DÉSINFECTION DES FUMIERS, ETC. 8C<J
l’eclcr les mains après chaque opération, et il sera prévenu des ilangers aux(|uels il s’exposerait, s’il ne se conformait pas à ces prescrijitions.
l*our ce ([ui coïKierne les grands crachoirs communs placés dans les salles, dans les corridors, il faudrait, croyons-nous, changer le modèle en usage. Il est mauvais de placer les crachoirs |)ar terre, les malades qui se proposent de cracher dedans, crachent souvent à côté; d’autre part les crachats se dessèchent rapidement dans le sable, ce qui donne une poussière dangereuse. On pourrait avoir des crachoirs sphériipies, métalli(|ues, surélevés, analogues à ces houles dans lesquelles les garçons de café mettent le torchon qui leur sert à essuyer les tables, la calotte supérieure de la sphère pourrait se soulever facilement, et la jiartie inférieure contiendrait une solution désinfectante. Un robinet de vidange placé à la partie inférieure permettrait de vider facilement ces crachoirs dont le contenu serait jeté dans les latrines.
Si les crachoirs sont en métal il ne faut pas employer le crésyl, qui attaque les métaux; on peut avoir recours à l’acide phénique, malgré les inconvénients signalés plus haut.
III. Désinfection des fumiers, destruction des objets de pansement soüiLUÉs, etc. — Les fosses à fumier doivent être bien construites, étanches, de manière que le jairin ne puisse pas s’inliltrer dans le sol; les fumiers ne doivent pas séjourner dans les casernes, il n’y a donc pas lieu, en général, de procéder à leur désinfection.
Lorsque les fumiers répandent de mauvaises odeurs, on peut les désinfecter avec du })lâtre; il se forme du sulfate d’ammoniaque et du carbonate de chaux; la qualilé de l’engrais, loin d’être diminuée par le sulfate de chaux, comme elle le serait par d’autres désinfectants, augmente au contraire.
Dans les hôpitaux, il est souvent nécessaire de brûler des objets do pansement et d’autres détritus; on peut se servir pour cet usage du fourneau des bains dans les petits hôpitaux; dans les grands hôpitaux, où le nombre dos objets à détruire par le feu est considérable, il faudrait avoir un petit four pour l’incinération des rebuts.
MM. Genesto et Ilerschor ont proposé, pour cet objet, un appareil (jui se compose : 1° d’un foyer en terre réfractaire sur lequel on peut lirùler toute espèce do comhuslililo ; 2" dune cuvette on terre réfi-actaire qui est [ilacéo au-dessus du foyer et qui reçoit les objets à incinérer; 3“ d’une voûte en terre réfractaire, percée à la
partie antérieure de petits trous communiquant avec le tuyau de fumée. Il est nécessaire que les trous soient petits, afin que l’ouate, les papiers enflammés, etc., ne soient pas entraînés par le courant d’air.
La flamme et les gaz chauds de la combustion sont obligés de contourner complètement la cuvette où se trouvent les objets à incinérer, avant de s’échapper au dehors ; il faut employer de préférence des combustibles à longue flamme.
La paroi antérieure de l’appareil est en fonte, elle est percée de trois portes superposées : porte pour l’introduction des objets à désinfecter (la fermeture hermétique est obtenue à l’aide d’une garniture d’amiante et d’un levier chargé d’un contrepoids), portes du foyer et du cendrier.
Un grand nombre de villes, surtout en Angleterre et en Amérique, se débarrassent aujourd’hui de leurs ordures ménagères en les incinérant.
ASSAINISSEMENT DES CHAMPS DE BATAILLE
Les cadavres d’hommes et de chevaux qui jonchent le sol à la suite des grandes batailles, sont une cause puissante d’infection. Lorsque ces cadavres, abandonnés à la surface du sol, ou enfouis à une profondeur insuffisante, entrent en putréfaction, l’air et l’eau des localités qui ont été le siège de la bataille peuvent être profondément souillés; des odeurs insupportables se répandent au loin et des épidémies meurtrières se déclarent souvent.
