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Partie inférieure de l’égout

SYSTÈMES DE VIDANGE 74 o

ajiplique le tout à l’ég-out (lig. 239); uii li-otloir qui, on ternjis ordinaire, n’est pas recouvert pai‘ l’eau, permet aux égoutiers de circuler à pied sec, le radier est considérablement rétréci, parsuite le courant d’eau est beaucoup plus fort, les matières tondent moins à s’accumuler, les chasses d’eau sont plus efficaces et le nettoyage est plus facile.

Dans le réseau d’égouts de Paris, les grands collecteurs, dont le débit est considérable, ont seuls un radier arrondi; malgi'é la grande quantité d’eau qui parcourt ces égouts, il s’y forme des bancs de sable et l’on est obligé d’avoir recours aux bateaux-vanne ou aux wagonsvanne pour les nettoyer.

Les égouts doivent être parfaitement étanches ; à Paris ils sont construits en ciment et en pierres meulières et leur étanidiéité est complète.

A Paris, des branchements particuliers faisaient communiquer naguère les maisons avec l’égout, si bien que les maisons situées dans les rues parcourues par de grands égouts et desservies jiar des tinettes filtrantes pouvaient se débarrasser des tinettes par les égouts.

Cette disposition était commode, parce qu’on pouvait introduire par les égouts, jusque dans l’intérieur des maisons, les conduites d’eau, les fils télégraphiques et télé[)honiques, les fils pour la lumière électrique et les tubes pour l’air comprimé ‘, etc.

Les inconvénients de ces branchements ouverts sont évidents, surtout avec le tout à l’égout. En admettant même (ju’on adapte un siphon convenable à l’extrémité de la canalisation et qu’on conduise les matières de vidange jusqu’à l’égout, ces matières peuvent être arrêtées par des bancs de sable et rejetées, au moment d’une crue produite par un orage, dans les branebements [larticuliers qu’il sera très difficile de nettoyer.

Pour éviter ce danger on a adopté la disposition qui est indiquée <lans la figure 111 (p. 491), le branebement particuliei’ est muré du côté de l’égout et le conduit ampiel aboutissent les Luyau.x de chute îles latrines et des eaux ménagères est muni, avant de déboucher

1. Les conduits de gaz d’éclairage sont seuls c.xclus des égouts à cause du danger des e.xplosions.

rdtroci (ville do Paris).

dans l’égout, d’un grand siphon. Lorsiju’il y a liou d’introduire dans la maison un tuyau pour l’eau ou un fil téléphonique, etc., on en est quitte pour perforer le mur qui sépare le hranchement particulier de l’égout.

De grands réservoirs de chasse doivent être placés en amont des points où les matières de vidange sont jetées à l’égout, afin d’entraîner rapidement ces matièi'es vers les collecteurs.

G. Epuration des eaux d'égout. — Certaines villes situées sur de grands fleuves pouA^ent, sans inconvénients, envoyer au fleuve leurs eaux d’égout aA'ec leurs matières de AÛdange, c’est ainsi que Cologne utilise le Rhin; Hambourg, l’Elbe; GenèAm, le Rhône; Munich, l’Isar; d’autres AÛlles se débarrassent de leurs eaux d’égout en les envoyant à la mer, c’est ce qui se fera à Marseille; lorsqu’il s’agit de très grandes A'illes, ou bien lorsque les agglomérations sont peu importantes, mais qu’il n’existe à proximité que des cours d’eau dont le débit est peu considérable, l’épuration des eaux d’égout s’impose.

En polluant les cours d’eau pour débarrasser les AÛlles de leurs produits de vidange, on ne ferait que déplacer les foyers d’infection.

Autrefois, les eaux d’égout de Paris s’écoulaient directement dans la Seine sur tout son parcours ; la construction des grands collecteurs ' a assaini la Seine dans son parcours à l’intérieur de Paris, résultat important, mais incomplet. La Seine était, en effet, fortement polluée au débouché des grands collecteurs, en aA’al du pont d’Asnières et à Saint-Denis et on constatait les signes do cette pollution jusqu’à Mantes, alors même que les eaux d’égout n’étaient chargées que d’une partie des produits de la vidange.

De même à Londres, bien que les collecteurs débouchent à 15 kilom. en aval dupont de Londres et malgré la largeur de la

1. Les grands égouts collecteurs.de Paris, construits sur les plans de Belgrand, sont au nombre de trois :

1° Grantl collecteur de la rive droite, qui suit la rive droite de la Seine à partir du Châtelet, la place de la Concorde, la rue Royale, le boulevard Malcsherbes, et <iui va se déverser dans la Seine au-dessous d’Asnières.

