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DU CUBE d’air dans LES CHAMBRES
La A'entilation naturelle, insensible, se fait mieux dans une chambre de 20“^ que dans une chambre de 10“^ et la ventilation artificielle est aussi beaucoup plus facile dans le premier de ces locaux que dans le second.
La ventilation d’un local habité ne peut être efficace que si elle se fait sans gêner les personnes qui l’occupent; nous aurons plus d’une fois à revenir sur ce principe qu’on a trop souvent perdu de A'ue dans l’étude des problèmes relatifs à la ventilation.
Pour qu’un système de ventilation soit toléré, il faut qu’il ne détermine pas de courant d’air froid appréciable^ ; or, si l’on introduit 40""* d’air par heure dans un local de 10"‘*, l’atmosphère sera renouvelée quatre fois par heure et le courant d’air sera gênant; tandis que si l’on introduit la même quantité d’air dans un local de 20"’*, l’atmosphère ne sera renouvelée que deux fois et le courant d’air sera insensible.
La pratique démontre qu’il est difficile de supporter plus de deux à trois renouA^ellements d’air par heure. (Vallin, op. cil.)
Il existe, comme on voit, une étroite corrélation entre le cube d’air d’une chambre habitée et la quantité d’air que l’on peut y faire pénétrer pour empêcher la viciation de l’air. Avant de fixer le cuhe d’air désirable dans une casenie il est donc nécessaire de rechercher quelle est la quantité d’air qu’il faut attribuer par heure à un homme adulte pour que le taux de viciation ne dépasse pas la limite généralement admise.
La plupart des physiologistes considèrent l’air comme vicié quand la proportion d’acide carbonique atteint 0,0008.
En une heure un homme jiroduit en moyenne 16 litres d’acide carbonique; pour que ces 16 litres n’élèvent pas le taux de l’acide carbonique de l’air du local habité au-dessus de 0,0008, il faut qu’ils soient dilués dans une quantité d’air x qui est indiquée par la proportion :
X ~ iOüüO
„ . t6 X 10000 d ou æ = 7
4Qm3^
On peut donc évaluer à 40“* la quantité minima d’air neuf qui doit être fournie par heure et par homme , et si le local habité mesure 20"’*, il suffira de renouveler l’air deux fois par heure.
1. On pourrait, il est vrai, introduire en hiver de l’air chaud, mais cela nécessiterait une dépense considérable de combustible et, en dehors de la saison d’hiver, l’air du dehors, souvent plus frais que l’air intérieur, surtout pendant la nuit, produirait encore des courants d’air gênants.
Un cube d’air de 20“® avec un renouvellement de l’air deux ou trois fois par heure nous paraît très désii'able dans les chambres des casernes.
Dans le calcul qui précède, nous supposons que la totalité de l’acide carbonique produit se mélange à la totalité de l’air neuf ; en réalité les choses ne se passent pas ainsi ; l’air neuf qui arrive peu à peu dans la pièce habitée se mélange à la totalité de l’air vicié et le taux de l’acide carbonique tend de plus en plus à s’élever.
Par suite, dans les locaux qui sont occupés pendant huit à dix heures consécutives (dortoirs) ou d’une façon continue (prisons), l’air doit être plus souvent renouvelé que dans les locaux qui ne sont occupés que d’une façon temporaire ; l’air neuf se mélange en effet, dans ces locaux, à de l’air de plus en plus vicié ; c’est une des raisons qui font que la ventilation doit être plus active et le cube d’air plus grand, dans les hôpitaux que dans les casernes.
L’adoption dans les casernes de locaux de jour permettra de ventiler les chambres de casernes beaucoup mieux qu’on n’a pu le faire jusqu’ici.
Dans notre calcul, il y a d’ailleurs une cause d’erreur qui agit en sens inverse de la précédente.
Nous avons supposé que la chambre était hermétiquement close; or la ventilation naturelle introduit toujours une certaine quantité d’air qui pénètre par les murs, par les fentes, par les interstices des portes et des fenêtres '.
Il était à craindre que l’acide carbonique, en l’aison de sa forte densité, ne s’accumulât à la partie inférieure des chambres habitées, ce qui aurait augmenté la viciation de l’air; heureusement il n’en est rien.
Leblanc, Goulier, Angus Smith, Arnolt, Pettenkofer, ont constaté que l’acide carbonique produit par la respiration était entraîné avec le courant d’air chaud vers la partie supérieure des locaux habités.
Dans la salle de F Opéra-Comique, à la fin d’une représentation, Leblanc a trouvé 0,0015 d’acide carbonique au parterre et 0,003 au paradis.
1. M. le professeur Gréhant a fait l’expérience suivante clans une salle du Muséum de ; On ferme toutes les issues, on colle môme sur les jointures des portes et des fenêtres des bandes de papier; on injecte alors dans la salle 2n'3 d’acide carbonicjue et on mélange les gaz; des analyses de l’air montrent que la quantité d’acide carbonique décroît rapidement; le taux de l’acide carbonique qui est de 0,0357 immédiatement après l’introduction des d’acide carbonique, tombe à 0,0008 au bout de 24 h. (Soc. de biologie, 3 nov. 1894.)