet n’ont ajoulé ^ <pie peu de chose aux règles tracées par Yégèce (Michel Lévv et i Boisseau, Art. Camp du Diction, encyclop. des sc. méd.). f Pai’kes conseille très judicieusement, lorsiju’il s’agit de choisir l’emplacement d’un camp permanent, d’envoyer dans la localité I <les officiers chargés d’étudier le terrain, les eaux, de faire des observations météorologiques ; comme le font remar(|uer MM. Michel Lévy et Boisseau, il est indispensable que des médecins parlicijient à ces travaux pour étudier les maladies endé-

iniques et épidémiques et nous devons ajouter, aujourd’hui, pour Faire l’analyse bactériolog'i([ue des eaux.

Le sol sur lequel on installe un camp doit être perméable, en pente douce, de manière à assurer aux eaux pluviales et au.x eaux sales un écoulement facile. La salubrité du camp de Cbàlons a été attribuée avec raison à la facilité avec laquelle l’eau est absorbée par le sol crayeux ; lorsque le sol est argileux, comme il l’était au camp de Villeneuve-l’Etang, l’écoulement des eaux se fait mal, ce qui entretient une humidité constante, de plus la cii'culation est rendue difficile en hiver dans le camp et la boue envahit tout.

Les routes et les chemins intérieurs doivent être empierrés de façon à ce que la circulation soit toujours facile.

Non seulement le sol du camp ne doit pas être marécageux, mais il ne doit pas y avoir, comme au camp de Beverloo, de marécages à proximité.

Dans les pays chauds, les camps baraqués seront construits sur des lieux élevés et bien aérés.

Le voisinage des bois est plus nécessaire pour les camps temporaires, sous la tente, que pour les camps baraqués, dans lesquels on peut toujours faire apporter du combustible ; les camps baraqués ne doivent pas être placés au milieu des bois, les arbres de haute futaie donnent, en été, par les grandes chaleurs, une ombre agréable, mais ils entretiennent une humidité dangereuse, et ils empêchent la ventilation de se faire dans de bonnes conditions. Le camp baraqué doit être placé dans un endroit découvert et bien ventilé quoique abrité contre les vents régnants.

La question de l’eau a la plus grande importance. Il faut beaucoup d’eau pour la boisson des hommes et des cbevau.x, pour les cuisines, pour les soins de propreté (lavage des hommes, nettoyage du linge, des locaux, etc.), et il est indispensable {[u’une partie au moins de cette eau, celle qui est destinée à la boisson, soit de très bonne qualité.

Le voisinage d’une rivière, indispensable jiour un cam])ement <le cavalerie, à cause de la nécessité de baigner les chevaux et de les faire boire, est très désirable aussi pour un campement d’infanterie ; la rivière est très commode pour laver le linge, mais bien rarement elle fournit une eau d’assez bonne qualité pour qu on puisse l’utiliser comme eau de boisson. En été, il est très avantageux de pouvoir envoyer les soldats à la baignade.

On prendra, dès le début de l’installation du camp, des mesures

CAMPS BARAQUÉS

rigoureuses pour em[)èchei‘ (ju’oii ne souille la rivière au niveau des points où l’on va puiser l’eau utilisée pour les cuisines (d pour la boisson.

Des endroits spéciaux, en aval du camp, seront désignés ]iour baigner les chevaux et les faire boire, pour laver le linge, pour l’abattoir, et une surveillance très active sera exercée pour (jue ces presciâptions ne soient pas enfreintes.

L’eau de rivière est toujours suspecte, et toutes tes fois que la chose sera j)ossible on installera les camps ])ermanents sur des points où l’on pourra se procurer de l’eau de source. Des bornesfontaines seront placées en nombre suffisant, principalement au voisinage des cuisines; s’il n’y a pas de rivière à proximité, on construira à côté des bornes-fontaines des bassins cimentés qui serviront au laA^age du linge.

A défaut d’eau de source on peut utiliser les puits; il faut alors prendre des jirécautions minutieuses pour que les abords des })uits ne soient jias souillés ; on en éloignera notamment les fumiers et les latrines.

