‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 85 sur 115 · L.vveban, Hyg. milit · texte numérisé non relu

L.vveban, Hyg. milit

vient de quitter un individu malpropre, atteint peut-être d’une affection contagieuse, nous paraît très légitime.

D’après M. le D" Mangenot {op. cü.), la position accroupie devrait en outre être adoptée parce qu’elle présente des avantages au point de vue de la physiologie de la défécation ; cet argument nous touche moins que le précédent.

Lorsqu’on met des sièges dans les latrines des casernes, on a toutes les peines du monde à empêcher les hommes de monter dessus pour s’y accroupir; il nous semble que cela juge la question et qu’il vaut mieux installer tout de suite des latrines dans lesquelles on peut s’accroupir, que des sièges sur lesquels on s’ingénie à empêcher les hommes de monter.

Dans les hôpitaux, il est nécessaire d’avoir, dans les latrines, quelques sièges pour les malades qui ne peuvent pas s’accroupir, mais là encore nous pensons que la plupart des latrines doivent être installées sans sièges assis.

Dans l’étude sur les casernements types (1889) il est dit qu’on emploiera dans les latrines des casernes des sièges pour position accroupie.

La meilleure disposition nous paraît consister dans l’emploi de grandes pièces en grès vitrifié (fîg. 241) qui obligent les hommes

Fig. 241. — Coquille en grôs vitrifié pour siège accroupi.

à se placer exactement au-dessus de l’orifice destiné à recevoir les matières fécales. L’emplacement des pieds est bien indiqué et ces pièces en grès vitrifié, absolument imperméable, sont faciles à nettoyer. Il est important qu’en arrière de l’orifice de chute il n’y ait pas de rebord pouvant arrêter les matières fécales.

Ces pièces en grès vitrifié peuvent être montées sur des cuvettes séparées, avec réservoir de chasse indépendant pour chaque appareil, automatique ou à tirage (fig. 242), ou bien plusieurs de ces 1

pièces peuvent être disposées sur un même réservoir longitudinal i

(fig. 244); dans ce cas, un seul réservoir de chasse automatique | suffît pour une latrine comportant une série d’orifices. • |

INSTALLATION DES CABINETS D’aISANCES 755

Les urines émises par l’homme accroupi sont projetées en avant, il est donc nécessaire d’assurer leur écoulement dans la cuvette qui reçoit les matières fécales (fig. 242), ou par une canalisation

Fig. 2.12. Fig. îM3.

Fig. 242. — Latrino avec siège accroupi et réservoir do chasse à tirage. A, Cuvette à effet d’eau emboîtée dans le collet d’un siphon obturateur hydraulique en grès; J, Tuyau de décharge du réservoir do chasse; K, Réservoir do chasse à tirage; L, Consoles en fonte; M, Chaîne de tirage en cuivre; N, Robinet d’arrCt à haute pression; O, Grille en cuivre avec tube on plomb amenant l’urine du sol dans la cuvette; P, Face verticale du siège, on verre ou on lave émaillée; Q, Solin; R, Sol en plomb ou en grès cérame; T, Siège en grès émaillé blanc d’une seule pièce ; SS, Emplacements pour les pieds.

Fig. 2-1.3. — Latrino pour caserne avec siège accroupi, modèle do la caserne Schomborg. Coupe verticale antéro-postérieure.

S])éciale qui va rejoindre celle qui est destinée à l’évacuation des matières fécales (tig. 243) ; dans ce dernier cas, des chasses d’eau doivent être ménagées dans la rigole qui reçoit les urines et la conduite des urines doit être munie d’un siphon, comme cela est indiqué dans la figure 243.

L’écoulement direct des urines dans le réservoir qui reçoit les

matières fécales, simplifie la clisposilion des latrines. Les caniveaux recouverts de grilles qui ont été placés, notamment à la caserne Schomberg, en avant des sièges à position accroupie (fig. 2i3), sont difficiles à tenir propres, malgré les chasses d’eau. Les sels' des urines encrassent les grilles et donnent lieu au dégagement de gaz ammoniacaux.

Lorsque les matières fécales tombent dans le réservoir cylindrique qui contient toujours de l’eau, l’eau rejaillit souvent et éclabousse d’une façon désagréable l’individu accroupi; on évite cet inconvénient en plaçant, au-dessous des orifices, des cuvettes; mais alors chaque cuvette doit être munie d’un réservoir de chasse (fig. 242), ce qui augmente le prix des latrines.