Les faits qui montrent les dangers de l’infection de l’air et du sol sur les champs de bataille et dans les localités voisines sont très nombreux; nous nous contenterons de citer un exemple emprunté à la dernière guerre.
Les Allemands ont enterré, sous les murs de Metz, pendant les deux mois et demi de siège, 30 000 individus tués sur les champs de bataille ou morts de maladies; à cette cause d’infection du sol il faut ajouter celle provenant des cadavres des chevau.x, des bestiaux (peste bovine), des débris des abattoirs, etc. Au mois de mars 1871, la commission allemande chargée de la désinfection des champs de bataille de Metz trouva encore, près de Gravelotte, les résidus des abattoirs du 9“ corps qui recouvraient un quart d arpent de terrain. (Kelsch, Traité des malad. é2)id., t. 1, p. 421.)
ASSAINISSEMENT DES CHAMPS DE BATAILLE
Obligée (le séjourner pendant deux mois et demi dans les localités infectées, l’armée allemande fut décimée jiar lafièvi-e typhoïde et la dysenterie. Les troupes cantonnées au voisinage immédiat des grands champs de bataille furent jdus parliculic^rement frappées.
Il est très difficile, dans ces épidémies, de faire la part de l’infection de l’air et de celle de l’eau, attendu que les soldats, en môme temps qu'ils respirent l’air souillé, boivent en généi’al de l’eau proA'enant des localités dont le sol est infecté ; c’est ce (jui avait lieu pour les troupes campées sous Metz.
Il faut s’efforcer, à l’aide d’inhumations bien faites, pour les cadavres des hommes, à l’aide d’enfouissements faits à une profondeur suffisante ou d’autres procédés, en ce qui concerne les cadavres des chevaux, de prévenir cette infection. Malheureusement le vainqueur, auquel incombe le soin d’ensevelir les morts et d’assainir le champ de bataille, a d’autres soucis plus pressants; il faut qu’il marche en avant, pour ne pas perdre le fruit de la victoire, et puis il n’est pas bon, au point de vue moral, comme au point de vue hygiénique, de laisser les troupes au voisinage d’un champ de bataille; on s’en éloigne rapidement et les inhumations sont faites à la hâte; les habitants de la contrée réquisitionnés pour cette funèbre besogne s’en acquittent très mal, s’ils ne sont pas surveillés de très près; ils cherchent, avant tout, à aller vite, sans se rendre compte des graves conséquences que leur négligence peut entraîner.
Inhumations. — Il n’est pas possible de transporter les cadavres loin de l’endroit où ils se trouvent; les tranchées doivent donc être creusées sur place, à moins que les cadavres ne se trouvent à proximité d’un lieu habité, auquel cas ils doivent être transportés à une distance suffisante des hahitafions.
Les tranchées ne doivent pas être creusées sur les bords d’un cours d’eau, on atteindrait vite la nappe d’eau souterraine qui serait infectée, ainsi que la rivière.
Un terrain sec, perméable, en pente douce, éloigné de toute habitation, est celui qu’on doit préférer.
Lorsque le sol est argileux ou très humide, la décomposition des cadavres est retardée (Oufila, Takdieu).
On creuse de longues tranchées de 2 m. de large et de 2 m. 1/2 à .3 m. de jtrofondenr au moins, et l’on met au fond de ces tranchées des branches d’arbre pour faciliter le drainage du sol; les cor[)S sont dis})osés sur deux rangées au plus.
Les cadavres doivent être dépouillés de leurs vêtements; (juand on exhume les cadavres de soldats (jui ont été ensevelis avec leurs
vêtements, on constate que le tronc et les jambes, recouverts ])ar les vêtements de drap, sont bien conservés, tandis que la figure est méconnaissable; les cadavres inhumés avec de simples suaires sont dans un état de décomposition beaucoiq) [)lus avancée que ceux des soldats inhumés avec leurs elléts.
11 faut, en tous cas, recueillir avec soin les plaques d’identité avant de procéder à rinhumation.
