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CHAUSSURE DE L'INFANTERIE

chaussure elle-niènie serait, à certains points, simplifiée. Dans certains cas, lors d'une expédition d'iiiver, d'un siège pendant la mauvaise saison, des bas ou chaussettes de laine paraissent absolument indispensables.

En tout temps, la protection du pied contre le froid et l'humidité exige l'emploi de chaussures, rendues imperméables et assouplies par le graissage du cuir, obtenu au moyen de l'introduction, dans les pores mêmes du tissu, de substances grasses, ou mieux de cire dissoute dans un mélange de suif de mouton, d'huile d'olive et de térébenthine. Dans un remarquable travail, auquel nous avons fait de nonibreux emprunts (1), le médecin-major ïouraine formule le composé suivant, dont il a pu constater les avantages : suif de mouton, 120 grammes; axonge, 60 grammes; cire jaune, huile d'olive et térébenihine, de chacune 30 grammes. Pour l'employer, il faut commencer par laver la chaussure, puis l'essuyer et l'enduire d'une couche de 1 millimètre d'épaisseur avec le mélange précédent; on l'expose ensuite au soleil ou, à défaut, à la chaleur d'un foyer, mais en prenant des précautions pour que le cuir ne se brûle pas, même légèrement. On frotte ensuite vigoureusement le cuir avec un tampon de flanelle, l'excédant de graisse se trouve absorbé, et, l'opération une fois terminée, il ne reste presque plus dans le cuir que la cire qui l'imperméabilise complètement en lui conservant toute sa souplesse. Le procédé ne peut être employé que pour les cuirs fauves; ceux-ci prennent, par ce moyen, une couleur grise qui n'a rien de désagréable à l'œil. Il est grand temps que l'on renojice du reste, dans l'armée, à l'usage du cirage ordinaire, aussi bien pour la chaussure que pour les ceinturons, bretelles de sac, pour le harnachement du cheval. On fait ainsi perdre au soldat un temps précieux, qui serait beaucoup mieux employé pour son instruction, et, de plus, ces cirages prolongés rendent le cuir dur et cassant, sont, en somme, fort peu économiques, le tout pour arriver à une propreté extérieure que la moindre poussière fait bien vite disparaître et ([u'il est impossible d'exiger en campagne.

Les cuirs employés dans l'armée doivent tous être simplement graissés ; ils conservent leur teinte naturelle, au moins aussi élégante que la couleur noire, et sont d'un entretien beaucoup plus facile. L'armée allemande, l'armée anglaise, en agissent ainsi; nous ne pouvons concevoir pour quelle raison l'armée française ne les imiterait pas à ce point de vue.

(1) Touraine. Note sur la chaussure du fantassin (Recueil des Mém. de méd, et de chirurg. milit. 3° série, t. XVIIi, p. 66. 1872).

Le soldat doit porter avec lui deux paires de chaussures, l'une aux pieds, l'autre dans le sac; sans doute il se trouve ainsi chargé d'un poids très -appréciable, mais comment en agir autrement si on ne veut l'exposer à se trouver absolument arrêté à un moment donné? Quelque bien construite que serait son unique paire, elle peut néanmoins se couper, se déchirer; le talon peut se trouver arraché; elle finit du reste par s'user et rien n'affirme que les magasins seront toujours assez à portée pour permettre le renouvellement immédiat. Enfin, lorsque le soldat a marché pendant plusieurs heures dans la boue cl la neige, quel immense soulagement n'est-ce pas pour lui que de chausser une nouvelle paire de souliers secs et par conséquent moins étroits ! M. Lewal ne donne à chaque soldat qu'une paire de bottes, mais il lui accorde une paire de sandales, légères à porter, et permettant cependant à l'homme de faire accidentellement une route avec elles, s'il est excorié. Les sandales serait acceptables dans un pays chaud, par les temps secs; elles seraient impossibles en hiver, par les temps froids ou humides. La double paire de chaussures doit être conservée, au moins pour le fantassin, qui naturellement use beaucoup plus que le cavalier (1).

(1) Parmi les travaux, relativement assez rares, publiés en France, spécialement sur le vêtement du soldai, il convient de signaler comme particulièrement remarquables les études suivantes, dues à des médecins militaires. — Docteur Wial. De l'influence des coiffures militaires sur le développement de l'ophthalmie (Recueil des Mém. de méd. milit. 2" série, t. XYIl, p. 281. 1856). — Docteur Scoutetten. De l'insolation, de ses dangers et de la nécessité, en Afrique, d'adopter un couvre-nuque pour garantir le soldat de l'action du soleil, in-8° de 30 pages. Metz, 1857. — Docteur Coulier. Mémoire précité. — Docteur Lèques. Notes sur quelques lésiotis produites par la chaussure sur le fantassin, et sur les modifications qu'il importerait d'y apporter pour les prévenir (Recueil des Mém. de méd. milit. 3"' série, t. VlIIj p. 175. 1863). — Docteur Judée. De la coiffure militaire (Spectateur militaire, 15 octobre 1863). — Du même. Recherches sur un nouveau système d'équipement (Spectateur militaire, 15 février 1863). — Du môme. Des modificatioiis à apporter à V habit en vue d'améliorations {^■pecidX&wT militaire, 15 octobre 1867).

— Du même. De la chaussure militaire (Spectateur militaire, 15 octobre 18G8).

— Du même. De In coiffure militaire dans les pays chauds (Spectateur militaire, 15 mai 1869). — Du même. Applications des notions physiologiques à l'équipement militaire (Spectateur militaire, 15 juin 1868). — Docteur J. Aronsshon. De l'habillement et de l'équipement du soldat (Rec. de Mém. de méd. milit. 3« série, t. XIX, p. 405. 1869). — Docteur Touraine. Mémoire précité. — Docteur E. F. Ravenèz. Thèse précitée.

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