‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 63 sur 115 · I.AVKiiAN, llyp. milil · texte numérisé non relu

I.AVKiiAN, llyp. milil

doivent être assez grandes pour assurer un cul)e d’air suffisant aux hommes qui y sont retenus [>ar le mauvais temps, faciles àventilei', solides, en état de résister aux vents, alors même ([n’ils soufllenl en tempête.

Lorsque les tentes sont destinées à abriter des blessés ou des malades, elles doivent être encore beaucoup plus grandes et jilus solides; nous ne nous occuperons, dans ce chapitre, que des tentes utilisables pour le campement des troupes, nous réservant d(‘ décrire plus loin les tentes qui sont destinées à servir d’abri à des blessés ou à des malades (Cb. xvi).

On se ligure volontiers que sous une tente, alors qu’on n’est séparé de l’atmosphère extérieure que par une toile, l’encombrement n’est pas à craindre; cela ne serait vrai que si la toile de la tente était toujours sèche et par suite perméable à l’air. Dès que la toile esl humide, et pour cela la rosée du matin est suffisante, sa perméabilité à l’air diminue considéi'ablement; en temps de pluie elle devient tout à fait imperméable (voir p. 4UG) ; si, de plus, il fait froid, si le soldat ferme les orifices pouvant donner accès à l’air extérieur, l’encombrement peut très bien se produire. Il faut donc se préoccuper du cube d’air dont chaque homm.e dispose dans une tente et des moyens d’assurer la ventilation.

Les tentes qui sont exposées à la radiation solaire s’échauffent beaucoup, et deviennent inhabitables dans les pays chauds. Poulies tentes destinées aux malades on peut remédier à cet inconvénient à l’aide de doubles parois avec matelas d’air intermédiaire, mais cela augmente le poids et le prix des lentes; pour les tentes de campement il faut exiger du moins qu’on puisse soulever les parois sur deux cotés opposés, et dans une assez grande étendue; le courant d’air (|ue l’on produit ainsi rend la chaleur beaucoup moins pénible parce qu’il entraîne la vapeur d’eau provenani, <le la transpiration et de la respiration et (pi’il active réva[)oration de la sueur.

En Europe, on emploie généralement, pour recouvi'ir les tenles. la toile de chanvre ou de lin; en Amériipie, on jiréfère le coton, qui est moins cher, moins ])erméable et qui se rétracte moins. Les tissus rendus imperméables à l’aide d’endiiils de caoutchouc ou de gutta-percba ne jiermetlraienl pas la veulilalion nalurelle, la respiration, peut-on dire, de la lente, ils doivent donc être écai-lés com[)lètement; il n’en est [>as de même de ceux qui sont rendus im[)erméables à l’eau tout en restant perméables à l’air (voir p. iOo) ; la [lerméabilité |)our l’air de ces lissus s('cs ('sl diminuée, mais

CAMPS SOUS TENTES

;iO.T

leur iinpcrméiihililé pour l’eau est augmenléc; do plus, alors mémo qu’ils oui élé soumis poiidanl longtemps à l’aclion de la pluie, ces tissus ne deviennent [)as complètement imperméables à l’ail’.

La couleur de l’étolTe cpii sert à conl’ecüonnor la lente n’est pas indilTérente; dans les pays chauds, il y a avantage à se servir d’étoflès de couleur blanche [)our les motifs indicpiés dans le chapitre relatif au vêtement; dans les pays froids, il y aurait au contraire avantage à se servir d’étoffes de couleur sombre. Il est bon, lorsqu’on n’a pas trop à se préoccuper du poids, ni du prix de la tente, de douhlei- la toile avec une étoffe de laine bleue. On utilise ainsi, contre la chaleur, la propriété de la couleur blanche sur la surface externe de la tente; la doublure en laine protège contre h' froid; la lumière tamisée ])ar le tissu de laine est moins vive et la couleur bleue est un obstacle au passage des rayons calorifiques (Morache, op. cit., 2® édit., p. 382).

Page 1