‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 98 sur 115 · DÉSINFECTANT · texte numérisé non relu

DÉSINFECTANT

par homme et

revient

do

par jour dans uno

matières à

agglomération

(ie kiloerd

désinfecter

en 2i heures.

humaine.

Sulfate do cui-

vre

7 à 8e^r) 9 à 10 gr.

10 gr.

12 à 14 S', 4 15 à 17 gr.

17 gr.

Ofr .IR

dfr.

Crésyl

Lysol

A. bon

Cliloruro de

chaux

Tr. bon

10 à IG K', 7

Titre : 110 litres

Solvêol

do Cl.

Il à 12 gr.

12 gr.

12 gr.

20 gr.

30 gr.

18,71 à 20e'-,4 20 Bf. 4

Solutol

A. hon

Potasse

51 gr.

340 gr.

Acide i)héniciuc.

Bon

Eau de Javei. . .

Bon

200 gr.

425 gr."

Eau do Labar-

raquo

Bon Pass.

Tr. bon

250 gr.

100 gr.

plus do 150'

170 gr.

Chaux

Chlorure dozinc.

plus do 255 gr.

Chlorure do zinc

du commerce

Huile lourde do

titrant 40”.

houille

Biclilorurc de

Tr. bon

plus do 200 gr.

plus do 340 gr.

mercure à 1 p.

lOüO addit. UC

5 Rr. dTICl p.

Sulfate de fer. .

IMéd.

A. bon

Non pratique.

Sulfate do ])ro-

lo.vydo do fer du commerce,

non pratique.

C est seulement dans des conditions cxccplionnclles qu’on a à stériliser des matières fécales et il est Lien certain qu’on y réussira rarement; il faut un certain temps pour que les désinfectants agissent, il faut en outre (|ue le désinfectant soit mélangé intimement aux matières, résultat Lien difficile à oLtenir, cnlîn l’opération serait très onéreuse.

D après les recherches de \incent, pour stériliser un mètre cube de matières de vidange, au bout de 24 heures et par une tempéraluie de 15“, il laudrait employer : solution de sulfate de fer à

25 p. 100, i>liis (le 400 1. ; sulfate de cuivre, 70 à 00 kilogr. ; cliloriire (le zinc (solut. à 40 p. 100), jilus de 300 I.; chlorure de chaux (solution cà 1/12), 40 à 50 p. 100 en volume; lait de chaux, plus de 90 p. 100; acide phéni(|ue, plus de 100 kilogr. ; crévsyl, 50 kilogr.

Les germes pathogènes (ju’on peut rencontrer dans les matières fécales sont heureusement parmi ceux qui sont détruits le plusfacilement; il n’est donc pas nécessaire de stériliser les matières fécales.

La désinfection, au point de vue de la destruction des germes pathogènes, n’est indiquée que quand il s’agit de matières fécales provenant de malades atteints de fièvre typhoïde, de choléra ou dysenterie.

Pour la désinfection des latrines, les substances qui font disparaître les mauvaises odeurs et dont le prix est peu élevé doivent être préférées; à ces deux titres, le sulfate de fer et l’huile lourde de houille, malgré leur faible pouvoir antiseptique, doivent continuer à figurer, en bonne [dace, parmi les désinfectants utilisables dans les lieux d’aisances.

Le chlorure de chaux désinfecte bien les latrines qui sentent mauvais, le chlore qui se dégage détruit les gaz provenant de la fermentation des urines et (les matières fécales; le chlorure de chaux a d’ailleurs des propriétés antisepti({ues énergiques ; l’odeur de chlore étant désagréalile, on n’emploiera pas le chlorure do chaux pour la désinfection des latrines qui sont à proximité deslocaux habités.

Pour la désinfection du sol des latrines et des urinoirs, le lirossage et le lavage avec la solution d’acide chlorhydrique seront préférés lï tous les désinfectants.