La terre, rejetée dans la fosse, doit former une couche de 2 m. environ au-dessus de la rangée de cadavres la plus superficielle; comme les cadavres occupent une place considérable, toute la terre qui a été retirée des tranchées ne peut pas y rentrer; la terre qui reste, la fosse une fois remplie, sert à faire des tumuli qui ont la longueur des fosses et qui indiquent leur emplacement.
Les tumuli sont ensemencés avec des plantes à végétation rapide et épuisante, comme le trèfle, la luzerne, le chanvre ou le lin, ce (pii a le double avantage de fixer les terres et de hâter la transformation des produits qui résultent de la décomposition des cadavres.
Crémation. — Le grand nombre des cadaA’res, et l’impossibilité où l’on est d’amener sur le terrain des appareils crématoires, rendent tout à fait impraticable la crémation au moyen d’appai’eils. spéciaux, à la suite des grandes batailles. La proposition faite par MM. Kuborn et Jacques, en 1876, au congrès d’hygiène de Bruxelles, de faire suivre les armées par des fourgons crématoires ne mérite pas d’être discutée.
C’est seulement dans les villes assiégées, pourvues d’appareils crématoires, qu’il sera possible d’utiliser ces appareils.
On peut ensevelir les cadavres dans de la chaux vive qui les détruit rapidement, mais il est rare qu’on ait, à proximité des champs de bataille, de la chaux aûvc en quantité suffisante pour cet usage.
La crémation des cadavres sur des bûchers improvisés, à la manière des anciens, nous paraît difficile, étant donné le grand nombre des cadavres; le plus souvent, la crémation serait des plus incomplètes et l’elTet produit sur les personnes qui visiteraient le champ de bataille serait déplorable.
Nous devons dire cependant que, pendant la guerre récente contre la Chine, les Japonais ont incinéré les morts sur le champ de bataille. Les cadavres étaient placés dans des caisses légères et l’on opérait la crémation dans de vastes foyers.
On pourrait utiliser le })rocédé qui a été employé parM. Créteur, pour l’assainissement du champ de bataille de Sedan, et dont il
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sera question plus loin. Ce procédé donnerait des résultats bien meilleurs que l’incinéralion sur des bûchers.
Assainissement des champs de bataille ‘. — Ijorsque les inhumations ont été bien faites, les cadavres se décomposent [dus ou moins rapidement dans le sol, à l’abri de l’air, la végétation utilise les produits de leur décomposition et il n’y a pas lieu de désinfecter les champs de bataille. « Malheureusement, comme l’écrit M. le médecin inspecteur Morache, il n’en est pas toujours ainsi. Lorsque, sur un cbam[) de bataille, sont tombés dix ou vingt mille morts, quelquefois encore beaucoup plus; lorsque, comme, par exemple, autour de Metz, les combats se sont succédé très rapidement (journées des 14, 16 et 18 août 1870), on [leut dire que, quelque bonne volonté que l’on apporte au service des inhumations, la tâche est au-dessus de la possibilité. Il ne s’agit pas seulement des cadavres humains, les chevaux sont aussi tombés par milliers...
« Aussi, dans l’immense majorité des cas, l’enfouissement des morts est-il exécuté dans des conditions telles que bientôt il devient presque illusoire. Les cadavres, sé[>arés de l’air par une trop faildo couche de terre, sont en partie mis à nu, ou tout au moins dégagenten abondance des gaz méphitiques; les tumuli, mal construits, s’effondrent, leurs bords s'écroulent sous le poids des terres, ou bien, placés sur des terrains en pente, ils sont entraînés ou détruits lorsque quelques pluies se produisent. Le mé[)hitisme, un instant dissimulé par ces [irocédés d’enfouissements incomplets, ne tarde pas à éclater dans toute sa force, et des épidémies meurtrières, des maladies infectieuses de diverses natures sévissent sur les populations voisines de ces tristes localités. » (Morache, op. cil., 2° édit., p. 806.)
La question de l’assainissement des champs de bataille se pose donc souvent; elle s’est posée à plusieurs reprises [lendant et après la guerre de 1870-1871, notamment à Sedan, à Metz et aux environs de Paris.
