L.weban, Hyg. milit
qui exislent en Angleterre dans plusieurs casernes, nous paraissent excellents.
La figure 9 représente un layalio de caserne en grès vitrifié et ardoise qui a été installé sur nos indications au musée d’hygiène du Yal-de-Gràce }>ar la maison Rogier-Molhes. Des lavabos semblables ont été construits depuis lors dans plusieurs de nos casernes. Le lavabo du musée d’bygiène du Val-de-Gràce est garni d’un lattis mobile en bois (|ui recouvre l’auge et sur lequel les hommes peuvent appuyer leurs pieds; cette addition ne nous paraît pas indispensable.
En installant les lavabos au milieu de la pièce on peut accoler
deux auges sur les deux faces d’une })elite cloison médiane, on double ainsi le nombre des robinets et on éloigne les lavabos de la muraille (jui est souvent détériorée par riuimidité.
Dans les hôpitaux les lavabos doivent être installés aussi très sim[)lemenf, sans cuvettes-, il faut placer les auges plus haut que sur la ligure 9, les malades ne se lavant jamais les pieds à l’eau froide.
Le sol de la chambre où sont installés les lavabos doit être garni d’un revêtement im|)erméable et facile à nettoyer : carrelage en briques vernissées ou en faïence, ciment, Intume, etc.
Des portemanteaux doivent être lixés aux murs.
11 ne faut pas mettre de linge commun à la disposition des hommes pour s’essuyei'; chaque soldat doit aA'oir des serviettes qui ne servent (ju’à lui. En France, chaque soldat ])ossède deux serviettes en toile (note ministérielle du 3 janv. 1879) et il est interdit de se servir de la serviette d’un camarade. L’emploi de servietU's communes favorise la pi’opagation de rojditalmie jniru-
Fig. 9. — Lavabo do caserne.
PROPRETE INDIVIDUELLE DU SOLDAT
h'iito, si fréijiientp dans (|ii{'l(|uos années européennes (|u’elle a mérité le nom d’ophtalmie militaire. Nous avons vu aussi en Aliiérie des serviettes em[tloyées en commun servir à la jiropag-ation du clou de lliskra.
Le savon noir lave mal, le savon de Marseille est préférable. Chaque homme dans les casernes, chaque malade dans les hôpitaux doit avoir un morceau de savon à sa disposition.
II. Installation des bains ou des bains-douches dans les casernes. Mains froids. — Tous les systèmes de bains peuvent s'e ramener aux quatre tvpes suivants : bains de vapeur, bains tièdes par immersion, bains par as])ersion, bains froids (bains de rivière, bains de mer).
1° Jiains de vajjeur. — Les bains de vapeur en usage dans tout rUrient et en Algérie sont employés dans l’armée laisse.
Au camp de Krasnoe-Sélo les soldats prennent un bain de vapeur tous les huit jours; après 15 à 20 minutes de séjour dans l’étuve ils vont se plonger dans l’eau froide.
Les bains de vapeur sont aussi en usage dans l’armée roumaine. A l’bôpital de Bucbarest il existe une grande salle de bains de vajieur pour la troupe. Toute la garnison de Mucbarest peut y prendre des bains au prix de cinq centimes pour les soldats.
Les bains de vapeur ont été préconisés en France en 1860 par le commandant Marchand (Villedaby, Essai sur la question du lavage des soldats dans les casernes, tb. Paris, 1878).
Le fait (|ue les bains de va,[)eur ont été adoptés en Russie et en Roumanie montre <pie ce jirocétlé est applicable au lavage des hommes dans les casernes, mais la dépense de combustible pour cbaullèr l’eau et les étuves doit être plus grande qu’avec les bains par aspersion, le temjts nécessaire pour prendre le bain est plus considéi’able qu’avec ce dernier jtrocédé, enfin et surloul, le bain de va|>eur n’est pas entré dans nos mœurs et on ain-ait pi-obablement (piebjue peine à l’y introduire.
2” Jiains iièdes par immersion. — L’immersion du corps <lans l’eau tiède est évidemment le procédé de lavage le plus agréable et le [)lus efficace; c’est celui <|u’on emploie en général dans la vie civile.
En Angleterre, on a adopté ce procédé poui' les soldats. Au (piartier des Morse Guai’ds (Londres), les bains sont, installés de la manière suivante : au voisinage des cuisines se ti’ouvent plusieurs
[letites salles garnies d’une ou deux baignoires; quand un soldai veut prendre un bain il va cbercber de l’eau cbaude à la cuisine et il prépare lui-même son bain, l’eau froide arrive direclement dans la baignoire; les soldats se baignent quand ils veulent; on passe fréquemment des visites de propreté et on punit ceux ([ui ne sont pas propres. Ce système n’est applicable que dans des coiqts de troupe dont l’effectif est peu considérable.
Des bains par immersion ont été installés à Paris dans les casernes des sapeurs-pompiers, mais là aussi on se trouve dans des conditions particulières ’.
Dans toutes les casernes une salle du rez-de-chaussée mesurant de 10 à 12 mètres carrés est alïèctée aux bains; le sol, en ciment de Portland, estcanalisé pour l’écoulement de l’eau et recouvert de claies en bois. Chaque salle renferme deux baignoires en zinc, deux bancs, un portemanteau.
L’appareil qui sert à chaulTer le bain et la salle en même temps, est une chaudière tubulaire à foyer intérieur, en tôle, contenant 375 litres d’eau chauITée au cliarboii ou au gaz.
Cet appareil se compose : 1“ d’un cylindre en tôle placé verticalement dans un des angles de la salle ; l’eau froide arrive dans ce cylindre par un robinet muni d’un flotteur à soupape, l’eau chaude sort à la partie supérieure par un tuyau muni d’un robinet qui la conduit jusqu’à la baignoire ; l’eau cbaude écoulée est remplacée immédiatement par de l’eau froide; 2” d’un foyer tubulaire (semblable à celui des locomotives) qui, en multiiiliant la surface de chautïe, élève rajiidement la température de l’eau.
Le cylindre en tôle est enveloppé d’un cylindre en bois de sapin et un feutrage grossier sépare les deux parois, de manière à empêcher la déperdition du calorique.
Ij’appareil employé })Our le cbauflàge des bains aux sapeurspompiers coûte 105Ü francs et chaque bain revient à jilus de dix centimes. La ville de Paris, très justement généreuse pour ses pompiers qui lui rendent de si grands services, a payé l’installation de ces bains et paie les frais d’eniretien. Ces dépenses seraient beaucoup trop fortes si elles devaient être supportées par le régiment des sapeurs-pompiers et à plus forte raison [>ar un régiment d’infanterie.
L’utilité des bains par immersion est d’ailleurs incontestable
1. Les renscigneinenls qui siiivenl m’onl clé fournis jinr mon 1res regretté ami le Df Ucgniei-, ators (lu’il était médecin-major de H" classe aux sa]icurs-pomi)iers.
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<laiis les easonies des sapeurs-pompiers : les hommes (pii reviennent des incendies salis pai’ la fumée et la suie ont besoin de pouvoir se nettoyer lr(>s complètement.