•l" Grand collecteur de la rive gauche, qui part du Jardin des Plantes et qui suit le boulevard Saint-Germain (une partie), le boulevard Saint-Michel dans sa partie inférieure et les quais de la rive gauche jusciu’au pont de l’.Alma; de là le collecteur, après avoir traversé la Seine au moyen d’un siphon, se dirige vers la place de l’Étoile et va rejoindre, à Clichy, le collecteur d’Asnières.

3° Collecteur du Nord; il commence au cimetière du Père-Lachaise, Iraversc la Villette et va se jeter dans la Seine à Saint-Denis après s’être réuni à un autre collecteur qui vient de Bondy et qui reçoit les résidus du dépotoir et de nombreuses fabriques.

SYSTEMES DE VIDANGE

Tamise; il est vrai de dire que le reflux gène considéralilement, à Londres, l’écoulement des eaux d’égout à la mer.

L’épuration des eaux d’égout peut se l'aire }»ar des procédés mécaniques ou chimiques ou bien par épandage de ces eaux sur le sol.

L’épuration des eauxd’ég'out de Londi’es se fait au débouché des collecteurs, à Barking, par des ])rocédés mécaniques et chimiques. Les eaux d’égout sont d’abord conduites dans de grands bassins de décantation où se déposent tous les corps solides volumineux, en siuspension; à la sortie des bassins de décantation l’eau est traitée par la chaux et le sulfate de fer; on laisse dé])Oser de nouveau; enfin, au moment où l’eau s’écoule à la Tamise, on la mélange à une dissolution de permanganate de potasse. Les boues des bassins de décantation sont aspirées dans des bateaux spéciaux et transportées au large. On comprend combien ces opérations qui s’appliquent à plus de 400 000'“® d’eau d’égout par jour, sont difficiles et onéreuses.

Dans bon nombre de petites villes anglaises on fait également l’épuration mécanique et cbimiquedes eaux d’égout pour satisfaire aux lois sur la pollution des cours d’eau, qui sont sévères. En 1891, nous avons visité plusieurs établissements destinés à cette épuration, notamment ceux d’Esber et de Friern Barnet; nous avons été frappé de l’ingéniosité des moyens employés et des ré.sultats obtenus, mais nous avons emporté de ces visites la conviction que les ])rocédés mécaniques et cbimiques ne valent pas l’épuration par le sol.

L’irrigation des terres par les eaux d’égout est pratiquée depuis longtemps dans certaines villes d’Italie, d’Espagne et d’Angleterre.

A Milan, depuis plusieurs siècles, on jiratique l’irrigation parles eaux d’égout de vastes prairies qui ont reçu le nom de marcites-, riierbe est coupée six fois par an ; on évalue à GOO francs le cevenu net par liectare.

Ce système d’irrigations est également employé depuis longtemps à Valence (Espagne) et à Edimbourg.

L’épuration des eaux d’égout par le sol a pris, depuis vingt ans, une extension qui témoigne hautement en sa laveur; elle est en u.sage en Angleterre dans plus de cent villes, à Berlin, a Dantzig, à Baris, à Beims et dans un grand nombre d’autres villes.

A Paris, les premiers essais, dus à l’ingénieur Mille, remonteni à 1862. En 1869, on irriguait 7 hectares dans la plaine de Geniievilliers; une pompe placée sur la rive droite de la Seine élevait et refoulait de l’eau prise dans le collecteur d’Asnières.

Après la guerre <le 1870, les irrigalions de Geunevilliers prirent une grande extension sous l’iialiile direclion de Durand-Claye.

En 1881, la surface irriguée était de oOO hectares et le cube d’eau d’égout distiâbuée de 19 000 000"‘“.

On craignait beaucoup, au début, les conséquences de ces irrigations, et Durand-Claye rencontra une très vive opposition.

Les beaux résultats obtenus à Gennevilliers ont répondu depuis longtemps à toutes les objections formulées par les adver.saires de ce système.

La plaine de Gennevilliers, autrefois inculte, px’oduit aujourd’hui en abondance des légumes, des (leurs et des fruits.

Le pri.x locatif des terres, qui était de 90 à 100 francs par hectare avant l’irrigation, est monté à 450 francs.

De 1870 à 1881, la population de Gennevilliers s’est accrue de 3i p. 100 et la mortalité s’est abaissée de 32 p. 1000 (en 1863), à 22 p. 1000 (en 1882).

Depuis longtemps il n’y a pas eu d’épidémie de fièvre typhoïde à Gennevilliers et cette commune n’a pas été éprouvée par les dernières épidémies cholériques.