A Sedan, les inhumations avaient été mal faites par les habitants du pays; le Gouvernement belge, d’accord avec le Gouvernement
1. Guili.ery, Assainissement du champ de bataille de Sedan, Bruxelles, 1871. — Créteuh, L’hygiène et les champs de bataille, Bruxelles, 1871. — Frôlicii, Deulsche militâr. Zeilschr., 1873, p. 39. — Roth et Lex, op. ctl., t. II, p. 132.^ — Tii. Pein, th., Paris, 1873. — Duroux, tii., Paris, 1878. — F. Marmiër, th., Paris, 1878. — Lacassagxe et Dubuisson, Art. Crémation, in Diction, cncyclop. des sc. mé(l. Vai.lin, Discuss. sur la crémation au Congrès d’hyg. de Turin, 1880. — Pietra Santa et de Nansoutv, La crémation, Paris, 1881. — Morache, op. ci/., 2° éilit., p. 804. Ravenez, Le gifnie sanitaire, n° du lo février 1892. — .1. Rochard, Art. Inhumation, (.re.mation, in Cncyclop. d’hyg. et de méd. piibl., 1892, t. III, p. 31. — L’hygiène en temps de guerre, lirilisk med. Journ., 2 févr. 1893, anal, in Revue d'iiggiène, 1893, p. 364.
français, envoya sur les lieux une commission composée de médecins et d’ingénieurs pour assainir le champ de lialaille.
MM. Trouet, ing-énieur des ponts et chaussées, et Créleur, chimiste, dirigèrent l’opération et pratiquèrent la désinl’eclion des fosses, le premier par des procédés chimiques, le deuxième au moven de l’incinération des cadavres dans les fosses.
Se basant sur ce principe ([ue certaines substances résineuses et empyreumatiques en combustion ont la propriété, en présence des matières grasses, de produire une intensité de calorique énorme, M. Créteur choisit, comme comhustiljle, le g'oudron provenant de la distillation de la houille, dans la fabrication du gaz d’éclairage.
Ce goudron, infiltré entre les différentes couches de cadavres, devait, une fois enüammé, se combiner aux graisses et dégager une quantité de chaleur capable d’incinérer le contenu des fosses; l’expérience confirma la théorie.
On enleva la terre qui formait les tumuli, jusqu’à la couche noire et fétide qui se trouvait en contact immédiat avec les cadavres. On désinfecta cette couche avec une solution forte d’acide phénique, puis on mit à nu les cadavres qui furent saupoudrés rapidement de chlorure de chaux. Cela fait, on fit couler du goudron sur les cadavres et dans les intervalles existant entre eux, et on l’enflamma au moyen de paille imbibée de pétrole.
Telle fut l’intensité du calorique dégagé, que les fosses les plus remplies furent réduites des trois quarts dans l’espace de oo à 60 minutes. On ne pouvait s’approcher du foyer qu’à une distance de 4 à 5 m.
Il ne fallut pas plus de S à G tonneaux de goudron pour incinérer de 250 à 300 cadavres. Le résidu était formé d’os calcinés recouverts d’un enduit résineux. La terre sous-jacente était complètement desséchée et désinfectée.
M. Créteur estime que l’incinération faite immédiatement après la bataille, ne coûterait pas plus de 15 centimes par cadavre.
Une fosse remplie de cadavres sur une longueur de 12 mètres, est réduite à 3 mètres à la fin des opérations, c’est-à-dire à la fin de l’incinération et de l’édification du tumulus.
Pendant 1 incinération, une épaisse colonne de fumée noire, charbonneuse, sans mauvaise odeur, s’élevait au-dessus des fosses. D après M. Créteur elle se composait de charbon réduit et de phénols provenant de 1 action chimiijue du chlorure de chaux sur le goudron. Cette lumee détruisait les insectes qui formaient de véritables nuées au-dessus et dans le voisinage des fosses ; elle était caus-
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(iqiio et produisait, chez les travailleurs, des éi-ylhèmes et môme des phlyctènes. A part sou action irritante sur la surface cutanée des per-, sonnes qui s’exposaient directement à son conlact, cotte fumée était plutôt salutaire que nuisible (Ravenez, Génie sanitaire, 1892, p.22).