Si l’on ne peut se j)rocurer qu’une eau mauvaise ou suspecte on installera des filtres. La mauvaise qualité des eaux de boisson a certainement joué un grand rôle dans les graves épidémies de fièvre typhoïde qui ont sévi si souvent dans les camps ; aujourd’hui nous sommes mieux renseignés que nos devanciers sur les causes de la fièvre typhoïde, nous savons qu’elle est souvent d’origine hydrique, nous devons donc nous montrer beaucoup plus difficiles qu’on ne l’était autrefois sui‘ l’approvisionnement en eau potable des camps et surtout des camjis j)ermanents, dont l’em[dacement n’est pas imposé, en général, par des nécessités stratégi(jues.

C. Disposition générale des haraquements . Conditions que doivent remplir les baraques. — Tjorsqu’on n’est pas obligé, par les circonstances ou par la configuration du terrain, d’adopter un plan particulier, le mieux est, dans nos climats, de tracer le front de bmidière dans la direction de l’est à l’ouest et de construire les baraques destinées à la trou[)e sur deux ou ti‘ois rangées j)arallèles, le g-rand axe des bara(|ues ayant une direclion per[)ondiculaire au front de bandière; les deux grands côtés des baraques, sur lesquels se trouvent les fenêtres, sont ainsi ex]>osés à l’est et à l’ouest.

I^a distance qui sé[>are les bara(|ues est en général tro|) faible. A ^ illeneuve-l’Etang il n’y avait entre les bara(pies (pi’une sorte de couloir bumifle, boueux et étroit <jui n’était jamais visité par le soleil (Marvaud, op. cil., p. llü).

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Les hygiénistes sont (l’accord pour demander (jue l’intervalle qui sépare les baraques soit égal au moins à leur hauteur; autant que possible il faudra donner à cet intervalle des dimensions encore plus grandes. Il nous paraîl, très désirable (|ue l’intervalle existant entre les baraques soit égal à une fois et demie leur hauteur de manière à permettre à l’air et à la lumière de baigner convenablement chaque baraque. Dans nos pays, l’insolation est rarement gênante et c’est un moyen d’assainissement excellent. Des intervalles plus grands seront ménagés entre les différentes unités et entre les baraques de la troupe et celles qui auront une autre destination.

Les baraques en planches sont froides en hiver et très chaudes en été, de plus les camps baraqués en planches sont très exposés à l’incendie. Toutes les fois que la chose sera [)Ossilde on fera des constructions en briques ou en pisé.

Lorsqu’on est obligé de construire rapidement des baraques en planches, il faut avoir soin de faire une doulde paroi avec matelas d’air intermédiaire. Des lattes ou couvre-joinls doivent être cloués sur les rainures qui se trouvent entre les planches.

On a essayé, il y a quelques années, dans l’Est de la France, de construire des baraques en planches à double paroi, dans lesquelles l’intervalle entre les parois était bourré de foin. On augmente ainsi les chances d’incendie, de plus le foin s’infecte facilement, il moisit, etc... Ces essais ont été d’ailleurs abandonnés et on a été amené à substituer presque partout la brique aux parois en planches.

La baraque sera surélevée à 25 cm. au moins au-dessus du sol, et le sol sera rendu imperméable ; le bitume nous paraît devoir être préféré. Les planchers s’infectent facilement; ils sont en général grossièrement ajustés et il n’est pas possible de nettoyer l’espace sous-jacent; d’autre part, le plancher ne met pas à l’abri de l’introduction de l’air du sol, d’autant plus à craindre en temps de pluie que l’emplacement de la baraque reste sec, alors que les parties non couvertes sont rendues imperméaldes à l’air qui, refoulé par l’eau, afflue sous les baraques. Si l’on met un plancher, il ne faut le poser qu’après avoir recouvert le sol de bitume ou d’asphalte.

Jamais le sol ne doit être creusé au niveau de remplacement de la bara(]ue, on no saurait Iroj) le répéter, car le soldat a une tendance naturelle à creuser le sol de la bara(|ue ou de la tente pour augmenter la place dont il dispose ou pour se protéger cou Ire le froid, comme en Crimée.