Pour la désinfection des matières fécales dans les salles de malades, le crésyl paraît devoir être jiréféré; on l’emploiera à la dose de 10 gr. environ par litre de matières fécales; le crésyl enlève bien la mauvaise odeur des matières et il a des propriétés antiseptiques énergiques, il détruit rapidement le bacille cholérique, moins facilement le bacille de la lièvre typhoïde. G esl le sulfate de cuivre additionné d’acide sulfuriijue (jui, d’après les recherches de Vincent, détruit le mieux ce dernier bacille.

11 paraît [ilus pratique d’employer, dans les salles de malades, un seul désinfectant, l’émulsion de crésyl, ([ui [lout servir également à la désinfection des crachoirs. Les infirmiers, ajirès avoir vidé et netlové les vases contenant les matières, doivent, avant de les rapporter dans les salles, y verser 200 grammes environ

IIYG[ENE MILrrA.IIlE

(l’une émulsion de crésyl à 5 pour 100; delà sorte les matières sont désinfectées aussitôt après leur émission.

II. Désinfection des crachats. — Nous savons aujourd’hui, grâce aux beaux travaux de Villemin, que la poussière provenant des crachats desséchés des tuberculeux est très virulente et qu’elle joue un gi’and rôle dans la propagation de la tuberculose; il y a donc lieu de prendre des mesures sévères contre cette cause d’infection.

Nous avons dit déjà que, dans les casernes et dans les hôpitaux, il doit être interdit de cracher par terre et que des crachoirs communs doivent être placés dans les chambres des casernes, dans les salles des hôpitaux, dans les corridors et promenoirs couverts, etc. Les malades atteints de tuberculose ou de bronchite su.specte ont, en outre, dans les hôpitaux, des crachoirs jiarticuliers qui doivent êti-e désinfectés avec soin.

Les crachats tuberculeux desséchés, beaucoup plus nuisibles ({ue les crachats frais, jiarce qu’ils se réduisent en poussière, sont aussi plus difficiles à stériliser; il est donc très important d’empêcher la dessiccation et de procéder à la désinfection des crachats frais

Des crachats tuberculeux desséchés assez rapidement conservent leur virulence au bout de quatre mois, quelquefois au bout de six (Schill et Fischer), ou même de dix (de Toma).

Dans les crachats soumis à la putréfaction, la virulence disparaît souvent au bout de dix à onze jours (de ïoma), mais elle persiste parfois plus longtemps. Schill et Fischer ont constaté que des crachats tuberculeux putréfiés étaient encore virulents au bout de six semaines (I. Straus, La tuberculose et son bacille, Paris, 1895,

11 est également nécessaire de désinfecter avec soin les crachoirs des malades atteints de diphtérie.

Le lavage et la désinfection des crachoirs se font souvent d’une manière défectueuse dans les hôpitaux; il est indispensable (jue chaque médecin traitant surveille avec soin cette opération, qui peut être une cause d’infection pour les malades non tuberculeux

1. Il résulle des recherches de Corncl que la niorlalité par luhcrculose a beaucoup diminué en Prusse eL en Bavière, dans les prisons, depuis qu’on jircnd des mesures lu’ophylacliques qui se réduisent en somme à empêcher l’infection jiar les crachats desséchés. Depuis 1887 la mortalité par tuberculose, dans les prisons de Prusse, s’est abaissée de moitié (Cohnet, La jn’ophylaxie de la tuberculose et ses résultats. Berlin, klin. Woclienschr., mai 189o).

DÉSINFECTION DES CRACHATS

pour les inlirmiers qui en sont cliargés. Trop soiiveni, les crachoirs sont transportés dans l’officine, lavés avec la vaisselle sur runiijue évier et essuyés avec le même torchon ; tro[> souvent aussi l’infirmier qui a nettoyé les crachoirs ne prend pas la précaution de se laver les mains après avoir procédé à cette opération.