M. Créteur opéra ainsi, sur les champs de bataille de Razeille, de Balan et de Givonne, plusieurs incinérations avec un succès incontestable. Le 2o avril 1871, l’autorité allemande fit défendre de continuer l’incinération dans les fosses où étaient ensevelis les hommes, mais le procédé Créteur fut encore appliqué sur les plateaux de Floin et d’illy à de nombreux cadavres de chevaux.
Pour l’assainissement des champs de bataille de Metz, on s’est servi de la chaux vive et de solutions phéniquées; les tumuli étaient ensuite e.xhaussés et ensemencés.
A Paris, on s’est contenté le plus souvent d’exhausser les tumuli ■et de les ensemencer.
Dans un rapport daté du 7 mars 1872, sur les dangers que pouvait entraîner l’inhumation des combattants morts sous les murs de Paris, le Larrey, ancien président du Conseil de santé des armées, conseille d’avoir recours à la chaux vive et d’en entourer les cadavres : il s’opère ainsi, dit très justement Larrey, une véritable crémation.
Ce procédé e.xcellent est recommandé pai‘ la notice 14, annexée au règlement français sur le service de santé en campagne.
Après les grandes batailles, il est indiqué de dépecer les chevaux tués et d’utiliser leur chair pour l’alimentation, après quoi on fera disparaître aussi complètement que possible tous les débris.
Les carcasses des chevaux et les débris des abattoirs de campagne seront réunis dans des fosses et détruits par le jirocédé Créteur ou enfouis à une profondeur suffisante.
Nous croyons pouvoir résumer ainsi qu’il suit les règles qui concernent l’hygiène des champs de bataille :
1° Inhumer dans de bonnes conditions les cadavres des bommes.
2" Détruire immédiatement, par le jirocédé Créteur, les cadavres des chevaux et les débris de toute sorte, ou les enfouir à une profondeur suffisante.
3“ Lorsque les inhumations ont été faites dans de mauvaises conditions, employer soit la chau.x vive avec surélévation des tumuli, soit le procédé Créteur pour les assainir.
4° Dans les forts, dans les villes assiégées, enterrer les cadavres dans la chaux vive et utiliser les appareils crématoires quand il en existe.
ADDENDA
I. Addendum au chapitre V. — Le four Chappée, représenté dans les figures 269 et 270 (coupe), est en usage dans un certain nombre de cuisines militaires en France et il rend de grands services pour la cuisson de la viande ; il est beaucoup plus facile de pré-
parer la viande rôtie à l’aide de ce four, qu’à l’aide des marmites plates des fourneaux François-Vaillant.
Ce four se compose essentiellement :
1" D’un foyei- A (fig. 270), disposé pour chauffage au bois; il suffit pour briller de la bouille ou du coke de rétrécir le foyer au moyen de plaques mobiles en fonle, qui se remplacent facilement après usure;
ADDENDA
2® D’un écran cannelé D, reposant par trois pieds sur le fovei'; c’est sur cet écran que se monl(^ le four proprement dit G ; on Iule avec de la terre glaise la gorge, de contacl, pour que les produits de la combustion ne [)uissent pas pénétrer dans l’intérieur du four;
3° D’un dôme ou enveloppe H, qui surmonte le foyei’; la fumée et les gaz chauds [)assent entre le four et l’envelop[)e et s’échappent dans la cheminée ;
4“ De deux soles en tôle F sur lesquelles on dépose les aliments à cuire et qui tournent par le moyen du volant K.
La hauteur du four, du sol cm volant, est de 1 ni. GO, et le diamètre des soles est de 1 m. 12.
Pour la cuisson de la viande, les soles tournantes reçoivent lies plats ayant des formes spéciales; il y a deu.x plats demicirculaires et six plats trapézoïdaux placés autour des deux premiers ; tous ces plats sont de même contenance.