Les mêmes résultats excellents ont été signalés partout où l’on épure les eaux d’égout par le sol.

Le domaine d’Osdorf, où se font les irrigations aAuc les eaux d’égout de Berlin, ne laisse rien cà désirer au point de vue de la salubrité.

On ne pouvait faire qu’un reproche Jusqu’ici aux irrigations de Gennevilliers, c’est qu’on n’y épurait qu’une petite partie des eaux d’égout de Paris; l’extension des irrigations, notamment à Aebères, a été votée par les Chambres et les travaux sont en bonne voie d’exécution; on peut donc espérer que, dans un avenir très jirocbain, toutes les eaux d’égout de Paris seront épurées par le sol et que la Seine sera assainie.

M. l’ingénieur en chef Becbmann a très bien résumé, en ces termes, le système d’assainissement qui a définitivement prévalu à Paris et auquel s’attachent les noms de Belgrand et de Durand- Claye.

« Pour V alimentai ion d’eau : emploi exclusif d’eau de source distribuée en abondance dans les maisons, spécialisation de l’eau de rivière réservée aux services publics et industriels.

« Pour {'évacuation des eaux usées : achèvement définitif de ce réseau de galeries souterraines, longuement conçu et hardiment exécuté, qui conslitue ra|»plicatiou la plus remarquable du type

SYSTÈMES DE VIDANflE

unitaire, ulTectant un seul conduil dans chaque rue à récoulonienl des eaux sales de toute nature, en môme temps (]u’il sc prête au développement invisible et commode d’immenses réseaux de canalisation hydrauliques, électriques, etc.

« Pour V épuration des eaux d'égout : apj)lication méthodique do l’épandage agricole avec utilisation des substances fertilisantes suites terres perméables de la grande banlieue ouest et noi-d-ouest, à la dose maxima, très modéi'ée, de 40 0ÜÜ““ jiar hectare et par an )> [Revue d’hygiène, 1895, p. 194).

Le sol est le plus ])arfait des filtres, ainsi que nous avons eu déjà l’occasion de le dire en parlant des eaux de source.

L’expérience suivante permet d’apprécier le pouvoir épurateur d’un sol donné (Frankland) : Un tube vertical de 0 m. 25 à U m. 30 de diamètre sur 2 m. de long' est rempli avec la terre dont on veut déterminer le pouvoir épurateur. Chaque jour, on verse sur la terre un volume d’eau d’égout connu, assez faible pour (|ue l’épuration soit complète; on augmenb! la dose jusqu’à ce que l’analyse du liquide filtré annonce qu’on a atteint la dose maxima à partir de laquelle l’épuration est imparfaite. On calcule ainsi combien de litres d’eau d’égout peuvent être épurés par 1"*® de la

terre essayée.

On est arrivé, en Angleterre, à faire épurer jusqu’à 200 000"'" d’eau d’égout par hectare et par an.

On peut se servir du sol uniquement comme d’un filtre pour épurer les eaux d’égout, ou bien utiliser les eaux d’égout pour la

culture.

Dans le premier cas, il faut une surface beaucoup moindre (pie dans le second, mais cette surface ne rapjiorte rien ou peu de chose, et la ville intéressée doit acquérir en toute propriété le terrain desliné à l’épandage. D’autre part, on <loit craindre qu’au bout de quelque temps l’épuration [iratiquée .sur une surface très limitée se fasse incomplètement.

Avec l’autre procétlé il n’est [las nécessaire d’ac(|uérir les terres, on donne l’eau d’égout aux cultivateurs et on peut prévoir un temps où il sera possible de la leur vemlre; le filti-e est plus étendu, moins exposé à s’infectiu-, et la végétation contribue jiuissamment à assainir le sol.

Il est indispensable, en tous cas, (|ue l’irrigation soit intermittent!', afin que le sol puisse s’aérer, et qm^ le sol soit drainé, afin que la nappe d’eau souterraine ne s’élève pas.

Au début des irrigations faites à Gennevilliers on n’avait jias

drainé le sol, la nappe d’eau ne tarda pas à s’élever, les caves étaient inondées et il se formait des marécages favorables au développement du paludisme; depuis que des drains ont été posés dans le sol, la nappe d’eau a repris son niveau primitif.

Il résulte des recherches faites récemment à la station d’expériences de Lawrence (Etats-Unis), comme de celles faites en France, en Angleterre et en Allemagne, que les deux conditions indispensables d’une bonne épuration des eaux d’égout sont : la richesse du sol en oxygène et la lenteur relative de l’opération. Pour assurer le renouvellement de l’oxygène dans le sol, il faut nécessairement que l’épandage soit intermittent et que le terrain soit suffisamment jierméable; l’irrigation continue a toujours donné de mauvais résultats [Revue d'hygiène, 1893, p. 390).

