‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 106 sur 241 · COIFFURE DE L'INFANTERIE · texte numérisé non relu

COIFFURE DE L'INFANTERIE

a encore noniinée bonnet de police, ou plus communément képi (fig. 95), en lui donnant ujie forme spéciale; après une tentative malheureuse de restauration d'un bonnet de police incomplètement copié du bonnet à soufflet autrichien, on est revenu au képi, qui, de fait, par suite de l'abandon des shakos par les hommes, a servi de coiffure à nos troupes dans toutes nos campagnes. Sa forme est trop connue pour la décrire; il a été adopté par les Russes, les Suédois, les Danois, les Italiens, les Américains, qui l'ont perfectionné en lui adaptant une coiffe imperméable avec couvre-nuque. Beaucoup d'officiers estiment que le képi pourrait être conservé comme seule coiffure pour tous les services. Le nouveau modèle de cette coiffure, admis par décision du 2k décembre 1873, est très-supérieur à l'ancien ; la visière est inclinée à 30 degrés, et peut ainsi protéger la vue beaucoup plus efficacement que la visière horizontale (fig. 96) ; en outre, deux orifices de ventilation, semblables à ceux du shako, existent à la partie supérieure ; enfin le calot, ou surface supérieure, est ovalaire

au lieu de circulaire. Il semblerait avan-

P'ig. 96. — Bonnet de police île l'artagoux de compléter cette coiffure par niée française (modèle 1873).

l'adjonction d'une coiffe imperméable, et si l'on ne se décide pas à adopter un casque léger avec couvre-nuque, mieux vaudrait encore le képi que toiis les shakos, qui, ne protégeant pas plus que lui, sont moins souples et moins légers. Si l'on lient absolument à une certaine élégance, on pourrait légèrement agrémenter le képi, en vissant une plaque ou un emblème quelconque au-dessus de la visière, disposition qui existe dans l'armée danoise.

L'armée prussienne et quelques corps belges ont pour seconde coilïure un bonnet sans visière, analogue an bonnet de travail du marin ; il a l'avantage d'être très-portatif et de pouvoir s'enfoncer pendant la nuit sur les oreilles; on pourrait l'employer avec avantage (lig. 97). 11 en est de même de la coiffure anglaise, le « gtengarry cap », en usage dans les régiments écossais, et qui, garni d'une visière et d'une coiffe imperméable, très-souple et très-léger, pourrait servir de coiffure ^''6- 'J?- — l^onnci de l'année uUomande. uniciue dans presque tous les climats. L'une des coiffures les mieux comprises est, sans contredit, celle des Bersaglieri italiens, introduite depuis quelques années dans quchjues autres corps de chasseurs. Elle est, à vrai

dire, la coilTure de tout le monde, car elle n'est autre chose que le petit chapeau à cuve ronde, à larges bords, que l'on prend en général pour la chasse ou les voyages. C'est là précisément ce qui en fait le mérite.

Dans tous les cas, et quelle que soit la coilTure militaire, elle doit être dégagée de tous les plumels^ pompons et ornements de cuivre, qui ne servent qu'à l'alourdir et à déplacer son centre de gravité ; quelques emblèmes très-légers et facilement déplaçables suffisent pour distinguer les corps.

II. Coi/Jw-e du cavalier. — Jusqu'à présent il n'a été question que de la coilTure du fantassin, celle du cavalier doit répondre naturellement aux mêmes indications. Aussi constate-t-on avec surprise la variété des types adoptés dans les régiments de cette arme. Les uns portent des bonnels de fourrures, explicables et utiles dans les climats très-froids, mais parfaitement désagréables et plus qu'illogiques dans nos climats ; d'autres ont en partage la coiffure d'origine polonaise, le czapska, qui ne se maintient sur la tête qu'au prix des plus grands eiïorts, et suivant un ér|uilibre perpétuellement instable; d'autres, enfin, ont des casques de modèles différents. Celte critique s'adresse, actuellement, bien plus aux armées étrangères qu'à l'armée française, où l'on est entré dans une voie de progrès incontestable.

Dans une certaine mesure, la cavalerie est en droit d'exiger une coiffure qui soit en même temps une arme défensive ; elle peut, en effet, aborder la cavalerie ennemie; c'est à ce titre que les dragons et cuirassiers, destinés à ce rôle, réclament un casque. Nous expérimentons actuellement, en France, un shako de cavalerie très-bas, à visière inclinée, tenant bien sur la tête; en tant que shako de cavalerie, il est, de beaucoup, ce que l'on a fait de mieux jusqu'à présent; nous lui préférerions cependant un casque très-léger, en feulrd ou en cuir, analogue à celui que l'on donnerait à l'infanterie; on pourrait, dans ce cas, le donner aussi aux dragons; quant aux cuirassiers, la logique exige pour eux un casque de métal, le moins lourd possible, mais capable cependant d'offrir une résistance suffisante pour parer un coup de sabre. Jusqu'à ces derniers temps, nous faisions usage d'un casque en acier pour les cuirassiers, en cuivre pour les dragons, surmonté d'un cimier très-élevé, et garni, en arrière, d'une queue de cheval pour proléger la nuque. Le casque était très-lourd, la hauteur de la bombe et surtout celle du cimier lui donnait peu de stabililé; son emploi déterminait des névralgies souvent rebelles et amenait une calvitie prématurée. En

Page 1