En 18G6 Riolacci avait installé au 13° bataillon de cbasseurs à pied des liains par immersion partielle; les hommes s’accroupissaient dans de Grands bassins en fer battu de 21 centimètres de haut, l’eau chaude était fournie par la cuisine et le bain ne revenait ([u’à 2 centimes par homme (Riolacci, Nouveau système de bains, etc., Rec. mém. mcd. niilil., 1867, t. XVllI, p. 108).
I)a ns ces dernières années on a établi dans plusieurs grandes villes, à Paris notamment, des piscines qui sont alimentées avec l’eau de condensation des machines à vapeur. A la piscine de la rue de Cbâteau-Landon la température de l’eau est de 29°cenligT., on lieu! y nager en hiver comme en été (E. Cacueux, Congrès de Ruda-Pest, 1894). Peut-être arrivera-t-on à mettre dans quelques villes des jiiscines semblables à la disposition de la trouqte, mais il est probable (pie ce sera toujours l’exception.
A la caserne de cavalerie François-Joseph à Buda-Pest il existe dans un pavillon sé|>aré une grande ])iscine (eau froide) (pii sert aux exercices de natation; la ville de Buda-Pest est d’ailleurs célèbre et avec raison pour la beauté de ses bains et l’étendue de ses piscines.
3° Bains par aspersion, bains-douches C — Les bains ])ar aspersion sont ceux qui permettent le lavage le plus ra])ide et le plus économique des hommes dans les casernes. Le matériel nécessaire pour l’installation de ces bains est beaucoup moins coûteux, beaucoup moins encombrant (pie celui (pii est nécessaire pour l’installation des bains par immersion; il faut moins d’eair chaude et |)ai‘ cousé(juerit la dépense de combustible est bien moindi'e. Gomme l’a écrit M. le 1)'’ Meri’y-Delabost : « l*oui‘ se laver les mains dans une cuvette il est nécessaire d’employer une assez grande quantité d eau, tandis (pi’on arrive à un résultat tout aussi comjdet au
1. A consulter sur la question des linins-dniiches, outre les travaux cites dans le texte: Toi.let, Journal d’hygiène, 1871, ]). 301. — Vai.un, Revue d’hygiène, 187!), J). 321. -MotiACKE, op. cil., p. 738. — Laveiian, Arcli. de méd. înilil., 1887, t. IX, p. lit. Cosmos, revue des sciences et de leurs applications, 10 se])t. 1887. — Merhy- Oelabost, Annales d hygiène, puhl., 1888, p.. 217. — Otto Leomiaiidt, Ge.'^undheil’s Ingénieur, 1800, u°‘ 20, 21, 23, et 1891, n° i, anal, in Revue d’hygiène, 1801, |). OlO.
Uavenez, Génie sanitaire, 15 sept. 1801. — llEnnET, Revue d’hygiène, 1892, ]). ■108.
R. Sciiui.TZE, Itau und Hetrieb von Volk’s Badeanstalten, Bonn, 1893. — Wou''k, Uas Brausebad und seine Kinrichtung in Volksbadeanstalten, Casernen, etc., Deutsche Vicrlelj. f. ôffenll. Gesund., 1891, anal, in Revue de Ilayem, 1893, I. XLV, p. 131. O. nu Mesnk., Les bains a bon marché à Bordeaux, Ann. d’hyg. publ., 1894.
moyen d’une proportion heanconp plus faible d’eau coulant d’un robinet » (Note sur un système d’ablutions [)rati(pié à la prison de Rouen, Annales d'hygiène, 1875).
Un grand nombre de systèmes de bains-doucbes ont été jnvconisés dans ces dernières années [>our le lavage des hommes dans les casernes, nous ne les décrirons pas tous, mais nous ci'oyons devoir signaler quelques-uns de ceux qui ont été employés lorsqu’on était à la période d’essai; il est juste de laisser aux inventeurs de ces systèmes le mérite de leur initiative, et puis, parmi les systèmes nouveaux, plusieurs ne sont que des jierfectionnements des anciens.
La première tentative de lavage des hommes dans les casernes au moyen de bains-doucbes remonte, croyon.s-nous, à 1857; elle nous est connue par un travail du I)'’ Dunal [Rec. mém. méd. milit., 3“ série, t. V, p. 38ü).
Le généi’al de Courtigis avait fait installer dans la caserne de la Corderie, à Marseille, une [letite bara(|ue en planches dans laquelle les hommes prenaient des altusions froides. Les soldats se plaçaient par trois à la fois, et pendant trois minutes environ, sous un tube terminé en j)omme d’arrosoir d’où l’eau tombait de 2 m. 60 de haut. On était à Marseille et en été, ces douches froides donnèrent de Irès bons résultats, mais pendant l’hiver il fallut interroiu[)re les douches et la baraque fut abandonnée.
Les allusions froides ne conviennent pas [)our le lavage des hommes dans les casernes. Il n’y a aucun inconvénient à jirendre des douches fi’oides en hiver dans un établissement hydrothérapique, mais les salles d’allusions des casernes ne sont pas comparables aux salles de douches des hôpitaux ou des établissements hydrothérapiques, et dans les étahlissements les mieux installés personne ne songe à prendre des douches froides pour se laver. Le procédé de la douche froide ne serait accepté par le soldat qu’avec une réjiugnance très justiriée. Ajoutons (jue l’eau froide lave beaucoup moins bien que l’eau chaude.
En 1873 M. le D’’ Merry-Delabost installa dans la prison de Rouen des douches chaudes qui donnèrent de Irès bons résultats (o;l cil.)-, il faut dire (jue M. Merry-Delahost se trouvait dans des conditions exceplioimellernent favorables an point de vue de celle installation. L’eau, chaulTée à 34“ ou 35“ par la va|ieur d’uue machine servant à d’auti’es usages, descendait d’un réservoir placé dans une tour, à 14 mètres au-dessus du sol, el tombait eu pluie par six tuyaux munis chacun d’une pomme d’arrosoir.
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En 1877 M. le 1)'' Hrachot fit installer des fiains-ilouclies à Audi, tlaiis la caserne de cavalerie; l’eau était cliaulTée en été par le soleil, dans do grands réservoirs, en liivor par les finniers au milieu desquels se trouvaient des réservoirs en tôle d’une capacité de oOO litres. La température de l’eau iniroduite dans ces réservoirs s’élevait au bout de 6 heures à 35“ ou 40“, et au bout do 24 lieures à 60"; on utilisait cha(|ue jour cette eau chaude <pii était as[)ii‘ée à l’aide d’une pompe et remplacée par de l’eau froide; à la fin de la semaine il fallait 24 heures pour avoir de l’eau à 25“, les fumiers étaient alors clungés. L’eau d’une bouteille placée dans ^un fumier s’élève en queh|ues heures à 70“ et même 75°. Le maniement de la pompe destinée à remplir les l'éservoirs et à aspii’er l’eau ])Our les douches était très pénible, ce qui fit abandonner cette installation; comme le dit M. le 1)'' llrachet dans une note qu’il a bien voulu nous remettre ; « pour qu’une installation hydrothérapique soit bonne il faut qu’elle soit simple, automatique ».
M. llrachet s’est ins})iré ptus tard de ce })rinci])e dans l’installation suivante des bains-douches de la caserne Schomberg’ (caseiaie de la g'arde républicaine à l'aiâs).
