‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 73 sur 115 · CAUSES DE VICIATION DE L’AIR · texte numérisé non relu

CAUSES DE VICIATION DE L’AIR

manento; il est temps que dans les hôpitaux, les casernes, les locaux de jour soient distincts des locaux de nuit; ])Oursuivre la <lésinfection dans l’état actuel, c’est rouler le rocher de Sisyjihe.

« En ellet, dans une salle où l’on mange et où l’on dort tour à tour, il se condense sur les murailles des vapeurs respiratoires et des buées, chargées de matières organiques ])utrescil)les, qui se déposent à la surface des enduits imperméables, ou imbibent profondément les matériaux poreux. » (Traité des désinfectants, Paris, 1883, p. GOG.)

Les mauvaises odeurs ne sont pas seulement désagréables; à la vérité elles n’engendrent pas de maladies directement, mais il n’est })as douteux qu’on res[)ire plus A olontiers, mieux par conséquent, dans un air pur que dans un air souillé et puant. Dans un air pur la poitrine se dilate instinctivement au maximum; dans un air vicié, qui sent mauvais, l’organisme averti par les nerfs olfactifs, réduit au minimum l’entrée de l’air nécessaire à la respiration, l’hématose se fait incomplètement et, à la longue, il y a là pour l’organisme une cause de déchéance.

Dans les salles des hôpitaux la propreté des locaux, des malades et de leur linge est plus grande que dans les casernes, l’encombrement est moindre. Par contre il existe d’autres causes de viciation de Pair : il faut avoir dans les salles des chaises percées, des vases remplis d’urine, certains malades vont sous eux, etc. ; en chirurgie, malgré tous les progrès réalisés, on a souvent des plaies qui suppurent; dans les services des contagieux les causes de souillure do l’air sont particulièrement dangereuses.

lorsqu’on entre le matin dans une salle d’hôpital qui n’a pas encore été largement ventilée, on perçoit une odeur de renfermé ([ui n’est pas la môme (pie l’odeur de caserne.

Il est nécessaire d’autre part de fournir, à des malades qui sont anémiés ou bien ipii sont atteints de maladies de ra[)i)areil respiratoire ou circulatoire, et dont l’hématose est déjà difficile, un air aussi pur que |)0ssihle; on compi'ond donc jiourqnoi tous les hygiénistes se montrent ])lus exigeants, dans les hôpitaux que dans les casernes, pour le cube d’air alloué à chaque homme et pour les moyens de ventilation.

Les poêles peuvent devenir une cause importante de A'icialion de l’air; un poêle (pii lire mal donne de la fumée, de l’acide carbonique et quelquefois de l’oxyde (le carbone (pii peut déterminer des accidents graves; un poêle en fonte surchauné, i»orté au rouge, ^uigmente la (pumtilé d’acide carbonique de l’air et de plus il des-

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sèche l’air et lui donne des [iropriétés irritantes. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question à propos du chauflagc.

L’éclairage est aussi une cause de viciation de l’air; l’éclaii-age au gaz, lorsqu’il n’est pas installé dans de honnes conditions- (V. Ch. xviii), augmente nolahlement la quantité d’acide carbonique de l’air.

Enfin l’atmosphère des chambres des casernes ou des salles d’hôpitaux peut être AÛciée par l’air provenant des latrines, de.séviers, des cuisines, des écuries ou encore par l’air du sol.

Nous avons insisté longuement, dans le chapitre xiii, sur la nécessité de bien isoler l’habitation, de manière à empêcher la pénétration de l’air et des gaz du sol et des égouts; nous avons montré quel’haliitation étant en général plus chaude que l’air extérieur, la maison fait ventouse, et que la ventilation se ferait en grande partie par les orifices des latrines, des éviers et par le sol, si l’on ne prenait pas les mesures convenables pour éviter ce grave inconvénient; nous n’avons pas à revenir sur ce point.

Plusieurs des causes de viciation de l’air qui existaient autrefois dans les chambres des casernes ont heureusement disparu aujourd’hui.

Parmi les progrès les plus importants réalisés à ce point de vue,, il faut signaler : l’adoption dos bains-douches, l’installation de réfectoires, la construction d’écuries et de selleries indépendantes des bâtiments d’habitation, et les améliorations apportées dans beaucoup de casernes à l’installation des latrines (V. Ch. xix).

II. E xpERTiSE DE l’air. — L’oxportise de l’air, comme celle dol’eau, comprend :

1” L’examen des propriétés physiques et organoleptiques;

2“ L’analyse chimique ;

3° L’examen microscopique des poussières en suspension;

4“ L’analyse bactériologique et la numération des germes.

1“ Propriétés physiqices et orgcDwleptuiues. — L’air pur est transparent, sans odeur apjiréciable ; on sait qu’après les pluies d’orage, qui entraînent la plu|tart des |)articules en sus|)ension, la transiiarence de l’air augmente; dans les chambres de caserne, la trans|)arence de l’air vicié par la fumée des |)ipes, juir celle des poêles eu hiver et par la vajieur d’eau qui se condense laisse trop souvent à désirer.

A l’exemple, de Tyndall on peul procéder à l’examen optiijuc de l’air en faisant tomber un ravon lumineux dans le local dont ou

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