ValU.N, Op. cil. — Vl.NCENT, op. ciL, p
au
commerce un mélange d’hypochlorile de chaux, de cldorure de calcium et de chaux hydratée qui se fabrique eu saturant incomplètement de la chaux éteinte, avec du chlore.
Lorsque des latrines sentent mauvais, on peut répandre sur le sol, à la partie inférieure des urinoirs surtout, du chlorure de chaux ou bien placer le désinfectant dans de larges terrines; le chlore qui se dégage lentement, décompose l’ammoniaque et l’hydrogène sulfuré et supprime rapidement les odeurs ammoniacales.
Le chlorure de chaux a de plus des propriétés antiseptiques énergiques, bien établies par les recherches de Koch, de Sternberg, de Martens, de Jaeger, de Nissen, de Chamberland et Fernbach. Nous avons eu déjà l’occasion de nous occuper de ces propriétés en traitant de la désinfection des locaux (p. 792).
M. le D*' Vincent s’est sej’vi, dans ses recberebes sur la désinfection des matières fécales, d’une solution préparée en faisant dissoudre 100 gr. de chlorure sec dans 1200 gr. d’eau. Le chlorure employé titrait 110 1. de chlore par kilogr. On obtient en 24 heures une désinfection presque parfaite des selles diarrhéiques séreuses et récentes avec une proportion de 6 à 8 p. 100 de ce liquide; pour détruire sûrement le bacille typhoïdique en 24 heures il faut employer le chlorure de chaux sec à la dose de 12 gr. par litre de matières; le microbe du choléra est plus facile à détruire.
La liqueur de Labarraque (hypochlorite de soude) et Veau de Javel (hypochlorite de potasse) ont des propriétés désinfectantes analogues à celles de l’hypochlorite de chaux, mais moins énergiques et comme, d’autre part, ces liquides sont beaucoup plus coûteux que la solution de chlorure de chaux, on A oit que cette dernière mérite à tous les points de vue de leur être préférée.
Le procédé de désinfection connu sous le nom de jyrocédé Hermite peut être rapproché des précédents, bien qu’au premier abord il paraisse n’avoir avec eux rien de commun k
Ce procédé est basé sur l’emploi d’un liquide stérilisateur obtenu par l’électrolyse de 'l’eau de mer ou d’une dissolution de chlorures de sodium et de magnésium. Le chlorure de sodium n’est pas décomposé, il sert seulement à donner au liquide la conduclihilité nécessaire; le chlorure de magnésium et l’eau sont décomposés et il se produit, au pôle positif, du clilore naissant et de l’ozone.
{. A. l'rroN, Rapport sur des expériences relatives à l’eau de mer élcctrolysce, Brest, 1804. — Espitaueu, Note sur raméliorntiori du système de vidange au camp de Clullons et sur l’appiie. du procédé Ucrmite pour la désinfection, Revue du f/énie müil., 189S, 2, p. 131.
c’est le chlore surtout qui paraît donner au liquide électrolysé sa valeur désinfectante.
La solution électrolysée sert à faire des chasses d’eau dans les latrines. Pour stériliser une selle de 150 gr. il faut 6 1. d’eau à 1 gr. de chlore par litre. L’eau chlorée agit très mal sur les matières solides, il est donc indispensable d’avoir des dilueurs.
Il résulte d’expériences faites au camp de Châlons qu’on peut arriver, par ce procédé, à stériliser presque complètement les matières fécales ; il s’agirait de savoir quel est le prix de l’opération et s’il n’y a pas économie à employer d’autres désinfectants.
3" Chaux. Soude. Potasse. — \j'eau de chaux a joui, dans ces dernières années, d’une grande vogue pour la désinfection des matières fécales ’. Les recherches de Liborius, de Pfuhl, de Ghantemesse et Richard tendaient à faire admettre que l’eau de chaux détruisait facilement les microbes pathogènes dans les matières fécales, en particulier le bacille du choléra; d’après ces observateurs il suffisait d’ajouter aux matières fécales 2 p. 100 de lait de chaux pour détruire ces bacilles ; le lait de chaux était en outre un désinfectant très économique.