Un tuyau de cuivre de 3 centimètres de diamètre, d’une longueur de 13 mètres, et dont les [larois ont 3 millimètres d’épaisseur, est roulé en s[)irales de 50 centimètres de diamètre avec un écartement de 8 cenlimètres entre cbaipie tour (te spire, et placé dans un fourneau en maçonnerie à tirage très puissant.
l..’extrémité afl’érente de ce tuyau est en rapport avec une conduite d’eau (te la Dhuis dont la jii’ession, assez variable, est en moyenne d’une atmos{)bère. L’extrémité efférente est reliée à un système de douches en pluie. Un robinet à portée de main commande chaque douche.
I out l’appareil est revenu à 236 francs; à cette somme il faut ajouter 52 fr. pour les portemanteaux et les [danchers à clairevoie, soit au total 288 fr.
Ce système a le grand avantage d’être automatique, c’est-à-dire de fonctionner sans l’aide d’nne |)om[)e dont la manœuvre est fatigante; il n est aj(plicable, il est vrai, que dans les casernes (pii reçoivent de I eau sous pression. A 'priori on pourrait croire ([U(.>
I eau ne s échautïe |)as suffisamment pendant la courte durée de son passage dans le seiqientin, lors(|ue Ions les robinets des douches sont ouverts; il n’en est rien, on est obligé an contraire de veiller a ce que 1 eau ne s’écbaulTe pas à |dus de 35", ce (jui pour M. llrachet est un ma.ximum (jui ne doit |>as être dépassé : à celte
lenipérature il se produit, de la vaj)eur d’eau en i>rande quantité qui remplit la salle et qui gCme beaucoup les baigneiu’s. 1^’idée d’em[)loyei- pour les bains-douches de l’eau sous pi’ossion qui s’écbaulï'e en traversant des luyaux chaulïés à l’aide d’un feu de coke ou du gaz était excellente; elle a été mise à jtrofit dans plusieurs des appareils qui ont été construits dans ces dernières années.
En 1877 Ifaro eut l’idée de se servir d’une pompe d’arrosage ordinaire jiour le lavage des soldats et il installa ce système de bains-douches au 69° régiment d’infantiyie à Nancy. La pom})e était munie d’une bâche dans laquelle on versait une partie d’eau chaude pour deux d’eau froide; la gerbe liquide sortait par une lance flexible •munie d’une pomme d’arrosoir; un baigneur ])lacé sur une échelle dirigeait le jet de haut en fjas sur chaque homme ; on pouvait baigner ainsi tout le régiment en quinze jours et la dépense ne s’élevait même pas à un centime par homme (Haro, Note sur le système de bains par aspersion employé au 69° régiment d’infanterie, Rec. méni. méd. milü., 1878, p. 502).
Fif?. 10. — Bains-douches (système Haro-Forf;uos). — A, Echelle; B, Pompe nspipaule et foulante;
C, Tuyau do projection; D, Tuyau d'asiiiration ; E, Lance avec pomme d'arrosoir; F, Jet droit;
G, Caisse au mélange; H, Fourneau aveu chaudière do 120 litres; K, Conduite d’eau bouillante;
L, Conduite d'eau froide.
M. le D'' Forgues installa peu après dans la caserne du 113° de ligne à Blois le système de bains par aspersion imaginé par Haro en le modifiant ainsi qu’il suit :
1° La |)ompe ordinaire d’iirrosage est remplacée par une pompe aspirante et foulante beaucoup })lus puissante (système Samain).
2" L’eau chaude vient se déverser directemenl dans la bâche ainsi que l’eau froide. Ija figure 10 montre la disjiosilion île la bâche et des robinets d’eau froide et d’eau chaude.
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lOo
Le baifrneur s’assied sur la plate-forme ([ui termine l’échelle A pour donner les douches; les hommes désig’nés [»our prendre des hains sont alternativement eni[)loyés à la manœuvre de la [lompe.
La pompe avec les accessoires i-evient à 113 francs; on peut haigner 90 hommes à l’heure, à condition d’avoir deux salles (|ui servent aux hommes à se déshahiller et à se rhahiller; le prix du hain s’élèAœ à peine à un centime par homme.
La douche est oblique et non verticale comme dans les douches ordinaires; dans le cas spécial, c’est là un avantage : un homme ([ui reçoit une douche oblique se lave plus commodément que s’il recevait une douche verticale qui l’aveuglerait; les hommes peuvent d’ailleurs se laver ensuite la figure dans des lavabos annexés
à la salle de hains.
M. le médecin inspecteur Vallin a préconisé l’installation suivante (thèse de Yilledary, Paris, 1878) :
On choisit une salle de 10 mètres carrés de superficie environ et de 4 mètres au moins de hauteur, située au rez-de-chaussée. Le sol est bitumé avec un caniveau central pour l’écoulement de l’eau et un plancher à claire-voie dans la partie de la salle où devront se mettre les hommes pour recevoir les douches.
(jne cuve en bois doublé de zinc de deux mètres cubes environ de capacité est fixée à 3 m. 50 au-dessus du sol; une jtompe placée dans la cour de la caserne sert à élever l’eau dans cette cuve si l’eau de la ville ne jieut pas y arriver directement.
Deux tubes verticaux partant du fond de la cuve aboutissent à deux tubes horizontaux portant chacun trois pommes d’arrosoir. Chaque tube est muni d’un robinet à conli-epoids du modèle usité dans les établissements hydrothérajiiques. La cuve est munie en outre d’un tube servant de tro|)-])lein.
Un fourneau en fonte avec générateur de vapeur permet de chauller la salle et l’eau destinée aux douches ; la vapeur provenant du générateur est conduite à l’aide d’un tube dans l’eau de la cuve; elle se dégage pres([ue sans pression et elle élève rapidement la température de l’eau.
Lu une heure, cinquante hommes jiourraient se laver.
M. le IP 11. Colin a fait construire à Cambrai un appareil de bains-douches qui a été employé également dans plusieurs autres garnisons.
Cet a[)j)areil consiste en une buanderie en fonte de 275 litres ipii déverse son eau chaude dans une cuve à mélange (la baignoire de l’infirmerie peut être utilisée à cet elTet), dans laquelle donne éga-
lement un robinet d’eau froide. Une pompe a.spirante et foulante puise dans la cuve à mélange de l’eau tiède (pi’elle i-efouledans un cylindre réservoir. Ce réservoir est formé par un gi-os cylindre de cuivre rouge de 18 centimètres de diamètre et de G mètres de longueur en plusieurs sec tions unies entre elles par des bride.s-rondelles à joints; il est muni de 8 |)ommes d’arrosoir à trous lins, à soupape; chaque soupape surmontée d’une tige métallique traversant verticalement le cylindre, se soulève au moyen d’un cordon qui se rélléchit au plafond et vient pendre à la dis[)osition du baigneur.
Le cylindre réservoir est suspendu au plafond, à 2 mètres du sol, au moyen de 4 colliers et de tiges de fer qui, traversant le j)lancliei' supérieur, vont y faire un retour d’équerre. Il est encore immobilisé dans le sens latéral par 2 tiges de fer l’arc-boutant au mur.
M. Herbet, ingénieur civil, a imaginé ])lusieurs appareils pour les bains-douches; les appareils qui sont désignés sur les catalogues j)ar les lettres A et G sont bien appropriés aux conditions dans lesquelles doit se faire le lavage des hommes dans les casernes.
Fig. 11. — Appareil Ilerbet A pour bains-douches.