On dispose la viande sur les plats en dehors du four et on les place successivement sur les soles, en faisant tourner ces <lernières au moyen du volant.
Les soles tournantes facilitent beaucoup l’enfournement et le défournement; elles permettent de surveiller, pendant la cuisson, les objets (|ui sont au four et de régulariser la chaleur en faisant tourner les soles de temps en temps.
Le temps nécessaire à réchauffement du four varie entre 50 et GO minutes, suivant la nature du comhustihle. Le coke, (jui donne peu de fumée et qui encrasse moins les conduits que les autres comhustihles, doit être employé de préférence.
Ces fours peuvent servit' également à faire cuire le pain de soupe. Pour la cuisson du })ain, chaque sole peut recevoir quatre j)lateaux en tôle perforée galvanisée.
Fig. 270. — Four Cliappéo (coupc verticale). — A, fourneau; B, cendrier; C, j)Iaquos rétrécissant le foyer pour le chauffage à la houille et au coke ; D, plaque cannelée avec 3 pieds m ; F, écran dentelé supportant la solo inférieure ; F", sole supérieure ; G, four ; H, dôme ou enveloppe du four; I, J, tuyau de fumée; K, volant; ]., regard pour le nettoyage; M, anneaux d'enlevage du four; N, porto du four; O, porte du foyer; P, colonnottcs supportant le four; R, joints remplis do terre glaise ; S, plaque de coup do fou en terre réfractaire; T, grille du foyer; U, arbre vertical portant les soles.
Lo prix (lu four moulé sur piods, avec soles en lole, esl de 350 fr.
Addendum au chapithe Vil. — Une commission , formée en Angleterre pour étudier la question des viandes tuberculeuses, a publié récemment un très intéressant rapport [Brit. med. Journ.^ 27 avril 1895. Anal, in Revue d'hygièiie, 1895, p. 752).
Il résulte des expériences faites par MM. les D" Sydney Martin et Sims AVoodhead , que la viande d’animaux tuberculeux , dépourvue cependant de masse tuberculeuse apparente, donnée crue à des porcs, à des cobayes et à des lapins, a produit la tuberculose dans la proportion suivante : 5 fois sur 14 chez les porcs (36 fois sur 100); 25 fois sur 145 chez les cobayes (16 fois sur 100); 2 fois sur 13 chez les lapins (15 fois sur 100).
Ij(‘ danger des viandes tuberculeuses ressort manifestement de ces expériences. Heureusement que la cuisson suffit pour détruire les propriétés dangereuses des viandes provenant d’animaux tuberculeux, à condition que la cuisson soit complète.
Le D’’ Woodhead, qui a répété les expériences faites autrefois par M. le médecin inspecteur Vallin, a constaté, comme l’avait fait M. Vallin, que souvent la température centrale' des pièces de viande r(jtie n’atteint pas 60°; il est donc indiqué de découper la viande en morceaux peu épais, pour la faire rôtir, et d’interdire dans l’armée l’usage des viandes saignantes.
D’après les expériences faites par la Commission anglaise, le lait n’est dangereux que quand il provient d’une vache dont les glandes mammaires sont envahies par la tuberculose ; la virulence du lait est dans ce cas considérable. Dans une expérience de M. S. Martin, 15 animaux nourris avec du lait provenant de vaches qui avaient des lésions tuberculeuses des mamelles sont tous devenus tuberculeux.
La tuberculose mammaire n’est pas spéciale aux cas avancés de tuberculose, elle peut se rencontrer même dans les cas de tuberculose légère.
La Commission conclut qu’il faut toujours faire bouillir le lait et qu’il y a lieu d’abattre toutes les vaches dont les mamelles sont malades.
Addendum au chapitre VIII. — D’après les recherches de M. le pharmacien principal Darillé, la composition moyenne des tablettes
ADDENDA
de bouillon en usage dans l’armée fi-aiiçaise est la suivaiile. {.Toiirn. de pharmacie et de chimie, 1895, p. 193.)