En 1890, la division médicale du ministère de la guerre prussien a prescrit l’emploi du lait de chaux pour la désinfection des latrines des établissements hospitaliers [Deutsche müitarârtzl. Zeitschr. Supplément administratif, 1890, p. 4).
On éteint la chaux par l’addition de 60 parties d’eau, en poids, à 100 de chaux vive; un litre de cette chaux éteinte, réduite en poudre, est ajouté à quatre litres d’eau (en poids, une partie de chaux pour huit d’eau). Cette quantité suffirait pour désinfecter 100 1. de matières fécales.
Les recherches de Kitasato ont démontré que l’eau de chaux n’avait pas l’efficacité qui lui avait été attribuée; Pfuhl, dans une nouvelle série d’expériences, a reconnu qu’il fallait ajouter aux selles cholériques un volume égal de lait de chaux et agiter le tout pendant une minute et demie })Our tuer les bacilles au bout d’une heure.
D’après les recherches <le M. le D'’ Vincent, pour désinfecter d’une façon satisfaisante des selles diarrhéiques séreuses, il faut employer 25 p. 100 de lait de chaux et laisser agir pendant
1. Liiioitius, Zeitschr. f. Uygiene, 1887, VI. — Uffelmann, o/j. cü. — Pruni., Zeitschr. f. Hygiène, VI, p. 97, el Deutsche milüàrartzl. Zeitschr., 1890. — Richard et Chante- MESSE, Arch. de méd. milit., 1889, t. XIV, p. 128. — Kitasato, Zeitschr. f. Hygiene, VIII. — Pi’ciiL, Deutsche medic. Wochenschr., 1892, n“ 39. — Drossbach. op. cit. — Richard, Précis ePhygiène, p. 414. — Vincent, op. cil., p. lo.
24 heures. Pour obtenir une stérilisation complète, il est nécessaire d’augmenter encore beaucoup la dose du désinfectant. La ])roportion de 50 p. 100 de lait de chaux ne produit pas la stérilisation complète, de plus l’action n'est que passagère, la chaux se transformant rapidement en carbonate de chaux qui est tout à fait inactif.
Le lait de chaux n’a que peu d’action sur les odeurs des matières fécales; on peut donc dire qu’à ce point de vue, comme à celui de la destruction des agents pathogènes, le lait de chaux est un mauvais désinfectant des matières fécales.
Dans la pratique, on serait amené à se servir souvent de chaux transformée en partie, au contact de l’air, en carbonate de chaux, ce qui diminuerait encore les propriétés désinfectantes du lait de chaux.
La soude est un désinfectant des matières fécales beaucoup plus actif que la chaux. En employant 10 à 12 gr. de soude par litre de matières fécales, on obtient une stérilisation satisfaisante, c’est-à-dire que les germes pathogènes sont détruits.
La^jo/rtsse est moins active que la soucie, mais plus que la chaux.
La soude et la potasse ont encore cet avantage sur la chaux que leur action ne s’épuise pas comme la sienne, elle est progressive et persistante.
Le prix de la soude et de la potasse et le peu d’action que ces substances ont sur les odeurs des latrines contre-indiquent leur emploi pour la désinfection des matières fécales.
4° Acide chlorhijdrique. — M. le médecin inspecteur Yallin a signalé depuis longtemps les bons effets de la solution d'acide chlorhydrique pour la désinfection des latrines [Revue d' hygiène, 1888, p. 952).
Le procédé est excellent pour la désinfection des urinoirs, mais l’acide agit en permettant le nettoyage des urinoirs, bien plutôt que comme un désinfectant proprement dit; ce procédé a déjà été indiqué (Ch. XIX, p. 7G4).
D’après les recherches de Vincent, en ajoutant de l’acide chlorhydrique au chlorure de chaux, on augmente l’activité do ce produit, de môme on augmente l’activité du sulfate de cuivre, en ajoutant de l’acide sulfurique dans la proportion de 1 p. 100 par rapport au volume des matières à désinfecter.
Les acides ainsi ajoutés paraissent servir à neutraliser une certaine quantité d’ammoniaque. L’addition d’acide est d’autant plus indiquée que les matières sont plus ammoniacales.