L’îqipareil Herbet A (fig. Il) se compose d’une chaudière à vapeur qui peut être d’un système quelconque, reliée à un éjecteur, le(|uel est fixé sur une bàclie d’eau froide et prolongé par un tube en caoutchouc qui se termine jiar une lance.
Quand la chaudière est en [iression et ipie la bàclie est renqilie d’eau froide, il suffit d’ouvrir le robinet de vajieur pour que l’ajipareil fonctionne; la Aaipeur, en passant dans l’éjecteur, aspire
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l’eau froide, et se condense en la réchauffant; le mélange liède s’écliappe au dehors par la lance, chassé (|u’il est par la vapeui* de la chaudière.
Un robinet d’eau froide placé au-dessus de la, bâche est ouvert de façon à remplacer sans cesse l’eau qui s’échappe par l’éjecteur.
Une disposition ingénieuse de la lance permet de régler facilement la température de l’eau servant aux douches, de l’ahaisser ou de l’élever à volonté.
L’extrémité effilée de la lance conique par laquelle s’échai)pe l’eau est formée de viroles qui se vissent les unes sur les autres; le diamètre de chaque virole est, par suite, différent du diamètre des viroles voisines (voir sur la figure 11 la coupe de la lance). Supposons la lance complète avec toutes ses viroles, l’eau s’échappe par exemple à 36° ; si on dévisse la première virole, la température tombe à 34° et ainsi de suite.
L’augmentation de })ression dans la chaudière n’a pas pour eflét d’augmenter sensiblement la température de l’eau, car alors la vapeur aspii’e une plus grande quantité d’eau froide et la tempéra- (ure du mélange reste à peu près la même. Au contraire, si on fait varier l’orifice de sortie, on augmente ou on diminue heaucoiq) la résistance (jue le liquide doit vaincre pour s’échapper. Les frottements sont rendus considérahles par une petite diminution de diamètre de cet orifice, la quantité d’eau froide qui afflue dans l’éjecteur diminue, la quantité de vapeur restant cà peu près la même; par suite, la température du mélange augmente.
Dans les garnisons de Belfort et de Besançon où ce système de hains-<louches est employé on lave 86 hommes à l’heure et l’a[)pareil [>eut fonctionner sans interruption [)endant plusieurs heures. On consomme 12 kilogrammes de charbon par heure et 1200 litres d’eau.
Le prix de l’ajipareil complet est de 2000 francs mais plusieurs corps peuvent, comme cela a eu lieu à Belfort et à Besançon, réunir les fonds dont ils disposent [)Our installer des hains en commun.
Cet appareil {)eut fonctionner à l’aide de la machine à vapeui’ de la cuisine Lgrot,ce qui serait économiijue si cette cuisine à vapeur était adoptée dans I armée, mais nous verrons (Ch. v) que la cuisine Egrot présente, au moins pour les casernes, de sérieux inconvénients.
L ajipareil C de M. Herbet (lig. 12) se conqiose :
1° D’une chaudière A logée dans un fourneau en maçonnerie B;
2" D’un tuyau d’arrivée d’eau froide T muni tl’un robinet de réglage R;
3” D’un tuyau de départ d’eau chaude S alioutissant à une nourrice N, chargée de déverser l’eau tiède à environ 33“ par 2, 4, G ou 8 pommes d’arrosoir suivant les cas, formant de [iréférence des jets obliques. La nourrice peut être remplacée par un petit réservoir qui répartit l’eau comme on le désire;
4“ D’un thermomètre D qui permet de constater la température de l’eau à chaque instant, et qui, relié à une sonnerie électrique, avertit dès que la température de l’eau atteint 45 degrés;
5" D’une cheminée H munie d’un registre Q.
Pour faire fonctionner l’appareil on ouvre le robinet R d’arrivée d’eau froide, et on remplit la chaudière, on referme ce robinet dès que l’eau sort en N et on allume le feu; pour cela, après avoir brillé un peu de bois sur la grille, on ajoute peu à peu le combustible (de [iréférence du coke n° 0) par l’ouverture C, jusqu’à ce (|ue la trémie soit jileine et on ferme avec le couvercle.
Le registre Q de la cheminée doit être ouvert en plein pendant rallumage; au bout de 15 minutes on a de l’eau chaude.
Dès qu’on constate au thermomètre D une température de 45“, on ouvre progressivement le robinet d’arrivée d’eau froide ])our la mise en train et on arrive au bout de queb|ues minutes au débit normal.
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L’appareil une fois en marche, il suffit de mellre du coke toutes les demi-heures par l’ouverture C, pour remplacer celui ([ui est hrùlé; une heure et demie avant la fin prévue de l’o[)ération, on cessera de mettre du coke.
La régularité de la température, pour un déhit donné, s’ohlient [lar la manœuvre du registre Q; suivant que la température tend à descendre ou à monter, l’homme chargé du service des hains doit ouvrir ou fermer progressivement ce registre.
L’appareil peut débiter à l’heure 1400 litres d’eau à 3o“ en dépensant 60 litres de coke en trois heures de fonctionnement (IIerbet, Note sur l’installation de hains-douches, Paris). Grâce à la construction particulière de la chaudière, M. IIerbet dit avoir réussi à éviter les variations trop grandes de température qui s’observaient jusqu’alors dans les appareils à circulation d’eau.
Il suffit pour que l’appareil fonctionne d’avoir de l’eau à la pression de trois mètres.
Fig. 13. — Appuroil Flicoleaux pour bains-douches.
M. Flicoteaux a construit, à l’usage des casernes qui peuvent employer le gaz pour le chauffage de l’eau des hains, un ap[)areil qui est représenté dans la figure 13.
Cet apfiareil se compose d’un chauffage en cuivre, à surface tubulaire, muni d’une rampe à gaz, relié avec un réservoir en tôle sur lequel sont fixées les pommes des douches.
L’appareil est d’une installation facile, et il permet de donner
des douches à un nombre considérable d’bommes aussitôt après rallumage et avec une dépense de gaz peu considérable.
11 résulte d’expériences faites en 1891 à la caserne du quai d’Orsay qu’un mètre cube de gaz suffit pour donner des doucbes tièdes à 100 hommes en été et à SO hommes en hiver.
Le })rix d’un appareil permettant de donner 4 doucbes à la fois est de GOO francs.
M. le D''L. Barois a fait construire par MM. Bouvier et Descotte, ingénieur.s-constructeurs à Angers, un appareil simple et pratique.
Fig. 14. — Thermo-siphon du D'' Barois, pour bains-douches.
Il est basé sur le principe du thermo-siphon et comprend : une chaudière D (fig. 14) à double paroi et à foyer central; un tuyau de fumée G, qui traverse le réservoir, afin d’utiliser la chaleur perdue; deux tuyaux de circulation FF', formant, par l’addition d’un pied à fourche, les (juatiu points d’appui d’une charpente métallique qui supporte un réservoir A, de üOO litres de capacité. En bas le tuyau F' s’abouche à la [iartie supérieure de la chaudière, et le tuvan F à la partie inférieure; en haut, ils s’abouchent l’un et l’autre au fond du réservoir A. Il en résulte ([ue la chaudière, le réservoir et les tuyaux ne forment en réalité ([u’un seul et môme réci[»ienl. Dès qu’on allume le foyer, l’eau tiède étant |)lus légère, monte dans le réseivoir [>ar le tuyau F', et est remplacée j)ar de l’eau froide qui, descendant par le tuyau F, s’échautlé dans
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lld
la chaudière, monte à son tour, cl. ainsi de suite. {Arch. de méd. nülü., 1800, t. XY, p. 393.)
