‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 65 sur 115 · CANTONNEMENT · texte numérisé non relu

CANTONNEMENT

réunit les trou|)es, par Frarlions constituées, dans de grands locaux (|u’on éclaire la nuit.

Les portes <les habitations occupées sont maintenues ouvertes; au besoin on prati(]ue des issues. su|)plémentaircs. Les rues sont éclairées pendant la nuit, s’il y a lieu.

Les hommes couchent tout habillés, prêts à prendre les armes, les cavaliers à côté de leurs chevaux, les officiers au milieu de leur troupe.

Si la situation le comporte, les chevaux peuvent rester sellés et bridés, et être réunis dans des cours, sur des places, etc.

Lorsque les ressources du cantonnement ne permettent pas d’abriter la totalité des troupes qui l’occupent, celles-ci s’installent en cantonnement-bivouac.

A cet effet, cha(pie corps ou fi'action de corps utilise aussi complètement que possible les locaux mis à sa dis[>osition ; les fractions qui ne peuvent y trouver place bivouaejuent dans les cours et jardins attenant à ces locaux, ou dans leur voisinage immédial. Dans aucun cas les rues et chemins ne doivent être utilisés ])Our le bivouac.

Dans tous les corps de troupe un officier et des sous-officiei-s (sergents-fouriâei’s) précèdent la troupe et sont chargés de pré}tarer le campement.

En ariivant dans la localité dans laquelle doivent cantonner les troupes, l’officier commandant le campement se rend à la mairie et se fait (h)nner tous les renseignements nécessaires, il assigne alors à chaque corps ou service l’emplacement qu’il doit occuper; les fourriers reconnaissent les maisons dans les |)arties qui leur sont assignées et inscrivent à la craie, sur la porte d’entrée, le nombre d’hommes et de chevaux que la maison doit abriter, ainsi que l’indication de la fraction à laquelle ils ap|)artiennent.

Dans chaque localité le commandant du campement reconnaît ou fait reconnaître les abreuvoirs, les endroits où les hommes prendront l’eau et ceux oii ils devront laver leui' linge.

Le chef du campemetit du sei’vice de santé reconnaît les locaux qui peuvent être alfectés aux ambulances et il les propose pour cette destiTiation au commandant du cam|)cmenl.

Eu Allemagne, on distingue (juatre sortes de cantonnements :

1“ Cantonnement large {Quarliere) , analogue à nosgîtes d’étapes. Des homnu's sont couchés et souvent nourris par l’habitant; les ‘ hevaux sont à l’écurie.

2® Cantonnement ress(' rré (en^^res Kanlonnemenl) ; on ne recherche

HYGIENE MIUTAIRE

(iu’un abri pour les lrou])os dans tous les couverts (pii (>xislent. T.a nourriture n’(îst plus fournie jiai- l’habitani.

3“ Cantonnement plus ressern; encore ipie le précédeni [Alarm Quarlieré)\ les troupes restent. groupées par fractions constiluéc's dans de grands bâtiments (églises, granges) et [irètes à prendre les armes.

4“ Un cantonnement mixte, qui est une combinaison du canlonnement resseri’é et du bivouac {Ortschaftlager).

Lorsque le cantonnement n’est pas trop resserré, les troupes se Irouvent dans de meilleures conditions, non seulement qu’au bivouac, ce qui va sans dire, mais même que dans des camps organisés avec les tentes-abris. Dans les cantonnements le soldai est bien abrilé; il peut nettoyer ses effets et les sécher, s’ils ont été mouillés; il se sert du fourneau de cuisine de son hôte pour préparer ses aliments, sans comptei- (|ue s’il est en pays ami on lui donne souvent des légumes, des fruits, un peu de vin, de cidre ou de bière, et autres suppléments à sa ration.

Le cantonnement resserré amène un encombrement regrettable et il est à désirer qu’il ne se prolonge pas trop longtemps.

De plus il faut veiller avec soin à ce que le soldat ne cantonne pas dans des localités où régnent des épidémies ou dans des maisons habitées [)ardes personnes atteintes de maladies contagieuses.

U a été établi à plusieurs ro|)rises (jue des soldats avaient contracté dans les cantonnements le germe de maladies contagieuses '.

L’officier chargé ducampemeni doit s’enquérir de l’état sanitaire de la population dans les localités où l’on doit cantonner des Iroupes; grâce â la loi sur la déclaralion obligatoire des maladies contagieuses, il sera facile aujourd’hui d’obtenir, en France, les renseignements nécessaires.

Lors()u’une épidémie règne dans une localité, on ne doil |)as y cantonner d(' troupes, mieux vaut les installer au bivouac, si l’on ne [)eut pas changer le lieu du cantonnement. S’il existe seuh'ment quelqiu's cas de maladies contagieuses, les maisons dans les- (|Li('lles se tr(»uvent les malades seront consignées à la troupe, ou imli(]uera par une inscription ti’ès a|)[)arente les maisons ainsi consigné('s, surloul (piand il s’agira d’un endroit juiblic, cabaret, bouii(pies, (de., dans bupiel un grand nombre d’bomnu's |)ourraienl <’dr(' amenés à se rendre. Quand il s’agit d’une babilation particu-

I. Kavii;ii. OoiUril). à l’élude do la lièvre typhoïde dans l’année, Aveh. de med. mili/..., iSSï, l. X, p. 24I.

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