ü“ Huile lourde de houille^ ci'ésijl, hjsol huile lourde de
houille, préconisée par Dussart et par M. le médecin insjiecteiw Emery Desbrousses, a été adoptée en 188d dans l’armée française pour la désinfection des latrines.
Lorsqu’on distille les goudrons, les produits recueillis entre loO et 200" ont une densité moyenne de 0,8G, ils constituent les huiles légères-, au-dessus de 200" on obtient ce qu’on appelle les huiles lourdes, dont la densité varie avec la température à laquelle la distillation a été opérée. L’huile lourde du commerce est un mélange, en proportions variables, d’huile légère et d’huile lourde.
L’huile lourde de houille est donc un produit complexe et de composition variable; elle renferme, entre autres principes antiseptiques, de l’acide phénique et de la naphtaline ; elle se présente sous l’aspect d’un liquide brunâtre, à reflets argentés.
On prépare avec l’huile lourde une émulsion très stable en la mélang'eant avec de l’eau de savon. Dans un flacon de o 1. on introduit 2 1. de solution do savon (savon vert 1 partie, eau 3 parties) et 1 kilogT. d’huile lourde, on agite ; lorsque l’émulsion est bien faite, on introduit un deuxième kilogr. d’huile lourde et on airite de nouveau.
On peut employer, pour la désinfection, ou bien cotte émulsion, ou bien l’huile pure qui ne coûte que 0 fr. 15 le litre.
L’huile lourde répand une odeur empyroumatiquo qui n’est pas désagréable; elle donne d’assez bons résultats pour la désinfection des latrines à fosses fixes; elle fait disparaître ou masque plus ou moins complètement les mauvaises odeurs; il suffit, pour obtenir ce résultat, de verser 1 1. d’huile lourde par jour dans une fosse de 50 de surface.
On attribue, en général, à l’huile lourde do houille une action jihysique, isolante, sur les matières fécales et une action antiseptique.
Le pouvoir antisojitiquo do l’huile lourde de [houille est très faible; d’après les recherches de YinconI, c’est un mauvais agent de stérilisation des matières fécales.
Lorsqu’on traite do l’iirine contenue dans un bocal par île 1 buile
1. Dussaut, Union médicale, 22 août 1874, et G. U. de l’Acad. des sc., 1874. Emery Desrrousses, De la désiRf. des fosses d’aisances par l’huile lourde (le houille. Revue d’In/rjiéne, 1880, p. 505. — Note ininisl. relative à l’emploi de 1 huile lourde de houille et du chlorure de zinc pour la désinf. des latrines. Jownal milil., partie ré<jlem. l"sem. 1883, p. 841. — lluiiCKEn, Georges, Gaillard, Noie sur l’cniulsion d’huile lourde de houille, Aveh. de méd. milil., 1894, t. XXIV, p. SIC. \ incent, op. cil., p. 23.
lourde de houille, on constate que l’huile lourde, môme en très, grande quantité, retarde à peine la fermentation de l’urine.
Reste l’action physique.
Si l’on verse, dans un hocal renfermant de l’urine, de l’huile lourde pure, on constate que la presque totalité de l’huile lourde gagne le fond du vase, ce qui se conçoit facilement, puisque la densité de l’urine est de 1015 environ et celle de l’huile lourde de 1076.
L’huile lourde qui a été émulsionnée avant d’être jetée dans l’urine se mélange bien à cette dernière et g'agne plus lentement le fond du vase; mais, au bout de 24 heures, la presque totalité de l’huile est précipitée.
Si l’huile lourde donne d’assez bons résultats pour la désinfection des latrines, ce n’est donc, ni à cause de ses propriétés antiseptiques, ni parce qu’elle forme une couche isolante à la surface des matières contenues dans les fosses fixes, cette couche isolante n’existe pas.