En une demi-heure on une lieure, suivant la température extérieure, l’eau du réservoir A est portée à 3G° ou 37°, avec une consommation de G à 10 kilogrammes de charhon, soit une dépense de 2o à 40 centimes.
La distribution a lieu par une artère principale formant nourrice de deux rampes, portant chacune (juatre pommes d’aspersion S, percées, à leur périjihérie seulement, de deux rangées de 40 trous, du diamètre d’une épingle (sur la figure on n’a indiqué que 4 pommes au lieu de 8).
L’artère principale est munie d’un j-ohinet-chef R; deux autres robinets (non indiqués sur la figure) sont placés sur les deux rampes de distribution.
Le robinet-chef est ouvert de façon à ne pas donner un débit supérieur à 3 litres un (juart par pomme en une minute.
A l’aide d’un de ces appareils muni de 8 pommes d’arrosoir on peut laver 80 hommes (soit, en moyenne, tous les disponibles d’une compagnie) en 2o minutes, dont 11 sont consacrées aux.;airé'es et venues et à riiabillement.
Le prix d’un appareil à 8 jiommes (sans robinets individuelis) est de olo francs. \
La circulaire ministérielle du 31 juillet 1879 sur l’organisiation dans les casernes d’infanterie d’un système de bains chauds (étendue ensuite à tous les autres corps de l’armée française *), tout en recommandant le système des bains par aspersion, laissait aux corjis le soin de choisir le système le plus convenable pour donner les bains. Une note ministérielle du 29 novembre 1893 prescrit (pi’à l’avenir on choisira pour l’installation des bains par aspersion dans les casernes un des apj)areils suivanis ; apjiai’eil Rouvier, ap[)ai‘eil Flicoteaux ou ap])areil ïlerbet modèle C; ces ti‘ois ap|)areils ont été décrits et figurés ci-dessus.
Le système des bains par aspersion tend de plus en plus à se répandre; il est emj)loyé aujourd’hui non seulement dans la plu- [>art des armées européennes, mais aussi dans un graml nombre de
1. Noies ministérielles du 18 mai, du ^1 mai 1880 el du 19 novembre 188.8 (pour les corps en Algérie). Par la circulaire du 31 juilIcL 18T9 les corps d’inranlcric soûl autorisés à iirélevcr à litre fie première mise sur les fonds de la 2° portion de la masse générale d’entretien une somme de 200 à 300 fr. pour couvrir les déiienscs d’achat el d’inslallalion des salles de bains et lavabos, et une allocation annuelle, de 100 fr. sur les mêmes fonds pour frais de chaufTage cl d’entretien.
villes pour donner des l)ains à bon inarcdic aux ouvriers, dans les asiles de nuit, dans les écoles, etc.
En Allemagne, les instructions relatives à rainénagenieni intérieur des casernes prescrivent de réserver dans toute nouvelle caserne un espace de 30 à 40 mètres carrés pour la salle de bains par aspersion et ses dépendances. Il est recommandé d’éviier les jets d’eau atteignant directement la tète; la durée du bain est fixée à 3 minutes, la (juantité d’eau par bomme à 13 ou 20 litres; les séries sont de 8 à 10 hommes (Zœller, Le casernement des troupes allemandes. Revue d'hygiène, 1881, p. 362). A l’Albertstadt (Dresde) la douche en pluie est à la fois descendante et ascendante, cette disposition qui augmente les frais d’inslallation et la dépense d’eau ne nous paraît [>as devoir être imitée.
Depuis quelques années on a organisé dans un certain nombre de villes en Allemagne et en Autriche des bains-douches à l’usage du peuple. Un premier établissement de bains-douches a été ouvert à Vienne en 1886; en 1888 Francfort-sur-le-Mein suivait cet exemple; depuis lors les bains par aspersion ont été en se multipliant. Scbültze et Wolff, dans des travaux récents sur les bains par aspersion, constatent (jue ces bains sont une précieuse acquisition pour l’hygiène populaire; en donnant des bains par aspersion on économise, dit Scbültze, à la fois l’espace, le temps, l’eau et l’argent.
ABoi’deaux, l’établissement des bains-douches à bon marché a eu un grand succès.
A l’avenir dans tonie caserne neuve il y aura lieu de prévoir un petit pavillon pour l’installation des bains-douches ; cette règle aujourd’hui admise en France ‘ et en Allemagne a déjà été appliquée dans quelques constructions neuves. Dans les casernes du type Tollet un petit pavillon séparé est réservé pour cet usage (voir Cb. xiv). Dans les anciennes casernes, les locaux dans lesquels sont installés les bains-douches sont en général insuffisants.
Outre le local dans lequel on prend les douches, il est nécessaire d’avoir une ou mieux deux salles dans les<juelles les hommes se déshahillent et se rhabillent. La meilleure disposition nous paraît être la suivante : la j)orte d’enirée du pavillon des bains ouvre sur un vestibule qui communi(jue ; 1° avec une salle centrale dans la(|uelle se donnent les douches, 2“ par deux portes latérales avec
1. D’après la nolicc sur les casernements types 1889 (Y. Ch. xiv), la salle de bains par as|)crsion sera annexée à l’inlirnierie, mais elle restera sans communication directe avec celle-ci et elle aura son entrée sur la cour de la caserne.
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(les salles dans lesquelles les hommes sont, introduits par séries pour se déshabiller et pour se rhabiller; ces salles communiquent par une autre porte avec la salle de bains de manière à ce (jue les hommes qui viennent de prendre leur douche ou qui vont la prendre ne soient pas exposés à se refroidir en passant par le vestibule. Dans ces conditions il n’y a pas do temps perdu, pas d’encombrement à craindre : une série de 8 hommes se déshabille pendant (|u’une autre série prend sa douche et une troisième série jieut attendre dans le vestibule. Les chambres ne doivent être ni ti-op grandes, ni trop hautes, afin (ju’il soit facile de les chauflêr; on mettra des cloisons incomplètes entre les chambres latérales et la chambre aux douches pour qu’un seul poêle puisse servir àchaullêr les trois chambres.
Le sol sera cimenté ou bitumé; si l’on adopte le ciment, ({ui est plus froid que le bitume, mais (pii est plus propre, on établira avec des .planches des pistes qui jiermottront aux baigneurs de passer d’une chambre à l’autre sans marcher sur le ciment; les j)lancbes sei’ont un peu surélevées, afin (|u’elles no pourrissent pas dans l’eau ; un caniveau central permettra à l’eau de s’écouler facilement. Les murs seront garnis d’un enduit bydrofuge.
Le nombre des douches sera de 8 au moins pour une caserne ordinaire destinée à un régiment d’infanterie.
Les hommes (|ui prennent leur douche doivent avoir les pieds dans de grands bassins en fer-blanc, ainsi (|ue cela est indi(|uédans les figures 13 et 14; de cette manière l’eau de savon (|ui a servi à laver le corps tombe dans les bassins et les pieds trempent dans l’eau pondant toute la durée de la 'douche, ce qui permet de les mieux nettoyer.