Les dangers de cette manière de faire sont manifestes ; il est évident que si l’on se sert du môme torchon pour essuyer le crachoir d’un tuberculeux et une assiette ou une cuiller, on souille ces derniers objets, et que si l’infirmier va prendre son repas avec des mains souillées, il risque fort de s’infecter. Sur dix observations faites dans une salle de tuberculeux A. Vigoura a trouvé deux fois le bacille de la tuberculose sur les mains des infirmiers (Sur la quantité et les variétés d’espèces microbiennes de la peau des sujets sains. Wralsch, 189o, n” 14).

En été, les mouches qui voltigent des crachoirs sur les pots à lait ou sur d’autres aliments, pain, etc., sont également des agents de contaeion non douteux.

La désinfection des crachoirs peut se faire, ou bien par la chaleur, ou bien au moyen des désinfectants chimiques *.

La désinfection par la chaleur donne d’excellents résultats; il suffit de mettre le crachoir avec son contenu dans de l’eau bouillante et de l’y laisser pendant 10 minutes environ; la température de 100“ est plus que suffisante ® pour tuer les bacilles de la tuberculose dans les crachats frais et ceux de la diphtérie. Malheureusement cette opération, très simple en apparence, est en réalité assez compliquée lorsqu’il s’agit, comme dans les hôpitau.x, de <lésinfecter un grand nombre de crachoirs.

On a imaginé plusieurs appareils pour la désinfection des crachoirs dans les hôpitaux; le plus connu, en France, est l’appareil de MM. Geneste et Ilerscher.

L’appareil qui a été installé à l’hôpital militaire du Val-de-Gràce

■1. Gra.nxiier, Gkneste et Hehsciier, Appareil pour la désinfection des crachats des tuberculeux, Revue cVhygiine, 1888, p. 193 et 248. — M. Kirciiner, Désinfection des crachats des tuberculeux, Zeüsekr. f. Ilygiene, 1892. — Hiîim, Une modifie, de l’appareil de Kirchner pour la stérilis. des crachats, Deutsche müit. Zeilschr., 1893. — Brilisk med. Journal, 16 sept. 1893. — E. Vai.i.in, Ce qu’on fait des crachats des tuberculeux dans les hôpitaux de phtisiques en Angleterre, Revue d’hygiène, 1894. p. 51. — Spingler, Action désinfectante du paraclilorophénol sur les crachats des tuberculeux, anal, in Revue d'hygiène, 1894, p. 902. — Goriansky, Desinfect, des crachats de tuberculeux par les solut. alcalines de goudron et par le vinaigre de bois, th., Saint-Pétersbourg, 1894. — Hicci, Sur la désinfection des crachats, Annali di medic. navale, y\\n

2. L’eau bouillante stérilise instantanément les crachats tuberculeux frais ; lors<iue les crachats ont été desséchés, il faut prolonger l’ébullition pendant 15 a 20' pour détruire les bacilles de la tuberculose (Nocard).

SGi- HYGIÈNE MILITAIRE

(fig‘. 2G8) se compose de deux cuves sujierposées. La cuve supérieure R, dans laquelle on luel. les crachoirs, a 0 in. Go de diamètre et 0 m. 4o de profondeur; la cuve inférieure R’ sert de chaudière; elle est cylindro-conique dans sa moilié supérieure, cylindrique dans sa moitié inférieure ; dans cette dernière partie se ti'ouve le foyer /‘fermé en avant parjune porte en tôle, et communiquant en arrière avec le fuyau de fumée F.

Ijes deux cuves R eFR’ communiquent par trois tuyaux : 1“ un

tube central t, qui se termine à sa partie supérieure, au fond de la cuve R, par une pomme d’arrosoir, et qui s’arrête en bas à 0 m. OG ou 0 m. 07 au-dessus du foyer; 2“ un tube latéral C qui aboutit d’une part à la partie supérieure de la cuAe R et d’autre part dans la chaudière R’, 0 m. 02 plus bas que le tube t ; 3“ enfin un autre tube latéral t" qui part du haut de la chaudière et qui aboutit à la [lartie supérieure de la cuve R; ce dernier tube porte un rolnnet à valve V.

