COIFFURE DE LA CAVALERIE
1872, on lui a substitué un casque , nouveau modèle, pour dragons et cuirassiers, à bombe plus basse, en acier, de forme sphérique et non plus ovoïde (fig. 98); le cimier est également beaucoup plus bas, le couvre-nuque plus allongé ; ce casque pèse (iUO grammes environ de moins que l'ancien, dont le poids s'élevait à plus de 1500 grammes; il constitue donc un progrès considérable.
La grosse cavalerie anglaise fait usage d'un casque mélallicpie, pesant : celui des horse-giiards, 1560 grammes; celui des dragons, 1105 grammes ; le czapska des lanciers, beaucoup moins élevé que celui en usage dans l'armée française jusiiu'à la suppression de cette arme en 1871, ne pèse que 963
grammes. Le casque des cuirassiers f'g- 98.— Casque de l'armde française (dragons
et cuirassiers). Modèle 4 872.
prussiens pèse environ 1060 grammes; il est remarquablement bien conçu au point de vue de la stabilité et de la protection de la tête fig. 99).
II n'y a pas lieu de parler ici des coiffures fantaisistes , comme les bonnets à poil des grenadiers, emblèmes vénérables, mais véritablement peu hygiéniques ; on pourrait ranger dans la même catégorie les turbans et chéchias, ou bonnets de laine rouge, de nos troupes d'Afrique. Que l'on conserve aux soldats indigènes la coiffure de leur race, rien de mieux; mais qu'on l'impose aux troupes européennes, il est
difficile d'en comprendre le motif; . , , , Fig. 99.— Casque des cuirassiers de l'armée
SI le turban a quelques avantages en prussienne.
raison de la loile qui, em'oulée autour du crâne, le protège des rayons
solaires, il partage avec la chécliia l'inconvénient [de ne pas protéger les yeux et d'exposer aux inflainniaiions de cet organe, ainsi que l'établissent fort bien les médecins de nos troupes d'Afrique.
Certains vêtements militaires sont pourvus de capuchons qui, relevés, constitHcnt une excellente protection pour les oreilles, la nuque et une partie de la face ; leur emploi est parfaitement rationnel, ils f'ervent aussi bien à l'homme en faction que pendant la nuit ; nos troupes l'ont porté en Crimée, adapté au vêlement dit criméenne; elles en possèdent encore comme appendice du grand manteau que l'on donne aux factionnaires ; la capote des officiers de toute arme (modèle 1872) en est pourvue ; il serait désirable qu'on en donnât également aux simples soldats. Pendant la guerre
Fig. 100. — Capuchon mobile en usage dans l'armée prussienne pour les campagnes d'hiver.
de 1864, au siège de Diippel, les Prussiens firent usage d'un capuchon mobile adapté au collet de la capote (fig. 100); ne pouvant le faire passer
VfiTEMENT DU COU. 583
par-dessus le casque à pointe, ils durent le modifier de forme pour qu'il pût se loger en dessous; la tête du soldat n'en était que mieux protégée, et l'ensemble du vêtement n'en était peut-être que meilleur. Ce capuchon, sorte de passe-montagne, fut également mis en usage pendant la guerre de 1870-71.
§ II. — Vêtement du cou, du tronc et des membre».