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La toiture sera en briques ou en ardoises. Le eliaunie protège bien contre la j)luie etcontre les ardeurs du soleil, mais il augmente les chances d’incendie ; le papier bituminé n’est pas solide et ne protège pas contre 1a chaleur; les couvertures métalliques sont détestables; au camp de Satlionay, on avait d’abord converties bara(|ues avec des feuilles de zinc, en été la chaleur était intolérable.

La toiture doit s’avancer suffisamment en dehors du plan des parois pour que l’eau de pluie ne mouille pas celles-ci ; s’il n’y a pas de chéneaux, il faut, à l’aide de rigoles empierrées, assurer l’écoulement des eaux pluviales.

On s’est imaginé pendant longtemps que, dans des constructions légères, comme les baiviques en planches, la ventilation était toujours suffisante et qu’il n’y avait lieu de se préoccuper, ni du cube d’air, ni de la ventilation; c’est là une grande erreur. En été, lorsque le bois est sec et perméable, lorsque la température extérieure permet de laisser ouvertes les portes et les fenêtres, la ventilation se fait bien; mais, en hiver, lorsque les parois de la baraque sont mouillées ou humides, lorsque l’abaissement de la température extérieure oblige à fermer toutes les issues, à calfeutrer toutes les fentes, l’encombrement se produit dans les baraques comme dans les casernes, plus facilement même, parce que le cube d’air v est en général moins considérable. Dans la plupart des baraejues des camps construits aux environs de l'aris en 1871, le cube d’air était notablement inférieur au cbilï're réglementaire pour les casernes, cbitïre qui lui-même est jugé insuffisant par tous les hygiénistes.

Nous aurons à revenir sur ce point à propos de la ventilation des casernes, nous posons simplement ici en principe que le cube d’air dans les baraques doit être le même (|ue dans les casernes.

Nous devons dire que, dans les derniers types de baraques construites en France, on s’est montré beaucoup plus généreux ([u’autrefois, au point do vue du cube d’air; dans les baraejues du camp d’Avor, chaque homme a lo"'“ d’aii-.

Michel Lévy et M. le médecin ins])ecteur Doisseau (o;j; cU.) demandent 80”^.

La ventilation naturelle doit être bien assurée; poui' cela il est nécessaire f|uo la bai’aque soit percée sur ses deux longs côtés de fenêtres suffisamment grandes, et opposées deux à deux; les fenêtres des bara([ues du camp de Vil leneuve-l’Etang (fig. 140) étaient beaucoup trop petites; les fenêtres doivent descendre jusqu’à 40 ou üO cm. du sol.

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Des impostes seront ménagées au-dessus des portes poui- assurer la ventilation dans le sens longitudinal.

A la partie supérieure du toit, une baie dont on pourra faire varier le degré d’ouverture, permettra à l’air vicié de s’échapper au dehors; en parlant des hôpitaux baraqués (Ch. xvi), nous aurons à revenir sur ce point.

Il est préférable de placer les orifices d’entrée de l’air frais au niveau des fenêtres, qu’au niveau du plancher. (V. Ch. xvin.)

En hiver on assurera le chauffage et la ventilation à l’aide de poêles en fonte, comme dans les baraques américaines décrites plus haut.

Des lavabos doivent être prévus à proximité des chambres.

Les lits seront les mêmes que dans les casernes.

On voit que des baraques construites dans ces conditions se rapprochent beaucoup des casernes à pavillons séparés qui ont été préconisées par la plupart des hygiénistes. 11 est très remarquable que l’examen des conditions que doit remplir une caserne et de celles que doit remplir une baraque, conduise à l’adoption d’un même type.

Les cuisines peuvent être installées dans les camps permanents à jieu près comme dans les casernes.

Les latrines doivent être l’objet d’une surveillance attentive, attendu que les urines et les matières fécales constituent une des causes les plus importantes d’infection du sol dans les camps. Les fosses fixes doivent être absolument condamnées dans les camps baraqués. Il est indispensable, si l’on ne peut pas installer le tout à l’égout, d’avoir des tinettes mobiles du système Goux (V. Ch. xix), et de surveiller de très jirès l’enlèvement des tinettes et la propreté des latrines.