Les résultats obtenus paraissent s’expliquer par ce fait que l’huile adhère fortement aux tuyaux de chute. Lorsqu’on verse de l’huile lourde dans un entonnoir de verre, il reste une couche d’huile à la surface du verre; à plus forte raison l’huile lourde adhère-t-elle aux tuyaux de chute des latrines; elle recouvre les enduits qui tapissent ces tuyaux et, en empêchant le contact de l’air, elle arrête les fermentations ; enfin son odeur assez forte masque l’odeur des gaz provenant des fosses fixes et des conduites.
crésyl o\x créoline est un produit complexe, de composition un peu variable, qui dérive de la créosote de houille débarrassée de tout son acide phénique ; il se présente sous l’aspect d’un liquide brun - noirâtre , assez épais, d’odeur bitumineuse, aromatique; mélangé à l’eau, il donne une émulsion homogène et très persistante qui a l’aspect du café au lait.
A la dose de 9 à 10 gr. par litre de matières fécales, le crésyl donne de très bons résultats; pour détruire sûrement le bacille de la fièvre typhoïde, il faut employer 10 gr. de crésyl par litre de matières et laisser agir pendant 24 heures.
Les bacilles du choléra sont tués beaucoup plus facilement; il suffit de 3 gr. de crésyl par litre pour détruire en 7 heures ces bacilles. (Vincent.)
Comme, en outre, le crésyl fait bien disparaître les mauvaises odeurs, on peut dire qu’il constitue un excellent désinfectant des matières fécales. L’émulsion do crésyl à 5 p. 100, qui coûte moins
cher (jiie riuiile lourde de houille, sera employée avec avanlage pour la désiiifectioii des latrines et des matières locales.
Lorsqu’on verse dans un liocal renfermant de l’urine du crésyl émulsionné dans l’eau, l’émulsion se mélange bien à l’urine, mais, au bout de 24 heures, tout le crésyl est tombé au fond du bocal et des vapeurs ammoniacales se dégagent.
Nous avons pensé qu’on obtiendrait de meilleurs résultats pour la désinfection des fosses fixes si l’on associait le crésyl à de l’huile qui maintiendrait le crésyl à la surface et qui formerait une couche isolante entre l’air et les matières contenues dans les fosses fixes. L’huile se mélange très bien au crésyl et elle forme avec lui un mélange homogène qui s’étale à la surface de l’urine. Nous avons obtenu de très bons résultats en employant un mélange d’huile de colza et de crésyl dans la proportion de 20 parties de crésyl pour 80 d’huile ‘.
Il est vrai que l’huile de colza coûte 45 francs les 100 kilogr. et que la quantité du mélange désinfectant à employer est d’au moins 1 1. 1/2 par mèti’e carré de surface de la fosse, mais comme le désinfectant servirait pendant longtemps (même au moment de la vidange des fosses il ne serait pas e.xtrait complètement), ce procédé de désinfection serait moins coûteux qu’il n’en a l’air.
Nous avons expérimenté aussi un mélange de résidu d’épuration d’huiles et de crésyl (le résidu d’épuration d’huiles ne coûte à Lille que 20 fr. les 100 kilogr.), mais les résultats ont été moins bons (ju’avec riuiile de colza.
Nous devons ajouter que ces expériences n’ont porté que suide crands bocaux renfermant de ruriiie et non sur de véritables
fosses fixes.
Le hjsol a des propriétés antiseptiijues qui équivalent à peu j)i’ès à celles du crésyl, mais il agit moins bien contre les mauvaises odeurs et il coûte plus cber que le crésyl.
M. le !)'■ Vincent a classé {op. cü.), dans le tableau qui suit, les désinfectants des matières fécales jiar énei-gie décroissante au point de vue do leur pouvoir antisejitique.
Ce classement est fait au point do vue des propriétés antiseptiipies, sur les matières fécales, des dillérents produits examinés; comme nous le disions en commençant ce chapitre, quand on désinfecte des latrines ou des matières fécales, on s’occupe jilus souvent de
1. Le crésyl vaut 1 fr. 40 le kilogr., ITiuile lourde 0 fr. 10 le lllrc.
-détruire les mauvaises odeurs que de stériliser les matières; par conséquent il faut faire intervenir, dans l’appréciation des désinfectants des matières fécales, l’action qu’ils exercent sur les mauvaises odeurs.
Classification, par énergie décroissante, des divers matières fécales normales, récentes ou putréfiées, nécessaire pour chacun d'eux.
désinfectants des Quantité minima