Le sable est le sol qui doit toujours être préféré pour les irrigations à cause de sa perméabilité; à la station de Lawrence, les résultats obtenus avec le sable pur ont été bien supérieurs à ceux obtenus avec la terre végétale ou même avec les terrains sablonneux. Un mètre cube de sable épure par jour de 2o à 30 1. d’eau d’égout de Londres.

L’eau qui s’écoule par les drains des champs d’épuration est d’une pureté remarquable. Les habitants de Gennevilliers boivent, nous a-t-on dit, cette eau de préférence à l’eau de Seine.

D’après les analyses bactériologiques de Marié-Davy et de M. Miquel, l’eau de ces drains ne renferme que 13 à 14 microbes par centimètre cube, alors que l’eau de la Vanne, prise dans son réservoir d’arrivée à Paris, en renferme 62 par centimètre cube.

Grâce au travail incessant dont le sol est le siège, les mêmes terres peuvent servir indéfiniment au filtrage des eaux d’égout.

Dans le jardin de la ville <le Paris, à Gennevilliers, la terre est irriguée depuis 23 ans avec l’eau d’égout, et le filtre fonctionne aussi bien qu’au premier jour.

Les expériences de Müntz et de Schlœsing ont bien mis en évidence le rôle des microbes dans les opérations cbimiques dont le sol irrigué avec les eaux d’égout est le siège ; la principale et la plus utile de ces transformations est celle qui consiste à oxyder la matière organique pour la transformer en azotates utilisables par les })lantes, d’où le nom de microbes nitri ficateurs donné aux microbes chargés de cette transformation. D’après les recberchcs de Winogradsky, il existerait un microbe spécial de la nitrification [Ann. de Vinsl. Pasteur, 1890 et 1891).

On pouvait craindre que les cbamps sur lesquels se faisait

INSTALLATION DES CADINETS d’aISANCES

réiiaiKliig'C ne devinssent des foyers d’infection par suite de l’accninulalion à leur surface des microbes pathogènes; la prati([iie a réduit à néant ces craintes légitimes; nous avons signalé |)lus haut les heureux résultats obtenus à Gcnnevilliers et dans toutes les villes où l’épandage est pratiqué.

Les légumes provenant des champs irrigués avec l’eau d’égout peuvent être consommés sans danger; on les cultive sur des hillons séparés par des rigoles dans lesquelles coule, par intervalles, l’eau d’égout (fig. 240) ; l’eau d’égout n’arrive jusqu’aux racines qu’après s’être dépouillée, à la surface du sol, des particules en suspension et notamment de ses microbes. Il se forme dans les sillons

rigoles clans losciuelles coule l’eau d’égout.

une croûte qui nuirait à la filtration au bout de quelque temps; d’où la nécessité de remuer souvent le sol pour mélanger ces dépôts à la terre.

Les recherches de Grancher ont montré qu’il n’y avait jias de microbes dans l’intérieur des légumes de Gennevilliers; les microbes qui se trouvent à la surface des légumes ou des fruits (salaries, fraises) pourraient seuls inspirer quelques inquiétudes.

L’engrais humain est d’ailleurs utilisé de[)uis longtemps par l’agriculture sans inconvénients. « Sans l’engrais humain, écrit Arnould {op. cit., p. 787), l’agriculture du département du Nord, si importante et si dévelopjiée, tomberait immédiatement à rien, ainsi que la culture maraîchère. Il ne se mange pas un radis, |)as une salade, il ne se respire pas une rose, dans la région, qui n’ait reçu sa [lart plus ou moins large de matière fécale. » Il faut ajoiiter que la ville de Lille, où Arnould a écrit ces lignes, est une des villes de France les moins éprouvées par la fièvre typhoïde.

IL Installation des cabinets d’aisances et des urinoirs. — 11 est indispensable d’avoir, dans les casernes : t“ des cabinets et des urinoirs de jour isolés, mais en nombre suflisant jiourijue la distance à parcourir d’un point quelconque de la caserne [>our s’y rendre

ne soit pas trop considérable; 2“ quelques cabinets ouverts seulement pendant la nuit, à proximité des cbambres. Ces caliinets peuvent être installés dans des pavillons légers i-eliés à la construction principale par des galeries largement ventilées (Y. Cb. xiv).

Dans les casernes anciennes, où ces latrines de nuit n’existent pas, on est obligé de mettre sur les paliers des escaliers, des baquets dans lesquels les hommes urinent pendant la nuit; il est en effet impossible d’imposer aux soldats l’obligation de se rendre, la nuit, et parles temps froids ou pluvieux, aux latrines qui sont dans les cours.