L’appareil comporte en outre un robinet de niveau r, un robinet de prise d’eau bouillante r et en arrière, à la partie inférieure, un robinet de vidang’e allant à l’égout.

l^a cuve supérieure est fermée par un couvercle G muni d’un orifice pour l’évacuation de la vapeur.

Pour faire fonctionner l’appareil, le robinet r étant ouvert, on laisse couler l’eau dans la cuve R jusqu’à ce qu’elle s’échappe par le robinet r, on ferme alors ce robinet. On ajoute à l’eau deux kilogr. de bicaj-bonate de soude, ipii sont versés dans la cuve R au moment où l’on remplit la cbaudière.

Le feu est allumé et les crachoirs sont disposés dans la cuve R.

Lorsque 1 ébullition se produit, la Auipeur s’échappe par le tuyau t ; si alors on ferme la valve V, la vapeui’ emprisonnée refoule

DÉSINFECTION DES CRACHATS

8Cîi

reau de la cliaudicrc dans la cuve supérieure par le tuhe /, el. ensuite, lorsque l'ébullition se produit avec force, par le lube t' -, l’eau, à la température de 100", vient ainsi noyer les crachoirs. L’eau refroidie redescend par le tube /, tandis ([ue l’eau cbaude monte par le tube l' ; la température de l’eau dans laquelle se trouvent les crachoirs se maintient par conséquent à 100", ce qui constitue le grand avantage de cet appareil.

Lorsque les crachoirs sont restés pendant un quart d’heure dans l’eau bouillante, on ouvre la valve V, la vapeur contenue dans la chaudière s’échappe et l’eau retombe de la cuve R dans la chaudière. Le couvercle est enlevé et au bout de quelques minutes on peut retirer les crachoirs et les laver.

L’eau qui a servi à la désinfection est vidée chaque jour dans l’égout, il suffit pour cela d’ouvrir le robinet de AÛdange.

Lorsque les crachoirs sont en métal, on peut les mettre à même dans la cm'e R, ce qui facilite beaucoup l’opération ; avec les crachoirs en porcelaine de nos hôpitaux militaires, il faut plus de pré- •cautions, les crachoirs doivent être placés dans des paniers en fil de fer à étages qui servent à les transporter des salles, à l’appareil de désinfection. Le nombre des crachoirs en porcelaine (pie l’on peut mettre dans l’appareil est, par suite, heaucoup moindre que celui des crachoirs métalliques, qui sont empilés les uns sur les autres. Dans l’appareil du Val-de-Gràce on ne désinfecte à la fois que 36 crachoirs; on peut, il est vrai, faire plusieurs opérations successives en se servant de la même eau.

Les crachoirs en porcelaine résistent bien, à condition qu’ils ne soient pas fêlés; dans ce cas, la chaleur achève de les briser.

Il est nécessaire d’avoir, à côté de l’ap})areil, une pierre d’évier sur laquelle on nettoie les crachoirs désinfectés.

En installant l’appareil jirès des bains, on peut se servir de l’eau chaude des bains pour le remj)lir, ce qui facilite la mise en train et ce qui diminue les frais de chau liage.

Ces appareils sont coûteux ', et le fonctionnement de la désinfection des crachoirs parce [irocédé est assez difficile ; un infirmier chargé spécialement de ce service doit aller chercher, dans les différentes salles, les crachoirs des tuberculeux; la liste des crachoirs ù désinfecter n’est pas toujours tenue au courant jiar 1 infirmier major et il en résulte que des crachoirs appartenant à des tuberculeux sont encore conservés et nettoyés dans les services.

1. L’appareil installe; au Val-tlc-Grdcc est revenu, installation comprise, à plus •de GOO fr.

Laveran, Hyg. milit.