I. Vêtements du cou. — Jusqu'à ces dernières années, la mode avait fait adopter pour l'armée un col en cuir, puis en crin, dur, haut, pénible à mettre et plus encore à supporter. La constriction permanente qu'il maintenait autour du cou déterminait la congestion de la face, quelquefois même des saigtiements de nez ; son usage prolongé, surtout dans les temps chauds et pendant la marche, amenait des congestions cérébrales quelquefois sérieuses, prédisposait aux oplithalmies. Enfin, plusieurs médecins militaires l'ont accusé d'être la cause déterminante des adénites cervicales, il y a quelques années encore si fréquentes chez les jeunes soldats. Sans être à ce dernier point de vue aussi affu matif, on peut admettre que le col militaire n'avait presque que des inconvénients. L'armée d'Afrique dut bientôt l'abandonner, pour adopter une cravate de coton bleu, assez épaisse, mais suffisannnent souple. Une décision du 30 mars 1868 en a d'abord prescrit l'usage pour toute l'infanterie, et l'expérience de la guerre de 1870-1871 l'a fait définitivement adopter pour toute l'armée (décision du 20 avril 1872). Néanmoins, l'usage de la cravate de coton bleu ayant été reconnu incompatible avec le port de la cuirasse, un nouveau col, haut de 5 centimètres seulement et confectionné en tissu-crinoline, recouvert de satin turc et bordé d'un bourrelet blanc, a été adopté pour les régiments de cette arme (décision du 9 mai 1873). Une innovation très-heureuse lui a encore été apportée : ce col est garni, en dedans, d'une bande mobile en calicot blanc, que l'on remplace dès qu'elle est salie, chaque homme devant toujours en posséder trois ou quatre de rechange. On remédie ainsi à l'un des inconvénients de l'ancien col qui, sans cesse en contact avec la peau, ne tardait pas à devenir gras, malpropre et irritant pour la peau.
On peut se demander s'il ne vaudrait pas mieux supprimer tout à fait la cravate ou le col, et habituer le soldat à conserver le cou découvert : les zouaves, les marins en prennent vite l'habitude, et, même dans nos climats, sont loin d'en éprouver des inconvénients ; il est d'expérience qu'en
s'habituanl à rester le cou découvert, on rend cette région bien moins sensible aux refroidissements: on évite ainsi bien des maux de gorge. Le collet du vêtement est, par lui-même assez épais, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'augmenter encore la chaleur et la constriciion d'une région aussi importante que la région cervicale.
Les troupes allemandes font, encore actuellement, usage de cols assez semblables à l'ancien col français ; ils ne sont généralement pas approuvés des hygiénistes militaires et ne tarderont probablement pas à disparaître.
IL Vêtements du tronc. — La forme générale du vêtement a subi, dans ses variations, tous les caprices de la mode : aux justaucorps, aux vêlements à basques de nos pères, nous avons vu succéder les habits-vestes, puis les habits à pans des armées de l'Empire et de la Restauration. L'introduction de- la redingote dans les vêtements de la population a déterminé l'adoption de la tunique, dont la forme, la longueur et la coupe ont singulièrement varié depuis vingt ans. Les vêtements deja cavalerie n'ont pas subi moins de variations : certains régiments conservaient l'habit français à basques, tandis que d'autres adoptaient les vestes, spencers ou dolmans d'origine étrangère. Les pantalons, succédant à la culotte portée avec guêtres, ont un peu moins varié; mais, si l'on ne pouvait les transformer radicalement, du moins on les modifiait de coupe, on les basanait de cuir pour la cavalerie, ou bien on les garnissait de fausses bottes à leur extrémité inférieure. En un mot, dans la question du vêtement, comme dans celle de la coiffure, on a obéi aux caprices, au goût du moment, sans paraître prendre en considération suffisante les indications qu'il doit remplir, au point de vue de l'hygiène, comme à celui de la commodiié du soldat destiné à le porter.
Ces indications sont cependant faciles à établir. La matière i)remière et la couleur du vêtement étant précisées, d'après les lois que nous avons précédemment établies, il reste à en déterminer la coupe. Le vêtement principal, celui qui garnit le tronc, le ventre et les bras, doit être suffisamment large pour permettre la plus grande mobilité aux articulations; les mouvements de l'épaule et du bras doivent, en particulier, s'exécuter sans que le soldat perçoive aucune gêne ; la poitrine et la taille ne sauraient être comprimées sans que l'individu, qui se trouve ainsi emprisonné dans une sorte de carapace, en ressente bientôt de sérieux inconvénients; c'est dire que le vêlement, suffisamment ample, du reste, ne saurait être garni de toiles dures, de ces énormes plastronnages que les tailleurs militaires introduisaient autrefois sons la doublure, pour avantager le soldat, pour donner