Des urinoirs seront placés à proximité des baraques; lorsqu’il n’y a pas d’urinoirs, il est très difficile d’exiger que le soldat se rende aux latrines souvent assez éloignées, le soir ou pendant la nuit, et le sol est nécessairement souillé par une grande quantité d’urine; on ne peut parer à ce danger qu’en étalilissant des urinoirs en nombre suffisant. Si les latrines sont pourvues de tinettes mobiles et bien tenues, il y a avantage à les rapprocher de la [•ai'tie du camp occupée par la troupe ‘.

I. Hans les camps ou les bivouacs, les /'euillées doivent ùlre installées à GO m. en avant du front de bandière et à GO ni. en arrière de la dernière ligne (voyez plus loin bivouac), mais cette prescription ne s’aiiplicpie évidemment pas à des latrines avec tinettes mobiles.

CAMPS SOUS TENTES

Les écuries doivent être indépendantes, comme dans les casernes, si le camp baraqué est permanent et si l’on ne peut pas laisser les chevaux à la corde, en plein air.

II. C.^MPS sous TENTES. — A. JIislorique \ — De tous temps la tente, cette habitation du nomade, a été utilisée pour protéger contre les intempéries le soldat en campagne.

Les Grecs campaient sous des tentes faites avec des peaux de bêtes, les tentes des soldats, très petites, ne contenaient d’ordinaire que deux hommes, les tentes des chefs étaient souvent très luxueuses.

D’après Tite-Live et Florus, c’est au siège de Veïes que les Romains campèrent pour la première fois sous des tentes faites avec des peaux; à partir de cette époque (année 349 de Rome), on employa régulièrement les tentes, au moins pendant les campagnes d’hiver, de là les expressions : suh pellibus ire, hiemare sub pellibus.

Les Romains portèrent à un degré très remarquable l’art de la castramétation, comme en témoignent les écrits de Vitruve, de Végèce, de Polyhe, de Josèphe et d’Hyginus. « Le campement d’une légion s’efléctuait toujours de la môme façon, de telle sorte que, une fois l’emplacement choisi, le soldat savait où il devait dresser sa tente, le nouveau camp n’était ])our lui que le camp d’où il sortait, transporté dans un autre lieu; généralement on adoptait pour le camp la forme quadrangulaire... Un tribun et quelques centurions étaient chargés de choisir l’emplacement, puis ils plantaient un drapeau à l’endroit où devait se trouver le prétoire, c’est-à-dire le pavillon du consul; ils en plaçaient d’autres, d’une couleur différente, aux principaux angles du camp et mar- <[uaient seulement j)ar des javelots les divisions secondaires de l’intérieur

« Les tentes des soldats, faites avec des peaux d’animaux, étaient comme doublées de leurs boucliers. D’apj’ès llyginus une tente tie douze ])ieds carrés devait contenir onze liommes, dix simples soldats et ledecanus; cette chambrée portait le nom de contubernium » (Michel Lévy et Roisseau, loc. cil., p. 7-8).

Les Romains avaient d’ailleurs différentes espèces de camj)s ; camps temporaires, cam[)s stationnaires, canq>s d’été, camps ])réto-

1. Consulter à ce sujet, outre les Traites généraux d’hygiène militaire : G. Rhodes, Tents and Tent-life, etc., London, 18SS. — Rapport de la haute (Commission militaire Il l’exposilion universelle, Paris, I8ü!), Ch. xii. — .Miciini, Lévy et Roisseau, Art. Camps in Diction, encyclop. des sc. mod.

riens, dont l’organisation était différente. Les castra frailoriana étaient des camps permanents, fortifiés, avec de véritables casernements pour les troupes et ils devenaient souvent le centre de colonies importantes.

Au moyen âge, les chevaliers se servaient de tentes; Froissard nous apprend que le camp de Chisay en Poitou, commandé en 1372 par Duguesclin, était formé de tentes coniques surmontées de girouettes ou de peinions.

Sous Louis XIV, la maison militaire du roi et quelques corps privilégiés avaient des tentes en campagne.

Les camps de Compiègne, qui furent formés à plusieurs reprises sous Louis XtV et sous Louis XV, remarquables surtout par le luxe qui y régnait et par la vie de plaisir qu’on y menait, relèvent presque exclusivement du chroniqueur.