Si l’on adoptait ce procédé de désinfection il faudrait, en tous cas, avoir des crachoirs métalliques; avec les crachoirs en porcelaine, réglementaires dans nos hôpitaux militaires, ce ju’océdé est peu pratique.

M , Kremer a construit, jiour stériliser les crachoirs par la chaleur, un appareil qui est en usage dans plusieurs hôpitaux à Paris; les crachoirs, disposés dans un panier à jour qui se manœuvre à l’aide d’un levier, sont plongés pendant un quart d’heure dans une solution alcaline en ébullition.

M. Kirchner a imaginé, pour la désinfection des crachoirs dans le courant de vapeur, un appareil construit en cuivre et fer-hlanc qui ne coûte pas plus de 25 marcs. C’est une chaudière de 0 m. 42 de haut et de 0 m. 40 de diamètre, dont le fond, haut de 0 m. OG avec 0 m. 29 de diamètre, peut s’adapter à tout foyer, et qui se ferme par un couvercle où peut passer un thermomètre. Dans l’intérieur, deux couples de plateaux horizontaux reposent sur des pieds et des colonnettes, convenablement disposés. Le plateau inférieur du couple est percé de trous pour laisser passer la vapeur ; le plateau supérieur présente des ouvertures circulaires dans lesquelles on met les crachoirs. On désinfecte 10 crachoirs à la fois.

Heim a préconisé des crachoirs émaillés en forme de gobelets, sans couvercles, dans les derniers modèles, et il a ajqiorté les modillcations suivantes au réservoir de l’appareil Kirchner, dans lequel on met les crachoirs pour les désinfecter. Dans le manchon qui forme l’enveloppe de l’appareil on introduit un support qui se compose de 4 plateaux superposés, reliés par 2 tiges centrales formant poignée à la partie supérieure, et par quatre tiges verticales placées sur les côtés, chaque plateau est percé de cinq trous et peut recevoir cinq crachoirs ; on peut donc désinfecter ainsi 20 crachoirs à la fois. La poignée, placée à la partie supérieure du siq)port, permet d’introduire facilement support et crachoirs dans le manchon et de les en retirer. D’après Heim, le bacille de la tuberculose est tué dans les crachats après 2' d’éhullition de l’eau; pour plus de sûreté on peut continuer l’opération pendant tO' après que l’eau est entrée en ébullition.

La marmite à vapeur de Kirchner-Heim a ce grand avantage sur 1 a[)pareil Geneste et Herscher qu’elle ne coûte pas cher et que son fonctionnement est très simple. Elle est en usage dans plusieurs hôpitaux militaires allemands.

Les procédés chimiques de désinfection peuvent donner, à moins de trais, et plus facilement, de très bons résultats.

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Dans les hôpitaux spéciaux do tuberculeux, en Ang-leterre, on se sert de moyens très simples pour le nettoyage et la désinfection des crachoirs, tout en prenant des mesures rigoureuses pour éviter l’infection par cette voie.

A riiôpital de Brompton, les crachoirs individuels sont du môme modèle à peu près que dans nos hôpitaux militaires ; on y verse, au moment où on les remet aux malades, une solution d’acide phéni(jue à 3 p. 100; quand les crachats sont très adhérents, on remplace l’acide phénique par une solution de soude caustique. Les crachoirs sont lavés sur un évier affecté spécialement à cet usage, on les essuie avec un torchon spécial qu’on envoie ensuite à la buanderie. Les crachoirs communs sont vidés, deux fois par jour, dans des seaux dont le contenu est mêlé à de la poussière de charbon qui est brûlée; on met dans les crachoirs communs, comme dans les crachoirs individuels, une solution d’acide phénique.

A l’hôpital de la Cité de Londres, pour les maladies de poitrine, les crachoirs, qui ont la forme de petits vases de nuit d’enfant, sont toujours à demi remplis d’une solution phéniquée à 3 p. 100. Ces crachoirs sont vidés et lavés sur un évier affecté exclusivement à cet usage; un robinet fournit de l’eau chaude qui permet de bien laver les crachoirs avant d’y verser une nouvelle quantité d’eau phéniquée.