On pouri-ait, pour la décence, laisser pendre une toile entre les baigneurs de manière à les soustraire aux regards de leurs voisins sans empêcher la surveillance de s’exercer.
Tja température de la salle de douches et des salles annexes doit être de 18" environ.
D’après les expériences faites par M. Villedary il suffirait de cbaulïêr l’eau à 20" pour les bains-douches; cette température nous paraît trop basse; nous pensons ((ue les bains-douches doivent être donnés à la temjiératurc de 30° environ; il ne faut pas dépasser la température de 35".
Il tant accorder au moins 5 minutes à chaque homme [)our se laver, mais, bien entendu, la douche ue doit pas fonctionner pen- <lant tout ce temps, le baigneur commence par se bien mouiller;
Lwehan, II v". milil. 8
puis il se savonne, il fait marcher de nouveau la douche, achève le savonnage jiar la parlie inrorieiu'C du corps et une dernièi'e asjtersion enlève le savon resté à la surface de la [>eau, il suflit ainsi de trois c(nirles aspersions.
La quantité d’eau nécessaire pour ces trois as[)ersions A'arie heaucoup d’un appareil à l’autre; avec les appareils (|ui donnenl des douches en pluie fine et sans une forte pression de l’eau, avec l’appareil Bouvier, par exemple, on peut arriver à laver un homme en employant seulement 4 à 5 litres d’eau, mais c’est là un minimum qui est souvent dépassé; d’ailleurs lorsque la douche est en pluie trop fine, elle entraîne mal le savon et nous crovons qu’il ne faut pas chercher à pousser aussi loin l’économie d’eau. Les chilïres de 15 à 20 litres d’eau par homme nous paraissent devoir être adoptés.
Le savon de Marseille nettoie mieux que le savon noir, mais il a l’inconvénient d’être plus difficile à dissoudre dans l’eau (Yille- DARY, o;j. cit.). On prépare aujourd’hui un savon liquide à base d’oléate de soude, comme le savon de Marseille, qui serait peutêtre utilisé avec avantage pour le lavage des hommes dans les casernes.
4° Bains froids. — Les bains froids (bains de mer ou de rivière) sont excellents en été et ils doivent être prescrits toutes les fois que la chose est possible. Le bain froid ne sert pas seulement au lavage des hommes, il est. tonique, excitant, le hain de mer surtout; de plus la natation constitue un exercice des meilleurs et des plus utiles.
Les hains froids peuvent toutefois êtve fa cause d’accidents et ils demandent à être surveillés de très près; un médecin doit toujoui's dans les coi’ps de troupe assister à la baignade.
L’endroit qui sert à la baignade doit être choisi avec soin, de manière à ce que les hommes qui ne savent jias nager ne ris(|uent pas de se noyer; si les bains ne sont j)as pris dans un établissement de natation, on commenceiai [>ar faire ex])lorer la rivière ]>ar de bons nageurs et on indiquera à l’aide de [)ieux et de coi’des les limites que ne doivent pas dé[)asser les bomines ({ui ne savent |)as nager; on évitera les endroits vaseux et remplis d’herbes.
Les soldats qui se rendent aux bains froids marcberont à uiu' allure modérée, de manière à ne pas arriver couverts de sueur à l’endroit où ils doivent se baigner; une fois déshabillés, ils n’altendront pas en plein air (ju’ils se soient l’efroidis; il vaut beauconp mieux (pi’ils se mettent immédiatement à l’eau. On peut sans
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inconvénient so [ilongor dans do l’eau, même très froide, alors que le corps est couvert de sueur, la preuve en est dans l’innocuité des bains russes; au contraire il est dangereux de rester, en cet étal, dans un courant d’air.
Les hommes doivent être aveidis du danger qu’il y a à se mettre à l’eau après avoir mangé. Tous les ans des accidents graves et souvent mortels se produisent chez des personnes qui se mettent à l’eau immédiatement après un repas.
L’impression subite de l’eau froide peut amener un érythème généralisé; quelques personnes sont [irises régulièrement d’urticaire lorsque, au retour de l’été, elles commencent à prendre des bains froids.
Tourraine, Bedié, Granjux, Mestrude, Pugihet, Ballet ont observé chez des soldats, aux bains froids, des accidents caractérisés par un érythème généralisé d’un rouge très intense, suivi bientôt chez quelques-nns de perte de connaissance. Ces accidents ont été signalés surtout chez des hommes (|ui, ne sachant pas nager, ne prenaient [las un exercice suffisant dans le bain; ils se [iroduisent d’autant plus facilement que l’eau est plus froide; ordinairement, le malaise et la syncope ne surviennent qu’après la sortie du bain et à ce moment les téguments [ullissent. Granjux et Mestrude attribuent ces troubles nerveux à la paralysie exagérée des vaso-moteurs péri[)béiiques suivie d’un brusque retlux du sang de la périphérie au centre L
Les inilividus qui sont pris de ces érythèmes généralisés peuvent se noyer alors môme qu’ils se trouvent à un endroit où ils ont pied; il faut donc, lorsqu’on voit un homme qui[)résente cette coloration rouge des téguments, se hâter de le faire sortir de l’eau; quelques frictions sèches, quelques gorgées d’une boisson e.xcilanle em[)ôchent la syncope de se produire. On disjiensera des bains froids les hommes (jui auront présenté dos accidents de cette nature.
Maigre toutes les précautions prises il arrive quelquefois qu’un imprudent qui s’est aventuré trop loin ou Iden qui a été entraîné [lar le courant est retiré de l’eau en état d’asphvxie.
L homme qui est retiré do l’eau dans cet état doit être couché sur le côté droit, la tôle un peu inclinée en avant et soutenue [»ar un aide; il faut en elîet faciliter l’écoulement de l’eau (|ui reiu[)lil
1. Tourhaine, Des bains froids, liée. mém. méd. milit., 1874, 3” série, l. XXX, p. 92. — Mestrude, mrime liée.. 1877, l. X.XXIII, j). 109. — IRioiuet, 7)u‘me liee., 1879, l. XXXV, p. 202. — ÜAU.ET, mém. liee., 1879, L. XXXV, p. 209.
la gorge et les voies aériennes. Pour rélablir la j‘es])iralion le moyen le pins efficace consiste dans l’emploi des tractions de la langue; cette méthode, préconisée par M. le D'^Lahorde, adonné de 1res beaux succès dans des cas où les méthodes ariciennes avaient échoué et où l’asphyxie par submersion paraissait définitive.
L’instruction suivante rédigée par M. Lahorde indique très clairement comment on doit faire les ti-actions rythmées de la langue. Tous les ans, à l’époque des bains froids, il y aura lieu dans les corps de troupe d’appeler l’attention sur ce procédé si commode et si efficace.
« Sitôt le noyé retiré de l’eau, lui ouvrir la bouche, et si les dents sont serrées, les écarter, en forçant avec les doigts, ou avec un corps résistant quelconque, morceau de bois, manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette, extrémité d’une canne...
« Saisir solidement la partie antérieure de la langue entre le pouce et l’index de la main droite, nus, ou revêtus d’un linge quelconque, d’un mouchoir de poche, j)ar exemple ([)Our empêcher le glissement), et exercer sur elle de fortes tractions répétées, svccessives, cadencées ou rythmées, suivies de relâchement, en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-77iême, aie nombre d'au moins 30 par minute.