En 1778, on adopta dans l’armée française d’abord une tente dite canonnière, puis une tente dite « bonnet de police (tente à deux mâts avec faîtière). Chaque tente mesurait 6 m. de long sur 4 de haut et devait abriter 15 fantassins ou 8 cavaliers; il existait une ouverture sur chacun des longs côtés de la tente.

Au début des guerres de la Révolution, le trésor était vide et le soldat manquait souvent de pain et de souliers, il ne pouvait pas être question à ce moment de lui donner des tentes.

Lorsque l’armée eut été réorganisée et que le faste de l’Empire eut succédé aux misères de 1793, on ne rétablit pas cependant la tente; l’Empereur estimait que le bivouac donnait plus de mobilité aux troupes et que les camps sous tentes permettaient à l’ennemi de se rendre compte des positions qu’on occupait et du nombre d’hommes en sa présence. Pendant toutes les guerres du premier Empire les troupes cantonnèrent ou bivouaciuèrent ; la plupart des écrivains militaires. du temps et tous les médecins militaires s’accordent à reconnaître que l’habitude défaire l)ivoua(juer les troupes fut une des causes principales de la grande mortalité militaire à cette époque.

Au début des guerres (f Algérie, on comprit la nécessité de donner au soldat un abri jiour le protéger contre les effets nuisibles du rayonnement nocturne; on distribua d’abord des sacs de campement dans lesquels les liommes s’enfonçaient, la nuit, jusqu’aux épaules; comme cet abri était très imparfait et très incommode, on chercha à le [lerfectionner, on eut l’idée de découdre les sacs, de les assembler deux par deux, à l’aide de boutons et do boutonnières, et de soutenir la toile avec deux piijuets; la tente-abri

CAMPS SOUS TENTES

('‘lait inventée on pluUM réinventée, car, dans le livre sur le campeinenl de Rhodes, on trouve la figure d’une tente pi-esijue identiipie à notre tente-abri, qui était en usage vers HSO dans l’année anglaise (Michel Lévy et Boisseau, op. cil.).

Au début de la guerre de Crimée, la tente bonnet do ]>olice était encore en usage dans l’armée française; le 14 novembre 1854, une tempête enleva la plupart des tentes (jui furent remplacées par des tentes coniques, plus stables.

Pendant les guerres d’Italie et du Mexique et pendant la guerre de 1870-1871 contre l’Allemagne, nos soldats ont campé sous les tentes-abris.

A la suite de la guerre de 1870-1871, la tente-abri a été abandonnée en France ou, du moins, elle n’a été conservée que pour les troupes en Algérie et pour les bataillons alpins, et il a été décidé que les troupes seraient cantonnées en temps de guerre ou qu’elles bivouaqueraient, si le cantonnement était impossible.

Il est certain que la supjiression de la tente-abri allège le fantassin (le poids de la tente-abri du modèle réglementaire dans l’armée française est de 1 kg. 820, loi'sque la toile est sèche), il est certain aussi qu’au point de vue militaire, le bivouac présente des avantages sur le campement sous tentes ; mais d’un autre côté, il faut compter avec les dangers que le bivouac fait courir à la santé du soldat. Dans les prochaines guerres, en raison du cbilTre considérable des effectifs des armées, en raison do la nécessité de concentrer les armées sur certains points pour livrer bataille ou pour assurer le ravitaillement jiar les voies feri-ées, il sera le jilus souvent impossible de cantonner les troupes, le bivouac redeviendra donc la règle générale.

On voit que les arguments en faveur de la tente-abri sont au moins aussi puissants que ceux qui ont été produits contre elle; la meilleure preuve des difficultés de la question est fournie pai‘ ce fait qu’en Allemagne et en Autriche on a adopté, depuis quelques années, une tente-abri analogue à celle que nous avons cru devoir abandonner.

B. Coiisidératio7is générales mtr les lentes. Description des principaux tjipes de tentes en usatje dans les armées. — Les conditions que doit remplir une tent(! varient beaucoup suivant l’usage auquel elle est destinée.

î Lne tente (pie le soldat trans|)orlc doit être avant tout très légère.

Les tentes destinées .Y former des camps d’une certaine durée

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