Dans tous les hôpitaux de tuberculeux installés en Angleterre, écrit M. le médecin inspecteur Vallin, « la préoccupation principale est de maintenir les crachats à l’état humide jusqu’au moment de leur enlèvement définitif et de leur stérilisation ; on n’attache qu’une importance relative ou secondaire au liquide antiseptique qu’on place par avance dans le crachoir : solution de sublimé, d’acide phénique, de soude, de chlorure de zinc, de crésyl, d’eau de chaux, etc. Ce qu’on cherche à éviter avant tout, c’est le dessèchement des crachats et leur transformation en poussière sur le sol, sur le linge et les mouchoirs souillés. » [Revue d'hygiène, 1894, p. 53.)

Les solutions phéniquées et de sublimé stérilisent mal les crachats tuberculeux parce qu’elles coagulent le mucus et ne pénètrent pas au centre des crachats; de plus l’acide jihénique a une odeur désagréable.

Gerlach et Spengler ont employé avec succès la solution aqueuse de lysol à 5 p. 100; cette solution se môle bien aux crachats qu elle stérilise complètement au bout de 3 ou 4 heures. La quantité de la solution de Ivsol employée doit ôtre à peu {très trijtle de la ({uantité

de crachats à désinfecter. A défaut de lysol, on peut se servir d’une émulsion de crésyl à 4 ou 5 p. 100.

Goriansky a préconisé le vinaigre de hois, ou acide pyrolig-neux, pour la désinfection des crachats tuberculeux.

On ajoute aux crachats un égal volume d’acide pyroligneux, et après avoir agité le mélange, on l’abandonne à lui-même; au bout de 6 heures tous les microbes des crachats sont détruits, y compris les bacilles de la tuberculose.

Sous l’action de l’acide pyroligneux, les crachats perdent leur viscosité et se coagulent en grumeaux brunâtres qui, agités dans l’eau, se désagrègent et donnent un précipité qui n’a plus l’aspect rénuernant des crachats (Goriansky, op. cil., et Semaine méd., lOjanv. 1895).

Ricci a obtenu de très bons résultats en traitant les crachats par la chaux vive, mais il faut que la chaux soit fraîche, son pouvoir antiseptique diminue rapidement si elle reste exposée à l’air.

Nous pensons qu’il y a lieu de prescrire les mesures suivantes pour le lavage et la stérilisation des crachoirs individuels dans les hôpitaux :

1“ Les crachoirs ne seront jamais introduits dans l’officine où on lave la vaisselle, ils seront lavés sur un évier spécial, dans les lavabos ou dans les latrines.

2“ On aura, dans tous les services, des crachoirs en nombre suffisant pour qu’on puisse distribuer des crachoirs propres au moment où l’on enlève les crachoirs sales.

3° Chaque jour les crachoirs sales seront portés sur une table ou sur une planche, auprès de l’évier destiné à leur nettoyage, on versera dans chaque crachoir de la solution de lysol ou de l’émulsion de crésyl, on remuera avec un petit bâton et on laissera agir le désinfectant pendant 4 ou 5 heures, après quoi le contenu des crachoirs sera versé dans les latrines et les crachoirs seront rincés et essuyés.

4" Pour essuyer les crachoirs, on se servira de torchons spéciaux, faciles à reconnaître à une marque très apparente, les torchons ({ui auront servi à essuyer les crachoirs seront portés chaque jour à la buanderie, dès que l’opération sera terminée.

5" Lorsque les crachoirs auront été nettoyés, on versera dans chacun d’eux une petite quantité de l’émulsion de crésyl à 5 p. 100 de inanière à les remplir au quart environ.

G“ Un infirmier sera désigné, dans chaque service, ]iour le nettoyage des crachoirs; on lui prescrira de se laver et de se désin-

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