Dans les locaux disciplinaires, il est indispensable également d’installer des latrines au lieu des baquets en usage.

Les latrines de jour seront placées, autant que possible, du coté opposé aux vents régnants, [)ar l’apport aux bâtiments d’habitiition.

En France, on compte dans les casernes un siège par 70 bommes de l’eflêctif, les latrines de l’inlirmerie, du mess des sous-oflîciers et des cantines ne sont pas comprises dans ce chiffre.

En Allemagne, les latrines des casernes sont construites à raison de 20 sièges par hataillon.

Dans les hôpitaux, les latrines doivent être à proximité des salles, afin que les malades puissent s’y rendre facilement; on les installera dans une annexe faisant saillie sur la face la moins en vue des hâtiments (voir notamment, p. 592, la disposition des latrines dans un pavillon d’hôpital du système Tollet). Il est hon de mettre aussi dans les jardins des latrines, ou du moins des urinoirs, à la disposition des malades.

Dans l’installation des latrines des casernes et des hôpitaux, il faut s’appliquer à rechercher un système simple, facile à teniipropre et d’une grande solidité. Tout appareil fragile ou susceptihle de se déranger facilement doit être écarté a ‘priori, de même tout appareil dont le hon fonctionnement exige des soins jmrticuliers.

11 faut écarter de la construclion des latrines tous les matériaux (pii peuvent s’imprégner, et s’ellorcer d’avoir partout des surfaces iiu[)erméahles, faciles à nettoyer. Le hois sera proscrit. Le pavillon des latrines sera construit entièrement en briques et en fer; on supprimera les cloisons entre les sièges et surtout les portes qui sont presque toujours souillées de matières fécales.

L’installation des latrines doit naturellement être différente, suivant le système de vidange qui est employé.

Avec les tinettes Gou.x ou les tinettes à la terre on ne peut in.s-

INSTALLATION DES CABINETS d’aISANCES

tallcr que dos trous à la turque, puisqu’on ne doit pas faire usage d’eau pour le nettoyage.

Avec le système des fosses fixes, on doit, en principe, verser peu d’eau dans les cabinets, pour ne pas remplir trop vite les fosses.

On peut cependant installer, sur fosses fixes, des water-closets avec réservoirs de chasse, comme cela a été fait à l’hôpital militaire de Lille. Depuis quelques années, les latrines de cet hôpital, qui sont sur fosses fixes, ont été munies de cuvettes avec siphons et réservoirs de chasse; cette transformation a assaini les latrines et par suite l’iiôpital, mais naturellement les fosses se remplissent vite et l’on est obligé de vidanger deux fois plus souvent qu’autrefois; de plus les matières trop diluées ont perdu leur valeur.

Avec les tinettes filtrantes, et avec le système Berlier, on peut verser à volonté peu ou beaucoup d’eau dans les latrines.

Lorsque les latrines sont sur tinettes, l’extraction des tinettes doit se faire par l’extérieur; une petite cour sera ménagée à cet effet en arrière des latrines; on surveillera avec soin l’endroit où se trouvent les tinettes, afin qu’il ne devienne pas un foyer d’infection.

Avec le système du tout à l’égout, il est indispensable d’avoir des siphons et des réservoirs de chasse qui fonctionnent bien.

A. Latrines avec sièges ci position accroupie ou à position assise. — Doit-on, dans les latrines des casernes, installer des sièges sur lesquels on est obligé de s’asseoir ou au-dessus desquels on s’accrou})it?

Les avis sont très partagés sur cette question; beaucoup d’hygiénistes se sont prononcés pour les sièges assis ', mais cette préférence nous paraît un peu théorique. Si les hygiénistes dont nous parlons étaient obligés do fréquenter une latrine de caserne, nous jiensons qu’ils aimeraient mieux s’accroupir que de s’asseoir sur un siège souvent mal[)ropre, toujours suspect, et que s’ils se trouvaient en présence d’un siège, heaucoiq) s’elïorceraient de monter dessus; pour notre part nous n’hésiterions pas. Comme nous no devons pas faire à autrui ce (jue nous ne voudrions pas qui nous fût fait, nous nous prononcerons en faveur des sièges .sur lesquels on peut s’accroupir. La répugnance qu un grand nombre do personnes éprouvent à s’asseoir sur un siège que

1. Voir notamment la discussion soulevée à la Société de médecine publique par le travail de M. le Mangenot sur l’hygiène des constructions scolaires. Revue d’hygiène, 1893.

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