« Introduire, en même tenips, l’index de l’autre main au fond de l’arrière-gorge, en pressant sur la hase de la langue, de façon à provoquer le vomissement dans le but de dégager l’estomac de l’eau ou des aliments qui l’encombrent.
« Les tractions linguales qui constituent, en ce cas, le moyen le plus puissant et le plus efficace de ranimer la respiration, doivent êire pratiquées de suite, sans le moindre l'elard, et avec persistance, durant une demi-heure, une heure et ])lus, pendant que l’on donne simultaiiément au noyé ou à l'asphyxié les autres soins consécutifs hahiluellement recommandés et en usae'c.
« Le même pi'océdé peut et doit être employé, de la même manière, dans toutes les sortes d’asphyxie et de syncope (perle de connaissance). »
M. le D" Lahorde a présenté à l’Académie de médecine, dans la séance du 4 décembre 1894, une pince spéciale destinée à 0])érer les tractions l•ylhmées de la langue ; cetle ])ince n’est pas nécessaire, surtout chez l’adulle. Le procédé de M. Lahorde esl facile à mettre on œuvre |iar des personnes étrangères à la médecine et il no néces.sile pas d’instruments spéciaux; il uc faudrait pas com])romettre ce dernier avantage sous prétexte de perfectionner le pro-
PROPRETE INDIVIDUELLE DU SOLDAT
cédé (Laboude, Les tcaclioiis rytlimées de la laiii>ue, Paris, 1894. — Mauesciial, de méd. milit., 1893, t. XXI, [). 394).
Un rouleau spécial 'est mis à la disposition du médecin dans les régiments pour secourir les asphyxiés; il renferme notamment des moutles de crin (pii permettent de faire des frictions énergi(]ues.
On peut encore faire la respiration artificielle en élevant les liras et en les rapprochant ensuite de la poitrine qu’on comprime à ce moment.
Il est bon de provo(]uer le vomissement afin d’évacuer l’eau (pii se trouve dans l’estomac ; dans ce but on in troduira le doigt dans l’arrière-gorge, comme cela est indi([ué dans l’instruction de M. Lahorde.
III. Hygiène de la bouche. — L’hygiène de la bouche doit être surv'eillée et pendant les visites de santé le médecin portera son attention de ce coté; les soldats sachant (pi’on examine leurs dents et leur bouche prendront les soins indis[)ensahles pour empêcher les altérations des dents et les maladies de la bouche.
Lorsque les dents sont couvertes de tartre et déchaussées, les gencives enllammées et saignantes, le soldat est exposé à de nombreux accidents : les dents s’ébranlent et se carient, il se produit des périostites, des phlegmons, etc.
La stomatite ulcéreuse était autrefois commune dans l’armée et souvent elle régnait à l’état épidémique; depuis une vingtaine d’années elle est devenue- beaucoup plus rare, on ne l’observe plus guère qu’à l’état sporadiijue.
Le soldat (pii a perdu une partie de ses molaires arrive encore à manger sa ration en temps de paix; en temps de guerre, cela lui deviendrait impossible.
.Vjoulonsque les hommes qui ont la bouche malade sont incommodes et dangereux pour leurs voisins; leur haleine fétide contribue a souiller l’air des chambres et leurs crachats contiennent un grand nombre de microbes dangereux : strejitocoques, staphylocoques, pneumocoques, etc.
Il ne semble pas pratiijue do distribuer des brosses à dents, mais beaucoup d hommes peuvent s’en procurer et on doit en encourager 1 usage. Les brosses en caoutchouc sont particulièrement recommandables; on jiourrait faire en sorte (pie le soldai
1. Notice fin 2!) mai 1891 sur le rouleau de secours jiour as|iliyxiês et notice annexe sur les secours a donner aux asphyxiés. Le procédé des Iractions de la langue est indifpié dans cette notice.
pût en acheter à très bon compte; les ayant achetées, il en aui-ait grand soin.
Alors même qu’on n’a pas de brosse à dents à sa disposition, on peut se nettoyer les dents avec uii cure-dents improvisé, avec une allumette taillée en jiointe et avec un peu de cendre de cigare on de craie.
Avec le cure-dents on enlève le tartre qui tend à s’accumuler à la hase des dents, surtout à la mâchoire inférieure, on frotte ensuite les dents avec le bout du doigt ou mieux avec un petit morceau de linge enduit de craie (jMoty, Hygiène dentaire, travail inédit). Il suffirait donc de distribuer aux hommes, une fois ou deux }>ar semaine, un peu de craie et de petits morceaux de linge avec lesquels ceux qui n’ont pas de brosses se , nettoieraient les dents.
Les dents cariées doivent être arrachées ou obturées, car la carie se propage des dents malades aux dents saines. Avec un outillage des plus sini})les on peut cautériser et obturer ensuite les dents qui présentent un commencement de carie (L. Richard, Quelques considérations sur l’hygiène de la bouche du soldat, th. Paris, 1875).
La carie dentaire est beaucoup plus commune dans certaines régions que dans d’autres, en Normandie par exemple. La fréquence de la carie dentaire en Normandie ne s’explique ni par la nature des eaux, ni par l’usage du cidre qui a été souvent incriminé; les Bretons, qui boivent autant de cidre que les Normands, ont en général une denture excellente. M. Magitot a montré qu’il y avait là une influence de race; la prédis}>osition de certaines populations à la carie dentaire semble résulter de conditions particulières de structure du système dentaire transmises par hérédité (Magitot, Société d’anthropologie de Paris, 17 janvier 1867).
IV. Prophylaxie de la gale, des teignes, de l’ophtalmie granuleuse. — La gale, autrefois très commune dans les armées, est devenue très rare ilepuis ipi’on la guérit en vingt-quatre heures; il est facile jiendant les visites de propreté de reconnaître les malades atteints de gale.
La pelade est do[)uis (juehjues années assez commune dans certaines de nos garnisons; il ya lieu de jirendre des mesures sévères pour éviter son extension, il s’agit en ellét d’une maladie transmissible et d’une guérison difficile.
En 1892, 1009 cas de [lelade ont été traités à l’infirmerie et 985 à riiùpital, soit un total de 1994 (le cbillre avait été de 1899 en
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1891), 38 rpfonnes ont, été prononcées pour cette cause (Stalist. inéd. lie rarmée française {)Our 1892).
l’endant les visites de santé le médecin peut reconnaître sur la tét(' des soldats, dont les cheveux doivent être coupés court, les jihupies rondes de la teigne tonsurante ou de la pelade loi-squ’elles ont pris une certaine étendue, mais c’est surtout au perruijuier du régiment (|u’incoml)e ce soin et il est nécessaire qu’il ait des instructions précises à cet égard. Dès que le perruquier constate quelque chose d’anormal en couj)ant les cheveux ou la harhe d’un soldat il doit faire présenter l’homme à la visite médicale. La tondeuse et les peignes qui ont servi pour ce malade doivent être désinfectés, les brosses seront détruites si le diagnostic de teigne e.st confirmé. La tondeuse a servi plus d’une fois à propager la pelade *, le rasoir à propager la mentagre.