Dans plusieurs modèles récents de latrines avec siège accroiqii, le siège est placé en contre-bas du sol, ce qui a l’avantage de

INSTALLATION DES CABINETS d’aISANCES

limiter la portée du jet d’urine; on donne au siège la forme (l’ime large cuvette au centre de laquelle s’accroupit le visiteur, deux pédales un peu surélevées marquent l’emplacement des pieds.

Dans son travail sur l’hygiène des constructions scolaires, M. le 1)-^ M angenot a préconisé des cuvettes basses, à bords élevés en avant et en arrière, au-dessus desquelles on peut s’accroupir et qui reçoivent les matières fécales et les urines {Revue cVh)giène, 1895, p. 157).

On peut installer très simplement et très économiquement des latrines collectives sans avoir recours aux réservoirs de chasse.

Une série d’orifices de chute sont ménagés au-dessus d’un longréservoir demi-cylindrique, en forme d’auge; l’eau des urinoirs, qui sont lavés par un courant d’eau continu, et les urines s’accumulent dans l’auge des water-closets, et trois ou quatre fois par jour, un homme de service soulève une soupape qui fait communiquer l’auge avec l’égout par l’intermédiaire d’un siphon ; les matières se précipitent dans l’égout et l’auge se vide en quelques minutes. Les latrines de la caserne Wellington à Londres étaient installées d’après ce système quand nous avons visité cette caserne; ces latrines, connues sous le nom de latrines de Lambeth, sont très employées à Londres, à Liverpool et dans un grand nombre d’autres villes d’Angleterre pour les écoles, asiles, casernes, ou pour les lieux d’aisances publics.

Dans les latrines avec sièges il faut supprimer les garnitures en bois (jue l’on mettait autrefois autour des cuvettes.

Toutes les cuvettes qui ferment à l’aide de clapets ou de soupapes sont mauvaises ; il suffit d’un morceau de papier, qui reste entre la soupape et l’orifice inférieur de la cuvette, pour que les gaz de l’égout ou des tuyaux de chute pénètrent librement dans les cabinets. Les cuvettes munies de siphons permettent seules d’obtenir une fermeture efficace contre la pénétration des gaz (Ch. xiii,

On a donné aux cuvettes des latrines des formes très diflérentes qui peuvent se ramener à deux principales : 1" la cuvette troncconique et la cuvette en hotte \ 2° la ciwette avec retenue d'eau.

Les anciennes cuvettes des latrines avaient la forme d un tronc de cène régulier. Les matières fécales tombaient sur la paroi postérieure de la cuvette, ([ui était presque toujours souillée; d’autre part l’orifice supérieur était insuffisant pour des hommes un peu forts.

Jcnning a modifié heureusement la forme de ces cuvettes en

rendant verticales les génératrices d’arrière et en inclinant en dehors les génératrices d’avant. La figure 245 représente une cuvette de cette espèce; les génératrices d’arrière sont moins inclinées que les génératrices d’avant, elles ne sont pas verticales, comme dans le véritable closel-holle ; la chasse d’eau arrive sous le

rebord supérieur et lave toute la surface de la cuvette, qui se termine en siphon.

Ce modèle a reçu l’approbation de tous les ingénieurs sanitaires anglais et américains.

Les cuvettes à retenue d'eau ont été également imaginées par

Jenning. La figure 246 donne une bonne idée de ces cuvettes qui sont désignées quelquefois sous le nom de monkey-closel, la forme générale de l’appareil ayant une vague ressemblance avec le profil d’un singe accroupi.

La forme du bassin, en grès vernissé ou en faïence, est telle qu’il reste toujours de l’eau à la partie inférieure, les matières fécales tombent dans l’eau et commencent à s’y diluer. La chasse d’eau est calculée de manière à ce qu’elle produise son maximum d’effet.

INSTALLATION DES CABINETS D’aISANCES

L’eau arrive dans le bassin en A, en face de la sortie B ; le rebord G distribue l’eau sur toute la surface. Le dessus de la décharge est recouvert d’un chapeau D, (jui permet de retirer les corps étrangers qui auraient pu s’introduire dans le sijihon, une autre ouverture E permet de ventiler le siphon ; dans la figure 24G le tuyau de ventilation n’est pas en place, l’orifice E est fermé. Le dessin a été fait au moment où la chasse d’eau se produisait.

