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DE LA DÉSINFECTION. — DÉSINFECTION DES LOCAUX

I. De la désinfection en général. — Le but principal de la désinfection est de détruire les agents pathogènes. — Des circonstances dans lesquelles la désinfection s’impose. — Conditions d’expérimentation des désinfectants.

II. Désinfection des locaux. — Désinfection au moyen des gaz et des vapeurs. Acide chlorhydrique (fumigations guytoniennes). Chlore. Acide hypoazotique. Acide nitreux. Acide sulfureux. Causes des divergences qui se sont produites au sujet de l’efficacité des désinfections par l’acide sulfureux. Aldéhyde formique ou formol. — Désinfection des murs à l’aide des lavages antiseptiques. Les solutions de sublimé ne conviennent pas pour cet usage. Acide phénique, chlorure de chaux. — Désinfection au moyen des pulvérisateurs, valeur de ce procédé. — Désinfection des murs à la mie de pain. — Badigeonnage à la chaux; comment il doit être fait. — Désinfection des planchers, des objets mobiliers. — Destruction des punaises.

Nous n’avons pas à faire ici l’histoire de la désinfection, ni à passer en revue toutes les substances qui ont des propriétés désinfectantes; nous étudierons simplement, dans ce chapitre et dans les chapitres suivants, en nous plaçant à un point de vue pratique, les procédés applicables : 1° à la désinfection des locaux; 2“ à la désinfection des effets et des objets de literie; 3" à la désinfection des latrines, des matières fécales, des crachats et des fumiers.

Nous devons dire cependant, en commençant, quelques mots de la désinfection en général, du but à poursuivre dans l’emploi des désinfectants et de la méthode à employer pour leur étude

1. Consulter, au sujet de la désinfection en général : Rotii et Lex, op. cit. — Wer- Nicii, Grundriss der Desinfectionslehre zum practischen Gebrauch. Wien, 1880. — Koch, Ueber Désinfection. Mittheilungen des K. Gesundheitsamtes, 1881. — Fi.ügge, Rech. expérim. sur les agents de désinfection, Leipzig, 1881. — E. Vallin, Traité des désinfectants et de la désinfection, Paris, 1882. — Arnould, Nouv. élém. d’hygiène et De la désinfection publique. — Gerpert, Rech. expérim. sur les agents et les procédés de désinfection, Berlin, klin. Wochensc/tr., 1889 et 1890, anal, in Revue d'hygiène, 1890, p. 639.

I. De la DÉSINFECTION EN GÉNÉRAL. PROCÉDÉS d’ÉTUDE DES DÉSINFEC- TANTS. — Quand des latrines sentent mauvais on dit qu’il faut le.s désinfecter-, quand un liomme entre à l’hopital pour une maladie Iransmissilile, on dit également qu’il y a lieu de désinfecter ses vêtements; on emploie le même mot et, en réalité, on fait deux opérations bien différentes; dans le premier cas, on se propose de supprimer les mauvaises odeurs; dans le deuxième, il s’ag’it de détruire les germes pathogènes qui existent dans les vêtements; de là une confusion regrettable.

On a proposé de donner le nom de désodoranls ou désodorisants aux substances qui sont employées pour détruire les mauvaises odeurs, et de réserver le nom de désinfectants à celles qui agissent sur les microbes; mais une même substance, comme le chlore, peut agir des deux façons, et puis il est bien difficile d’aller contre une habitude prise; on continuera à dire qu’on désinfecte des latrines lorsqu’on détruit les mauvaises odeurs et non qu’on les désodore ou désodorise, ce qui d’ailleurs n’est pas français.

La désinfection a évidemment pour but principal de détruire les agents pathogènes quels qu’ils soient; de faire, par exemple, qu’une chambre de caserne ou une salle d’hôpital infectée puisse recevoir, sans danger, de nouveaux occupants, ou bien que des effets d’haliillement ou des objets de literie, souillés par des hommes atteints de maladies transmissibles, puissent être remis en service sans crainte de contagion.

C’est parce que les découvertes modernes nous ont appris qu’un grand nombre de maladies étaient d’origine microbienne, que la désinfection a pris l’importance qu’elle a actuellement en hygiène.

Autrefois on n’employait les désinfectants que pour combattre les mauvaises odeurs, surtout dans les latrines, ou bien dans les hôpitaux, en cas d’épidémies graves. Aujourd’hui, les opérations de désinfection s’imposent dans un grand nombre de cas, elles sont de pratique journalière.

Un soldat entre-t-il à l’hôpital pour une maladie transmissible? il faut désinfecter sa literie à la caserne, ses effets à son entrée à l’hôpital. Une maladie épidémique vient-elle à éclater dans une caserne? la désinfection des locaux contaminés est nécessaire. A l’hôpital il faut désinfecter : le linge et la literie provenant du service des contagieux, les matières fécales des malades atteints de fièvre typhoïde, de dysenterie ou de choléra, les crachats des tuberculeux, des malades atteints de diphtérie, etc. Dans tous ces cas, la désinfection a pour but principal, sinon unique, la destruc-

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