Toutes les fois que la pelade ou telle autre maladie contagieuse du cuir chevelu ou de la face est signalée dans un corps de troupe, il faut défendre l’emploi de la tondeuse qu’il est très difficile de nettoyer et de désinfecter; on n’emploiera que des ciseaux pour tailler la harhe et les cheveux. Dans les hôpitaux ou dans les dépôts servant aux teigneux les perruquiers auront des ciseaux et des rasoirs spéciaux pour ces malades ; chaque malade aura son peigne; les brosses, ({u’on ne jieut pas désinfecter, doivent être détruites, elles ne servent qu’à ré[)andre des pellicules dangereuses. Comme les cheveux sont taillés Irès court, il est facile de tenir la tête propre au moyen de lavages sans recourir à l’emploi de la brosse. I..es ciseaux et les rasoirs des [lerrnijuiers seront désinfectés avec soin lorsqu’ils auront servi aux malades atteints de teigne ou de mentaffre.
Les hommes atteints de teigne (teigne faveuse, trichophvtie, |)elade) ne doivent. pas rester à la casei’iie, il faut les isoler et se bien garder de tes envoyer en congé de convalescence, ce qui donne à leurs camarades le désir de jouir des mêmes faveurs et ce qui favorise la propagation volontaire de la maladie.
Le passage suivant emjirunté à la statistiijue médicale de l’armée j>our 1892 est à méditer :
« La dis])aiMtion ])resque complète de l’épidémie (de [telade) du d® régiment du génie à Versailles loi'squ’on eut supprimé les congés de convalescence et inslnllé pour les convalescents une
1. CouSTAN', La pelade an loo® I88C, Revue d’hygiène, 1887. — L. Colin, La iieladc dans le gouverneinenl mililaire de Paris, Arch. île méd. milit., 1888, L XII, p. 81.
sorte (le sanatorium où ils subissaient certaines contraintes, a sugg’éré la pensée que la maladie avait dû assez fréquemment être contractée volontairement (Statist. méd. de l’armée pour 1892,
En Autriche-Hongrie, les hommes atteints de conjonctivite granuleuse sont envoyés dans des casernes spéciales et ils continuent à faire leur instruction militaire tout en suivant le traitement convenable; à plus forte raison pourrait-on appliquer cette règle aux hommes atteints de pelade; personne ne serait tenté de se faire envoyer dans la caserne des peladeux, et loin de désirer contracter la maladie, chacun prendrait les jirécautions recommandées })Our y échapper.
Dans les régiments de cavalerie on a signalé plus d’une fois la transmission du tidchophyton du clieval à l’homme (Dieu, Mégnin, Larger, Longuet) ‘, il faut donc redoubler d’attention lorsque dans un régiment de cavalerie la trichoj)hytie règne sur les chevaux ; on veillera à ce que les hommes chargés du pansage des chevaux malades prennent les précautions nécessaires : se couvrir la tête, changer de vêtements, se laver les mains et la figure, après le pansage, avec une solution de sublimé, etc.
Ijorsquo des cas A' O2ohtalmie ou de conjonclivile granuleuse ont été observés dans un corps de troupe il faut examiner avec soin, lors des visites mensuelles, les yeux de tous les soldats et isoler ceux qui présentent des signes de conjonctivite.
L’armée belge a été une des plus éprouvées par l’ophtalmie granuleuse, les mesures prophylactiques prises pour empêcher la contagion ont donné d’excellents résultats parmi ces mesures, une des plus efficaces a consisté dans des visites fréquentes de santé qui permettaient de reconnaître l’existence de la conjonclivite granuleuse dès son apparition et d’isoler les hommes qui en élaieni atteints avant qu’ils eussent eu le temps d’en contaminer d’autres.
Y. l^nopiiYLAxiK DES MALADIES VÉNÉRIENNES. — Autrefois on punissait les hommes qui avaient contracté des maladies vénériennes ; la conséquence de cette manière de faire était que le soldat dissimulait le plus longtemps possible l’atléction dont il était atteint
1. .Mkgnin, Soc. de méd. imbl.. 22 déc. 1880, Revue (l’hygiène, 1881. ji. 5I>. — Largkh, Soc. de méd. imld., 20 janv. ISS\, Revue d’hygiène, 1881. ]). 138. — Longuet. Rec. mëm. méd. milit., 1882, p. 4-8.
2. Wahlomont et. Tiîstei.in, in Traité des malad. des yeux de Mackenzie, l. 1„ p. 712. — Laveran, Traité des malad. des armées, p. 726.
PROPHYLAXIE DES MALADIES VÉNÉRIENNES
ce qui avait jiresquo toujours pour ellet de l’aggraver; on a reconnu depuis longieiu[)s les inconvénients de ce système et aujourd’hui on ne punit le soldat que s’il est prouvé qu’il a dissimulé une maladie vénérienne. Le soldat a donc tout intérêt à déclarer sa maladie dès qu’il la constate et à se faire traiter ; néanmoins un certain nombre d’hommes, par fausse honte, ou pour ne pas être traités à l’hôpital dans les services des vénériens, dissimulent encore leur mal ou se font traiter au dehors. 11 est bon que ces hommes sachent qu’ils seront examinés et que leur maladie sera très probablement reconnue parle médecin au moment de la visite mensuelle, ce qui leur vaudra une punition.
Tout soldat qui a pris une maladie vénérienne doit déclarer où il l’a prise; la femme incriminée est signalée à la police, examinée avec soin et envoyée à l’hôjiital s’il y a lieu ’.
La fréquence des maladies vénériennes dans les armées diminue ou augmente suivant qu’on exerce une surveillance plus ou moins attentive sur les prostituées (Sormani, Revue d'hygiène, 1881, p. 897); l’exemple de l’armée anglaise est très instructif à cet égard.
Une enquête provoquée par M. le D‘' Balfour a été faite en Angleterre sur la fréquence des maladies vénériennes dans 14 garnisons assujetties au règlement sur la prostitution [under the acl) et dans 14 garnisons exemptes de toute surveillance [not under the acl) {Army med . depar. report for the year 1878, London, 1888).
Il résulte de cette en([uôte que le nombre annuel des militaires entrés dans les hôpitaux pour maladies vénériennes, a été en moyenne de 03 ]»our 1000 hommes d’effectif dans les localités assujetties à la .surveillance et de 103 dans les localités libres. Il est intéressant de remarquer que les garnisons soumises au règlement ont été souvent celles qui comptaient auparavant le plus grand nombre de vénériens. Voici quelques chiffres cités par Sormani; les chiffres des vénériens se rapportent à 1000 hommes d’effectif.
1. Arrêté (lu 10 mai 1842 relatif aux mesures propres à em pencher les progrès dans l’armée des affections syphilitiques et cutanées. — Vleminckx, Archives belçfes de méd. milit., 1862. — Laveiian, Traité des maladies des armées, Paris, 1876, p. 448. — .1. SoHMANi, La prophylaxie des malad. vénér. dans les armées. Revue d’hygiène, 1881, p. 897. — Mathieu, De la fréquence des malad. vénériennes dans l’armée, Rec. mém. méd. milit., 1882, S" série, l. XXXVIll, p. m. — IL ItiTTiîn v. Tôpi.y, Congrès internat, d'hygiène de Ruda-Pest, 1894. — Les malad. vénér. dans l’année anglaise. Arch. méd. milit., 1894, t. XXIV, p. 365. — Co.m.menge, Les malad. vénér. dans les armées anglaise, française et russe, Paris, 1895.