Les cuvettes profondes, en hotte, nous paraissent bien préférables aux cuvettes plates, à retenue d’eau; dans ces dernières, l’eau qui a lavé le fond de la cuvette rejaillit souvent sur la personne qui quitte le siège, ou du moins sur le sol; la chasse doit être beaucoup plus forte pour entraîner les matières qu’avec les cuvettes profondes, et si elle se fait mal, la souillure qui persiste es beaucoup plus choquante qu’avec les cuvettes profondes’.

Lorsque les réservoirs de chasse ne fonctionnent pas, on arrive encore à vider les cuvettes en hotte en y versant quelques brocs d’eau; il est beaucoup plus difficile de nettoyer les cuvettes à retenue d’eau lorsqu’elles sont remplies de matières fécales.

La cuvette peut être garnie d’un siège qu’un ressort maintient relevé contre le mur et qui ne s’abaisse que lorsqu’on s’assied dessus, comme les strapontins dans les théâtres. Cette disposition est excellente ; on ne peut que très difficilement monter sur un semblable siège ; d’autre part, s’il n’y a pas d’urinoir dans une latrine, la partie antérieure du siège fixe est presque toujours souillée par les urines ; avec le siège à relèvement on évite cet inconvénient.

On peut aussi garnir le bord des cuvettes avec des ronds mobiles en bois ou en ébonite ^ qu’on change lorsqu’ils sont sales.

On a imaginé plusieurs procédés qui permettent d’obtenir des chasses d’eau automatiques, mais qui se produisent seulement lorsque les cuvettes doivent être nettoyées.

La figure 247 représente une cuvette avec retenue d’eau et siphon, et un réservoir de chasse qui est commandé par le siège au moyen d’un système de leviers ; la chasse d’eau se produit au moment où l’on quitte le siège.

1. Pour juger de l’efficacilc des chasses d’eau des walcr-closcts, ou salU la cuvette avecde la terre argileuse délayée dans de l’eau et ou y jette des morceau.x de papier, après quoi on fait marcher le réservoir de chasse et l’on constate si le nettoyage a été bien fait.

2. L’ébonitc formée par un mélange de caoutchouc, de plombagine, de soufre et de brai cuits et comprimés, est une substance imperméable, légère et solide qui convient très bien pour l’usage indiqué.

Dans d’autres latrines, la chasse d’eau se produit au moment où l’on ouvre la porte des cabinets pour en sortir, elle no se produit pas à l’entrée.

Ces mécanismes sont ingénieux, mais fragiles ; nous avions, au musée d’hygiène du Val-de-Grâce, une latrine avec réservoir de

chasse commandé par la porte, construite par la maison Geneste et Herscher, dont le mécanisme se dérangeait sans cesse, c’eût été bien pis dans un hôpital ou dans une caserne. Les appareils de chasse commandés par le siège, comme dans le modèle représenté dans la figure 247, se dérangent aussi fréquemment, ou bien ils ne fonctionnent pas parce que les hommes ne s’appuient pas sur le siège qui est souillé; les matières fécales restent alors au fond des cuvettes et les latrines sont très malpropres, comme nous l’avons constaté mainte fois à l’hôpital du Val-de-Grâce où ce modèle de latrines a été installé.

Lorsqu’il existe des sièges avec assises en bois, il faut veiller à ce que le bois soit ciré avec soin, ce qui le rend imperméable et ce qui facilite les soins de propreté.

P’ig. 2-17. — Latrine avec cuvette plate à retenue d’eau et siphon ; le siège en bois commando le réservoir do chasse par un mécanisme facile à comprendre on examinant cette figure. (Modèle do la maison Rogier Mothes).,

Dans les casernes anglaises et

dans les hôpitaux militaires de Berlin on fait des distributions do papier pour les latrines; c'est là une mesure très recommandable.

B. Ui 'inoirs. — Il est indispensable d’installer des urinoirs dans les latrines des casernes et des hôpitaux, et aussi des urinoirs indépendants dans les cours.

Les urinoirs se rapportent à deux ty[ies principaux : les urinoirs à retenue d'eau ou à auges, et les urinoirs à paroi verticale.

Les urinoirs à retenue d’eau sont garnis de pots-appliques (fig. 248), ou bien d’auges longitudinales (fig. 249).

Les pots-appliques sont construits de manière à retenir toujours

Page 1